II. M bii, p
3364. — MURAT A NAPOLIÎO.V '
Madrid, 2S mai (180.S), "i Iiciircs après-midi. SlKK,
Je viens de passer six jours dans nu)u lit ; jamais je n'ai tant souffert et par l'idée que le service de Votre Majesté pouvait être en souffrance, et parce que les lettres de\'otre Majesté, toutes remplies de bouté, m'ont montré bien coupable à mes propres yeux. Je |)rolile du premier moment où je puis écrire pour vous témoigner mon
' l-e 25 mai 1808, La Forcst écrivait à Cliani|)a;{uy : a Je sors à l'iastant de chez S. A. I. chez qui je n'avais pu être admis liicr ui aujourd'hui. Je l'ai trouvée très souffrante de ce jjenre de coliques commun à Madrid. Les médecins assurent que ce ne sera rien et qu'une trop longue assiduité au travail a causé cette incommodité. A (juelques mots échappés à son secrétaire des commandements, je soupçonne que le Prince a eu deschajjrins qu'il a cachés, i {Curres/jondance de La Forexf, I, p. 40 ). .Murât se fit transporter le 50 au soir dans une villa des ducs d'.^lhe, appelée l.,a Floride, sur la rive droite du Manzanarès. c Sa maladie, notait le sagace La Korest, est un contretemps que je déplore, tant pour lui que pour les affaires confiées à sa vif^ilurice. .*>ous les apparences de la sécurité la plus propre à en inspirer à la capitale cl dans les proi inces, il veillait sans cesse, et sa prévoyance prévenait ou étouffait tous les incidents. I,es faits qui pouvaient paraître {[raves aux observateurs ordinaires cessaient d'avoir de l'importance, lorsque avec l'activité qui lui est propre, il remédiait à tout. » Devant l'étranjje coïncidence d(! linsurrecliou {{•nérale en Kspajjnc avec la maladie du (Jrand-i)uc de Rerjj, on conclut hien vile à un empoisonnement, et telle fut l'opinion de la famille et de l'entourayc (le ri'>mpcrcur.
LIKUTEMANTCE K\ KSl'AGX'K. — 1808 179
repentir d'avoir pu vous déplaire et pour vous assurer de tout mou dévouement.
J'espère pouvoir reprendre après-demain le cours démon travail.
J'assure en attendant que rien ne souffre. Des fonds ont été envoyés à Cadix, au Fcrrol et au camp de Gibraltar, aussi je ferai partir les projets de Constitution que Votre Majesté a eu la bonté de m'envoyer, ils sont, j'espère, revêtus de l'approbation des membres de la Junte et de celle de quelques membres du Conseil de Castille.
Je suis, de Votre Majesté, le très humble et très aft'eclionné frère.
JOilCHIM.
Archives du prince Murât. D. 54". S.
3365. — MURAT A XAPOLLOX '
Madrid, le 28 mai 1808, à . . . heures du soir.
A Sa Majesté l'Empereur.
Sire, j'ai reçu toutes les lettres de V. M. des 22, 23^ 24 et 25 mai. Malgré mon indisposition, je n'en ferai pas moins exécuter tous les ordres qu'elles renferment. Je renverrai à V. M. le général Mouton et ses deux premiers pages. Je ferai partir des avisos pour l'Amérique, par le petit port situé entre l'Algarve et Cadix. Je vais faire donner l'ordre à M. Urquijo ' de se rendre à Rayonne. Je suis bien contrarié de ne pouvoir pas répondre à V. M. plus en détail, mais mes médecins m'en empêchent. J'espère cependant pouvoir reprendre demain ma correspondance dans tous ses détails. Je suis bien malheureux de ce contretemps, et surtout d'avoir pu faire de îa peine à V. M.
On me rend compte que la tranquillité continue cà régner dans toutes les pronnces du Royaume. Quelques légers symptômes de mécontentement qui s'étaient manifestés à Malaga et à Valence, sont entièrement dissipés.
J'adresse à V. M. la réponse de l'amiral Rosily.
