I-IEUTEÎVA\'CE E\ ESPAGXE. - 1808 l
d'être plus nigaud. Comme si dans un pays de onze millions d'iwbitants, la nourriture de 80 ou 100 mille hommes était quelque chose. — J'attends avec impatience des nouvelles de Cadix. On m'a parlé de dragons jaunes qui s'étaient mal comportés. Envoyez-les en France en les dirigeant par Barcelone sur Perpignan. Sur ce, etc.
P. -S. — Envoyez la lettre ci-jointe à mon amiral à Cadix par un ofGcier qui rapportera la réponse. — Envoyez la lettre au général Junot. Je lui donne l'ordre de réunir à Elvas, sous les ordres d'un bon général de division, 3 000 hommes dont iOO de cavalerie et 4; pièces de canon pour en imposer cà Badajoz et aux villes voisines. Ce général enverra son état de situation au général Dupont à Tolède. — Je lui ai donné l'ordre d'envoyer 4 000 honmies à .ilmeïda sous les ordres du général Loison qui sera cà la disposition du maréchal Bessières. Je demande également au général Junot d'envoyer l'état de situation des troupes françaises et espagnoles.
Archires du prince Murât. D. 46". 64.
3301. — MIRAT A N.APOI.EOX •
Madrid, le U mai 180S, à 1 heure et demie du matiu.
A Sa Majeslc l'Empereur.
Sire, je reçois la lettre de V. .M. du 8 mai, à 8 heures du soir. Je ne perds pas une minute pour lui adresser les différents renseignements que nous recevons de toutes les parties de l'Espagne. C'est bien maintenant que j'ai la douce satisfaction de pouvoir annoncer à V. M. que je ne crains plus que la tranquillité publique soit troublée, puisque la province que j'avais le plus de raison de soupçonner, n'a pas même éprouvé les |)remiers symptômes d'insurrection, qui se sont manifesté.:; dans les autres provinces. Je veux |)arlcr de la (iatalogne. .Aussi ai-je saisi avec empressement l'occasion de faire en sa faveur quehjue cîinsc qui lui sera extrêmement agréable. Lu édit rendu sous l'Iiilippe \ avait interdit à ses habitants le port d'armes. Je viens de lui rendre le même privilège dont jouissent les autres provinces, el cela pour la bonne conduite
' Piiltli('o par M. A. Lumbroso, (lorrespondaure de Murât, n" (Î(](]VII.
que les Calalnns ont Icmu' dans cette circonstance. Ils doivent néanmoins se contornicr à loules les lois qni existent sur le port d'armes.
J'apprends aveclc plusjjrand plaisir (|ue V. M. n'a plusd'Ks|)a<{nols à Bayonne. J'exécuterai ses ordres relativemenl aux ellets du Prince des Asturies et aux intérêts du chanoine Kscoïquitz. La lettre du Roi Charles aux différents Conseils, sur sa renonciation à ses droits au trône d'Kspaijiie, ne produira aucun nouvel effet, puis(|uele hruit en est généralement répandu; et il n'y aurait certainement aucun inconvénient à faire connaître en même temps la nomination du Koi de Naples au trône d'Kspagnc. A cette occasion je m'empresse d'annoncer <à V. M. qu'enfin après avoir délibéré toute la nuit passée, toute la journée d'aujourd'hui, le Conseil de Castille s'est enGn décidé à écrire à V. M. pour lui demander le Roi de \aples pour souverain. Toute la difficulté consistait en ce point que, suivant la Constitution du royaume, le Roi père ne ])ouvait céder ses droits à un prince étranger au préjudice de ses enfants, et que, si les Princes n'avaient cédé leurs droits eu même temps que le j)ère, le Conseil ne se croyait pas autorisé à faire aucune délibération à cet égard. Knliii je hs ai appelés au Palais, et je leur ai fait entendre la coniniunicatioii d'un traité (|iii rendait V. M. maître du trône (l'Kspagne; que V. .M. étant décidée à en disposer en faveur d'un des Princes de la famille impériale, vous seriez charmé de connaître l'opinion du Conseil sur un choix aussi important pour l'Kspagiie; ()ue le Conseil devait voir dans cette coiidescendanc«r de V. M. niic ( lutsc cxlrénieiiieiil (Jatleuse pour le Conseil de Castille et pour la nation en généial ; que par l'espèce de droit de l'élection (lue vous lui offriez, il sauvait l'auujiir-propre national, et s'acquérait d'un autre côté des droits à la bienveillance du nouveau souverain. Enfin le Conseil s'est décidé à écrire à V. M. pour la remercier de la comniimication qui lui a été faite, (;t pour lui (hunander le Roi de X'aples pour roi d'Kspagiie. \ oici à |)eu près de (|uelle manière sera conçu le considérant : < Dans la supposition qu'il existe un traité (|ui rende maître l'Kmpereur des Français de disposer du trône d'Kspagne en faveur «l'un des Princes de la famille impériale, nous prions S M de nous accorder, etc., sans ent«!ndre par là apprrtiiver ni itiipiniivei h-s droits (|iie les Infants d'Ks[)agne pourraient avoir à la eDiirdiinc .1 Cnverrai demiiiii celle lettre a V. M . par un officier.
Le ministre des Finances a reçu l'nrdre d'envoyer dois ceiil mille francs à ({arceloiie pour rapprovisionnement de Mahon ; il a
LIEUTEMAX'CE E\ ESPAGNE. — ISOS m
envoyé la nu'ine somme à Cadix pour Ceuta. Le restant de l'ernprunt sera employé pour les fournitures des vivres de l'armée et pour payer un mois d'appointements aux employés qui n'ont pas été payés depuis dix mois.
Caballero a été enchanté de ce que je lui ai dit de la part de V. M., ainsi qu'O'Farrill et Azauza. Je croirais pouvoir avancer que V. M. pourrait se mettre en route pour Madrid d'ici <à dix jours. L'esprit est on ne peut pas meilleur; ou n'aperçoit plus le moindre symptôme de mécontentement.
Que V. M. soit bien tranquille sur la conduite que je tiens et que je fais tenir ici. Il ne sera pas pris un seul cheval ni un seul tableau. Je voulais même payer ma dépense au Château, mais la fierté castillane s'en est effrayée, et les ministres ont insisté pour que le lieutenant du Koi fut traité comme le Roi lui-même. Aussi le service se fait-il comme du temps du Roi, et cela avec une grâce à laquelle j'étais loin de m'attendre.
J'attendrai quel(|ues jours avant de me décider à envoyer le général Dupont à Cadix, c'est-à-dire le retour de laide-de-camp que j'ai envoyé à Cadix et au camp de S'-Rocli. Ensuite il m'importe de savoir si V. M. persiste à envoyer à Cadix les 6 000 hommes de l'armée de Portugal.
Des lettres que je reçois à l'instant du duc d'Abrantès du 8 mai, m'annoncent que la tran(|uillilé du Portugal n'a été nullement troublée par la nouvelle des événements de Madrid. Il m'adresse une proclamation qui appelait les provinces aux armes, et qui prouve que l'insurrection devait être générale; effectivement tous les pa\s s'étaient insurgés dans le même instant, mais tout est rentré dans l'ordre (\è)i qu'on a reçu la proclamation du Gouvernement.
