‹ Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1767-1815Chapitre 87 sur 104 · MURAT A CLARKE · texte numérisé non relu

MURAT A CLARKE

26 décembre 1808.

A monsieur h Comte dHunebourg, en France.

Monsieur le ministre, je joins ici un état de plusieurs officiers qui se sont distingués à la |)risede Capri. Je vous serai obligé de le mettre sous les yeux de l'Umpereur et de solliciter de Sa Majesté pour ces braves les récompenses dont leurs services semblent los rendre dignes.

Archiies du prince .Miirat. H. XIV. p. 73.

;îf,90. — LA HKIXK CAROMVK A M I)K SÉdlH '

Naples, -26 décembri- 1808.

Jai appris, Monsieur, avrc un \éiilal)lo cliajjrin, (\nk l'affaire (le Soniino-Sicrra, le major Séjjiir, voire lils, avait niancpié d'être victime de son zèle et de sa bravoure-. Je sais quelle tendresse vous lui portez et à combien de titres il la nicrilc ; votre cœur a dû bien souffrir lorsque vous avez reçu la nouvelle de ce malheureux événement. Vous connaissez assez, Monsieur, le vif intérêt que je prends à tout ce qui vous touche, pour être persuadé que j'ai sincèrement |)arta<5é votre douleur et que je partajje encore vos inquiétudes. Je me plais à espérer que les blessures de votre fils n'auront eu aucune suite fâcheuse; il me tarde d'en être informée, et vous m'obli'jercz beaucoup de m'en donner des nouvelles le plus tôt qu'il vous sera possible. (Croyez que je ne cesse point de vous conserver à Xaples^

' Publiée par M. Jean Haxotkau dans /e (îauloix du 4 juin 1910.

- Le 30 iiovenil)ro 1808, le lils du (jrand-.\laître des cérémonies, Paul- Pliili|)pc, le futur général, futur acadéniii ien, et futur Jiistorioijraplie de la cani|)a;jne de Russie, alors major au 0' hussards, avait ('-té grièienient hicssc à Soninio-Sierra.

^ D'.Aubusson donne à Cliam|)a;jny, le 2'f déeemln-e 1808, des détails intéressants sur le Roi et la l{eine de .Va|)les. i \oiis n'avons point encore, écrit-il. de cercle diplomaticpie établi ; je ne vois en consé(juencc le Roi (|ue chez la l{eine, aux chasses ou bien au cercle, l^e premier a eu lieu jeudi dernier au soir, (pioique l)eaucoup de femmes n'aient pu se rendre à l'invitation pour différentes raisons, mais dont la meilleure et la véritable est la crainte de la dépense, pour la plupart. Il y avait pourtant beaucoup de monde; tout s'est passé avec beaucoup de dignité et avec le même cérémonial qu'à Paris. J'ai eu l'honneur de faire la partie de la Reine, et en général l'on a été très satisfait de la grâce et de l'affabilité de LL. MM. Quehpies personnes qui ne paraissaient point à la (]our du temps du Roi Joseph, commencent à y venir et en tout, le parti de l'opposition |)arait dimiimer tous les jours un peu.

t La Reine reçoit tous les soirs dans son appartement, l'on y joue, tout ce {|ni lient à la Cour et la plupart des généraux peuvent s'y présenter. lOn comptant le service, il y a ordinairement de lô à 20 jiersonnes. Le Roi y |)araît fort rarement. C'est à ce moment que j'ai l'honneur de faire souvent ma cour à la Reine. Lllc reçoit fort peu le matin et s'occupe beaucoup dans son inlr'-rieur ; elle mel en général dan-s toute sa conduite, nu'me vis-n-vis du Roi, à ce (|u'il paraît, une prudence rare et bien remarquable dans une aussi jeun<! princesse... Le Roi mène toujours une vie fort retirée et pourtant active. La (^our fui hier assister à luie fonte de canons, l'on devait en couler 24. Le Roi ne; paraît presque jamais qu'avec le costume de maréchal de l'Kmpire qu'il avait adopte à Paris, excessivement brodé, en ccharpe blanche et bonnet polonais avec panache blanc. S. .M. paraît aiuur beaucoup ce costume clievalcresquc

ROYAUME DE XAPLES. — 1808 469

tous les sentiments d'affection que je vous ai marques eu France. IU'cc\ez-en, Monsieur, une nouvelle assurance avec celle de ma considéra lion pari ion lière.

Caroline.

.Archives du inince Murât.

3691. — MURAT AU GEXERAL PIGXATELLI

2(i décembre 1808.

