MIRAT AU MARQUIS DK GALLO
6 janvier 1S09.
MOXSIKUR I.E MiMSTRF.,
Vous trouverez ci-jointe copie d'iiue lettre que j'écris au ministre •(les Finances, donnez-en connaissance à mes différents consuls à. l'étranger et prévenez-les que je les rends responsables de toute infraction à cette mesure, en leur prescrivant de ne délivrer aucun certiGcat qu'après s'être bien assuré que les bâtiments ne sont pas cbargés de marchandises anglaises.
Sur ce...
Archhps nationales, AF"'' 1714' (143;.
3718. — -MUR.Vr AU PRIXCE PIGXATKLLI
\aplcs, le 6 janvier 1809.
Au ministre des Finances.
Monsieur le Ministre, je suis informé, à ne pouvoir en douter, -que les différents bâtiments venant de Gènes, Livourne et des côtes de France, sont presque tous chargés de marchandises anglaises et qu'elles sont restées dans les ports de mon royaume parce qu'elles sont accompagnées d'un certificat d'origine délivré par mes consuls et par ceux de l'Empereur; ces certificats n'offrent pas une garantie suffisante; j'ordonne que tous les bâtiments qui seront reconnus chargés de marchandises anglaises soient saisis, quels que soient les certificats dont ils peuvent être munis. Faites connaître cette détermination au commerce et ordonnez toutes les mesures convenables pour en assurer le succès.
Snr ce, je prie, etc.
Archive» nationales, AF'^ 1714' (144).
3719. — MUR.AT A SALIGETI
6 janvier 1809.
Je suis informé que la gendarmerie en résidence à Itri a été insultée, lorsqu'elle a voulu faire respecter les lois et rétablir le bon ordre, par des soldats du 2'^ régiment de Chasseurs napolitains qui
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ont tiré lo sabre contre «'lie. On aj(niteqne ce n'est pas la première fois (|ue le commandant de ce ])oste s'est permis de semblables excès, je désire que vous lui écriviez que je le ferai destituer la première fois que pareil désordre arrivera et qu'il ne prêtera pas main forte pour faire respcu'lcr les lois.
\()us trouverez ci-joint un rapport (jui me vient du ministre de l'Intérieur sur des contributions frappées en Calabre par les généraux Heynier et Partouneaux j)our la confection des routes.
Le ministre se plaint du silence que vous avez gai'dé aux deux lettres qu'il vous a écrites à ce sujet; vous auriez dû prendre mes ordres et faire connaître à tous les militaires qu'ils n'ont nullenient le droit de frapper des contributions, et encore moins dej)uis (jue le général Campredon est chargé des routes et que des fonds spéciaux sont faits pour ce service. Ecrivez en conséquence au général Partouneaux et aux diflérents généraux qui commandent dans cette province. Je vais faire écrire aux intendants de s'opposer à toute espèce d'ordre de contribution de leur part.
Archives du prince Uurat. K. \VI, p. 40.
:î720. — AIIRAT AL GK.VKRAL I)0\ZKI-OT
6 janvier 1803.
Au général Donzdol.
Monsieur le général, je reçois à l'instant votre lettre du 1" décembre. Les gazettes de Paris nous avaient déjà annoncé les événements de Constantinople, mais d'une manière bien différente; on y annonçait que Baractar avait péri lui-même en faisant sauter son palais, je vois avec plaisir (ju'il est encore bien portant et qu'il se détcMid vigoureusement. 11 serait d'autant plus désirable qu'il eût la supériorité, qu'il paraît évident que l'insurrection suscitée contre lui l'a été par les agents de l'Angleterre. Continuez à me tenir au courant de cette lutte si importante.
