‹ Lettres et documents, 1767-1815Chapitre 89 sur 94 · MURAT AU GÉVÉUAL GRENIER · texte numérisé non relu

MURAT AU GÉVÉUAL GRENIER

Au camp Royal de Piale, 18 juillet 1810.

Au général Gi'e/n'cr, chef de l' état-major (fénéral.

Monsieur le général, le service de la marine se l'ait mal, l'ennemi vient insulter nos rivages jusque sous ma tente; une telle négligence mérite d'être réprimée et exige une plus grande surveillance. Lorsque j'ai organisé une tlottille légère et que j'e-i ai confié le commandement à un officier |)articulier, j'ai voulu organiser un service actif qui, exerçant nuit et jour sa vigilance dans le Canal, mît non seulement mes convois à couvert de toute surprise de l'ennemi, mais inquiétiàt encore ses bâtiments sur son propre rivage; je vois avec peine (|ue tant de précautions n'ont pj'.s produit l'effet que j'avais droit (Yen attendre. En conséquence, il est instant de prescrire qu'à compter de ce soir, il y aura chaque nuit un officier de l'état-inajor général de ronde, (|ui s'embarquera au bord du capitaine Hongourd; que dès huit heures du soir, c'est-à-dire à la nuit tombante, ces scoridors seront répartis sur le front de nos convois, depuis Torre del Cavallo jusqu'à la Punla del Pizzo; que quelques-uns seront plus avancés; qu'un signal de reconnaissance doit être établi enir'eux; qu'à chaqiu> heure, ce signal devra être répété par toute la ligne; et (jue le scoridor de ronde commandé par un officier, chacun à son tour, devra constamment parcourir la ligne pendant toute la nuit. Cet officier sera responsable de tout événement malheureux arrivé par la faute de surveillance. En outre, il doit être établi un signal d'alerte pour toute la flottille, qui no devra être fait qu'après que l'ennemi en force aura commencé son feu ou que la ligne des scoridors aura annoncé que l'ennemi manœuvre en ligne sur lui. Tous les officiers de la marine et tous les nuirins doivent coucher à bord. 11 y aura pour la flottille des canonnières des officiers de ronde qui parcourront le front de l'embossage et qui devront être reconnus par toutes les barcpies. L'équipage de la l)ar(|ue qui n'aura pas reconnu sera puni. liC nom des deux officiers (!e ronde de l'escadrille légère et de la flottille des canonnières devra être inscrit au rapport du matin, que l'officier d'étatmajor de service sera chargé de vous remettre ch;i(|iie jour. Il faudra prévenir la Marine que le Koi fera lui-même des rondes et qu'il punira sévèrement toute négligence. Donnez pour plus de

célérité les ordres directement au commandant du l'izzo. Vous en enverrez copie au conseiller de Simone.

Arcliiies du prince Miirat. II. XV, p. 93.

5125. — MURAT AU GAPITAI.VK I)E FREGATE C.^RACCIOLO

Au (amp de Piale, 18 juillet 1810.

Il est ordonné au capitaine de fréjjate Caracciolo de partir surle-champ avec six canonièrcs de sa division et deux scoridors pour aller au-devant d'un convoi parti de \aples le 13; ce convoi escorté par une goélette américaine, armée d'un gros canon et qui ne peut être tirée <à terre, est composé de 35 voiles et chargé de vivres et de munitions, le capitaine Caracciolo sent toute l'importance de cette mission et le Roi se persuade qu'il la remplira avec tout le zèle, l'inteltelligence et l'activilé qu'il lui connaît. Il est de la plus grande importance qu'il aille et qu'il revienne le plus vite possible. Les bâtiments de ce convoi ont reçu pour deux mois de vivres et ils ne doivent conséquemment toucher aucun mouillage, sans y être rigoureusement forcés par le mauvais temps ou par des forces supérieures de l'ennemi. Il ralliera à lui tous les bâtiments des autres convois qu'il rencontrera sur sa route. M. de Simone sera particulièrement instruit de sa mission et rien ne doit différer son départ. Si ses canonnières manquaient de vivres, il est autorisé à en prendre sur les bâtiments du convoi qu'il va chercher.

Archives du prince Murât. R. XV, p. 9.4.

5126 — LA REIXE CAROLIXE A SOX MARI

18juille 1810.