P. -S. — Je m'emp7*esse d'adresser à V. M. le projet de Constitution
' Publiée par M. A. Lumbroso, Correspondance de Murât, n" CCGXXVI. - Dou .Mariaao Luis d'Lrquijo, ancien ministre des Affaires étrangères d'Espagne; il devint secrétaire d'Etat de Joseph auquel il fut fidèle.
avec le procès-verbal des observations. On vient de me les remettrez l'instant.
Je joins ici le rapport du colonel Rojjnal, et la letlrc d'un colonel des milices.
Archives nationales. .^F'^' l(iO(j, !,""/, et Arcliiios du priiire Murut. R. Xli, p. (>.
;5;î()(). — MIRAT A NAPOLKOX '
Madrid, le 29 mai IXOS, à 10 heures du soir.
A Sa Majesté l'Empereur.
Sire, la journée d'aujonrd'luii n'a pas encore été très bonne, .le piolite néanmoins d'un peu de mieux dans la soirée pour annoncer à V. M. que j'ai reçu par le «général Lebrun sa dépècbe ainsi que sa proclamation, et par l'estafette son décret". Ils seront notifiés demain matin l'on et l'autre au Conseil de (laslille, ini|)rimés, publiés et afûcbés dans Madrid, envoyés dans toutes les provinces du royaume et aux colonies. Je fais suspendre le dé|)art du viceamiral Ruis, que j'avais nommé gouverneur de Montevideo. Je vais faire expédier une commission de Vice-Roi pour le Mexique au capitaine général Cuesta, et une du ministre de la Marine au capitaine général Massaredo. Je vais donner des ordres conformément aux disposiliojis des dépècbes de V. M., relativement aux différentes expéditions qu'Elle prescrit pour l'Amérique. J'espère qu'il n'eu faut pas davantage que la proclamation de V. M. pour assurer à jamais la tranquillité en Espagne.
P. -S. — Toutes les juilices que désigne V. .M. vont être licenciées, ainsi (|ne les mules attachées à rarlillerie, ef tout ce qui pourra nous autein-r sans inconvénient à l'économie. J'ai cbargé le général Kelliard de faire passer au major général les rapports des minisires.
.\rchiiis naliiiiMles, U'iv KHMi, «2, •'1 archives du piliicc Mural. It. \ll, ]>. \'l
' PiiitJiiT par M. \. I.,! \n>Kit.s(», (^orrcs/tutidance tic Murnl, n" i'A'.iWW II - Drcrnt convoquant l\ {{ayoïint*, pour le 25 juin, imc asscniblcc- (1(; di'piih .s espa({nols.
LIKITKIVANCI'; V.\ KSP.AGMK. — IS()8 181
;î367. MURAT A I)0\ SKBASTIKM PIiVUKI.A
30 mai ,
Au ministre de Grâce et Juslire.
M. le minisdo, convoqii»'/ pour ce soir, 9 lioiiros, l.i Jiiiila lin (îoiivcrncMuent pour y entendre les eoiniiiunie.ilious (|iie je charjje r.iinhassiKleur <le France (îe lui faire.
Xe pouvant la présider uioi-uiènie, je vous adresse une lettre (pii nomme M. le ministre de la Marine, Gii de Lemos, pour cette foisci seulement, président de la Junta, vous la lui ferez parvenir. Kn cas d'in(!ispositiou de M. de Lemos, je vous en adresse une pour .\I. O'Farrill.
R. .\I liis. p. (i.
3;}68. — AIUKAT A (ilL DIC LKMOS
m iii.ii 1808.
Au minislre de la Marine.
M. le ministre, ne pouvant me rendre au Palais pour y présider la Junta du (louvernemeut que je fais assembler ce soir pour y entendre la communication que doit faire de ma part l'ambassadeur de France, je vous ai notnmé pour la présider. H. .\I bis, p. -.
:W69. — MURAT A OFARRIIJ.
Au minisire de la Guerre.
31 mai 1808.
M. le ministre, les deux bataillons de Jaen que vous avez reçu l'ordre de faire partir pour Ceuta sont insufHsauts, il faut y faire passer 6 000 hommes pour en imposer aux Marocains. La perte de cette place serait immense pour l'Espagne, il faut donc chercher cà l'approvisionner et à eu reuforcer la garnison par toute espèce de moyens.