Les succès de l'Kmpereur en Espagne sont complets, vous aurez déjà appris parles différents bulletins de l'armée d'Es|)agneque les armées de Galice, d'P]stramadure et d'Andalousie étaient totalement détruites, que l'Empereur était entré dans Madrid, (|ue Roses avait capitulé, que l'avant-garde de l'armée marchait sur le l'ortugal et sur Cadix et qu'elle était déjà arrivée sur Badajos et sur Andujar et que les Anglais regagnaient leurs vaisseaux dans le plus grand
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désordre, n'ayant pas osé paraître sur un champ de bataille. On peut regarder les affaires d'Kspagne comme terminées. .Annoncez par une salve d'artillerie ces nouveaux succès de l'Empereur à toute la Grèce et que le bruit en retentisse jusque dans le sérail de Constantinople; le moment n'est peut-être pas bien loin où le Pacha de Janina pourrait se repentir de ses coupables complaisances envers l'ennemi du continent. Ce Pacha devrait avoir appris que l'Empereur ne laisse jamais impunis une insulte et un man(jue de foi.
Tout mon Royaume jouit de la plus parfaite tranquillité, les Anglais qui sont en Sicile tremblent; ils savent bien que l'Empereur ne les laissera pas longtemps possesseurs de cette île.
Je ne pense pas que l'ennemi puisse rien tenter dans ce moment contre Corfou; il est trop sérieusement occupé en Espagne, et s'il avait des forces disponibles, je crois qu'il les porterait plutôt à renforcer ses troupes de suite que contre Corfou. Si vous aviez quelquinquiétude pour votre approvisionnement, vous n'avez qu'à demander et je ferai autoriser toutes les exportations dont vous aurez besoin.
Les retards qu'a éprouvés la correspondance n'auront plus lieu depuis que nous sommes rassurés sur l'état de santé qui existe dans le Levant.
Il est arrivé encore aujourd'hui beaucoup de fonds pour vous; je les fais escorter jusqu'à Otrante ; je vous ai fait écrire d'envoyer un de vos officiers de confiance pour les prendre; j'espère qu'ils ne courront plus aucun danger, d'après l'arrestation que j'ai ordonnée du préposé de votre payeur et de votre officier de marine qu'on est autorisé de soupçonner d'être les auteurs du vol fait de.-; derniers envois.
Archives du prince Murât R. \1V. p. 80.
3721. — AILIt.AT A BESSIÈRES
fi j.iiiïier 1800
A monsieur Bcss/èrcs, commissaire impérial à Corfou.
Monsieur le commissaire général, j'ai reçu vos différentes dépêches; celle du 2 décembre me parvient à l'instant avec la copie de vos lettres écrites le 9 novembre et le 6 décembre, je vois avec plaisir votre exactitude à me tenir au courant des événements du Levant. L'Empereur apprendra sans doute avec peine le dernier
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qui vioiit d'avoir lieu <laiis la capitale de l'Orient, tout porte à croire que IJaractar était eu op|)ositiou avec les Aujjlais et partisan de l'Knipereur. Fuisse-t-il avoir le dessus dans cette lutte aussi importante et au succès de laquelle est attaché le destin de l'Kinpire Ottoman. Quant au Paclia de Janina, sa conduite ne m'étonne pas, parce que depuis lon<[temps je connais son inimitié pour les Français; les succès autant étonnants que rapides que vient d'obtenir l'Empereur en Ks|)a<[ne le mettent désormais à même de ne pas laisser impuni ce manque de foi. .l'écris au jjénéral Donzelot poui- lui faire connaître que s'il avait des inquiétudes pour ses approvisionnements, il n'aurait qu'à en demander dans mes Ktats et que je permettrais toutes les exportations dont il aurait besoin.
Arcliites du prince Miirat. K. \IV, p. 8'J.
3722. — MIRAT A XAPOLKOX
Nip'ei, le 6 jantier 1809, à minuit.