\ous sommes revenus de Rambouillet; lEmpereur et l'Impératrice se portent très bien. J'ai reçu toutes tes lettres et je vois par la brièveté de tes lettres combien tu dois être occupé. Je crains aussi que tu ne tombes malade et que les chaleurs ne te donnent la fièvre. Chacun de tes succès me comble de joie, mais aussi redouble mes inquiétudes, car je vois que les ennemis se renforcent. Je voudrais bien, avant de partir dici, avoir quelque chose de positif, mais tes lettres me seront remises en route.

ROYAUME DE IVAPLES. — 1810 465

J'ai été hier un peu indisposée, je suis mieux aujourd'hui, je compte prendre congé demain de l'Empereur, et, s'il me l'accorde, je partirai après-demain.

Adieu, mon cher ami, j'ai une envie extrême de t'emhrasser, je sens que je ne serai heureuse et tranquille que lorsque je te verrai près de moi ; l'ahsence est une trop cruelle chose pour deux êtres qui s'aiment véritablement, et réunis à nos enfants, quel bonheur pourrions-nous envier? Adieu, moucher ami, je t'embrasse mille et mille fois, soigne-toi bien, ménage-toi surtout. Je crains pour toi l'excès des fatigues et ta trop grande ardeur pour ne douter de rien.

Elisa me charge de te dire mille choses, ainsi que Borghèse. L'Empereur est toujours bien bon pour toi.

Archives du priuce Mural, D. 56G. 60.

Au camp Royal de Piale, 1<S juillet 1809.

An ministre de la Guerre.

Monsieur le ministre, j'ai reçu votre dépêche du 13, par laquelle vous m'annoncez le départ du convoi commandé par Tessert ; je viens de faire partir ce matin à la rencontre du convoi de Garofalo le capitaine de frégate Caracciolo, avec six canonnières et deux scoridors; j'ai cru cette pi'écaution d'autant plus nécessaire que les deux canonnières qui escortaient ce convoi, ont été prises par l'ennemi; je ne sais pas si vous devez hasarder un convoi sous l'escorte de la goélette, qui ne pouvant pas être tirée à terre, serait grandement compromise, ainsi que le convoi qu'elle escorterait. Ainsi, réflexion faite, vous n'exécuterez point ce projet. Je verrai à vous envoyer une division de canonnières pour le faire escorter, parce que d'ici à ce temps je serai en mesure de le faire.

Les services de la marine commencent à s'organiser; il nous est cependant difficile de nous procurer des pâtes ainsi que le bois; envoyez-nous donc beaucoup de ces pâtes et du riz.

L'ennemi nous laisse toujours tranquilles et n'ose pas détacher une barque de son bord.

Archiies du prince Murât. K. XVI, p. 2^.9.

5128. ~ MURAT AU GÉXÉRAL LAXUSSE

Au camp Royal de Piale, 10 j>iillet 1810. A moiisirnv le fjraiid-mari'chat du Palais.

Monsieur le ;jran(!-niarécliiil, voilà (|iicl(|ucs jours que je n'ai reçu aucun rapport de vous, ce (jui nie fait présumer que vous avez été au-fievant de la Reine; je désire que pendant mon absence elle donne le mot de ralliement au Palais.

Aicliivest'u prince Murât, li. W, p. 05.

5129. — AILH.AT AU (iKXKRAU MIOLLIS

\» camp K'iyal de l'iale, 10 juillet 1810.

A muiisieiir le coin/c MIollis, (joiiccnicur (jéncral des E/al.s Rowaim.

Monsieur le gouverneur, j'ai reçu votre lettre et celle qui y était incluse. Je vous fais passer la réponse (|ue je vous jirie de faire parvenir à son adresse.

J'ai appris avec plaisir que rKm[)ereur, rendant justice à votre dévouement pour sa personne, à vos talents et à votre zèle pour son service, vous a rendu le youvernement des Ktats Romains ; je vous fais compliment de cette nouvelle preuve de confiance de S. .M., j'en félicite les Romains que vous avez si bien administrés et qui méritent tant d'être heureux. Dites à tous ces braves gens que je n'oublierai iamais l'accueil vraiment amical que j'ai reçu dans les murs de Rome.

\ous me ferez plaisir de nj'écrire quelquefois. Je désire surtout savoir le nom des régiments qui sont arrivés et qui doivent arriver dans les Ktats Romains.

J'organise mes moyens de transport et j'attends un moment favorable.

Archives du prince Murat. H. XV, p. 95.

.■\u camp Uoyal de Piale, 19 juillet 1810.

