DS LA CLASSE BLICI
Hart 1696.
L'Annonciation est la grande fête de celte maison: j'ai bien envie que nous la solennisions nrâeux que nous n'avons jamais fait. Vous honorez Dieu et la sainte Vierge par l'attention de votre esprit et de votre cœur, et pour l'extérieur je vous prie de chanter leurs louanges. Vous n'êtes point assez touchées de ce bonheur qui n'est permis qu'aux religieuses. On m'a dit qu'il faudroit vous empêcher de porter de^ livres à l'église les jours de grandes fêtes, parce que c'est ce qui vous empêche de chanter ; maisi J*eSpère que l'envie de vous acquitter de votre devoir, et de me faire plaisir, vous excitera plus que les punitions*, ne trompez pas la bonne opinion que j'ai
A MADAIU DO PÉROU (1696). 211
de Y0U8. Je vous prie d*eiivoyer des copies de ce billet aux autres classes, car il est pour toutes les demoiselles de Saint-Cyr, dont vous êtes les aloées.
■AITIIME OftHSlALI.
18 iTril 1696.
Je suis ravie, ma chère sœur, de vous voir aussi oecapée de votre charge que vous Tètes*, mais je TOUS conjure de ne pas vous abandonner au détail, de façon que vous négligiez de vous remplir de Tes* prît de votre institut. Vous goûtez tout ce qu'on vous en dit, cependant je ne vois point jusqu'ici que vous mettiez en usage tout ce qui vous est marqué. Souvenez-vous donc toujours que tout est fait pour les demoiselles et pour leur éducation, et que tout le reste y doit céder. Il faut que vos demoiselles travaillent*, mais il faut encore plus qu'elles apprennent leur catéchisme et tout ce qu'elles doivent savoir^ ■e souffrez donc jamais qu'elles soient négligées sur les points principaux. 11 faut qu'elles servent la maison; mais il faut aussi qu'elles soient servies en tout ee qui va à les veiller attentivement. On veut bien qu'elles plient tout le linge, qu'elles balayent l'église et le reste, mais en même temps on ne veut pas qu'elles manquent d'une sœur converse pour les servir, parce que c'est une personne de plus pour les
* Lettres et Avis, p. 153.
212 LBTTRES ET ENTRETIENS SUR L'ftOPCATIOlf.
observer. Il faut qu'elles aient du feu pour se chauffer, mais encore plus soigneusement de la lumière pour les éclairer. Ayez donc toujours, ma ctôre fille, devant les yeux la fin de votre institut, et Gaites plutôt la cuisine vous-même que d'abandonner les demoiselles. Vous voyez qu'on n*a pas voulu les quitter, pour l'élection * : y a-t-il une marque plus convaincante de la nécessité de les surveiller sans cesse? Ne refusez donc jamais aux maltresses tous les secours qu'elles vous demanderont pour ce bira essentiel de votre maison, et craignez de répondre des péchés dont vous seriez la cause, en ne tenant pas la main à Tobservance de tout ce qui a été réglé. Il faut une converse professe aux deux grandes classes , et qu'elles ne changent que le moins qu'il sera possible. C'est à vous à solliciter auprès de votre supérieure pour les demoiselles, et c'est là leur grand intérêt^ je veux dire le soin qu'elles ne soient jamais abandonnées à elles-mêmes. Vous êtes mattresse générale et par là chargée de fournir aux Dames particulières tout ce qui peut contribuer à l'éducation chrétienne de leurs filles. Vous êtes du conseil , et en cette qualité vous ne devez jamais perdre de vue la fin de votre institut, et opiner dans cet ëspril-la. Abandonnez toujours les petits intérêts en faveur des grands -, vos grands intérêts sont cette éducation ; sacrifiez-y donc tout le reste. Faites faire plus d'habits au dehors plutôt que de détourner
> Pour rélection de la supérieure. Voir VHi$t, de ia royale de Saint^Cyr pour le^ règlements et consUtutions ù: V titut.
A-HADAMB OU PÉROU (1696). 213
Yos demoiselles de leurs exercices pour les faire trop travailler ; prenez plus de femmes de journée pour la lessive plutôt que d'ôter les sœurs des classes, pour ne pas diminuer celles de la lingerie *, donnez à travailler au tapissier plutôt que d'y employer une JDame et une sœur au dedans, si cette Dame et cette aœur sont nécessaires aux demoiselles ; appliquez «fin dans les occasions ce qui vous est dit et redit mille fois, que tout doit céder aux demoiselies, Qu*on ne dise point que c'est les gâter, que de leur faire voir tant d'égards et tant de soins : les soins sont pour qu'elles soient de bonnes chrétiennes , et qu'elles sachent ce qu'elles doivent savoir ; les égards sont pour éviter tout ce qui peut les corrompre. Ce n'est pas par grandeur que vous les suivez partout, c'est par défiance; et vous abaissez bien cet air de grandeur quand vous les faites l)alayer votre maison et kver les écuelles. Sachez mêler ainsi ce qui peut les humilier avec ce qui peut les conserver pures et innocentes. Je prie Dieu de vous éclairer autant que vous en avez besoin.