Des dépêches viennent de |)artir pour Monlevideo. L'aide-decamp (\u général Liniers part de son côté cette nuit pour Cadix où il s'embarquera pour la même destination. Je lui ai donné une lettre pour le général Liniers, dans la(|U('lle je lui dis que V. M. compte sur lui, et que sa brillante défense de lîuenos-.Ayres en assure la conservation, si elle venait à être attaquée de nouveau.
J'aurai bien de la peine à obtenir des renseignements sur ladniinistratiou, les Uïiuistres me rép(uideut qu'arrivés récemment au ministère, ils ne peuvent me les fournir, parce qiu> le Prince de la Paix, faisant tout par lui-même, n'a laissé aiicnne trace (\c ses opérations.
Demain le frère du Prince de la l'aix sera mis en liberté, et se
112 JOACIIIAI AFUHAT
rondra en Franco, ainsi que la Tudo et ses enfants. li'arclievèquc (le Tolède, prince de Honrbon, m'a écrit pour ni<> coniplinienter sur ma nomination de lieutenant-général du royaume. Je lui ai l'ait répondre pour l'engager à faire un mandement dans tout son diocèse pour exhorter les Espagnols h maintenir l'ordre et à vivre en bonne harmonie avec les troupes de V. M. ; tous les autres évè(pies recevront l'ordre d'en faire autant.
.\rchives nationales, AF'^' l(iOG, 1 , 4H, el .Artliives du prince Murât. R. XIV, p 290.
3302. — MIRAT .AU GKXER.AL JU.Vcyr '
Madrid, le 14 mai ISOS.
Au Duc d'Abrantès.
Monsieur le Duc, je vous ai écrit hier. Je vous fais connaître aujourd'hui les intentions de l'Empereur. Il désire que vous fassiez partir les dépêches que je vous enverrai pour les colonies espagnoles par une goélette que vous devez faire préparer à Lisbonne. Je suppose que vous n'enverrez pas à ('<adix les G 000 hommes dont je vous ai parlé hier, avant d'en avoir reçu l'ordre de l'Empereur. liC général Dupont (juitfera Tolède avec ses deux premières divisions et la cavalerie, le IS, pour se porter sur (ladix.
J'ai reçu hier soir votre lettre du S. V'ous avez di'i voii- [)ar mes lettres que la tranquillité et la confiance sont totalemcnl rétablies. Ma lettre d'hier vous aura fait connaître d'une manière positive les intentions de l'Empereur sur les troupes espagnoles (|ui doivent rester en Portugal. Vous serez sans doute d'avis (pTil n'est plus permis de faire aucun changement dans la destination de ces troupes, mais vous pouvez, dè.^ à présent, envoyer des ordres aux iOOO hommes qui doivent se réunir à IJadajoz, pour les répartir sur les côte.< des .^Igarves. I,e général Solano a (|uitté sa position |)our se porter sur Cadix (ui il ne restera pas longtemps.
Je me flatte que la communication est actuellement rétablie et
' Pu})liéo |)ar le !)' U. Sciu.rnKR, Miff/iei/iintjrti ihs Instiliils fiir (rslerreicliisrlie GescliiclisJo>:u:liiin(i. I8'>'.). \. Baiid, V. Hcft, cl par .M. \. liiMimoso. (loirespondmire ilr Mural, a" ()("i(]\ I.
Llia TKiVAVCK K\^ KSI' A G ME. — 1808 113
qu'elle ne sera plus interrompue. Le gouverneur de Badajoz va être rappelé. M'en dites rien.
Arcliiies du |)rince Murât 11. XI. p. ', el Artliives impcii-iles de V'icmie.
3303. — MURAT AU GKVKnAL KKLLERMA\\t
Aladnd, li m li 1808.
Monsieur le général, j'ai reçu avec plaisir votre lettre et copie de celle de .M. le gouverneur de Badajoz. Je serais bien aise que vous me teniez au courant de ce qui se passe dans votre cantonnement. Je suis persuadé que M. le Duc d'Abrantès ne blâmera pas cette démarche. Vous devez cependant l'en prévenir avant de le faire. Je vais faire prendre des renseignements sur le gouverneur de Badajoz. Le général Solano a dû ijuilter cette ville pour se porter sur Cadix. La tranquillité et la confiance sont entièrement rétablies à Madrid et dans les |)rovinces voisines et je pourrais avancer avec certitude qu'on Jie parviendra plus à les troubler. I^e changement de dynastie e.^t maintenant opéré. La Junte et le Conseil de Caslille viennent de demander pour Hoi d'Espagne le Roi de Xaples. Ainsi c'est ce Prince qui est destiné à régner sur les Espagnes. Le Hoi Charles IV, le I*rince des Asturios et tous les Princes ont renoncé en faveur de l'Empereur à tous leurs droits au trône de l'Espagne et des Indes.
Je vous remercie, M. le général, de m'avoir fourni l'occasion de vous renouveler l'assurance de mes senliments d'estime et d'affection.
Arcliires du prinoe Murat. R. XI, p. 7.
330Ji. — MURAT A iVAl'OLl'^OiV '
Madrid, le 15 mai 1.S08, à .3 heures du matin.
A Sa Majesté l'Empereur.
Sire, j'ai reçu les lettres de V. M. du 11, h sept heures du soir et à minuit. Je ne perdrai pas un instant pour faire exécuter les dispositions qu'elles renferment. Je vais tâcher de me procurer les
' Publiée par M. A. Lu.mbroso, Correspondance de Murat, n° CGCVIH.
■rouE VI. 8
114 JOACHIM Ail RAT
cartes et papiers concernant l'AIViquc, (|ui sont déposés chez Amaros, secrétaire du Roi.
Je (Idiine des ordres au ministre des Finances de fournir à l'ainbassadeur de V. M. tous les renseijjneinents dont il aura besoin j)Our tra\ailler au mémoire dont V. .M. désire (ju'il s'occupe sur les finances de l'Espayne.
Des ordres sont donnés pour le départ de l'escadre de Malion pour Toulon.
Je prie V. M. d'observer que je ne lui ai pas dit affirmativement qu'Klle devait de l'argent à l'Espagne pour son escadre de Cadix, mais bien ([ue le ministre me l'avait dit.
Le ministre des Finances n'a pu encore me rendre compte s'il existe véritablement à Hio-Janciro un dépôt de quelques millions de piastres.
J'ai déjà demandé depuis quelques jours les différents états que V. M. désire, je m'empresserai de les lui envoyer aussitôt que je les aurai reçus.
Toutes les expéditions que nous ferons seront dirigées sur le Mexique et sur Rio de la Plata. Xous ne pourrons envoyer les douze frégates, attendu qu'il n'y en a aucune d'armée, et que les arsenaux sont dénués de ressources. Il n'y a que deux frégates d'armées, et ces deux frégates appartiennent à l'escadre de Cadix et à celle de Mabon.
En attendant que j'aie un état de situation vf-ritable de la marine espagnole, j'adresse à V. .M. celui qu'on m'a fourni au ministère... J'envoie à cet effet des officiers dans les ports do Cadix, Carlbagène et le Ferrol.
