ROVAL'AIE DE NAPLES. — 18J
En passant à Pietra Nera, vous ferez partir tous les bâtiments de transport qui s'y seraient réfugiés. On devra partir de Tropea de manière cà arriver au cap Vaticano à la nuit et atîn de n'être pas aperçu du Phare. Vous ferez embarquer du Pizzo toute la mitraille qui s'y trouve envoyée de la Mongiana et vous reviendrez avec les derniers convois.
Arcliiïes du prii)ce Murât. R. XV, p 50.
Au minisire de la Guerre.
Scilla, 15 juin 1830.
Monsieur le ministre, j'ai reçu vos différents rapports. Le service de la marine me donne les plus vives inquiétudes. L'entreprise a envoyé effectivement des commis des subsistances, mais elle les a envoyés sans argent. Vous avez fait distribuer des vivres aux marins, au moment de leur départ, pour un, deux, trois et quatre mois, mais vous avez été trompé, car au lieu de recevoir leurs vivres en nature, la plus grande partie a été remboursée en argent, de manière qu ils se trouvent ici sans vivres et les chargés des subsistances sans argent. Cependant AL Caffiero et compagnie reçoivent les fonds que j'ai mis à votre disposition pour les vivres de la marine. Dites à cet entrepreneur qu'il prenne garde à lui; que je saurai bien l'atteindre, s'il compromet le service dont il a été chargé. Les blés m'arrivent aussi difficilement; et, comme je vous l'ai écrit, nous mourons.de faim quoique nous ayons beaucoup d'argent. Il a été impossible de décider (lagliardi k donner sa signature, cependant j'espère parvenir avec beaucoup de peine à nous tirer d'embarras.
Ne discontinuez pas de nous envoyer des vivres et des munitions. Comment se fait-il que le général d'artillerie ait oublié d'expédier de la mitraille? J'ai ordonné qu'on fit venir de la Mongiana toute celle qui s'y trouverait. Vous ne devez pas manquer de fonds pour fournir <à tous nos besoins et vous devez avoir déjà reçu un troisième crédit de cent mille ducats.
Il me tarde bien d'avoir toute ma flottille réunie. Je vais faire partir un officier général qui parcourra toute la côte et iéra filer tous mes convois. Scilla est l'endroit le plus sur par sa nature et par son
armement. Faites-nous envoyer des chèvres, car vous savez combien les grosses pièces sont difliciles à manier.
Archives du prince Murai. R. Xl'I, p. 257.
50i:i. — LA REI.VE CAROLIXK A SOM MARI
Saint-Cloud, 15 juin 1810.
Mon cher ami, quoique je sois très fatiguée, je ne veux pas laisser passer une journée sans te donner la description de la fête de la Princesse Pauline qui a été charmante. Madame Sachi s'est enlevée au milieu d'une pluie de feu, on voyait là la maison du Caprice de Vienne et Schonbrunn. Ces souvenirs ont paru faire grand plaisir à l'Impératrice, le parc était très bien illuminé. .Je t'ai bien regretté. Ce \euilly me donnait de tristes souvenirs et je te voyais auprès de moi avec mes chers enfants. .le ne pouvais m'empécher d'un attendrissement qui allait jusqu'aux larmes.
L'Impératrice me charge de te dire mille choses aimables. L'Empereur est bien bon pour moi et me parle souvent de toi.
Adieu, mon ami, je suis un peu fatiguée; si une lettre de toi m'arrivait aujourd'hui, cela me rendrait bien heureuse.
Adieu, mou cher ami, soigne-toi bien.
Archires du prince Marat. I). 566. 48.
Scilla. 16 juin 1810.
Au minhtre de la Guerre.