SlRK,
Je ne perds j)as un instant pour adresser à Votre Majesté les: nouvelles que je reçois dans le moment sur les événements arrivés à Constantinople, sur la conduite du pacha de .lanina et sur les croisières des Anglais dans l'Adriatique. En faisant connaître au gouverneur de Corfou tous les succès de Votre Majesté en Espagne, je viens de lui prescrire que, s'il avait des iu(|uiétudes sur ses approvisionnements, il n'avait qu'à demander, et (pie j'autoriserais toutes les exportations dont il aurait besoin. Que Votre Majesté soit sans inquiétude à cet égard; il serait bien difficile à la croisière anglaise de m'empêcher de communiquer avec Corfou, par ces mauvais temps, et mon royaume est assez pourvu de denrées pour pouvoir fournir à tous ses besoins.
Sire, sensible comme je devais l'être aux soupçons de Votre Majesté sur la contrebande avec les Anglais, je viens de nouveau d'appeler mon ministre des Finances pour tâcher de découvrir la vérité; il ma répondu : ^<. J'n\(ja(jr ma parole d'/ioiincur qu'il n'entredans Us ports de Votre Majesté que des bâtiments pourvus de certificats d'origine, dèlirrês par les consuls de l'Empereur on par les vôtres. i> .le lui ai répondu (|ue cela n'offrait pas une garantie suffisante contre la contrebande, que mon intention était irrévocable pour qu'aucune marchandise anglaise, quels (jue fussent ses certificats
HOVAIMK I)K XAl'LKS. — 1809 487
cl quoi que fût le lieu de son origine, n'entrât dans mon royaume. Il a l'ordre de faire connaître cette détermination au commerce. J'espère que par ce moyen, tout accès à la contrebande sera fermé. Voire Majesté pourrait-elle penser que je voulusse favoriser les Anylais et ne pas la seconder dans la juste «juerre qu'elle leur fait, quand je <;émis des retards (|ue les circonstances politiques oppo- .'cnt à 1 expédition <'e Sicile, et de ce que je suis privé de ne plus (onibatlre contre eux sous vos yeux.
Sire, Votre .Majesté semble conserver toujours la ménie impression qu'elle avait conçue contre M. Agar; il n'était pas encore arrivé à \aples lorsque la mesure sur la dette fut arrêtée; et plût à Dieu que je fusse à même de mettre de l'aryent de coté! Je suis si loin de le pouvoir que sur un million de ducats qui m'a été demandé par les différents ministres pour le biidjjet de janvier, le ministre (.'es Finances n'a pu accorder que buit cent quatre-vin<!t-treize mille ducats, et qu'il m'en doit sur ma liste civile deux cents mille. Je suis occu|)é à rêver sur quel fondement Votre .Majesté a pu asseoir un semblable jujjement sur mes finances. Le fait est que je vis an jour le jour et que je suis bien loin de cet ordre dans mon administration que Votre .Majesté m'a tant recommandé. Votre Majesté me blâmerait peut-être de ma manière de vivre à \aples.
C'est demain que les nouveaux tribunaux seront installés dans tout le royaume, j'en espère beaucoup pour la civilisation de mon peuple et pour la diminution des proeès. Je ne dois pas taire à Votre Majesté que la religion catliolique et apostolique étant la religion de l'Etat, la conscience de plusieurs juges a été effrayée de l'article du divorce et (jue plusieurs avaient refu.^é de prêter le serment. J'adresse à Votre Majesté copie de la lettre que j'écrivis à ce sujet à mou ministre de la Justice qui parvint, dans une assemblée, à lei persuader tous, excepté un que j ai fait remplacer. Un seul argument a suffi pour les éclairer, c'est celui-ci : » Vous avez accepté la constitution de l'État, le Code .Vapoléon est le Code de l'Etat, il considère le mariage comme un acte civil, et il admet le divorce; donc, en prononçant le divorce, vous faites un acte civil et vous ne vous mêlez nullement du spirituel. > Je regarde donc cette affaire comme terminée.