MAITKISSE OÉnÉBALB *.
Ce 30 mai 1696
C'est à vous, ma chère fille, à faire observer autant qu'il vous sera possible tout ce qui est contenu
î Lettres édi/iante», l. IV, p. 95. — Lettres et ÀvU, p. 157 . t !!«• de Maintenon eut beaucoup de peine à faire comprendra
214 LETTRES ET ENTRETIENS SUR L'iDUCATlON.
dans le Règlement elYUtage deiclasHi^: vous étés pour soulager les maltresses, pour les autoriser, pour soutenir les intérêts des demoiselles» et pour les faire traiter selon les intentions de notre fonda» teur; mais trouvez bon que je vous aide à les bien entendre.
On vous a dit et écrit mille fois que tout est fût pour les demoiselles, et que ce qui les regarde doit toujours être préféré à tout le reste. Vous ne pouvéfe trop vous remplir de cette vérité. Les demoiselles sont chez vous ce que sont les pauvres dans les hôpitaux, les séminaristes dans les séminaires, les externes aux Ursulines, les écoliers dans les coll^QB; tout doit être réglé par rapport à la fin de votre id^ titut, qui est l'éducation des pauvres demoiselles du royaume. Cette éducation consiste à les faire de parfaites chrétiennes, à les rendre capables des états où il plaira à Dieu de les appeler, à prendre soin de \t^ santé. Que votre premier soin soit donc pour ce qai regarde leur salut, et qu'il ne leur manque rien de œ qui peut y contribuer. Veillez pour qu'elles aient des confesseurs ordinaires et extraordinaires, des instructions, des livres, des retraites, et tout ce qui est marqué dans leur règlement et dans le vôtre. Veillez pour faire donner aux maîtresses des classes tous les
aux Jeunes reli^rieuses de Saint-Cyr, qu*au lieu d'être perpétuellement en prière et en contemplation, elles devaient paaser leur vie à s'occuper d'éducation, de surveillance et même de choses ua peu mondaines. Les instructions qu'elle leur donna à ce sqjet WbX trës-nombreu»C8. (Voir aussi les Lettres biitoriques et édifiantes,) ^ Les Rètjlements et Usage des classes ont été Imprimés en on Tolmne in 92, Paris, 171).-^ Voir pages il et 14.
A MADAMB DU P6R0D (1696). 215
moyens de les observer, et qu'elles ne manquent pas de tout ce qui peut leur faciliter cette attention continuelle qui ne cesse pas même pendant leur repos. Je prie Dieu qu'elles se dévouent à ce travail au lieu des autres mortiflcations que leur ferveur pourroit leur inspirer.
Que Ton ne manque jamais d'éclairer les lieux qui peuvent dérober les filles aux yeux des moUresses ; cet endroit est important, et je meurs de peur de ces petites vues de ménage qui se déguisent sous une fausse charité, en disant que ce qu'on dépense en lumières sufiiroit pour nourrir des pauvres. Vous ôtes obligées à veiller vos demoiselles, et non pas à nourrir les pauvres. Le Roi vous a donné votre bien i ces conditions -, ne prenez pas le chango. Soyez donc fermes sur ce principe. Épargnez quand vous voudrez jusqu'à un fagot à vos demoiselles, car cotte épargne ne va qu'à les rendre moins délicates; mais en même temps éclairez les lieux où elles sont avec abondance, alin de ne les perdre jamais de vue. Sur ce même principe, n'épargnez rien pour conserver leur taille ] donnez souvent des corps de jupe à celles qui en ont besoin; et dans le temps où vous ferez celte dépense, qui ne parott point, portez la peine et les reproches de les voir éguenillées dans de certaines occasions où vous serez plus pressées de ménager ou de prendre les moyens d'en humilier quelques-unes qu'on verroit vaines et attachées à leur personne, et même toute la classe, pour un temps, si on y voyoit régner ce même esprit. Je traite le soin de leur taille d'un endroit important, parce que si elles deviennent
bossues, elles ne trouvent personne qui les veulent, n'ayant pas d'ailleurs une fortune qui fasse passer |)ar-dessus la difformité. Vous aurez toujours à soutenir les intérêts des demoiselles contre le zèle indiscret qui fera dire qu'il vaudroit mieux les établir que de leur donner du ruban ; mais demeurez ferme en tout ce qui est réglé pour leur habillement, qui ne ]>eut être plus simple. Vous ne devez les établir que de ce que vous aurez de reste quand vous les aurez élevées comme elles doivent l'être. Tenez la main pour qu'elles aient toujours une sœur converse pour les servir, ou, pour mieux dire, pour aider aux maîtresses à les observer. On aurait consenti qu* elles eussent fait elles-mêmes tout le service des dortoirs et des classes^ si ces devoirs eussent pu compatir à ce qu'elles ont à faire^ et avec la nécessité de les garder à vue. Que celte sœur change rarement; il faut qu'elle connoisse les demoiselles pour en pouvoir rendre compte aux maîtresses, outre les raisons générales que vous avez d'éviter les changements fréquents qui causent toujours quelque désordre.