A monsieur le minisire des Affaires étrangères. Monsieur le ministre, j'ai reçu votre dépêche du 14. Je vous

ROYAUME DE \APLES. — 1810 467

renvoie la ratifieatiou de la convention faile à Paris entre mon ambassadeur et le ininislre des Affaires étrangères de France, toute injuste et toute onéreuse qu'elle est. Je vous renvoie également les différents rapports qui étaient joints à votre dépêche. Je vous fais compliment sur le retour de la Marquise. Les .anglais restent toujours collés à leur rivage.

.\rchi\es du prime Murât. R. .Wll, p. 28.

5131. — AIUIUT A SA FILLE L.iJTITlA

-Au camp Royal de Pialc, 20 juillet 1810.

Ma belle La-titia, j'ai reçu votre bien tendre lettre; j'éprouve toujours un nouveau plaisir à lire l'expression de vos sentiments pour moi. Soyez toujours la même pour votre papa et vous le rendrez toujours bien heureux. J'espère que vous avez déjcà embrassé maman; je vouthvus bien être avec elle et mes chers enfants, car il y a bien longtemps que je les ai quittés. Dites à maman que je me porte bien et qu'elle soit sans inquiétude; il fait ici le plus beau temps du monde, .^dieu, ma chère Lœtitia, je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que .Achille, Lucien et Louise. Donnez-moi souvent des nouvelles de maman; je vois avec plaisir vos progrès dans l'écriture.

.Addio, amata, adorata niia Laetitia.

Joachim Xa po léox ,

hi'riie Xapoléonicnne, (î jniu 1938, p. 164.

.\n lamp de Piale, 20 juillet 1810.

Au ))iiiiislrc de la Guerre.

Monsieur le ministre, nous n'avons rien de nouveau, la mer est toujours mauvaise et l'ennemi se tient toujours chez lui. .Aujourd'hui seulement, pour la première fois, les distributions de la marine ont été complètes ; je n'ai pas encore de nouvelles des convois qui sont en route. Je suis enchanté de l'esprit qui anime la marine et toute l'armée. Tous brûlent de passer le détroit; je persiste tou-

468 JOACHIM MIKAT

jours à penser que les forces de rennemi ne sauraient y mettre d'obstacle '.

Annoncez-moi par le télégraphe l'arrivée de la Heine.

Archives du prince Mural. R. XV'l, p 290.

5133. — MLRAT A UAUHK

Au camp de Piale, 10 juillet 1810.

Al/ ministre de Ui Guerre.

Monsieur le ministre, j'ai reçu votre dépêche du 14; je n'ai encore aucune nouvelle du convoi de Tessert; celui de Garofalo est toujours à S. Lucido, d'où je le suppose néanmoins parti, parce que l'escorte que je lui ai envoyée la sans doute rejoint. L'ennemi est toujours tranquille et n'ose se détacher de la côte. Dieu! (|ue votre marine me donne d'embarras! Cependant son organisation touche à sa Cn. Les marins sont dans un état pitoyable, je vais être obligé de leur faire donner une chemise à chacun.

Archives du prince Xlurat. R. XVI, p. 290.

5134. — MIR.^T A XAPOLEOX

Au camp de Piale, :21 juillet 1810.

SlKK,

L'ennemi qui. depuis longtemps, annonçait publiquement à Mes-

' Le général Grexier, daus son Journal historique de la campa(/ne de Calabre, écrit qu'à cette date du 20 juillet J810, les chances de succès de l'expédition étaient deienues bien minimes, c Un antre motif, peut-être plus fort que toutes ces considérations, avait empjché l'expédition au moment où elle pouvait infailliblement réussir, en marchant rapidement et en brusquant les chances ([u'il y avait à courir. Ce motif se trouve dans les instructions de S. M. l'Empereur sur le nombre d'hommes dont Elle désirait que le premier embarquement fût composé. Le Hoi de \aples dut donc agir lentement et avec plus de précaution, afin d'attendre la réunion de tous ses moyens et malgré son infatigable activité et ses énormes sacrifices, il ne s'est trouvé en mesure de remplir les conditions prescrites par S. AL l'Empereur que vers le 20 juillet, et à cette époque les chances de succès étaient bien loin d'être les mêmes. »