A monsieur le général Pignatelli, commandant la Province de Vielri.

Monsieur le général, j'ai reçu votre lettre de félicitations; j'apprécie vos sentiments; j'ai reçu aussi votre mémoire sur l'achat des chevaux pour le service de ma cavalerie ; j'apprécie vos observations.

Je suis persuadé que vous n'aurez négligé aucun moyen pour la levée et le départ des vélites que j'ai demandés dans chaque province; j'ai compté, dans cette circonstance, sur votre zèle et sur l'influence que vous devez avoir dans l'étendue de votre commandement. La réorganisation de la garde civique doit être maintenant terminée; vous aurez surtout surveillé le choix des officiers ; j'ai désiré qu'on n'y admît que ceux d'une moralité reconnue et les plus influents par leur fortune, leurs talents et leur attachement à ma personne. Chaque province devant envoyer le P"^ janvier un détachement à Naples pour y recevoir un drapeau que je destine k chaque légion, j'aime à penser que la province que vous commandez se distinguera par le choix de ce détachement et qu'elle m'enverra l'élite de sa jeunesse. Je désire que vous m'envoyiez tous les huit jours un rapport secret sur l'esprit public.

.irchiies du prince Murât. H. \IV, p. 73.

IVaples, le 27 décembre 1808.

SlRE,

J'adresse à Votre Majesté l'état de situation de son armée au 24 décembre. J'ai réuni depuis Salerne jusqu'à Lagonegro une réserve de 7 à 8 000 hommes; elle sera là en mesure de se porter rapidement à Reggio si Votre ALajesté se déterminait à l'expédition de

du seizième siècle qui sied à son caractère noble et loyal... -^ (Alï. étr. Naples, 132)

la Sicile; ce sera un échelon pour la division de Calabre, en toul é\énenienl, et enfin un corps mobile que je pourrai porter facilement partout où les circonstances re\ij|eraieut Les 5:2' et 102' réj{imeuts, ainsi (pie j'en ai déjà reiulu compte à Votre Majesté, sont partis depuis lonjjtemps et doivent être rendus à Home; les ordres de Votre Majesté à cet éfjard ont été parlailement remplis, puiscpiils prescrivaient ces mouvements dans le commencement du mois de décembre.

Je viens d'ordonner l'arrestation de trois ayents anylais venant de Ponza et partis de Naples pour différentes provinces à l'effet d'y fomenter l'insurrection. Une commission militaire nous en rendra bon compte. La tranquillité continue à être parfaite ainsi que l'esprit public, malgré les perfides insinuations que l'on cherche à répandre sur l'instabilité de mon (iouvernement et les bruits absurdes de guerre avec l'Autriche.

Votre Majesté trouvera ci-joint un décret qui ordonne que les articles du (Iode Xapoléon sur le divorce auront leur pleine et entière exécution, à dater du jour de la publication de ce (Iode, c'est-à-dire du premier janvier prochain. Ainsi le Code de Votre Majesté n'éprouvera dans mon royaume aucune espèce de modification. Tous les nouveaux tribunaux seront installés le 7 de mois prochain; j'attends les plus heureux résultats de cette installation. Trois cents hommes des plus instruits du royaume vont porter un nouvel esprit, des connaissances et des talents dans toutes les parties du royaume, qui jusqu'à présent avait été tout entier à Naples.

Votre Majesté trouvera ci-jointe une note qui a été remise par le Cabinet de Houje au corps diplomatique sur la défense des masques, ainsi que les nouvelles que je reçois de cette ville ; le Pape ne pouvait rien faire qui lui aliénât davantage que cette défense l'affection de ses sujets, car les Koniains aiment passionément à s'amuser en temps de carnaval.

Le canon a annoncé avant-hier l'entrée de Votre Majesté dans Madrid, quoique la lettre de Votre Majesté du (> ne m'en dise pas un mot, ce qui a surtout produit ici le meilleur effet, c'est que les armées de Votre .Majesté y soient entrées par capitulation qu'on regarde, comme un jiremier pas de soumission. Je joins ici l'état que je reçois à l'instant des forces des Anglais eu Sicile. Tout est préparé pour l'expédition que Voire Majesté a semblé désirer ; je n'attends plus que ses ordres.

Je suis...

.Archives nationales, AF'^' l'ili" (13"), .Archives du prince .Murât. R. XXIX, p. -44.

ROYAUME DE MAPLES. — 1808 471

3693. — MURAT A SALICETI

27 décembre 1808.