Envoyez l'ordre au général Caraffa d'amener avec lui sa cavalerie à Badajoz. Je préviens le général Junot de cette disposition. Vous me ferez connaître l'arrivée de cette cavalerie à lîadajoz, afin que je puisse lui faire donner sa destination ultérieure.
Faites partir sur-le-champ un officier intelligent pour Saragosse,
1,S2 JOACHIM iMl RAT
afin de connaître le véritable étal dos esprits. Mettez à la disposition du capitaine général de l'Aïajjon le bataillon des gardes wallonnes qni est parti de Madrid ponr se rendre en Calalogne, ponr it'fnblir l'ordre et la lran(inillité dans sa |)rovince. l)ites-lni (jue je compte beaucoup sur son palriolisnie <>t sur sa fermeté. Vous |)Ou\e/ le prévenir que je fais marcber dix mille Français sur (luadalaxara et que si, à leur arrivée dans cette ville, la tranquillité n'était pas rétablie à Saragosse, je les ferai marcber dessus. Uecomrnaiidez à l'oflicier porteur de ces ordres de revenir promptement.
R. XI l'is. p. 87.
;];37(). — MIRAT AV C.M.VKRAL 1)1 POXT
.^1 mai ISOK.
Monsieur le jjénéral, je suis informe que vos troupes ont emporté, en quittant Tolède, non seulement les lits de la ville, mais encore ceux qui avaient ('té envoyés des campagnes voisines. Hien n'est plus fait pour indisposer contre nous qu'une pareille conduite, et l'improbation que j'avais donnée à celle que vous aviez tenue en (|uittant Valladolid, aurait du vous fiiire prévoir que je serais loin d'approuver l'enlèvement des lits de Tolède. Vous les ferez renvoyer sur-le-champ dans cette ville, et je vous rends responsable de l'inexécution de ces dispo.sitions.
R. XI hls. p. s.
:W7I. — MURAT A XAPOI.KOX '
La Floridp, prùs de Madrid, Ip ,31 iini ISOS, i\ 10 heiirps Pl demip du soir.
A Sa Majesté l'Empereur.
Sire, lorsque je promettais par ma dernière lettre à V. .M. que je pourrais reprenrlre tous les détails de ma correspondance, je comptais plus sur mon zÀîle que sur mes forces physiques. Je continue à ne pas être très bien, et l'on craint que ma convalescence ne soit longue. Si cet état durait encore, V. M. sentirait sans doute la nécessite d'envoyer quel(|u"un ici, ou d'adresser directement ses ordres à son ambassadeur. Il trouverait auprès de la Junte de dou-
' Piililiio par AI. A. Li iiniioso, (lorresj:otutavce de Miirat, ii° C(^(Î\\VIII.
LIKUÏENAMCK EM ESPAGNE. — 1808 183
vcriieinciit tous les moyens possibles de les faire exéculer, cai- tous SCS membres sont animés aujourd'hui du meilleur esprit. Je n'en dirai pas de même du Conseil de Caslille, qui s'était avisé hier de se déclarer incompétent pour enregistrer le décret et la proclamation de V. M. '. J'ai convoqué hier un conseil de la Junte; des membres du Conseil de Caslille y furent appelés. On leur demanda s'ils étaient en rébellion contre le Gouvernement et s'ils voulaient perdre l'Espagne. Ils tremblèrent, et ce matin tout a été enregistré dans les formes accoutumées. Sur 21 membres présents à la première délibération, cinq seulement avaient été pour l'enregistrement; c'étaient MM. Puig, Contreras, Navarro, Arjona et Durand. Il est impossible que la proclamation de V. M. ne produise pas le meilleur effet.
J'adresse à V. M. des rapports journaliers de Ceuta, du Ferrol, de Cadix. Celui de l'Aragon n'est pas satisfaisant; on s'y est déclaré indépendant. Mais cependant V. M. ne manquera pas de voir aux expressions modérées de la proclamation, qu'on n'en est venu à cette extrémité que pour satisfaire le peuple et se ménager les moyens de le rappeler à l'ordre; puisqu'on laisse passer en .dragon tous nos courriers qui viennent de Barcelone. Au reste, nous y avons nommé un capitaine général du pays, très influent; et le régimeni, des dragons du Roi qui doit y arriver ces jours-ci et le bataillon des gardes wallonnes qui se rendait à Tarragone, y resteront à la disposition du capitaine général pour l'aider à y rétablir l'ordre. Et si cela ne sulOsait pas, je ferais marcher dessus une forte colonne mobile française.
