noiemhie 180X
Au ministre de la Guerre.
Monsieur le ministre, je suis informé que l'appel fixit en mon nom par les intendants des provinces à la jeunesse de mon royaume pour la formation d'un régiment de vélites n'a produit presque aucun effet, et que les jeunes gens qui se sont offerts volontairement ne réunissent point les qualités requises par mon arrêté. Presque la |)lupart d'entre eux sont ou trop petits ou ne peuvent pas fournir la somme exigée; en conséquence, voulant faire exécuter mon décret, je désire que vous donniez l'ordre aux intendants de vous envoyer le tableau des sujets qu'ils auront désignés, j'ordonnerai ensuite des mesures pour les faire rejoindre. On pourrait en attendant faire entrer dans les régiments de ligne ceux qui se sont présentés volontairement à Caserte ou à Santa Maria di Capua et qui n'auront pas été admis; il est véritablement étonnant qu'on ne trouve pas dans le royaume de Naples 2 000 jeunes gens de bonne volonté pour faire la garde d'un souverain auquel ils disent être attachés.
Je désire que vous écriviez au commandant de la garde nationale de Nola (pie j'accepte avec plaisir le bataillon ([ui m'a offert ses services; il pourrait être incorporé dans les régiments d'infan-
teiie ou lorinor le second halailloii des chasseurs de montagnes qui roriuciait alors un réjjiuuMil.
Arcliivos du |iriiice Mutai. W. \\ I. |i :i.">
3619. — MIRAT A RICSSIKRKS
23 novembre IHOS.
A monsieur Bcssi ères, commissaire impérial à Corfuii.
• Monsieur le couiniissaire général, j'ai reçu la copie que vous m'avez adressée d'une lettre que vous avez écrite au ministre des Relations extérieures de France; je vous en remercie et je vous engage à continuer de me tenir au courant de tout ce qui pourra intéresser la tranquillité des Iles Ioniennes et votre position. Je suis sur le point de faire l'expédition de la Sicile; comptez toujours sur nutn ancien attachement.
.Arcliiies (lu prince Murât. R. XIV. p ,"i3.
3620. — MURAT AU GENI-:RAL D'IîISP.AGNE
23 novembre 1808.
A monsieur le général de division d'Espagne.
Monsieur le Comte, je reçois avec plaisir la lettre que vous m'avez écrite. Je vous adresserai volontiers la décoration de l'ordre des Deux Siciles, aussit(M que vous aurez ohtenu de l'Empereur la permission de porter le témoignage des services que vous avez rendus à mes Etats et de mon estime particulière.
Archives du prince Murât. R. XIV, p. 53.
3621. — MURAT AU (JtïXiERAL LAMARQUE
24 novembre IS08.
A monsieur le chef de F état-major général.
Vous mettrez à l'ordre du jour que conformément à la loi du 26 août 180G relative à la chasse, les permissions de chasse et de
ROVAIME DE XAI'LKS. — 1808 423
porl d'armes doivent être accordées par les intendants des Provinces seulement, et que cependant je suis informé qu'au mépris de cette loi les généraux qui commandent les provinces et les divisions, en accordent aussi, ce qui alimente nécessairement la mauvaise intelligence qui règne entre les autorités civiles et militaires; ra|)pelez à .MM. les généraux l'exécution de cette loi.
Artliiies du prince Murât. R. XIV, p. 53.
3622. — MUR.AT A SALICETI
24 novembre 1808.
Au min'tsfre de la Police.
Monsieur le ministre, je vous adresse copie d'une note anonyme que je viens de recevoir ; elle est ainsi conçue : " Le nommé Stefano Rondello, Piémontais. a fait la conOdence à un homme qu'il croit de ses amis, qu'il est espion payé par l'Angleterre; il lui a dit qu'il irait incessamment en Sicile, que moyennant 12 ducals, on lui avait promis un passeport à la police pour se rendre à Syracuse, il a offert 15 ducats par mois ta son prétendu ami pour le remplacer à Xaples pendant qu'il irait en Sicile. Le nommé Raphaël Scanda, Via Fredda, à Cdiiaja parait très lié d'amitié avec Rondello; on soupçonne qu'il est son employé, on a vu, il y a deux jours, un officier Anglais prisonnier entrer chez ledit Rondello. ^^
Assurez-vous du (ait et rendez-m'en compte. Je suis informé que des officiers et des sous-officiers Anglais, j)risonniers de guerre, ayant reçu la permission d aller en ville accompagnés de quelques soldats de garde, répandent le hruit qu'il y a une flotte dans la Méditerranée et qu'un déharquemenl aura bientôt lieu dans le Royaume de \aples, ils payent à boire aux soldats chargés de les accompagner et s'introduisent par conséquent partout oij ils veulent. Donnez des ordres au commandant du fort S' Elme de ne plus les laisser sortir, ou plutôt envoyez tous les officiers et sousofficiers prisonniers à Pescara.