Le ministre des Finances va faire son possible |)our se procurer de l'argent, mais je doute très fort qu'il y réussisse.
.Ma lettre d'hier soir aura déjà dissipé toutes les craintes de V. M. sur Valladolid et la Galice. Les rapports «pie j'ai reçus de toutes les provinces sont extrêmement satisfaisants. La lettre cijointe du général Kellermann fera voir à V. M. (|ue tout est rentré dans l'ordre dans l'Estramadure.
Je viens encore d'écrire aujourd'hui au général Solano pour lui dire que V. .\î. comptait sur lui pour la défense de Cadix et la conservation de votre escadre. J ai écrit aussi à l'amiral espagn(d, au consul général de France et à l'amiral Hosily.
Cinq cent mille francs ont été envoyés à Harcelone pour l'appro- Aisionnemenl de Mabon. In million a ('-lé dirigé déjà sur Cadix pr)ur l'approvisionnement de Ceiita. In million sera doniK- au iour-
nisseur général, et les autres cinq cent mille francs seront destinés à payer un mois d'appointements aux employés civils.
Le général O'Farrill a toute sa familte à la Havane; il répond de la bonne disposition des esprits dans cette partie des colonies espagnoles.
Le ministre de la Marine pense qu'il serait très important de faire une expédition de 4 000 hommes à Rio de la Plata. Il regarde ce point comme l'un des plus importants à conserver. Je lui ai demandé un rapport explicatif des motifs et des avantages de cette expédition. Il prétend que ce convoi devrait être escorté par des vaisseaux de ligne. Il craindrait surtout de trouver des forces ennemies à l'atterrage.
J'adresserai demain à V. M. les duplicata des paquets que chaque ministre adresse aux colonies.
Je m'occupe de l'organisation d'une police.
Actuellement que les ministres sont autorisés à me parler franchement, ils ne craignent plus d'avouer combien l'Espagne va gagner par le nouvel ordre des choses. Ils conviennent que tout est vice dans l'administration ou plutôt qu'il n'y en a pas. Je suis bien embarrassé dans mon travail avec eux, tant je vois de difficulté à les écarter de l'ancienne routine, et à les amener à un travail plus simple et plus régulier. Le Roi donnait une-décision verbale à tous les rapports qui lui étaient soumis.
Le général Dupont se mettra décidément en route pour Cadix le 18 au matin, avec ses deux premières divisions, son artillerie et sa cavalerie, les cuirassiers exceptés. Des ordres sont donnés pour son établissement tant à Cadix que dans les environs et pour que ses subsistances soient assurées sur toute la route. Je ferai connaître son itinéraire à V. M.. Conformément aux ordres de V. M. je garderai la troisième division aux environs de Madrid.
Malgré les chaleurs, je ne ferai lever le camp qu'après la proclamation de V". -M. portant la nomination du Roi de Naples au trône d'Espagne.
Le Conseil de Castille n'ayant adhéré au vœu de la Junte de (îouvernement que par une délibération en forme d'arrêté, par lequel il me prie de faire connaître à V. M. son désir de voir le Roi de Naples roi d'Espagne, j'ai pensé qu'il était inutile de vous l'envoyer, et qu'il suffisait de vous faire connaître par la lettre de la Junte. J'espère pouvoir vous faire passer demain le vœu de la municipalité de Madrid et celui de la division de cette ville.
Je donne l'ordre au 1" bataillon d'Amérique fort de 570 hommes
H6 JOACIHM MURAT
e\ au I " h.ilaillon do Savoie fori de ()7(), de se rendre à Caitliayène. Le ministre de la (înerre m'en a fait expressiMiieiit la demande. Ces deux bataillons devaient se réunir à Hadajoz, mais le ministre nie fait observer que V. M. ayant déterminé à ne laisser (|ue i 000 Kspajjuols à Porto et i 000 dans les Aljiarves, on n'a pas besoin de ces deux bataillons. Il existe déjà en l*orlu;;al plus de 8 000 boinnies.
Je suis bien al'llijjé (pie V. M. ne se décide pas à traiter les officiers de l'arniée d'Kspagne comme ceux de l'armée de l'orttijjal, jamais V. M. n'aurait donné des secours plus à propos.
Archives nalionalrs, .\¥'^' I()()6, .M, el .Archives du |)riiu'e Mural. R. XI, |) l.i.
;3;J0.->. - ML'RAT A DOM (ÎIL 1)K I,i:\I()S
Madiid, 1,") mai ISOS.
Alt minisirc de la Marine.
M. le Ministre, je vous ai déjà fait connailre (ju'il était nécessaire que sur tous les bâtiments que l'on exj)édiera en Amérique, on embarquât des fusils, des pistolets dont on a grand besoin rians ce pays. Il sera bon d'embar(|uer aussi sur cliaque bâtiment \\\\ certain nombre de recrues. Quand on n'cmbar(|uerait sur cliaque bâtiment (|ue 30 ou 40 liommes, cela ferait un très bon effet en Amérique, parce que les colonies verraient (|u'on |)ense à elles. Faites-moi connaître d'une manière positive* le iiombie des petits bâtiments, mouclies, avisos, (jiie vous destinez |»our rAméri(|ue. il faudrait au moins en désigner douze. Ces bâtiments doivent être dirigés sur le Mexicpu' el Hio de la Plala, comme étant les deux points les plus importants des colonies. Il faut mettre tout eu usage pour armer douze frégates (piil faudrait envoyer sur ces i\on\ points, c'est-à-dire six sur cliacuu d'eux. Kuliu il laiit |)ro(iter de toutes les circonstances, de toutes les occasions, et surtout du commerce pour faire passer vos paquets en Amérique. Je désire que vous me fassiez passer quatre de vos |)aquels que rKmpereiir veut bien faire |)artir des |)orts de France.
Envoyez l'ordre à l'escadre qui est à Mabou de se reiidie à Toulon, il ne faut pas qu'elle reste à .Malion, elle y aurait trop de dangers à courir. \.a consommation (ju'elle ferait en cas de blocus compromettrait sa sûreté et celle de la garnison, |)uisqu'»'ll(' ((uir-
LlEUTEMAiVCK E\' ESPAGNE. — 1808 11-
lail le dauyei- de so rendre f'aulo de vivres. Elle a pour poiuts de relâche les por(s d Ajaccio, de Saiiil-Florent, où elle sera à l'abri d'une force supérieure, elle a Gènes, la Spezzia, le golfe de Juan, enfin quelque soit celui des porls de France où elle arrivera, l'Empereur se charge de la nourrir et de l'entretenir. Vous m'avez parlé ce soir de l'importance de faire une expédition à .Montevideo et d'y envoyer iOOll hommes; euvoyez-mcn un rapport détaillé sur les avantages de cette expédition.
Faites-moi un rapport sur l'état des porls des cotes d'Afrique. Fuites-moi connaître si un vaisseau à deux ponts, une frégate ou un brick peuvent y entrer et si l'on peut communiquer d'un port à l'autre.