Monsieur le ministre, l'ennemi ne tente rien depuis quelques jours contre Scilla et Bagnara, mais il s'amuse à canonner tout ce qui passe de la Torre del Cavallo au Pizzo ; j'ai moi-même été mitraillé aujourd'hui durant cet espace; rien en vérité n'est plus pitoyable. Le vaisseau, entré il y a deux jours à Messine, en est sorti ce matin avec douze petits bâtiments et croisait ce soir dans les eaux de Reggio et Scaletta ; cependant le convoi commandé par Montemajor a été attaqué et canonué à S. Lucido par une goélette et un brick qui ont été forcés de se retirer, sans avoir fait le moindre
HOYAUME DE NAPLES. — 1810 373
mal au convoi ni aux canonnières qui l'escortaient. On annonce qu'il y eut, il y a trois jours, une alerte à Messine, d'après quelques coups de canon qui se firent entendre sur le rivage, l'alarme devint générale parce que le bruit du débarquement se répandit dans la ville. La même nuit, un officier et douze soldats anglais furent assassinés. Le temps est bon depuis quatre jours, ce qui me fait espérer que la majorité de mes convois sont réunis au Pizzoet à Tropea. Je les attends avec impatience à Scilla où je les crois inattaquables. Je suis extrêmement satisfait de tout ici et même des dispositions apparentes des Anglais, je me porte bien : continuez à nous envoyer des vivres et des munitions et surtout de la mitraille.
Archives du prince Mural. R. XVI, p. 258.
5015. — LA RKL\E CAKOLLVK A SOM MARI
Saint-Cloud, IG juiu 1810.
Mon cher ami, quoiqu'un peu fatiguée de la fête d'hier, je ne veux pas laisser passer un second jour sans t'écrire. J'ai reçu une petite lettre de toi, écris tous les jours, je suis plus impatiente d'en recevoir.
L'Empereur, avec qui je vais me promener tous les jours eu calèche, me parle sans cesse de toi avec la plus grande amitié et il m'a dit : u Kh bien! prendra-t-il la Sicile? J espère que nous aurons de bonnes nouvelles bientôt et qu'il nous dira que la Sicile est à nous. " L'Impératrice a entendu cela et a paru désirer que tu prisses la Sicile et l'Empereur est parfait pour toi et t'a rendu toutes ses bontés, il n'y a pas de jour qu'il ne me parle très longuement de toi et toujours dans le même sens et avec la même bonté, l'Impératrice aussi.
La fête a été bien belle ainsi que le feu d'artifice. Il y aura jeudi bal chez la Princesse Pauline. J'ai déjà sondé l'Empereur deux ou trois fois pour mon départ, mais il a toujours répondu avec un air fâché : « Se mettre en route avec cette chaleur! » Je n'ai osé insister et j'attends que les fêtes soient terminées pour le prier de nu; permettre d'aller rejoindre mes enfants et me rapprocher de toi. J'espère qu'il me l'accordera, car il est bien bon pour nous tous.
Je reçois tous les jours des nouvelles de nos enfants et c'est un grand dédommagement à une si cruelle absence. Je croyais n'être éloignée d'eux qu'un seul mois et en voila sept d'écoulés. Cela me
semble un songe bien pénible. Kspéroiis que nous nous réunirons bientôt pour ne plus nous séparer.
Je suis toujours inquiète de ton expédition, je crains [que tu n'aies pas assez de vaisseaux et que les Anglais ne t'attendent au passage pour te bombarder. Ne t'expose pas plus que le devoir de général ne l'exige, je te le demande en grâce, songe que ton existence m'appartient et que c'est un bien dont tu ne peux disposer. Prends pitié aussi de ma cruelle inquiétude.
Adieu, mon cher ami, crois à tous les sentin)ents les plus tendres que je t'ai voués j)()ur la vie. Jéiôme te dit mille ciioscs, ainsi que le (Irand- Duc de \\ urtzhourg, il est bien impatient de revoir nos enfants.
Archives du prince Mural. D. 5ti(i. 4().
5016. — LA RKIXK CAROLIXK A S0\ MARI
Saiiil-CIoud, n juin 1810.
Mon très cher ami, je reçois ta lettre du 1 "^ juin, t'Il<^ me fait un plaisir extrême et tes espérances me comblent de joie. Cependant je suis bien impatiente de recevoir ta première lettre, car je crains nécessairement ce passage qui me semble bien difficile à cause des vents et des vaisseaux qu'il faudrait avoir pour faire face à l'ennemi. Au reste, tu dois savoir tout cela mieux que moi et je ne doute pas que tu n'aies bien pris toutes tes précautions. L'Empereur e.st toujours très bien pour toi et me jjarle sans cesse de ton expédition. Je compte lui demander de me permettre de partir et j'espère qu'il ne me refusera pas à présent que les fêtes sont finies. Celle de l'Ecole militaire a été retardée et n'aura lieu que dimanche prochain.