Sur cette question, nous renvoyons le lecteur à l'intéressant article de AL Jj ques R.i\iB.'\L'0 : Il tentatioo di Murât contro la Sicilia nel 1810, paru dans \ Ardiivio slorico per le Proviucie Xapoletane, anno YXXVI, fasc IH-IV . ^

sine et dans ses journaux que dans peu il brûlerait mes convois réunis au Pizzo, a essayé ce matin d'effectuer sa menace. Dès quatre heures du matin, environ quatre-vingts voiles, tant frégates que bricks, corvettes et canonnières, ont mis cà la voile et se sont dirigées sur ma ligne d'embossage. J'ai fait sur-le-champ donner le signal de se préparer au combat, et des officiers ont porté l'ordre au général Partouneaux d'embarquer sa division, et au commandant de la marine d'être prêt à mettre à la voile; le général Lamarque réunissait sa division en arrière de la ligne d'embossage. Cependant l'ennemi arrivait sur ma ligue et avait commencé une canonnade générale ; nos canonaiers des batteries et ceux de ma flottille ont reçu son feu et ne lui ont répondu, suivant l'ordre qu'ils en avaient reçu, que lorsqu'ils ont été à portée de mitraille; alors trente canonnières et quatorze bouches à feu ont riposté avec tant de succès que les .anglais, accablés par une grêle de mitraille, ont viré de bord et ont encore une fois regagné honteusement le rivage; plusieurs de nos coups ont donné en plein dans les bâtiments ennemis et on en a vu un grand nombre ramenés cà la remorque. L'ennemi doit avoir beaucoup souffert; nous avons eu de notre côté trois mai'ins tués et deux blessés dont l'un est un officier de marine : plusieurs bombas ont éclaté dans mon camp, et les grenadiers de ma garde, campés au bas de ma tente, ont ramassé une cinquantaine de boulets dans leur camp. J'ai été très satisfait de mes vélites qui, se trouvant au feu pour la première fois, ont montré beaucoup de sang-froid, malgré les boulets et les bombes qui tombaient dans le camp. Le lO" régiment s'est montré digne de son ancienne réputation; il a conservé la position derrière notre ligne d'embossage, malgré une grêle de boulets et de mitraille que l'ennemi a fait constamment pleuvoir sur lui. Un seul voltigeur de ce corps a eu son bonnet emporté par un boulet. Ainsi s'est terminée cette grande entreprise dont le général Sluart nous menaçait depuis si longtemps; les Siciliens ont été encore une fois les témoins des menaces ridicules des Anglais et de leur peu d'effet. Pendant cette action, leurs vaisseaux, ainsi que le restant de leur flottille, sont restés constamment à la rive opposée et n'oat pas osé prendre part à l'action. Tous ces différents combats ont donné beaucoup d'assurance à ma flottille

.Irchiïes du prince Murat. R. XVIIl, leUre XVI.

470 JOACHIM MIHAT

5135. — MLKAT A 1)ALI{K

Ad caro|) de Piale, '21 jinllel ISI ).

Au mi ni sire de hi Guerre.

J'.ii reçu vos dcpèches du 15. Jo \ous ai ordouué dt- faire arrêter le nommé Hrunotli et j'apprends (|u'il est seulement eu surveillance à la police. Vous êtes, eu vérité, d'une confiauce bien singulière de vouloir qu'un jeune homme, envoyé par Caroline, abandonne subitement ses intérêts pour servir les miens. Cet homme peut-il être de bonne foi? Kaites-lc arrêter; joidonnc qu'il soit traduità une commission militaire, ainsi que le prêtre .Marulo, comme convaincus de correspondance avec les ennemis de l'Etal et comme espions de Caroline.

J'attends avec impatience trois convois chargés de vivres et de munitions (|ui sont en route depuis le 13.

Les services de vivres de terre et de mer sont enfin organisés. Je rassemble cependant mes moyens de passage, bien décidé à profiter de la première circonstance favorable pour l'exécuter.

L'armée n'a presque pas de malades.

(La fin de la lettre reproduit le texte de la lettre précédente, écrite à rLmpereur.)

.ircliiïe? du |)rince Murât. It. \VI, p. -290.

5L36. — AIin.^T A DAIRL

Au camp Royal de Piale, 23 juillet 1810.

Au ministre de la Guerre.

Monsieur le ministre, il n'y a rien de nouveau, seulement l'ennemi a essayé ce matin de nous envoyer quelques bombes sur la ligne d'embossage, mais sans nous faire aucun mal. J'attends avec impatience les convois de Garofalo et de Tessert, dont je n'ai aucune nouvelle.

Archires du prince Murât. R. XVI. p. 20-3.