H serait extrêmement important que vous chargiez un des meilleurs chefs de division de vos bureaux de la .Marine de travailler à un rapport général et très circonstancié sur la marine espagnole. Dans ce mémoire on devrait faire connaître les causes du mauvais état où elle se trouve et les moyens que l'on pourrait employer pour la relever. On devra parler aussi des ressources qu'offre en général l'Espagne pour la Marine ei de celles qu'on est obligé de se procurer des pays étrangers. Enfin à ce mémoire devrait être joint l'état de tous les employés au ministère de la Marine. Cet état devra comprendre le nom de chaque employé, son âge, ses services, ses appointements et l'arriéré. Par une colonne d'observations, on parlera de ses moyens, de ses talents et de sa moralité. Je désire qu'on s'occupe de suite de ce travail. Faites-moi connaître dans le plus bref délai les dispositions que vous aurez faites pour l'exécution des différents ordres contenus dans cette lettre.
Vous m'enverrez un semblable état pour le ministère des Relations Extérieures, u. \i, p. 9.
3306. — MlUt.Vr A O'FARRILL
Madrid, 15 mai 180H.
Au ministre de la Guerre.
Monsieur le ministre, je vous préviens qu'outre les fusils et pistolets qui doivent être embarqués à bord de chaque bâtiment qui va être expédié pour l'Amérique, il est nécessaire d'y embar(|uer 30 ou 40 recrues. Les colonies verront alors avec plaisir que l'on pense à elles. Concertez-vous à ce sujet avec le ministre de la Marine. Je
il8 JOACHIM MIRAT
désire que vous in'cnvo'^ioz par (iiiplicata (pialic paqiirls qiio IKinpoiTiir \oiil bien se cliarjjcr dr faire partir de ses porls pour les taire passer eu Aruériqiu'.
Je désire ^\^w vous uiadressiez uu uuMuoire sur les quatre places que vous ave/ eu Afrique, siw létal de leurs lorlilicalioiis, la (|uautité de munitions de guerre et de bouche.
Il serait extrèuiement imporlaut... [La fin coin mr dans la Ictln- pircédeiUe.)
R. XI, p. 10.
3307. — MURAT A D'AZAXZA ■
Madrid, l.~> mai IXOH.
Au ministre des Finances.
M. le Ministre, je vous ai déjà demandé un mémoire sur l'état des Finances du royaume, sur les administrations, sur les différentes branches de revenus, sur les domaines de la (Couronne, sur la dette publique, en jjénéral sur tout ce qui coucerne votre ministère. Veuillez bien vous occiq)er de ce travail important et me le faire parvenir le plus promplenuMit possible.
Les principaux capitalistes de Madrid se sont signalés par leur patriotisme, par le prêt qu'ils ont fait au (iouvernement de 12 nullions. Il existe des capitalistes bien plus riches encore dans les différents ports du royaume. C'est également le moment de faire appel à leur patriotisme. Fourtjuoi ne se montreraient-ils pas aussi conGants que ceux de Madrid? Kcrivez-leur de ma part, faites-leur écrire par leurs correspondants d'ici, enfin fra|)pous à toutes les portes. Tâchons de nous tirer pour le monu^nt du mauvais pas où nous sommes, Dieu fera le reste.
Faites-moi connaître s'il est vrai (pie vous ayez en dépôt, à Rio de Janeiro, j)lusieurs millions de piastres. Dites au sieur Amaros, secrétaire du Roi, de passer chez moi demain dans la journée.
Le S' Laforêt, ambassadeur de France, est chargé de faire un mémoire circonstancié sur les finances de l'Espagne. Veuille/ lui en faciliter les moyens qui sont en votre pouvoir et lui fournir tous les renseignements dont il pourra avoir besoin.
Envoyez-moi par duplicata (juatr<' paquets de ceux que vous des-
' Lettre ideatique au ministre de la Justice.
LIEUTEXfAMCE EX ESPAGNE. — 1808 in)
tiiicz pour r Amérique. L'Empereur vcuJ bien se charjjer de les expédier des ports de France.
Il serait cxlrèmement iinporlanl... [La fin comme dans la lettre au ministre de la Marine.) R. M. p. 1 1.
3308. — MLR.AT AU GE.VEKAL SOLAXO
Madrid. 15 raai ISOS.
Monsieur le général, je vous ai déjà écrit pour vous faire connaître les événements du 2 mai, leurs résultats, ma nomination de président de la Junta et de lieutenant général du royaume. Je vous ai fait connaître la confiance que l'Empereur mettait en vous pour la défense de Cadix et de son escadre. Je devrais déjà avoir la réponse de mes lettres, je dois donc présumer que vous ne les avez pas reçues et je dois craindre que les premiers symptômes d'insurrection qui se sont manifestés à Badajoz et à Séville, bien loin de s'éteindre, n'aient fait des progrès. Je vous charge, en conséquence, d'employer tous les moyens qui sont en votre pouvoir pour faire tout rentrer dans l'ordre, si, au reçu de ma lettre, quelques points de l'Andalousie étaient encore en insurrection. Je me fais un plaisir devons annoncer que l'Empereur a jugé à propos d'envoyer une partie des forces que je commande sur Cadix, afin de garantir cette place, ainsi que toute la côte, contre toute tentative de nos ennemis, et pour appuyer le camp de S' Roch, s'il venait à être attaqué par des forces supérieures. Vingt mille hommes vont donc arriver incessamment sur Cadix et les environs. Je vous prie de donner des ordres pour faire préparer leur établissement. Je vous prie de m'envoyer un rapport journalier sur Cadix, sur la situation et la position de votre corps d'armée.
Monsieur le général, je vous le répète avec plaisir, l'Empereur compte sur vous, j'espère que vous me mettrez bientôt à même de rendre compte que sa confiance n'a pas été trompée. J'espère que ma lettre vous trouvera à Cadix, puisque le ministre a dû vous envoyer l'ordre, par courrier extraordinaire, de vous y rendre eu poste de votre personne. Passez une revue de rigueur de la garnison de Cadix et des tr()U|)es qui sont sous vos ordres et envoyez m'en le rapport '.
' Le mènu' jour, Miirat écrivait à l'amiral commandant la flotte espajfnole à Cadix de lui envoyer un rapport journalier sur les mouvements du port et sur ceux de la flotte ennemie.
120 JOACIIIM MIHAT
Vous y joindre/ volio riipporl sur les lorlilicalioiis cl rarnicnUMit de lil placo et sur les (|uauliU's (l(~ imiuitions el de |)r()visioiis de houclu". u. XI, |). IJ.
:W0!). — \\1»()I,K0\ A MllîAT'
ll.iyiiiiDi', l."> mai IKI)S. à S lioiurs du itiiiliii.
