‹ Lettres et entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 36 sur 120 · POUR UN PÈRE · texte numérisé non relu

POUR UN PÈRE

Vous trouvez, mon cberpère,quemes lettressont peut-être trop succinctes, et que je n'entre point as- Kjz dans le détail de tout ce qui se fait ici, et de la bonne vie que je mène. Nous nous levons à six heures, ce qui me parolt bien matin en hiver, et je Toudrois bien changer cet article de notre règle; on [ffieDieu, on s'habille, on déjeune, on va à la messe, et on revient à la classe se mettre à Touvrage, pendant lequel on apprend toutes sortes de choses utiles ei agréables^ on entend des instructions de piété, on apprend les histoires de TÉcriture sainte, des fers, de la prose, a chanter, à parler, à se taire^ à bire des réflexions, et je vous assure, mon cher père, qu'il netiendra pas aux Dames de Sainl-Louis qu'elles ne vous renvoient votre tille bien chrétienne, bien raisonnable et bien intelligente ; je le souhaite, mon dièr père, pour vous plaire et pour vous soulager.

> Lettrée édifiantes, t. IV, p. 2l9,

.3« — RÉPONSE DE M. DE RAYENELi.

( La répopse que M. de RftTenel fit k eeUe l«Ure étant fort agréablç, oa % cru qa*ii oonTenoit de U mettre ici.)

J'ai reçu votre lellre, ma chère ûlle, etavec beaucoup de satisfaction, en apprenant vos occupations par le détail que vous m'en faites. Je m'intéresse, je vous assure, beaucoup a ce que vous vous levez uo peu matin, mais apparemment vous vous couchez de bonne heure, aussi vous ne me parlez que de caque vous faites le matin-, j'espère que vous réserverez à une autre fois à m'expliquer votre après -dtnée. Je souhaite que vous vous leviez en bonne santé, que votre prière soit fervente et favorablement reçue du Seigneur, que vous déjeuniez avec appétit, que vous alliez utilement à la sainte messe, que votre retour en classe vous soit profitable, que 1 Écriture sainte soit bien gravée en votre cœur, que vous déclamiez des vers avec grâce, que vous prononciez bien la prose, que Ton trouve de l'agrément à vousentendre chanter, que vous parliez juste, que vous sachiez bien vous taire à propos, que les réflexions que vous faites vous attirent la bénédiction de Diçu, et que vous fassiez un heureux fruit des instructions de piété qui vous sont données ^ je souhaite enfin que 4es Dames de Saint-Louis fassent de vous une parfaite chrétienne.

« Lettres édifiantes, l. IV, p. 220.

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4« — POUR UNE MÉREi.

Madame ma TRis-CHÈRE hère, Je ne puis exprimer tout le plaisir que j*ai de recevoir de vos nouvelles. Si je n'ai pas eu llionneur de vous écrire depuis quelque temps, ce n'est pas, ma chère mère, que je manque i la tendresse et à la reconnoissance que je vous dois, et je vous assure que je n^ai pas de plus grande joie que lorsque je re- {ois de vos lettres. Je voudrois bien savoir si mon dier père a reçu celle que je lui ai écrite. Permettez-moi de l'assurer ici de mes profonds respects, et itites-moi la grâce de me croire, etc.

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