Adieu, mon ami, je reçois tous les jours des nouvelles de nos enfants qui se portent bien, j'ai une envie extrême de les rejoindre et de nous retrouver tous réunis.
Je t'embrasse bien tendrement.
Arcliires du prince Murât. I). 566. 49.
Scilla, 17 juin 1810.
Au minisire de la Guerre. Monsieur le minisire, j'ai reçu votre rapport du 10. J'attends
ROYAL:\n: dk xaples. — isio 375
avec la dernière inipatieuce l'arrivée de mes convois qui se trouvent encombrés au Pizzo et à Tropea, j'espère qu'il m'en arrivera un cette nuit.
Hnfin deux pièces de 3G ont été mises, la nuit passée, eu batterie à la pointe del Pizzo, cette nuit on en mettra deux autres, ce qui commencera à empêcher l'ennemi de nous insulter sur ce point et dans le Canal. Aujourd'hui douze canonnières, une bombarde et quelques scoridors sont venus à leur ordinaire s'amuser à tirer sur cette batterie, qui a commencé à faire feu en même temps que j'avais fait sortir la canonnière prise à l'ennemi, pour menacer leurs derrières; alors l'ennemi a jugé très-prudent de se letircr en toute hâte sur la rive opposée. Aujourd'hui, il y a eu beaucoup de mouvements dans le port de Messine. On a compté jus(|u'à treize ou quinze bâtiments chargés de marchandises qui en sont sortis; en général, les .Anglais ne croient plus pouvoir nous disputer le passage; les blés commencent à nous arriver; les subsistances sont assurées et l'armée n'a presque point de malades.
Tous les jours des biigands sont amnistiés.
Archives du prince Mural. R. \VI, p. iô9.
5018. — MLR.IT A ROCHAMBEAl
Scilla, 17 juiH 1810.
A momieur Rocliamheau, (dde-de-cattip de S. M.
Monsieur Rochambeau, vous prendrez les différents ordres de mouvements que va vous donner le général Grenier, vous les porterez aux offlciers auxquels ils sont adressés. Vous continuerez votre route sur Monteleone et vous irez de Là au Pizzo où vous vous ferez donner par le commandant de la marine l'état de tout ce qui existe.
En passant cà Monteleone vous recommanderez bien h ma garde d'être toujours prête à se porter sur le Pizzo, si l'ennemi venait l'attaquer. De là vous passerez à Tropea où vous vous ferez donner le même état qu'au Pizzo. Vous direz qu'on ne doit pas laisser encombrer les convois. Vous m'enverrez un courrier du Pizzo qui m'apportera votre rapport.
Arthives du priiire Mura(. H. XI', p. 51.
Srilla, le IS juin 1810.
A monsieur le minislrc des Affaires Etrangères.
Monsieur le miuistre, j'ai reçu votre dépêche du 12 juin ainsi que la note de .M. le charjjé d'affaires de France; vous vous bornerez à lui répondre que le traité dont il demande la résiliation et que j'avais moi-même fait connaître à l'Kmpereur, n'a jamais été sanctionné et que j'attendais pour cela l'approbation de S. M. I. et R. ; que c'est donc à tort (ju'on a supposé que le S' lîroadvant avait pu, en conséquence de ce traité, introduire des mousselines ou autres marchandises an<}laises dans mon Royaume. Faites-lui connaître ([ue je délie que dans aucun royaume soumis ou allié à l'Empereur, on porte autant de soin à empêcher la contrebande que dans celui de Xaples.
Quant à la demande que le même chargé d'affaires de France a faite, au nom de l'Empereur, de la construction des vaisseaux que je me suis obligé à avoir par le traite de Rayonne, vous vous bornerez aussi à lui répondre que les ordres de l'Empereur seront exécutés, malgré les dé|)enses énormes et extraordinaires que les circonstances ont rendues nécessaires.