Mou Irère, je reçois \olrc' lellre dy\ 12 mai à ;i heures du uiadu Je vous envoie la lettre du Priu:e des Asluries au Conseil de (laslillc. Vous en forez l'usa'jc que vous jugerez convenable. Je vois par la note que vous m'avez envoyée (|u"il y a 1:2 ()()() hommes de toutes armes à C.adix et dix mille devant (liliiallar, ce (|ni lait 22 000 hommes. Il faut bien se yaider d"an;[menler ce nondjre. Faites (iler i\('ii troupes sur (leula et sur .Minor(|iie t/c liancloiie' . La lettre de la Junte ne dit rien, |)uis(|ue ce sont des remerciemenis de ce (|uc j'ai raccommodé le père avec le fils et fixé leur in:*erliiude. J'attendrai pour lui répondre la lettre (juc vous m'annoncez et (|ue je recevrai probablement aujourd'hui. Kst-ce vous qui avez donne l'ordre aux caiabiniers (|ui ont escorté le Hoi Charles de retourner à Madrid. L'état de la marine (jue vous m'envoyez ne ni'appiend i icn. C'est une situation détaillée que je veux, des vaisseaux armés, en armement, désarmés, en réparation, en construction, à lancer. J'en sais beaucoup plus sm- la marine espa'jnole que ne m'en apprend votre état.
Sur ce, etc.
Archiies du priurc Mural. I). /i(>". (>().
3310. — MLR.Vl' .\ \AI»0I,1X).\ =
Madri.l. le Mi mai l«OS.
A Sa Majesté C Empereur.
Sire, j ai riionncur de prier V. .IL d'accorder le jpade de ca|)itainc à M. de Faudoas ', lieutenant, et l'un de mes aide.s-de-camp.
Arcliivi's iiiilioiiales, .\F'v KiUG, •*, X.».
' Corresponi/fiuce de Xupoltoii, u° 13893. laiiantcs dans le texte. ■ Mots aiit(i;{ra|)':(s.
•• Publiée par M. A. LL\niRO.S(), Cuncspondduce iln Mitnit, ii" (KKïX. ' l'ar (ii'-LTct (lu 21 juillet ISOS, le lieineiiaiit de I''aiidoas était iiotniiii' officier dordonriam c de l'I'Imix'reiir.
3311. — MIRAT AU AIARKCHAL BKSSIÈRl-lS
iMudrid) lU mai (1808), deux heures du malin.
M. le niaroclial Duc, j'ai reçu vos deux dernières lettres. Je peuse absolument comme vous relativement à Valladolid et à la (îaliee. Je puis vous assurer que rien ne bougera et que la tranquillité est assurée non seulement sur ces points, mais encore sur tous les points du royaume. Vous trouverez ci-joint une lettre pour le capitaine-général de la Vieille-Castille que je vous prie de lui faire parvenir. Je lui ai écrit absolument dans le sens de voUe lettre. Mon aide-de-camp, Monaco, m'a rendu votre conversation et m'a lait part de vos désirs. J'en écris par ce même courrier à l'Kmpereur. Xous jouissons ici de la plus grande tranquillité et tout va suivant les désirs de l'Empereur.
3312. — MLR.AT A XAPOLÉOX '
Madrid, IG mai 1808, à i lieiires du maliu.
A Sa Majesté l'Empereur.
Sire, j'ai reçu les dépèches de V. M. du l'2, avec le traité de Charles IV et sa proclamation à ses sujets. Comme je recevrai cette nuit celle du Prince des Asturies que V. M. m'annonce, la Junte de (iouvernement a jugé convenable de communiquei- le.< deux ensemble, et a pensé que c'était le moyen de ne rencontrer aucune espèce de difficulté pour déterminer le Conseil de Castille à envoyer une députation auprès de V. M. pour vous demander le Roi de Xaples pour Roi d'Espagne. Le Conseil s'occupera dans la séance de cette nuit du choix de cette députation, pour remplir ensuite les intentions de V. M. relativement à l'Assemblée nationale qu'PMle désire réunir à Rayonne. J'ai convoqué la Junte pour lui communiquer vos vues bienfaisantes. On approuve généralement cette convocation. J'ai nommé une Conmiission de cinq membres qui doit se réunir à une scn)blable Commission du ('onseil de Castille. Ces deux Commissions réunies travailleront de suite à me présenter un rapport sur la manière de choisir les dépufé.5. Je ferai donner ensuite des instruclions en conséquence aux iiitendants des pro-
' l'iil)lf(''e par M. A. iiiMKiiiiso, ('orrexpo/u/dnre de Miiirit, v." C.VA'.W.
vinccs pour la rédatiioii des cahiers (|iieces députés devront emporter avec eux à Ha\onne. .1»' m'empresserai de l'aire coniiailre à V. iM. la détermination qui aura été déOnitivement arrêtée.
V. M. verra par la lettre ci-jointo du ministre de la Marine (|ue déjà des paquets pour rAméri(|ue sont partis en triplicata pour différents ports d'Kspayne, d'où les bâtiments qui doivent les porter sortiront au premier vent favorable. Je trouve pour ce qui concerne la conservation des colonies un zèle universel.
Le chargé d'affaires des Ktats-Unis est venu m'offrir après-diner de faire porter mes dépèches aux Etats-Unis par un bâtiment américain, en ajoutant qu'eu cela il ne faisait que suivre les intentions de son Gouvernement, qui sont de sai?ir toutes les occasions de prouver que l'Empereur n'a pas de meilleurs amis que les Américains des États-Unis. J'ai accepté en lui assurant que V. M. ne pourrait qu'agréer sa déniarche.
L'ambassadeur de Russie m'a fait une confidence d'une autre nature. Il s'est exprimé ainsi : i Je viens d'apprendre que (IharlesIV et le Prince des Astuiies ont renoncé à leurs droits au trône d'Espagne en faveur de l'Empereur. V. A. I. sentira sans peine que c'est un événement aussi extraordinaire qu'inattendu, et elle ne m'en voudra pas, si je ne me présente pas le premier pour lui faire mon compliment. Mais quoique je sois persuadé que tout ceci se fait d'accord avec mon souverain, mon devoir me commande néan moins d'attendre ses ordres avant de faire aucune démarche ultérieure qui puisse le compromettre. ' Je me suis empressé de le rassurer en lui disant qu'avant qu'il fût dans le cas de faire une démarche de la nature de celle dont il me parlait, il aurait le tenqjs de recevoir des instructions de son Gouvernement ; qu'en attendant, il devait continuer à eu agir envers le lieutenant général du royaume, comme il l'avait fait jusqu'à ce moment, jusqu'à l'arrivée du nouveau souverain. Sire, jugez de mon élonnement à une semblable déclaration, et surtout lorsqu'il a ajouté (jue le corps diplomatique était bien loin de s'attendre à un semblable dénouement.
Sire, tous les ministres travaillent nuit et jour; chacun s'occupe à rédiger un rapport général sur son ministère ; mais je ne pourrai l'envoyer avant huit jours à V . M. — M. Laforèt s'est chargé, de concert avec le ministre des Einances, de celui de ce ministère.
J'ai été extrêmement satisfait de la réponse du général Solano. Je la fais traduire et je l'enverrai demain à V. M.. Le capitaine général de la Vieille-Gastille annonce les mêmes sentiments. Les ministres de la Guerre et des Einances et les personnes les plus influentes me
LIEUTEMAXfCE EN ESPAGNE. — 1808 123
répoudent dès à présent de la tranquillité du royaume. Ils montrent, aujourd'hui qu'ils sont dégagés de leur serment, autant de zèle qu'ils ont cherché avant à mellre d'ohstacles à vos projets.