Le commissaire anglais Hunter a été arrêté à Santander; il est envoyé au maréchal Bessières, qui a Tordre de le diriger sur Bayonne. Le consul américain sera aussi arrêté, conformément à vos ordres. Il me faisait écrire aujourd'hui pour me demander de le faire nommer gouverneur, en place de celui que j'ai fait rappeler.
J'ai reçu ce matin les lettres de V. M. du 28. Je vais communiquer vos intentions à votre ambassadeur pour l'affaire des diamants. On traitera celle des vaisseaux aus.-:it6t l'arrivée de Massaredo. J'ai donné des ordres pour que toutei les dispositions de vos lettres soient exécutées.
J'adresse à V. M. les plans de Ceuta et dej Présides espagnols en Afrique. G 000 hommes sont envoyés cà Ceuta; de nouveaux fonds à.
' Voir aiissi à ce sujet la lettre de La Forest à ('Jiampagny du 31 mai (Correspondance de Ln Forest, \, 50).
tS', JOACHIM MIIHAT
Cadix et au Ferrol, ol je vais faire en sorte de faire payer un mois de solde à l'année et d'appointements à tons les en»|)loyés civils.
On me rend eoinptc i]\w tous les députés nommés pcuir l'Assemblée (le IJaj^onne sont partis ou se mettent déjà en route pour s'y rendre. J'osi' le répétera V. M. : (ilia(|ue jour de rclard de la nomination (!n Hoi d'Kspajjue, oi'IVe de nouvelles ressomces aux ennemis (\i\ nouveau système, .l'espère ()ue dans ce moment-ei cette ;;ran(!c alTaire est terminée.
J'ajlresse à V. M. un «jrand fatras de pa[)iers que le ministre de la (îuerre ap|)elle l'état de son ministère; on n'\ peut rien démêler. Il eût été véritablement impossible de vous ollrir un travail mieux ordonné, car tout est ici dans un chaos éj)0uvanlal)le.
Les diflérents oHiciers que j'ai dirigés sur (leuta et sur les Présides d'Afrique, m'adressent leur premier rapport de (leula; ou le copi<', j'espère pouvoir le joindre à ma lettre. Les Marocains ne paraissent nullement disposés à des intentions hostiles contre les Kspaynols, puis(|u'ils refusent um'-uu' de l'eau au.x .Au'jlais de Pérej^il, qui sont oblijjés d'en envoyer chercher à (îibraltar.
La désertion est assez considérable dans les troupes espajpioles; 150 sapeurs désertèrent dernièrement d .Alcala, <'mmenant avec eu.\ leurs olliciers, leur major, la caisse et le drapeau du régiment. On pense que ces otticiers ne se sont rendus à leurs désirs que pour être à même de les ramener au devoir.
.le ferai annoncer le bon accueil que V. Al. a fait à Alassaredo, et le cadeau (ju'elle lui a lait de son portrait, .l'ai déjà annoncé (ju'il était parti de France cim| bricks avec quatre on cinq mille fusils pour le Uio de la IMata.
Il serait à désirer que les différents députés ((ui sont déjà arrivés à Hayoune, écrivissent à .Madrid et en Kspaj;ne dans un bon esprit; cela produirait un effet excellent. Il serait même bon (pie ceux (pu* l'en dit élre à Iruii en partissent pour Bayonne.
Avec le secours en numéraire que V. M. promet à l'Kspafjne, tout ne peut manquer d'aller suivant vos désirs.
.M. le major Séijjur se trouvant ici sans emploi, et pensant (|n'il peut être ayréable à V. .M. d'avoir cet oITicier à Bayonne dans les circonstances actuelles, je le charye de mes dépèches.
.îrcbilcs nationales, AF'> ItiOfi, 83, el .Arcliiies du prince Murât. It. \II, p 8.
LIEUTENANOE K\ KSI»A(.\ K. — ISOS JSf
3372. — MURAT A \APOI.EOX '
La Floride près Madrid, le I" juin 1808. à 10 lieuros du soir.
A Sa Majfsfr l'Empereur.