Les Anglais n'ont pas été plus heureux dans leur attaque sur S. Lucido qu'ils ne l'ontété à Ragnara. Ils ont complètement échoué et ont eu la honte d'être forcés à gagner le large sans avoir pu parvenir à frapper un seul des bâtiments du convoi, .^u premier signal de l'apparition de l'ennemi, toutes les gardes civiques des communes voisines se portèrent sur la plage, leur contenance leur en imposa et après une canonnade inutile de 3 heures, l'ennemi abandonna son entreprise. Ce convoi se trouve au Pizzo et à Tropea.
La détermination de l'Empereur de n'avoir qu'un chargé d'affaires à .Vaples est une mesure générale pour tous les Princes de la famille; je la connaissais déjà à Compiègne.
.archives du prince Murât. R. XVII. p. 21.
5020. — MUR.AT A DAUIJK
Srilla, 18 juin 1810.
Au ministre de la Police.
Monsieur le ministre, j'ai reçu votre rapport du 13. \ous n'avons
ROYAUME DE ÎVAPLES. — 1810 377
rien de nouveau ; reunemi nous laisse tranquilles et semble avoir ralenti son ardeui' guerrière, et depuis que la batterie del Pizzo est armée, il ne vient plus si insolemment nous insulter. Je vais faire construire une nouvelle batterie sur Micotera. J'apprends que le capitaine Bongourd était arrivé le IG au Pizzo. Il est bien malheureux que tous les convois se soient encombrés dans ce mouillage et dans celui de Tropea où j'ai dans ce moment plus de trois cents bâtiments, ce qui a flxé l'attention de l'ennemi que nous parviendrons cependant, j'espère, à déjouer, en faisant doubler le cap Vaticano de nuit et par petits convois. Vous aurez sans doute appris que l'ennemi a encore échoué dans l'attaque qu'il a faite contre le convoi à S. Lucido. Environ trois ceuts gardes nationales des communes voisines volèrent sur la plage en un clin d'oeil et forcèrent par leur seule contenance l'ennemi, qui envoyait ses canots à terre, à regagner le large. Le brick et la goélette ennemis qui s'étaient approchés à portée de mitraille furent obligés de cesser le combat, après une canonnade de trois heures, pas un seul bâtiment ne fut touché. Un seul homme du lOP'"" qui servait d'escorte fut légèrement blessé à la figure. Je continue cà être très satisfait du bon esprit des Calabrais et de celui des Siciliens, Sluart n'y est nullement tranquille; il se méfie surtout de la llottille montée par des Napolitains, ainsi que de l'armée Napolitaine au service de la Cour de Palerme, il se méfie des Siciliens qui ont tous refusé de prendre les armes. J'ai aujourd'hui vingt pièces de canon en batterie sur Scilla, j'y crois mes bâtiments parfaitement en sûreté. Tout va en général à merveille. Je ne suis contrarié que par la lenteur de l'arrivée des convois.
Archivi'8 du prince Murât. R. XVI, p. 260.
5021. — ilURAT A NAPOLEOV
Scilla. le 18 juin 1810.
J'ai rendu compte à V. M. dans mon dernier rapport que la flottille ennemie, après avoir échoué ci Hagnara, avait cherché de nouveau à inquiéter les autres convois, qu'elle avait été assaillie par un coup de vent, qui l'avait ballottée pendant toute la nuit, et avait exposé quelques-unes des canonnières ennemies à être jetées sur notre côte. Mon espérance a été trompée, mais cette flottille a eu
tant d'avaries, qu'elle a été forcée de rentrer à Messine pour se rétablir. Depuis quatre jours nous sommes tranquilles; cependant, presque tous mes convois sont réunis à Tropea et au Pizzo, au nombre d'environ trois cents biîtiments. L'ennemi a établi une forte croisière sous le cap Vaticano ; elle gène le passage des convois à Scilla, ce qui m'obligera de faire venir mes bâtiments par très petits convois. Toute la côte, depuis ce point, est armée ; je viens de disposer de forts détacbements de troupes pour les protéger, et j'espère pouvoir bientôt annoncer à V. M. que tous mes moyens sont réunis <à Bagnara, à Scilla et au Pizzo. Knviron quatre-vingts barques venant de la Pouillc sont parties de Cotrone, escortées de deux bâtiments armés, pour se rendre dans l'anse de Pentimele. Un convoi fut attaqué le 13 à S. Lucido par un brick et une goélette. Tous les bateaux furent en un instant tirés à terre, sous la protection de la batterie. Ces deux bâtiments s'approchèrent du rivage à portée de mitraille et furent obligés de regagner bonteusement le large, après une canonnade de trois beures, sans avoir pu même parvenir <à toucher un seul bateau, quoique le convoi ne fût escorté que par trois canonnières. Un seul soldat du jQpmc qyj servait d'escorte, fut légèrement blessé. Kn moins d'une demi-heure 400 gardes civiques accourus des villages voisins, volèrent sur la plage, à la défense du convoi, et l'ennemi qui venait sur des embarcations pour le brûler, fut obligé de regagner ses bâtiments.