Bien des personnes pensent que la convocation d'une Assemblée entraînera de longues discussions, et que V. M. n'obtiendra pas des résultats aussi prompts que ceux qu'Elle est accoutumée d'obtenir. V. M. sera étonnée du caractère de cette nation. On ne lui fait pas faire facilement tout ce qu'on veut, et je me rangerais de l'avis de ceux qui voudraient que V. M. donnât une Constitution toute faite, si je ne savais par expérience que rien ne saurait résister à la force et à l'influence de votre génie.
Le ministre des Unances et M. Laforêt proposent Cabarrus comme le seul homme capable de remplacer Espinosa dans les Finances. Croyant me rappeler que V. M. peut avoir quelque prévention fondée contre cet individu, j'ai ajourné mon approbation pour demander celle de V. M.
Le ministre de la Guerre demande le licenciement des troupes de la milice. Ce serait un grand soulagement pour le Trésor. Il prie aussi V. M., et je suis de son avis, d'ajourner jusqu'après la convocation des Etats l'envoi des troupes espagnoles en France. La malveillance ne manquerait pas de dire qu'elles y seraient en otage, comme elle essaie de le répandre de tous les Espagnols qui se sont rendus à Bayonne et dont aucun n'est revenu. Quelques personnes de nos amis et de bon sens craignent que ce prétexte n'empêche la plupart des députés qui seront nommés de se rendre à Bayonne. Aussi V. M. se déterminera, peut-être, dans sa sagesse à en renvoyer quelques-uns, ou à faire connaître qu'ils y sont retenus pour assister à l'assemblée, ou pour recevoir le nouveau Roi.
Je sens que les gardes du corps ne doivent pas être conservés, mais je pense que le moment de les licencier n'est pas favorable; et je crois que l'on arriverait plus facilement à ce but en les envoyant à Bayonne sous le prétexte d'y faire le service pendant l'assemblée, auprès du Roi d'Espagne. Alors V. M. pourrait les garder en France ou prononcer définitivement sur leur sort. C'est une idée que je prends la liberté de soumettre à V. M., et je la prie de me faire connaître ses intentions à cet égard.
V. M. me dit qu'il faudrait voir ce qu'il y aurait à faire pour les officiers de l'armée de Portugal. Il est très instant que V. M. vienne au secours de ces officiers. V. M. n'a rien décidé non plus
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pour les chefs d'étaf-inajor. Le maréchal Bessières est sans argent, et me prie de mettre des Conds à sa disposition, n'en ayant pas même pour Texpcdition des courriers.
Je reuiercie V. M. de raijjh' (pfeMe a bien voulu accorder au Prince d'Hoheuzollern. Je prends la liherlé de vous demander la même laveur pour mon secrétaire des commandements, Janvier, (pii n'a cessé de me rendre les plus grands services |)endant les campagnes de Prusse et de Pologne, et depuis que je suis en Kspagnc. J'oserai ajouter que V. M. ne saurait rien faire de plus agréable pour la Princesse Caroline.
Je crois pouvoir assurer à V. M. que je réunirai quatre régiments suisses au corps du général Dupont. Ces quatre régiments formeront une division forte au moins de 5 000 hommes, le général Kouyer la commandera, ayant pour généraux de brigade Schramm et Reding; elle va se réunir à Séville.
Le ministre de la Guerre me fait espérer (pi'il pourra me reniettre demain l'état de situation et un projet de placentent des troupes espagnoles.
Je vais autoriser le duc d'Abrantès à laisser partir pour le Fcrrol le surplus des 8 000 hommes que V. M. veut laisser en Portugal, pour aller remplacer à la Corogne et au Ferrol les milices qui seraient renvoyées chez elles.
Je reçois à l'instant le vœu que m'exprime la ville de Madrid de faire parvenir aux pieds de votre troue sa demande du Roi de Xaples pour Roi d'Espagne. Je m'empresse de l'adresser à V. \l. Peut-être me déciderai-je à joindre une députation de la capitale à celle du Conseil de Castille.
Archives iiaiioiiales, A F"' 1606, 1, 54. et .Arcliiies tlu prince Murât, li. XI, p. 18.
;i3i;î. — ML'K.AT A I/A.MIU.AL ROSILY
)(i mai 1S08.
Monsieur l'Amiral, je vous envoie une lettre de l'Empereur. Vous chargerez de votre répons(! l'officier (\ui vous la remettra. Donnez-moi souvent de vos nouvelles. Xous continuons à jouir ici et aux environs de la i)lus grande Iraïupiillilé. l\ M. p -Ji.
LIE! TEXANCE EX ESPAGXE. — 1808 125
3314. MIRAT Al GÉVÉRAL JIXOT'
Madi id, !6 mai 18î>8.
A M. le duc d' Ahrantès .
Monsieur le duc, je m'empresse de vous adresser une lettre de l'Empereur que je rerois à linstrint. L'officier qui vous la remettra a l'ordre d'attendre votre réponse. Xous continuons ci jouir de la plus grande tranquillité. L'Empereur me prévient que vous devez réunir 3 000 hommes h. Elvas et 4 000 à Almeida. Vous seriez bien aimable de me faire connaître l'arrivée de ces troupL's. J'aime à me persuader que nous n'en aurons pas besoin. La Junta de Gouvernement, le Conseil de Castille, la ville de Madrid, le capitaine général de ALidrid et les officiers de sa division viennent d'écrire à l'Empereur pour lui demander le Roi de Xaples pour lloi.
Archives du priiici" Murât. 11. M, p. 23, et .^rcliires inip('riales de Vienne.
3315. — MLR.AT A O'FARRIl.L
M^diid, IG mai ISOS.
Ati ministre de la Guerre.
Monsieur le ministre, je suis informé que le nouveau Hoi d'Espagne se propose de se rendre à .Madrid par lalladolid et TEscurial où il se propose de rester quelques jours. Ordonnez en conséquence aux gardes du corps de s'y rendre pour y rester jus([u'cà nouvel ordre. Ce corps devra partir demain dans la journée.
Ordonnez au régiment suisse qui est à Tarragone de se rendre à Valence où je lui ferai adresser de nouveaux ordres. Faites-moi connaître où se trouvent les autres régiments suisses. Ordonnez au bataillon des gardes wallonnes qui est à Barcelone de se rendre à Auch en Gascogne, où il devra attendre l'ordre de se rendre à Rayonne pour y faire le service auprès du nouveau Roi.
Donnez l'ordre au bataillon d'Aragon qui est parti de Madrid, de se rendre à Toulouse en Languedoc. Tous les détachements de ce
' Publiée par le D' H ScHi.niKii dans les Mitllieilttmjen des Instilul'i fiir œsterreichisclie (jeschiclihforsclnni(j. 1889. X Baud. 4. Heft. liriefe Murats an Snvartj aux Madrid, et par M. A. Limbroso, Correspnmlance de Mural, n" CCCIX.
corps devront le rejoindre et snivre ses mouvements. Envoyez à ('artliajjène le bataillon de Savoie et celui d'Amérique. Knvoyez à Harceloiie le rcjjinienl de drayons jaunes (|ni se (rouxc à .Madrid, employez tons les moyens qui sont eu votre pouvoir pour faire passer à (lenta le bataillon de renfort que vous vous proposez d'y envoyer. Failes-inoi connaître de|)uis combien de tem|)s les milices sont sur pied, quel àjje elles ont et |)our combien de temps elles sont au service. Veuillez m'envoyer dans les vin;{t-(|natre beures un état général de situation de l'artillerie.