Il existe au chtàteau de ITftluf plusieurs déserteurs qu'on refient en prison, faites-les mettre en liberté, si on les retenait plus longtemps en prison ce ne serait certainement pas là favoriser la désertion.
Il se trouve dans le même fort plusieurs militaires condamnés au boulet pour désertion et qui demandent à rentrer dans leurs
424 JOAClini M II HAT
corps; il laiidiail les icuinir à coiix (juc \uus dmc/ envoyer à Manlouc.
Aicliivi'S (lu priiici' \liir.il II W'I, |> -(i
3023 — Mi;i{ \T \ \ APOLKON
Poilici, le '25 iiovombrp I80S.
SlRK,
Les lettres de V'. M. ont cessé de|)nis lon;[teni[)s d'èlre pour moi des lettres d'un bienlailenr, celles du nionar(|ue clonnaiit qui avait su ni'élcver au-dessus de moi-même et me créer une àme loule de l'eu pour le servir; un <}énie ennemi a remplacé le «jénie hienl'aisanl ; je ne suis plus pour vous que l'iiomme qu'on tolère avec peine et qu'on a su rendre suspect; cette position est devenue insupportable, je ne saurais rcjjner avec succès, avec les sentiments (ju'on est parvenu à vous inspirer contre l'homme (|ui vous est le plus dévoué. Votre Majesté m'a accusé de |)rodi<j;alité et m'a recommandé l'économie, je suis devenu ran<{é et économe, cette conduite m'a concilié l'estime et l'amour des Napolitains et bientôt Votre Alajesté m'écrira que je devais imiter les prodigalités de mon prédécesseur. Les circonstances avaient forcé le Hoi Josepb à adopter des mesures de sévérité, la prise de Capri, les scnliments amis de vos peuples napolitains, et plus encore le désir de ne plus voir deux partis, m'avait engagé à lappeler de l'exil des personnes seulement suspectes et à ouvrir des prisons encombrées où gémissaient dans la i)liis dégoùtanlc misère une induite de malheureux qu'on ne jugeait jamais; à lever des séquestres sur les biens de familles attachées et don! malheureusement les (ils étaient restés au service de Ferdinand. Fallait-il voir moiirii' de faim ces familles éplorées qui n'avaient ainun tort du crime de leurs enfants d'èlre restés fidèles à leur souverain .' i'](ait-il |)()litique d'imiter la sévérité delà (lourde Palerme envers des Siciliens, quand je voulais conquérir la Sicile? Fallait-il laisser mourir de l'aim les familles de ces marins qui venaient de re\|)édi(ion de tliipri, en les empêchant d'aller à toute heure ])ècher leur subsistance dans le goll'e de \aples.' La mesure de rigueur du Itoi Joseph était juste avant la prise de (lapri, celle que j'ai prise l'est devenue après; et aujourd'hui que tous ces actes de générosité sont sanctionnés |>ar l'opinion générale et ont fait à Votre \Lijesté autant d'amis qu'on compte de sujets, vous m'accusez de réagir et de chercher à me populariser, tlertes,
HOVAIMK I)K V AI' LU S. — 1X08 '*25
Siro, j'étais loin de m'attiMulrc après tant d'offorts et de soins ])oiir laineiier l'opinion et pour vous seconder, de ni'enlendre blâmer si injustement. D'abord le décret sur les exilés est illusoire et n'aurait pas dû alarmer, j)uisque, pour rentrer, il faut obtenir (les passeports de la poliee, et certainement on n'en donne qu'aux personnes sures, et (pi'ou vous en désigne de rentrées qui soient daufiereuses! Ce qu'il \ a de positif, c'est que cette mesure a produit le plus heureux effet, parce qu'elle contraste avec la conduite de la Cour de Palerme... L'état déplorable des finances m'a forcé à prendre un parti sur les créanciers de l'Etat, l'opinion publique vient de sanctionner cette détermination, mais parce que quelques lettres des personnes inscrites au (Irand Livre poui- des cadeaux reçus du Roi lui parviendront avec des plaintes sur la réduction qu'elles viennent d'éprouver. Votre Majesté va m'écrire que tout le monde blâme cette mesure, et quoiqu'elle soit de nature à me dépopulariser et contraire aux actes que vous me reprochez pour chercher à me populariser, on m'accusera de réaction, on se gardera bien de dire ([ue tout le monde criait contre des dons mal distribués, et qu'on approuve que ceux 'qui avaient reçu des faveurs aient été assimilés aux légitimes créanciers de l'Etat, car sur les 1 4 millions inscrits, il y en avait plus d'un tiers de ce nombre ; je défie qu'on montre une lettre des personnes qui n'avaient pas encore été liquidées. Sire, j'ai vu les abus, je les ai détruits et je n'ai pas réagi, j'ai amélioré, et j'aurais effectivement réagi, si j'avais été assez lâche pour imiter la conduite du commissaire de Votre Majesté à Diisseldorf qui a été faire une enquête publique de mon administration, et qui a tout tenté pour me montrer à l'Europe comme un dilapidateur, tandis que ici j'ai tout caché ou tout attribué aux circonstances... La garde nationale était mal organisée; conformément à vos ordres d'Erfurt, je n'y ai admis que des propriétaires, et le Roi ne manquera pas de m'accuser de réaction; il en fera de même de toutes les réformes et améliorations que je suis forcé de faire. Je ne serai jamais guidé que par le désir de vous servir, je n'aurai jamais d'arrière pensée politique, je désire (\uv tout le monde ait les mêmes sentiments; j'ai demandé souvent des ordres à \ otre Majesté et Votre Majesté ne me répond pas, ou si elle répond, c'est pour me dire de faire ce que je voudrai. J'ai demandé tout récemment votre volonté sur des modifications au Code Xapoléon ' qui doit être en vigueur au 1" janvier, et Votre
' En niiilière dv h'-yislation et de compfal)ilit<'' piibliqiio. Ahirat, nous
Majesté ne répond pas. Le Roi Joseph, la veille de son départ, fati'jué des débats du Conseil d'Ktat sur le Code criminel, le signa parce qu'il voulait avoir tout fait, eli bien! ce Code excite le mécontentement jjénéral... 11 décréta que les jujjcments criminels seraient sans appel et il ne créa pas de jury; tout le inonde réclame, et parce que je serai forcé d'admettre un appel en matière criminelle, parce que dans ce pays un jury est impraticable, et peut-être même d'adopter celui de Votre Majesté, le Koi m'accusera de réaction, enfin on nie montrera comme un réacteur perpétuel, puiscpie pour aller, je serai longtemps encore forcé de changer et d'améliorer; \oilà, Sire, la position dans laquelle votre constante bonté vient de me placer : ou de détruire le mal, ou de laisser subsister les abus; dans le |)remier cas, je serai justement blâmé, le mécontentement éclateia de tout côté, et je perdrai les moyens de vous servir ; dans le second, on m'accusera de réaction ; chercher à me populariser, à me faire aimer, sera présenté comme un crime. Sire, à ce prix, je ne saurais régner plus longtemps, j'aime mieux conserver votre amitié et vos bontés en perdant la couronne, que de chercher à la conserver en devenant étranger à Votre Majesté. Accoutumé à vos bontés, j'aime autant renoncer à la vie, que de m'en voir privé. Le sacrifice serait trop grand à ce prix. Je suis...
Jo.ACHi.M Napoléon.
Guene.
3624. — MURAT AU GEXERAL PARTOU.VEAUX
(Porlicii 25 noierabie ISOS.
A monsieur le général Partouneaux, à Monteleone.
Monsieur le général, l'armée anglo-espagnole a été battue sur tous les points, on a fait plusieurs mille prisonniers à l'ennemi,
l'avon.s vu, s'entourait de reusoignements |)uisé.s en l''rancc aux iiicilleure.s sources, et l'iimpereur, semhle-t-il, eût été mieux inspiré en approiiiant ses efforts, qu'en l'exaspérant par des lilàines perpétuels et souvent injustes. La somme de travail fournie à ce moment |)ar le nouveau roi (1(! Xaples HaM considérable, et jamais auccm des frères de Xapolé'on ne s'applicpia avec autant (le zèle à apprendre et à exercer le nii-tier de Roi. Ce jour-là même, 2'f tiovemlire 1808, d'Aubusson écrivait à Cliampagny : n Le Roi travaille beaucoup; le système judiciaire; a été organisé, les nouveaux juges sont nommés, des tribunaux de premièie instance et d'appel sont placés dans les provinces convenablement cl à portée des administrés. 11 a fallu beaucoup de ténacité de la part du Roi pour établir ce nouveau plan pour la judicature, car le ministre de la Justice y était fortement opposé. » (Aff. étr. .Xaples, 132)
ROYAUME DE \'APLES. — 1808 427
pris tous les magasins, etc. L'armée française est eu plein mouvement sur Madrid. L'Kmpereur était le 12 courant à Burgos ; annoncez par une salve d'artillerie ces succès à mes bons peuples de la Sicile.
.irchiïes du priuce Murat. U. \IV, p. ."i^.