ROYAUMK DE IVAPLES. — ISIO 471

5137. — LA REIX'E CAROLIIVE A SON MARI

'J3 (juillet ISIO), à I heure du matin.

Mon cher ami, je pars dans une lieiire. Dans douze jours j'embrasserai n)es enfants. J'arriverai sans être annoncée à Naples, car je ne veux ni fêtes ni plaisirs dans ton absence. Je quitte l'Emporeur et l'Impératrice avec bien de la peine. L'Empereur a été bien bon pour moi, il m'a donné sou portrait, il l'a donné à Lîetitia et à Louise et il l'a donné aussi à Mesdames Cassano, Gallo, Alontoleone et Avellino et aux autres dames il leur a fait de superbes cadeaux. De plus, il donne 5 000 francs par mois à Montclcone jus(|u'à l'instant qu'elle rentrera dans ses biens de la Sicile ou du Mexique et il lui prête 100 000 fraïu-s (|u'elle rendra à l'époque qu'elle rentrera dans ses biens, {certainement c'est bien beau et généreux.

Adieu, mon ami, je t'aime et t'embrasse.

Je suis bien heureuse, je me rapproche de toi. L'Impératrice m'a donné aussi son portrait qui est bien ressemblant.

Archives du prince Mural. D. 56(>. 61.

5138. — AIURAT A DAURE

Au camp Royal de Piale, 25 juillet 1810.

Au minntre de la Guerre.

Monsieur le ministre, l'ennemi nous a presque laissés tranquilles toute la journée d'aujourd'hui; cela vient sans doute du bon accueil que nous lui avons fiiit ces jours derniers, toutes les fois qu'il a trop voulu s'approcher de nos côtes.

Les .(anglais ont encore passé la nuit dernière sous les armes, parce qu'ils furent sans doute informés que j'avais fait embarquer cinq à six mille hommes et que je pourrais fort bien tenter de leur faire une visite; effectivement, j'avais fait embarquer quatre mille hommes d'élite, composés de six cents hommes de ma garde et des voltigeurs des deux divisions Partouneaux et Laniarque. J'avais

en vue, en faisant cet embarquement, de m'assiirer du temps qu'il fallait pour le faire, s'il s'exécuterait avec ordre ou non; je voulais encore plus particulièrement connaître l'esprit de l'armée et de la marine, je n'eus qu'à m'en louer. Tous ces braves témoijjnèrent baulemeut leur impatience de fiancliir le détroit et (Ven venir aux mains avec un ennemi qu'ils méprisent souverainement. liCs troupes étaient toutes rentrées à A beures du matin dans leurs positions respectives; c'est une man(cuvre que je répéterai vraisemblablement souvent, aGn d'babiluer le soldat à se familiariser avec la mer et pour qu'il ac(|uière plus de facilité pour embarquer et pour débar(]uer; c'est le seul moyen de me tenir eu mesure et de profiter de la première cbauce que me présenteront les circonstances.

L'ennemi est venu nous visiter hier malin avec sept bombardes et une vinf][laine de scoridors, mais comme à son ordinaire, il a été obligé de tourner bien vite le dos, parce que nos batteries les ont criblés de boulets et de mitraille. Xous avons la certitude que trois de ses bombardes ont été toucbées. L'ennemi a avoué avoir eu une quarantaine d'hommes tués ou blessés dans l'avant-dernière affaire, aussi les Anjjlais n'en ont-ils pas parlé à Messine, et ils ont paru d'autant plus mécontents qu'ils avaient annoncé depuis quinze jours à l'avance cette grande victoire.

Je ne suis pas sans inquiétude pour le convoi de Tessert qui est arrivé ce matin à S. Amantea. Un vaisseau et une goélette sont partis ce matin pour aller à sa rencontre; c'est le résultat de la désertion de trois ou quatre marins qui auront informé le général Stuart qu'il était en route; cependant il est très bien escorté.

Archives du prince Mural. R. XVI, p. "293.

5139. — MURAT A XAPOLÉO.V

Au camp de Piale, 2.5 juillet 1810.

Sire, L'adjudant-commandant Xéraud, attaché à l'état-major de votre armée deNaples, sollicite avec instance d'être admis dans la Légion d'honneur. J'appuie d'autant plus volontiers sa demande auprès de Votre Majesté qu'ayant fait la guerre dans les quatre parties du monde et obtenu un sabre d'honneur en .Amérique, il a eu le bonheur de voir sa conduite approuvée par Votre .Majesté elle-

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