;i;U6. — ML'R.AT A DON GIL DM MaiOS
Madiid, 10 mai ÏHOH.
Au ministre de la Marine.
M. le ministre, désirant envoyer des officiers de marine à Cadix, à la (k)rogne, à Cartbagène et (^euta, je vous prie de m'en désigner quatre (|ue je chargerai de c<'(l(> mission. Vous les enverrez chez moi pour prendre mes ordres.
3;31T. — .\1LRAT AU GIÎXÉR.^L l)K LKHV
Madrid, 16 mai 1808
Monsieur le général, vous avez dû recevoir des ordres pour faire fortifier l'arsenal, le Retiro et pour faire faire des palissades et des cbevaux de frise pour le Palais. Faites-moi passer dans les vingtquatre heures un rapport à ce sujet. Knvoyez-moi un oldcicr du génie instruit et intelligent que je chargerai d'une mission importante.
;j318. — Ml R.AT A .X'APOI.KON '
Madrid, le l(> mai ISOS, à G heures du »oir.
A Sit Majeslr i Kmpcrcitr.
Sire, je rcritis l.i jcllre de \ . M du l:{, à dix beures du malin, cl je m'empresse d'^ répondre, \iusi (|iie vous le désirez, j'ai
' Publiée par M \. I<i mhro.so, (lorrespondaun: dr Mural. u"i]('A)\l\.
LIKITKVAXCK EN ESPAGXK. — 1808 127
remis le 10 au ministre de la Guerre uu modèle de situation; on me fait espérer qu'il sera rempli demain. Jai aussi demandé un état de situation de lartillerie; on s'en occupe. Je ne perdrai pas un instant pour le faire passer à V. M., aussitôt que je l'aurai reçu, (l'est une jjraude affaire que d'avoir des états de situation en Espajjne; il parait qu on n'était pas habitué à en fournir. .Au reste je vais charger le général Lariboissière et uu général d'artillerie espagnol d'envoyer des officiers dans toutes les places et arsenaux pour en avoir uu état détaillé. C est le seul moyen d'obtenir des résultats sûrs.
11 ne sera fait aucun changement dans le Palais. Les diamants de la Couronne ne seront point envoyés ; ils seront soigneusement gardés. Des officiers d'artillerie, du génie et de marine vont partir pour reconnaître Ceuta et les Présides que les Espagnols ont en Afrique. Des mesures ont déjà été p'ises depuis plusieurs jours pour faire arriver des renforts à Ceuta. J'ai demandé un état de situation de la marine; je ne l'ai pas encore reçu. Je vais demander au ministre de la Guerre depuis combien de temps les milices smit >iii pied, et pour combien de temps elles sont au service. V. AI. verra par ma lettre du 12 que j'avais contremandé les dispositions relativement à la division Rouyer qui devait se réunir à Séville. .Mais daprès la lettre de V. M. du ..., qui me faisait connaître le désir quelle avait de voir le général Dupont avec ses deux divisions à Cadix, ainsi que le général Rouyer avec cinq à six mille Suisses, j avais donné des ordres en conséquence. Tout est contremandé. J'exécuterai très littéralement à l'avenir les ordres de V. M.. Les deux bataillons qui devaient se réunir aux Suisses, ainsi que je 1 ai mandé à V. M., se rendent à Carthagène.
Je donne l'ordre aux gardes du corps de partir demain [)oui l'Escurial. Le bataillon des gardes wallones qui est à Barcelone, va recevoir l'ordre d'eu partir pour .Auch; le bataillon d'Aragon pour Toulouse, et les dragons jaunes pour Barcelone où ils recevront de nouveaux ordres. L'hôpital de Valladolid va être évacué sur l'Escurial. C'est peut-être la confiance que j'ai inspirée aux Espagnols qui nous a sau\é beaucoup de monde; elle nous a été plutôt profitable que nuisible. J'ignore les rapports qu'on a pu vous faire sur nos perles dans la journée du 2; ce que je sais c'est que la garde de V. M. n'a eu que deux hommes tués, et qu'il ne périra pas un seul blesse.
Le Palais u a que deux grandes portes qui sont fermées tous les soirs. J'ai déjà eu l'honneur de vous dire que c'était un véritable
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fort, et qu'il lallait du canon pour le prendre. Le «{énéral Lery, du jour où j'ai reçu les ordres de V. M., a reçu les miens pour remplir vos intentions relativement à l'Arsenal, au Palais et au Palais neul". Il doit me faire un rapport dans H'i heures.
Je ne crois pas mériter le reproche de trop (latler les Espagnols, et ma conduite dans la journée du 2 n'est pas de nature à provoquer une seconde insurrection. Au reste, le plus sûr moyen de l'empêcher, c'est de faire connaître sans délai le nouveau Hoi d'Kspajpie.
L'ambassadeur de Y . M. a reçu l'ordre de travailler à un mémoire sur les finances ; il s'en occupe avec le ministre. Je l'enverrai a V. M. aussitôt qu'il me l'aura remis.
Je vais donner les ordres pour faire réintégrer dans la caisse de V. M. les deux cent mille francs ([ui ont été payés au Prince des Asturies; je ne réponds pas qu'il y ait des fonds.
Il est constant (pi'il n'y a pas assez de hreufs en Kspagne pour fournir au service extraordinaire que les circonstances exigent.
Si V. M. blâme Fua trop grande confiance, il est permis de no pas trop applaudir aux rapports (|ui vous sont fait sur les prétendus mouvements de Valladolid, de (lalice, de la \a\arre, de l'Aragon et de la Catalogne, tandis (|u'il n'y a pas dans toutes ces provinces un seul homme disponible, et qu'il ne s'y trouve slrictenuMit (pie les troupes nécessaires à la défense des ports.
Je f;:is passer cà V. M. une adresse du capitaine général de Madrid, qui réunit son vœu à celui de la Junte et du Conseil de (>astille pour vous demander le Uoi de Xaples |)Our Koi d'Kspague.
Je n'ai pas encore reçu la proclamation du Prince des Asturies et des Infants; elle me paraît absolument nécessaire. J'espère que je la recevrai dans la jouinée.
A la députation du Conseil de Casiille vont se réunir des militaires envoyés par la garnison d(; Madrid et par la ville.
Je joins à ma lettre copie de celle que je reçois du général Solano et du capitaine g('néral à Hadajoz; j'y joins aussi l'extiait des rapports du ministre de la Guerre, ceux du camp de S' Koch, Séville et Cadix. Tous sont extrêmement satisfaisants. Je n'en dirai pas autant de celui qui concerne Ceuta. Vous venons d'exijédier des officiers à (^adix et au général qui commaïuic le camp de S' Hoch, aux commandants rjiarilimes d'.'\lgésiras, Alicaiilc et Malaga pour leur j)orter les ordres de [)rendre des nu'surcs extraordinaires pour faire pas.ser à (k'uta des vivres et des troupes. Il |)araît (pie les Marocains et les .Anglais se proposent sérieusement d'attaquer cette
LlKl Ti;\'A\'CIi I-:M ESPAGNE. — ls08 12«J
place. Je n'ai pas encore reçu la lettre que V. M. m'avait annoncée pour le Roi du Maroc.
