‹ Lettres et documents, 1767-1815Chapitre 9 sur 94 · NAPOLEON A MURAT · texte numérisé non relu

NAPOLEON A MURAT

Schonbrunn, le '24 septembre 1809.

Mon frère, j'apprends que quelques membres des principales familles de Rome sont mal disposés, chargez la Consulte de leur donner l'ordre d'aller à Paris. Le général Miollis en préviendra le

' Lettre inédile.

Si JOACHIM MURAT

ministre de la Police qui les gardera à Paris jusqu'à nouvel ordre. Par ce moyen tout esprit d'opposition sera bientôt détruit.

Archiies du prince Murât. D. 479. 40.

4537. — MURAT A DAURK

27 «eplembre 1809.

Au ministre de la Guerre.

Monsieur le ministre, faites appeler chez vous le S. Pingnalwert, ancien militaire, et engagez-le à prendre du service; vous me ferez connaître à quoi il .se .sera résolu.

Proposez-moi pour chef de i)ataillon, de Stefani, aide-de-camp du général Stigliano.

Faites-moi connaître quel est ce bâtiment anglais qui est entré avant-hier dans le j)ort.

Archires du prince Mural. R. XVI, p. 178.

4538. — MUR.^T AU GÉXÉRAL CAVAIGXAC

Xapics, 27 septembre 1809.

Au général Cavaignac, en Calahre.

Monsieur le général, j'espère beaucoup de vos mouvements combinés contre les brigands de la Calahre; il n'en existe presque plus dans tous le reste du Royaume, et j'espère que vous m'apprendrez bientôt que Scarola n'est plus.

11 faudrait tâcher d'avoir plus souvent des nouvelles de la Sicile et y faire pénétrer le bruit de la |)ossibilité d'une descente prochaine. J'attends que les chaleurs soient entièrement passées pour aller vous faire une visite.

J'ai appelé à mon Conseil d'Ktat l'intendant de Thomasis et j'ai désigné pour son successeur l'adjudant-commandant Coletta', of6-

' Par décret du 9 septembre 1809, le chef de bataillon du génie Colletta était nommé adjudant-commandant et intendant civil de la Calabre Ultérieure. L'auteur d'un compte-rendu de son Histoire du roijaume de Xaptes paru dans le Courrier Français du 5 décembre 1835, et qui pourrait bien être le général Antoine Manliès, prétend (jue Colletta a ne sortit pas de ses fonctions d'intendant avec la réputation d'un administrateur intègre i . Par une lettre de Alurat à Xapoléon. du 10 décembre 1809 (tome VIII, n° 4669), nous

cier plein de mérite et d'instruction ; il est connu de vous, et je désire que vous viviez dans la meilleure intelligence. Il m'a paru être bien pénétré de cette nécessité, et il m'a bien promis qu'il ne vous donnerait jamais aucun sujet de vous plaindre de lui. Aussi suis-je d'avance tranquille sur cet objet.

Le colonel Arcovito se rendra en Calabre pour y organiser le géme régiment, au moyen du contingent des deux provinces de Calabre. Catanzaro m'a paru le plus convenable pour cette formation parce qu'il est le plus central. Je vous prie de donner tous vos soins à la prompte organisation de ce corps; déjà une partie de son habillement et de son armement est toute disposée et va partir. La gendarmerie royale va aussi être portée à son complet et je ferai diriger dans votre province celle qu'elle doit avoir. Les gardes d'honneur que devaient fournir les Calabres ne sont point encore arrivés. L'apparition des Anglais n'aurait été qu'un feu de paille?

L'administration de votre division n'est pas très en règle; j'ordonne au nouvel ordonnateur que je vous envoie de la rétablir; je désire enfin que le service se fasse en Calabre comme dans toutes les autres provinces du Royaume. Vous aviez deux ambulances, j'en ai fait supprimer une. Vous aviez à peu près quatre-vingt mulets pour les transports, je les ai fait supprimer comme inutiles à une division sédentaire, il existe encore beaucoup d'autres réformes à faire; je désire que vous me présentiez toutes celles qui sont à votre connaissance : toutes les économies que l'on fera tourneront toutes à votre avantage, puisqu'elles vous donneront plus de moyens pécuniaires. Enfin mettez de l'ordre partout, c'est une très belle tâche à remplir. Je me persuade d'avance que vous répondrez à mon attente. Tout va bien dans ce pays : les bruits de paix se soutiennent.

Comme il me paraît que le gazetier de Messine est mal informé sur les affaires d'Espagne, adressez-lui directement les rapports officiels de Lord Wellesley à son Gouvernement.

Archives du prince Murât. R. XIV, p. 305.

4539. — MURAT A MAPOLEO.V

Naples, le 28 septembre 1809, minuit trois quarts.

Sire, La tranquillité du Royaume s'affermit de plus en plus et les bri-

voyons que Colletta était tout au nioius n soupçonné d'aimer un peu trop l'argent » .