Sire, je me borne à adresser à V. M. les rapporis (|iii me sont parvenus des différents minisires.
.M. de (^iballero va recevoir Tordre de se rendre à Uayonne.
Des lettres du 28 mai, de Barcelone, reçues par courrier extraordinaire, ne me parlent nullement d'armement, et nous assurent au contraire que tout est tranquille dans cette province. (Test sans doute de l'armement de Saragosse qu'on aura voulu parler à V. M. L'archevêque de cette ville vient d'y envoyer un mandement, et le frère de l'alafox, qui est à la tète du mouvement, vient de partir pour se rendre auprès de lui. Mais tout cela ne porte aucun caractère alarmant, puisqu'on y laisse passer librement nos courriers. Au reste, si la mission du frère de Palalox, le mandement, et le capitaine général que nous venons d'envoyer ne produisent rien, j'y ferai marcher, ainsi que je l'ai annoncé à \ . M. une forte colon-ne mobile. Tout est tranquille sur tons les autres points.
.J'adresse à V. M. l'état de la caisse de l'armée.
Ou doit me faire connaître cette nuit l'état fixe de l'argent (jui est nécessaire pour l'approvisionnement de l'expédition qui sera prête à mettre à la voile le 15. Demain je ferai partii- ces fonds en poste.
M. Laforèt commence demain l'opération de l'achat des diamants. .Je viens d'autoriser le ministre des Finances à en vendre pour quatre millions.
IjC S'-Fulcjent sera également prêt à (]adix; il prendra iOO hommes à bord.
Tous les marins prétendent qu'il leur est plus facile de faire partir de Cadix que des petits ports entre les Algarves et Cadix. Ou n'en prendra pas moins des mesures pour ces petits ports.
Le général .Junot me rend compte de son coté qu'il se dis-
' Publiée par M. .\. IiIWBroso. Correspomlaiice de Murât, n" CCIIWIX.
pose à f;iir(> partir les dilTércnlos dépêches ipic je lui ai envoyées. Ma santé est un peu nicillcnre ce soir'.
Arcliives nalioiinlcs. AF'* KiOli, 8i, et Arcliixcs (lu prince Miirnl. II. XII, p. i'.i.
:]:}73. — MUHAT Al COMTK l)K LA ïORRi:»
2 juin ISOS.
Au Gouverneur de l'Estramadurc.
M. le lieutenant «jéncral, j'apprends que pour la troisième ou (piatriènic fois le peuple de Hadajoz est insurgé et qu'il a méconnu l'autorité du (lOuvernement. Je vous ordonne, sur votre responsabilité personnelle, d'employer les forces qui sont sous votre commandement pour faire rentrer les mutins dans l'ordre. Je vous préviens que si, vingl-quatre heures après la réception de mon ordre, vous n'êtes pas parvenu à létahlir la traïujuillité, je prendrai des mesures telles (pie la ville de Hadajoz se ressouviendra longtemps de la leçon (pi'elle va me forcer de lui donner.
J'espérais toujours, M. le lieutenant général, (|u'avec vos forces vous seriez parvenn à ramener le calme, sans que je fusse obligé (le vous en prescrire les moyens. Depuis (piand les militaires s'en laissent-ils imposer par la populace? Un bataillon de 400 hommes est plus que suffisant pour la maintenir dans toutes les circonstances.
M. le général, j'aime à croire que vous allez bicnt()t m'apprcndre (pie vous n'avez jamais cessé de faire votre devoir et que la trau- (piillité non seulement est rétablie, mais encore qu'elle ne sera plus troublée.
Je vous préviens que trop de faiblesse dans notre métier est souvent un crime par les résultats (pi'eile peut entraîner.
' La Forcst à Chntnpnrjny, 1" mai IHO^Î. — i ... S. \. I. ('lait ce matin mieux (|n hier, (|ii()i(|iic toujours tri-s fiiihlc et ne pouvant dorniir la nuit. I^c travail de la jouriitc lui a rendu l"a;jitation ce soir. • {C.orrefpnnJaure de Lu For est, I, p. .").*> )
* Mural et La l'"orest ne savaient pas encore (pie le cfirnle de I,a Tnrre avait (:t(- i inhumainement raassacrt; i ù IJadajoz par lu populace.