‹ Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1767-1815Chapitre 31 sur 104 · MIRAT AU COMMAXDAMT I)K LA MARIME, AU FERROL · texte numérisé non relu

MIRAT AU COMMAXDAMT I)K LA MARIME, AU FERROL

Madrid. -24 mai 1808.

Au commandant de la marine du Ferrol.

W. le commandant, je fais partir demain pour le Ferrol 2 millions de réanx pour y être mis à votre disposition. Dansée moment, l'objet le phis important et <|ui doit lixcr le pins la s(dlicifn(le du (ionvcrnenuMit sont les colonies, et Rio de la l'Iala doit avant t^:tit être secouru, il n'\ a donc plus un motncnt à perdre. Il I'^miI armer

le Concepcion et le San Fernando qui axcc la Vengeance, la Magdclaiiie, la Diane pl\a covyeUc V Endcgadora portiM-ont le socoiirs que je (It'slino pour cette eoloiiie.

il faut que cette expédition se piépare secrètement et sans ostentation, qu'elle soit prête à mettre à la voile dans le mois de juin et avant (|ue les An;|lais se soient aperçus de vos préparatifs et aient eu le temps de renforcer leur escadre devant vous. M. le «jjénéral, je compte absolument sur votre zèle ainsi que sur vos talents. Je suis persuade (jue vous justifierez dans cette circonstance la bonne opinion que l'on m'a donnée de votre |)atriotisme. 11 faut montrer à rUspayne que son (îouverncment s'occupe de ses intérêts et peuton s'en occuper d'une manière plus efficace qu'en travaillant à la conservation et à la prospérité de ses colonies?

Outre les fonds (pion vous envoie, des marchés vont être passés aujourd'hui et demain pour les fournitures eu tout yenre dont vous pouvez avoir besoin. Faites-moi connaître par le retour de mon courrier l'époque à laquelle vous pensez (pie l'expédition que je vous demande jxnirra être prête à mettre à la voile, .le désire (pie vous me fassiez connaître le jour où vous commencerez à mettre la main à l'œuvre, et que vous me rendiez compte deux fois par semaine du progrès de vos travaux.

li'argent, je l'espère, ne nous manquera pas. Le contre-amiral qui doit commander l'expédition et les troupes de débarquement doit se rendre incessamineiil au Ferrol. H. \I, p. 92.

um. — .mlhat au .\iAiiiicnAL liiissiiiiucs

Madrid, 25 ra.ii ISOK, à 1 lipiire du matin.

.Monsieur le maréchal, je ne perds pas nue minute pour vous annoncer que l'ordre est totalement rétabli dans la |)r()vince des Asluries. liCS paysans ont ra|)porté d'eux-mêmes les armes dans les arsenaux. J'oserais dès à présent assurer (|ue la tran(juillité ne sera plus troublée en Kspa;[ne. Vous seiiez bien aimable si vous vouliez i'iiire rentrer dans leurs cantonnements respectifs les détachements de la ;[ar(le qui sont répartis sur la route. Le yénéral Lepic vous en aurait obliyalion.

.Vri'liiii'f ii.iliuiialc».

et .^riliMes du prime Mural K Ml, p. 4.

LIKl T K.VAX CK KV K S I» A Ci .\ K . — J808 175

3361. — MURAT A \APOLliON •

Madrid, le 25 mai 180X, à 1 heure du matin.

A Sa Majesté l'Empereur.

Sire, je viens de recevoir les trois lettres de V. M. du 21 ; j'y répondrai article par article. Je m'empresse néanmoins de vous annoncer que les ordres sont donnés en conséquence des vôtres, par le ministre de la Marine, aux commandants des trois départements. Je leur ai écrit en particulier à chacun d'eux. On va mettre tout eu activité dans les trois ports.

