‹ Lettres et entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 119 sur 120 · MAXIMES · texte numérisé non relu

MAXIMES

OUE MÀDÀM£ Dl MAINTINON PREMOIT Là PEINE D*éCRIBE A LA TÊTE DES CAHIERS DES JEUNES DEMOISELLES DE SAINT'CYR, POUR LEUR SERVIR D'EXEMPLES d'ÉCRITUEE.

Accoutumez-vous à Thumeur des autres, sans espérer de les accommoder à la vôtre.

Accoutumez-vous à être seules.

Accoutumez-vous de bonne heure à être secrètes.

Aimez la présence de ceux qui vous reprennent, et que votre conduite soit égale quand ils vous voient et qu'ils ne vous voient pas.

Ayez de la reconnoissance pour tous ceux qui vous ont fait du bien.

' Aimer Dieu et votre état est le seul bonheur.

Cherchez la vérité en tout.

Contribuez à la paix autant^qu'il vous sera possible.

Dieu sait mieux ce qu'il vous faut que vousmêmes.

Écoutez toujours et ne parlez guère.

i Lettres édifiantes, t. VI, p. 109.

4n Lem» IT MimimB kr l émicatim.

Aiflwz à faire pbisir et ne meules jumîs.

Élevez souvent votre corar à Diea.

11 n*y â de vériuble malheur que d*atoir tort.

U n'y a rien de honteux que de mal.faire.

11 n> a point d'état qui n'ait ses peines, et souvent plus grandes que les vôtres.

U n'y a de vrai bonheur que de se conformer à la volonté de Dieu.

La fortune est inconstante ; la vôtre est mauvaise présentement, c'est une raison pour espérer qu'elle deviendra bonne.

Le plus grand de tous les plabirs est d'en pouvoir faire.

La véritable pénitence est de recevoir de bon cœur et d'aimer les peines que Dieu nous envoie.

Les souffrances et les afflictions qui nous viennent de Dieu lui sont plus agréables que les mortifications que vous choisiriez.

Les réprimandes que lonfaitaux jeunes gens sont de véritables marques de Tamilié qu'on a pour eux.

I^ mort nous égalera tous, il n'y aura plus que nos bonnes œuvres qui y mettront la différence.

N'ayez d'inquiétude que pour votre salut, le reste est trop incertain pour s'en mettre en peine.

N'ayez jamais envie de voir ni d'entendre ce que l'on veut vous cacher.

Ne dites jamais rien qui puisse désunir.

N'oubliez jamais Dieu ; et si on ne vous laisse pas assez de temps pour le prier, pensc>z à lui.

N'enviez point les richesses, puisqu'il faut s'en détacher pour faire son salut.

«AXIIES DE HADAHB DE «AINTENON. 403

Offrez à Diea toutes vos actions.

Obéissez exactement i vos supérieurs, sans vouloir examiner s'ils ont tort ou raison.

Prenez de bonnes habitudes : il n'y en a point qui ne deviennent douces, quelque pénibles qu'elles vous paroissent d'abord.

Faites un bon usage de tout ce que Ton veut bien que vous voyiez et entendiez.

Prenez toujours la dernière place; il vaut mieux être appelé que chassé.

Rendez-vous le plus capables que vous pourrez, car vous ne savez à quoi Dieu vous destine.

Ne soutenez jamais votre opinion avec opiniâtreté.

Rendez- vous si vous trouvez que vous ayez tort \ il y a plus de grandeur à se rétracter qu à soutenir une mauvaise cause.

Ne vous souvenez de votre noblesse que pour être plus vertueuses.

Ne confondez pas la mauvaise gloire avec la bonne.

Ne faites jamais dépendre voire bonheur des autres.

Ne soyez jamais pressées de redire ce que vous av^z appris, à moins qu'il ne soit utile à quelqu'un.

Ne vous plaignez pas, car vous avez tout ce qui vous est nécessaire, et mille personnes manquent de tout.

Ne vous familiarisez jamais avec les hommes : la modestie est le partage des personnes de notre sexe.

Ne VOUS affligez pas de votre mauvaise fortune, mais songez à vous rendre dignes d'une meilleure.

Nous parvenons souvent à ce que nous avons désiré, et nous n'en sommes pas plus heureux.

Rendez- vous i la raison aussitôt que vous la voyez.

Soyez raisonnables, ou vous serez malheureuses.

Si vous vous mettez bien dans Tesprit qu'il est inévitable- de souffrir, vous en souffrirez beaucoup moins.

Soyez sévères pour vous et indulgentes pour les autres.

Si vous ne pouvez donner Taumône aux pauvres, donnez-leur vos prières, vos soins et des consolations.

Souvenez-vous de Tobole delà pauvre veuve ; elle fut plus agréable a Dieu que les grandes aumônes des riches.

Si vous voulez être agréables à Dieu, obéissez à ses lois.

Si vous voulez être agréables dans la conversation, ne parlez guère de vous.

Souffrez beaucoup avant que de vous plaindre.

Si vous ne profitiez de votre bonheur, vous vous en repentiriez un jour bien inutilement.

Si vous voulez être heureuses, regardez ceux qui sont au-dessous de vous et non pas ceux qui sont au-dessus.

Sachez bon gré à tous ceux qui vous reprennent ; il n'y a personne qui n'aimât mieux vous flatter que de vous reprendre.

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