Si V. M. eût reçu à temps les rapports que je lui ai fait passer sur le retour à la tranquillité des habitants de Badajoz, de Séville, de la (ialice et de Catalogne, elle n'eût peut-être pas ordonné les mouvements de troupes qui vont se faire sur Almeida et Elvas, et je n'aurais pas été forcé de contreniander le mouvement du général Dupont sur Cadix. Le ministre de la Guerre, avec lequel je viens de travailler, et à qui j'ai dû faire connaître vos intentions tant sur les gardes du corps que sur les gardes wallones et autres troupes espagnoles à envoyer en France, persiste à penser, et je suis de son avis, que peut-être eût-il été politique et prudent de suspendre tous ces mouvements, jusqu'à l'arrivée du nouveau roi, puisciue l'opinion va mieux qu'on n'aurait jamais osé l'espérer. Il est chargé de faire pressentir aux officiers des gardes du corps leur sort futur, et je ne doute pas qu'ils ne prennent eux-mêmes leur parti. Il doit leur présenter leur existence comme incompatible avec le nouveau système qui va s'établir en Espagne. Ce ministre croit pouvoir m'assurer que ce cas a déjà été prévu par eux. Je n'en vais pas moins presser l'exécution des ordres que j'ai donnés.
V. M. verra par la copie des lettres qui me sont adresséas, que les provinces suivent absolument la direction de la capitale Je ne me lasserai pas de le dire à V. M., parce que c'est la vérité et l'opinion de la grande majorité : que la nomination du nouveau Roi finira tout.
Xous avons eu hier dimanche une fausse alerte occasionnée d'un coté par un cheval qui, ayant jeté à bas son cavalier au Prado, a été porter l'épouvante parmi les belles promeneuses, qui en se sauvant et en poussant des cris, ont porté à leur tour l'alarme dans la ville, et en un moment toutes les portes et croisées ont été fermées; et d'un autre côté, par quelques coups de fusil qui ont été tirés au même moment par des chasseurs derrière le Retiro. J'adresse à V. M. le rapport qui m'a été fait à ce sujet par le général Grouchy, commandant la place. Cet incident est d'autant plus malheureux que c'était la première fois, depuis les événements du 2 mai, que les habitants de Madrid s'étaient hasardés de paraître dans la promenade publitpie avec autant de concours. En un clin d'œi! tout a été sous les armes; un quart d'heure après, tout était rentré dans l'ordre. Il n'est pas arrivé le moindre accident.
Les papiers (pie V. M. m'a chargé de rechercher et de lui envoyer sur r.^frique sont si volumineux et m'ont paru si importants, que
TOMK II. 1)
130 JOACHIII MIRAT
je vous les envoie par le S"^ Aniaros lui-mèine, qui a aussi voyajjé en Afrique, et qui se lrouv<' être un ami de l'auleur.
Je reprends ma lettre après avoir passé deux heures avec le ministre et M. Laforét. Ils pensent tous qu'il sera bien difficile que l'assemblée que V. M. désire réunir à Bayoune pour le 15 juin, puisse y être rendue à celle épocpie, et tous aimcraieni mieux que V. M. se décidât à donner de suite à Ti^spagne les premières bases d'une Constitution. Ils regardent surtout comme extrêmement urgente la nomination du nouveau Roi.
.{espère parvenir à faire décider les gardes du corps à donner leur démission.
Je joins à ma lettre une circulaireque la Junte du (iouvernemeut m'a prié d'écrire aux Vice-Kois et aux premières autorités de l'Améiique.
.Ircliivcs naiionales IW'^ 1606, bH, et Archives liu prince Mural. II. XI, p. 2').
3319. — MLRAT A NAPOLEOX '
Madrid, le 17 mai 180K, à 2 lieiiros du malin.
A Sa Majesté l'Empereur.
Sire, je viens d'entendre le rapport de la Commission (|ui avait été chargée de nous présenter un mode d'élection ])our les députés que V. M. va appeler à Rayonne. Tout est convenu. L'ancien ministre de Grâce et de Ju.stice, M. Caballero, doit rédiger cette nuit une circulaire avec les instructions à envoyer aux différentes provinces. J'en adresserai demain une copie à V. M. Demain il partira également d'ici une députalion du Conseil de Castille, à laquelle se réuniront les députés de la ville et des militaires de la division, pour venir demander à V. M. le Roi de Xaples pour Roi d'Kspagne. Il a été arrêté en principe que les députés que \ . M. a fait rester à Hurgos feraient partie de l'assemblée de Rayonne. J'adresse ci-joint à V. M. un premier envoi pour rAméri(|ue. Je ferai partir demain le chef d'escadron Rertliemy pour Maliou ; j'enverrai atissi M. Rongars à Rarcelone.
J'aurai l'honneur de répondre demain matin à la lettre de V. \l. (In 1 i, que je reçois à l'instant. Je n'ai point reçu celle que \(ius
' Piibli(^p par M. .\. Li;mbro.so, Corrrspondnnre ilc Mnrnl, w" (HKIMII.
LIKUTENANCE EX ESPAGNE. — 1808 131
m'annoncez pour le Roi du Maroc. Je n'ai pas reçu uon plus la renonciation du Priuco de.s Asturies etd('.< Infants, cette pièce m'est très nécessaire, ne pouvant pas faire usage du traité qui doit rester secret.
Dut V. M. dire encore une fois que nous sommes sur le point d'avoir une nouvelle révolution parce que je vous dirai que nous jouissons de la plus grande tranquillité, je ne puis m'empécher de vous annoncer que jamais on n'aurait du s'attendre à des dispositions aussi heureuses des esprits à Madrid et eu général dans l'Espagne, tant sont satisfaisantes les nouvelles que nous recevons de tous côtés. Il n'y a qu'une inquiétude, c'est de connaître officiellement le nouveau Roi. Que V. M. le fasse connaître par une proclamation, et le serment, si V. M. l'ordonne, sera prêté une heure après à Madrid, et successivement dans toutes les provinces du royaume. Je suis au désespoir que V. M. puisse avoir quelques inquiétudes, j'o.se lui dire qu elles ne sont pas fondées.
J'oserai proposer à V. .M. pour ministre des Relations extérieures M. de Cahallero, il est impossible d'avoir montré dès le premier jour un dévouement plus prononcé que le sien.
Je vais faire arrêter l'agent anglais et l'envoyer à Rayonne.
Je joins à ma lettre un état des Vice-Rois et des capitaines généraux qui commandent en Amérique.
P.-S. — J'ai l'honneur d'adresser à V. M. un rapport que je reçois à l'instant du ministre de la Marine.
Archives nationales AF'^' 1606, .59, et Archives du prince Murât R. XI, p. 31.