Une seconde affaire qui agite beaucoup \aples dans ce momentci, c'est l'article des loyers. Par les lois existantes, tout propriétaire ne pouvait renvoyer .»'on locataire; les premiers ont profilé de la publication du Code Xapoléon pour donner congé aux seconds. Je suis donc forcé, et j'espère que Votre Majesté ne me désapprouvera
pas, de proroycr les baux pour un an; do cette manière, je (liui- (|uilliserai au moins un tiers de \aples (|iii se trouverait absolument dans la rue.
J'adresse à Votre Majesté un projet de décret d'une commission (|iu' je ne crois pouvoir adopter qu'a|)rès l'avoir soumis à votre ap|)robation et deuiiindé vos ordres jiosilils à cet é;[ard, en observant à Votre Majesté (|ne tous les ennemis du (îouveruement ont saisi le prétexte du divorce pour a<{iter les consciences, et surtout celles des trop crédules habitants des campa<{nes. Cependant, je prie Votre Majesté de ne pas voir de la faiblesse dans ma démarche; le Code Xapoléon sera exécuté à compter de demain, sans aucune modification ; mais je ne serais j)as fâché qu'il pût entrer dans les vues de Votre Majesté de me donner un expédient |)oiir Iraïupiilliser à ce sujet tout le monde.
Le systènie monétaire de Votre Majesté va étie é'jalement adopté dans le royaume, et je n'attends plus (|ue les balanciers (pu* je fais venir de Paris pour faire frapper la nouvelle monnaie.
Je viens de recevoir une loufjue lettre du ministre de la .Marine de Votre Majesté, dans hupudle il s'attache à me prouver qu'il serait plus avautajjeux pour nn)i de faire coopérer, dans six mois, l'escadre de Toulon à l'expédition de la Sicile. Je le ré|)cle à VOtre .Majesté, je n'ai nullement besoin de l'escadie, et je crois même avoir pour cette expédition assez de troupes de celles que j'ai déjà, vu la tranquillité qui rèjjne dans toutes les j)rovinces de mon royaume. Le moment continue à être éjjalement favorable pour l'expédition. Demain je fais embarquer une soixantaine de canons avec leurs affûts pour la Calabre.
Sire, j'adresse à Votre Majesté une rép<mse du S. Père à la demande que le général .Miollis lui avait faite de lui présenter au 1 " jour de l'an le corps de l'étaf-major de sa division. On voit ;[énéralement dans la démarche de ce jjénéral uiu- «jiande «[aiicbeiie. Je ne me pcnncltrai (('ijcndanl pas de porter aucun ju;[emeMl à cet é;]ard.
Je sais, à ne j)ouvoir en douter, (pie les Homains désirent un changement, parce qu'ils le voient inévitable, et je ne serais |)as étonné d'apprendre (|u'il est parti une dépnlation pour le quartier général de Votre .Majesté, j)our la prier de faire cesser cet état d incertitude et de malheur, dans lecpiel la ridicule opiniâtreté du Cabinet quirinal les a jetés. Je le répète encore à Votre Majesté, Klle n'a qu'à dire un mot, et la puissance et l'influence papales auront existé.
KOYAIMK DE XAPLES. — 1S09 489
Par une barque qui nous est arrivée hier de Ponza, mon ministre de la Police a appris qu'il arrivait tous les jours dans cette île (les approvisiounemen(s venant de Rome. Je vais en écrire au «général Miollis et Finviter à faire surveiller davantage les côtes confiées à son commandement.
Le dernier Bulletin, et surtout votre réponse à la députation de Madrid ont produit ici le plus heureux effet. On croit Votre .Majesté sur la route de Paris, et moi, je la crois sur celle de Lisbonne, parce que je suis persuadé qu'Elle ne laissera pas sou ouvrage imparfait.
Je suis...
Archives nationales, .■\F" 1714' i I4t i, el Archires du prince Murât. R. \\I\, p, 40.