J'ai réuni de nouveau aujourd'hui les négociants dont j'ai eu l'honneur de parler à V. M., avec les deux premiers commis du ministère des Finances et de la Caisse de consolidation. Des arrangements vont être pris, et je |)uis donner l'assurance cà V. M. que je ferai partir demain de Madrid, par un em|)loyé de la Trésorerie, 500 mille fraucs pour le Ferrol; le banquier Murphy a donné des lettres de change sur la place de Cadix; c'est comme si on y envoyait de l'argent comptant. Les hanciuiers vont en outre faire un traité avec la Marine, non seulement pour l'approvisionncnient des arsenaux de Cadix, du Ferrol et de Carthagène, mais encore ils vont traiter pour les quatre vaisseaux que V. AI. désire faire construire à Carthagène. Le ministre de la Marine, que j'ai consulté pour savoir si on pouvait employer utilement ce moyen d'entreprise, m'a répondu que cette mesure était la plus sûre et la plus prompte. De cette manière, j'espère que les intentions de V. M. seront remplies, car ces négociants, qui pour le moment n'ont point d'argent, ont des crédits immenses, et ne pouvant nous donner d'argent, ils nous fournissent ce qu'il nous faudra acheter, ce qui revient au même. Le Gouvernement ne pourra qu'y gagner parce qu'ils achèteront à meilleur marché. On leur donnera en gage les diamants de la Couronne et des traites sur les 12 millious qui sont arrivés en Angleterre et sur le Mexique, à mesure de leurs foiirnituics. J'espère que leur exemple aiuènera la confiance. Je ne me lasserai pas de le répéter, elle sera absolue le jour où le sort de l'Espagne sera décidé; car ou dit que si V. M. ne prend pas un parti, c'est (pi'elle n'est pas d'accord avec les puissances du Continent.

' Publiée par M. A. Lumbroso, Correspondance de Mural, n" CCCXXIV.

176 JOACIini MIHAT

Los gardes du corps soiil partis ce nialiii pour rKsciirial. Iamm* départ a produit ici unr yrandi* srusation. Leur ([uarticr était rempli de femmes éplorées; les oiiiciers de V . AI. se proposent de les consoler.

On me fait espérer (]ue le ménicnre dont est chargé M. Laforèt sera fini domain, .le vous roinorrai par Kspinosa. Sire, c'est l'homme le plus fort en finances, et de plus d'une prohifé à toute éprouve. Il n'y a qu'une voix sur son compte. D'ailleurs si V. M. cause finances av(>c lui, elle s'en apercevra hion facilement.

Je viens de recevoir dos nouvelles des Asturies. Tout y est rentré dans l'ordre, et les paysans rapportent d'eux-mêmes les armes dans les magasins. .Ainsi, Siro, la tran(|ui[lité est assurée pour toujours en Espagne '. Les Anglais auront encore une fois échoué dans leurs projets do soulever ce pays. Tous les Kspngnols prétendent qu'ils ne réussiront jauïais à détacher les colonies de la métropole.

Sire, autant je trouvais au commencement de lenteur, je dirai même de mauvaise foi, autant aujourd'hui un zèle prononcé dans tous les fojictionnaires puhlics. L'opinion est parfaite. (Ihacun se dit : " Xous allons enfin avoir un gouvei nement et une administralion, et deux ou trois cents Grands d'Kspagne vont cesser de nous tyranniser. Une constitution libérale va ontin assurer les droits de tous. -' \oilà comme on parle généralement partout. Knfiii .Madrid d'aujourd'hui ne ressemble eu rien cà Madrid d'il y a huit jours*.

Toutes les provinces me tourmentent pour avoir des fonds pour les différents services. C'est ici le cas i\c réil^'-ror à V. .VI. la prière que je lui ai faite de permettre l'extraction (]c 20 millions en numéraire de France, à condition que pi.rcillo cjuantité y serait réintégrée dans dix-huit mois ou doux ans. Avec cette autorisation de V. M., nous sommes sûrs d'un emprunt do 20 millions do francs, qui nous mettrait en étal de remplir les vues de V. .M. sur la marine et de mettre au courant la solde de l'armée, ainsi (|uo les appointements dos employés. L'n toi arranjjement enfin serait du meilleur augure pour le règne du notivcau Hoi, et V. M. n'aurait pas de pajs qui lui fût plus dévoué <|no rKspagnoet plus rocounaissanf.