TO.ME vin. 3

34 JOACIIIM AURAI

gands disparaissent; jamais le Hoyaume n'a joui d'un calme aussi général. Le 4™° régiment de ligne, dccrcté dej)uis quelques jours, a déjà 800 hommes présents sous les drapeaux et mille conscrits sont en route des dilTérentes provinces pour la capitale. Le 5""'' régiment va s'organiser en Calabre et recevoir les conscrits de ces provinces. Sire, je suis très satisfait de mes nouvelles troupe.>. Je détachai, il y a un mois, sur quelques points de la Pouille mes vélites à pied et à cheval, afin d'observer les brigands que je faisais traquer dans les autres provinces. Le major Colbert informé que la bande de Vardarelli, forte de 350 hommes, tous montés, menaçait les villages de Casai X'uovo et Casai Vecchio, fit marcher contre ces misérables un détachement à pied et à cheval. L'avant-garde, forte seulement de 30 hommes, ne put attendre le reste du détachement et chargea vigoureusement ces 300 et quel(|ues brigands qui reçurent hravement la charge, mais ils furent taillés en pièces et mis en fuite, laissant sur le champ de bataille 30 hommes tués et plusieurs blessés. Ces misérables ont perdu en outre 60 chevaux avec tous leurs bagages et leurs munitions. J'ai eu deux vélites à cheval de tués et 6 de blessés, parmi lesquels le chef d'escadron Sellentain, qui reçut une balle à la jambe et un coup de crosse sur la tête. Ces jeunes gens brûlent d'envie de faire la guerre. J'ai déjà annoncé à V. M. que j'avais fait partir pour Bologne les deux premiers escadrons de mon 1" régiment de chasseurs à cheval, forts environ de 400 hommes montés; le 3'"" escadron fort de 200 chevaux partira le 5 pour aller rejoindre les deux premiers ; j'espère faire partir encore 200 hommes dans le courant du mois; 400 montés du 2""' chasseurs à cheval qui est en Espagne, seront prêts dans le courant du mois d'octobre pour aller renforcer ce régiment. 11 partira d'ici au 15 pour Rome, le 2' et le 3° bataillons de mon 3' régiment de ligue pour rejoindre le premier; ce régiment réuni aura 2 000 hommes présents sous les armes. V. M. peut à la fin d'octobre l'appeler à l'armée. Sire, dans ce cas, je prierais V. M. de former une division de mes troupes et de les faire commander par des généraux napolitains, sous les généraux de Votre ALijesté, cette faveur leur inspirerait beaucoup de confiance, flatterait leur amourpropre et ne pourrait que produire un très bon effet.

J'ai fait partir hier matin pour rejoindre à Home les bataillons de mon 2' régiment d'infanterie légère, 526 hommes, parfaitement équipés et habillés, et 400 vont partir de Caëta pour aller renforcer les deux premiers bataillons du 1" d'infanterie légère, parti pour Bologne. J'espère recevoir 4 000 conscrits dans le courant du mois.

HOVALME UK XAPLES. — 1809 35

Sire, je fais tous mes efforts et je les dirige tous vers la force armée, je sais que c'est le seul moyen de seconder les projets de Votre Majesté.

J'adresse à Votre .Majesté la Gazette de Messine, elle verra avec (|uelle impudence on révoque en doute les succès de vos armées en Kspague. On m'a fait déjcà partir pour l'Allemagne, et Votre .Majesté verra qu'on ne se contente pas d'annoncer la reprise des hostilités, mais qu'encore on fait gagner aux .autrichiens une grande bataille, peut-on rien dire de plus pitoyable!

Nous avoiis eu aujourd'hui des nouvelles du général Exelmans du 15 août, il est toujours à Majorque avec mes autres aides-decamp Lagrange et Rosetti. Sire, permettez-moi de recommander à vos bontés ces trois braves officiers et de vous prier de les échanger. L'idée que j'ai qu'ils puissent m'accuser de n'avoir rien tenté pour eux, me fait de la peine', mais j'ai pensé jusqu'ici que je n'avais pas besoin de solliciter auprès de V. M. pour des officiers dont elle connaît personnellement le mérite et le dévouement à son auguste personne. Madame Kxcelmans se désespère.

Je viens d'être informé par la police que le dernier bâtiment américain, entré dernièrement dans le port, avait à son bord le consul général d'.Amérique près le Hoi des Deux-Siciles à \aples, cependant cet agent n'a encore rien fait annoncer d'officiel sur sa mission. Je vais le faire interroger et surveiller de près.

On me rend compte que les Russes qui sont arrivés de Coribu en Fouille ne sont pas très mesurés dans leurs propos et qu'en général, à les entendre parler, on ne les prendrait pas pour les soldats d'une puissance amie.

Je suis

Guerre et .'\rcliires du prince Murât. K. XXX, [). 271.

' .Aprè.s avoir été longtemps emprisonnés à Valence (voir le tome VI de la présente publication, page 211), ces officiers avaient été transférés le 14 décembre 1808 an château de Belireder (île de .Majorque), où ils restèrent jusqu'au 26 juillet 1810, en proie aux plus mauvais traitements. Heureusement pour eux, le Hoi de \aples avait pu leur faire passer 30 000 francs que les Espagnols leur remirent fidèlement, avant de les conduire à Gibraltar, en août 1810, pour les conlier à la garde des .-anglais. Rosetti sacrifia les 10 000 francs qui lui revenaient pour payer des complicités et il parvint à s'évader. Le général Exelmans ne put profiter de la même occasion, il fut conduit avec le colonel Lagrange en .Angleterre et ils ne purent s'évader qu'en avril 1811.

Naples, le 28 seplcmbre 18C9.

MOXSIEUR I.E GÉVKRAI-,

Donnez l'ordre au colonel d'Isembourg d'envoyer son dépôt ù Nocera et prévenez-le que je l'autorise à incorporer dans son 1" bataillon tous les soldats du 3"" et à appeler à Nocera le cadre de ce bataillon.

Sur ce, je prie Dieu

Guerre.

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