Monsieur le ministre, je reçois votre lettre avec vos différents rapports du 27 décembre. J'autorise la mise en liberté des personnes qui avaient été arrêtées pour avoir tiré des pétards.

Je viens d'ordonner au gouverneur de X^aples et au colonel général de ma Garde de faire faire des contre-appels et de punir très sévèrement les militaires qui y manquent à l'avenir; j'espère que par ce moyen les désordres nocturnes seront moins fréquents de la part de ces militaires.

Je désire que vous fassiez arrêter les trois hommes que vous m'avez signalés comme ennemis du Gouvernement et qui sont partis pour différentes provinces pour y préparer des insurrections.

Je désire connaître le nom du commissaire de police, qui, lors de la prise de Capri, exigea de la commune d'Ana Capri une obligation de 9:26 ducats pour de la farine qui appartenait aux Anglais et qui lui fut cédée. Ordonnez au préfet de police de m'adresser tous les soirs l'état de situation des registres de la conscription, de la garde nationale et celui des amendes qu'on a perçues. Vous deviez m'envoyerun état des officiers de ma Maison qui ne s'étaient pas fait encore inscrire, je ne l'ai pas reçu.

Archives du prince Miirat. R. XVI, p. 38.

3694. — MURAT A SALICETI

27 décembre 1808

Au ministre de la Guerre.

Le général Partouneaux me rend compte que les casernes sont dans le plus mauvais état possible, que la neige tombe sur les lits des soldats qui couchent sans couvertures; j'ai ordonné depuis longtemps qu'une Commission de laquelle devait être le médecin en chef de l'armée, partit pour visiter les différents hôpitaux de Calabre, j'ai lieu d'être étonné que cet ordre ne soit pas exécuté, apprenez-moi dans 24 heures qu'il est parti.

Le général Partouneaux me rend compte que le service des subsistances se fait très bien et qu'on est sans inquiétudes.

Archives du prince Murât. R. XVI, p. 38.

3695. — MURAT A CI.ARKM

t>7 décembre 1S08.

A 7)W}is}eur le comte d'Hitnebourg, ministre de la Guerre en France.

Monsieur le ministre, d'après l'autorisation qui m'en avait été donnée par l'Kmpereur, je viens de recevoir à mon service le général Heynier; sou ancien aide-de-camp, l'adjudant-commandant Miiet désire suivre la destination de ce yénéral, je vous prie d'en demander l'autorisation à l'Empereur.

Kn ma qualité de général en chef de l'Armée de Sa Majesté l'Kmpereur, je vous demande pour mon aide-de-camp le colonel du génie d'Hautpoul, vous me ferez plaisir d'expédier sa commission.

.irtliives du prince Miirat. U. \IU, p. "4.

3()9(i. — MIRAT AU GENERAL PARTOUX'EAUX

27 décembre 1808.

A monsieur le général Partouneaux, à Monleleoiie

Monsienrle<jénéral,jereçois vos différentes dépêches du 15. J'espère (|ue les fonds vous seront arrivés et que vous serez à l'avenir sans in quiétudes à cet égard. Je donne des ordres au ministre de la Guerre pour (|u il prenne des mesures pour les réparations de vos casernes.

Annoncez par une salve d'artillerie de nouveaux succès de l'Empereur et son entrée dans Madrid qui a capitulé à son approche. Ou va commencer à \ous expédier de l'artillerie et des munitions. J'espère qu'on travaille sans relâche à lui préparer un ahri vers Scilla.

Aicbiies du prince Murât. R. XIV, p. 74.

3697. — MURAT A DE THOMASIS

27 décembre 1808.

A monsieur Tfiomasis, intendant de la Calabre Ultérieure.

Monsieur l'inlendant, je reçois voire dépêche du 13 et j'ai lu avec intérêt le ra|)porl (|ui y ét.iit joint. Je v;iis donner des ordres |iour faire disparailic h-s ahiis (jue vous nu' déuoncez. (Continuez a me faire connaître !c hicnipieje puis faire à mes hraves Calabrais;

j'ordonne au (jénéral Partonneaux de faire annoncer par une salve d'arfillerie l'entrée de l'Knipereurdans Madrid. Stimulez la jeunesse de votre département et que j'apprenne bientôt que ceux que j'ai appelés pour servir dans ma garde sont partis. Vous avez dû recevoir des instructions pour la composition de la garde civique, surveillez surtout la bonne composition des ofGciers.

At liiips du prince Miirat. R. \1V, p. 71.

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