Je me suis atlaclié à étudier lo oaractoro des Espagnols; et

' Rcssirrcs (Miiiail de .son côIl' à \Iiir;it le 58 iiini !8()S : . .le pense coiiifiu' \ . A. que la lran(|iiillité paraît devoir rire assurée parfoul. '

- Le ni«'ine jour La l''orest eeriviiit à <',|iani|)rt<jiiy : - ... Toiil a |iris i(i le même eour.s réjjulicr i|ue si la royauté i-tait prcsenle, j'entends la rojaule active, lalioriense, el sans relàelie lueupee des allaires de la iiinnartliie. i {Corr'rspoiidauce de La Fores/, I, p V2.)

LIKllKMAXCI'] K\ KSPAG.VE. — 1808 177

rexpërieiicc ma prouvé que riiidulyonce doit suivre de près 1» sévérité.

Je donne Tordre aux troupes désignées par le ministre de la Guerre de quitter le Portugal poui* se rendre au Ferrol.

Je vous adresse différents rapports du jour des ministres.

.archives nalionalcs, AF'V 1606, 1, 75, et Archives du prince Miirat. I{. XII, p. I.

3362. — MUR.AT AU GKXKRAL JIXOT '

Madrid, "25 mai 180S.

A M. le général Duc d'Abrantès.

M . le Duc, vous m'avez demandé par une de vos dernières lettres le départ du Portugal de quelques troupes espagnoles. En conséquence, je m'empresse de vous prier de faire passer en Galice les deux bataillons du régiment d'infanterie d'Aragon qui se trouvent à Oporto,la |)ortion du bataillon du régiment d'infanterie légère des volontaires de \avarre cantonnée aussi à Oporto, les deux escadrons du régiment de la Reine qui doivent être auprès de Lisbonne, ainsi que l'escadron du régiment de cavalerie de Monteza. Il est de toute nécessité que ces troupes quittent le plus tôt possible le Portugal, pour aller en Galice remplacer d'autres troupes qui ont une urgente destination.

\ous continuons à jouir ici de la plus grande tranquillité et toutes les nouvelles que nous recevons des différentes provinces sont extrêmement satisfaisantes sous tous les rapports.

Je vous renouvelle,..

.■archives du priuce Alurat, R. XI bit, p. 4, et Archives impériales de Vienne.

3363 — IIURAT A O'I-'ARRILL

iJX mai 1K08.

Au ministre de la Guerre.

Monsieur le ministre, vous devez licencier les 1 600 hommes de milices qui sont aux bataillons d'artillerie. Vous pouvez licencier aussi toutes les milices, excepté les grenadiers.

' I*iiblicc> par le D' H. Schlittkr dans les Mittheilungen des Inslituts ftir ii'sterreicliisclie (/eschic/itx/orsc/iunf/ . X. Barid. V. Hcft. Rriefe Murais an Savanj ans Madrid.

TOMIC VI. 12

Je désire que vous me fassiez passer les plans et cartes des Présides que vous avez eu Afrique. Je vous ai demandé depuis bien lou'jtemps un ménuurequi me fît bien connaître l'administration de votre ministère. Faites-moi connaître de ipielle année est riiabillcnienl, ce (jui est dû de solde, etc. Quand je parle à S. M. iKmpcreur de misère, il n'en croit rien, mettez-moi donc à mén)e de le convaincre.

Je désire (pie vous (htnuiez snr-le-cliamp les ordres pour le licenciement des milices. Vous sentez que ce sera là un «jrand soulayement pour le Trésor public.

Je vous prie de donner l'ordre à M. le duc de .Maliou, capitainej{énéral à Saint-Sébastien, de faire partir pour liayonneSOOO fusils de calibre espa<]uol. Je désire que vous m'envoyiez cet ordre, je me cbarjje de le faire parvenir moi-même.

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