Sire, l'esprit du pays est excellent. Tous les habitants offrent leurs services pour l'expédition. Les .Anglais débitent, en Sicile, toute espèce de nouvelles, insèrent toute espèce do contes dans leurs journaux pour dissimuler leurs craintes et engager les Siciliens à rester Gdèles. Ou voit clairement qu'ils ne comptent ni sur ces derniers, ni sur les Xapolitains au service de la Cour de Palerme. A Messine, on ne doute nullement du succès de l'expédition et on est intimement convaincu qu'on ne peut pas m'empécher de passer. Tous les émigrés calabrais me font demander des passe-ports pour rentrer, et des habitants de Messine des cartes de sûreté. On embarque à force des marchandises anglaises. Hier, environ douze bâtiments chargés pour Malte sont sortis du port de Messine. Lesj services des subsistances, qui, d'abord, m'avaient donné quelque] inquiétude par la contrariété des vents, sont maintenant assurés; j'ai déjà reçu du blé pour quinze jours; j'ai fait en outre passer un marché pour les vivres de campagne. L'armée continue à jouir dej la meilleure santé; nous n'avons pas un seul malade, aussi est-ilj
ROYAUME DE MAPLES. — 1810 379
vrai (le dire que nous n'avons pas encore eu un jour de clialeur; c'est ce qui étonne tous les jjens du pays.
Archiies du priuce Mural. K XVIII, p. 12.
Scilla, 19 juin IHIO.
Au général Aymé, à Tropca .
Monsieur le «général, je viens de recevoir votre le'tro du 18. Je suis indifjné des raisons alléguées par le génie relativement à la batterie du l*izzo. Quant est-ce que j'ai refusé de l'argent? J'en ai offert à qui en a voulu. Quoi qu'il en soit, il faut que le Pizzo soit défendu et armé. Je fais porter en poste des ordres au génie et <à l'artillerie de faire construire, sur-le-champ, des batteries provisoires, de manière à mettre le port à l'abri de toute insulte de la part de l'ennemi; on armera provisoirement ces batteries avec de l'artillerie de siège qui doit y être arrivée. Je vous autorise également à faire établir de nouvelles batteries provisoires à Tropea, que vous ferez armer aussi avec de l'artillerie de siège, il n'y a pas un instant à perdre; occupez-vous de tout cela. Je ne crains plus rien de la part de l'ennemi sur ce point, par la précaution que j'ai prise de vous envoyer des troupes pour s'opposer à un débarquement.
Le général Mauhès vous aura fait connaître toute l'importance que je mets à ce que vous fassiez arriver les convois à Scilla, il faut absolument ne rien négliger pour cela. Le général Dufour doit aussi avoir reçu des ordres en consécpience. Il faudrait faire placer des postes d'infanterie tout le long de la côte entre Pizzo et 'l'ropea, principalement au cap Zombrone, alors l'ennemi ne pourrait plus intercepter la communication pendant la nuit. Il est extrêmement malheureux que les coniois arrivés depuis 25 jours à Tropea s'y trouvent encore, je ne sais par quelle fatalité mes ordres sont si mal exécutés. Ecrivez-moi tous les jours.
.«irchives du prince Mnraf. R. XV, p. 52.