Il n'en est pas de môme des noires que vous attachez aux classes. Gomme leur personnage est contraignant et sérieux pour leur âge, il est bon de ne les pas laisser plus de trois mois. Donnez volontiers des demoiselles aux officières pour leur aider dans leurs emplois, pourvu qu'elles y soient gardées. Rien ne peut plus contribuer a leur santé , et à les rendre intelligentes. Ne laissez rien diminuer de la nourriture des demoiselles-, demandez même quelquefois
A MADASIK DU lÉBOU (l696). 217
qu'on la diversifie un peu , afin qu'elles mangent mieux. Il faut non-seulement les nourrir, mais il faut qu'elles croissent, et tâchez de leur donner une bonne santé; mais évitez le plus que vous pourrez de fatiguer les dépensières en demandant des choses particulières et imprévues , et que les maîtresses n'oublient rien pour empêcher leurs filles d'être délicates. Mais ce que je ne puis assez vous recommander, ma chère fille , et ce que vous ne pourrez pousser trop loin, c'est le soin que les classes aient toujours le nombre de maîtresses qui a été réglé : il faut que tout manque dans la maison plutôt que cet endroit-là; et dès que vous vous trouveriez hors d'état de le soutenir, il faut en avertir vos supérieurs comme de ce qu'il y a de plus important chez vous ; c*est là votre principale obligation. // vaut mieux que r office manque que la garde des demoiselles ; c est ce dont je charge votre conscience à toutes, et la vôtre en particulier ; c'est ce dont vous répondrez âDieu *, c'est ce que je vous reprocherois devant lui si vous y manquiez, car il sait si j'ai rien oublié pour TOUS faire comprendre que c'est toute la fin de votre institut.
Quand les maîtresses manquent, donnez des suppléantes , et que ces suppléantes donnent tout le
if temps dont on a besoin \ leurs autres emplois seront abandonnés, il est vrai, mais encore une fois, tout doit céder aux demoiselles. Que vous avez besoin, ma chère fille, que la droiture règne dans le gou-
; vernement de votre maison ! Demandez-la incessamment à Dieu. Que les filles ont de pente à s'at- I. 49
218 LETTRES ET E^nTRETlBNS SUR L*ÉOUCATION.
tacher aux bagateHes , et à négliger ce qui est essentiel ! Je prie Notre-Seigneur de vous conduire lui-même.
78». — LETTRE A UNE DEUÎQÈME MAITRESSB
DE LA CLâSSI jauni.
Je verrai les jaunes quand ma sceur de Saint-Aubin^ me le permettra : je serai trop heureuse si je puis leur être donnée en punition ou en récompense-, vous savez que j'ai fort envie d'être utile à quelque chose. Je n'ai que des louanges à vous donner, ma chère fille; vous faites des merveilles, vous êtes ferme, douce, grave, silencieuse, voilà tout ce qu'il faut dans les classes, avec une entière union dans les maîtresses ; avec cela vous gouvernerez vos fiUés tantôt mieux, tantôt plus mal, car il faut s'attendre à des inégalités là-dessus; mais si les maîtresses n'ont cette conduite uniforme et pleine d'intelligence les unes avec les autres, tout ira de désordre en désordre, et les classes deviendront impossibles. Non, ma chère fille, elles ne le sont pas plus que vous ne pensiez, et les demoiselles ne sont pas si difficiles. Songez que dans les filles de Sainte-Marie elles ne peuvent venir à bout de dix ou onze en-
* Lettres et Avis, p. 320.
* Voir la note 2 de la page 100. — M™«de Saint-Aubin élail alorâ première maîtresse des Jaunes. Les maîtresses changeaient de classe tous les ans ou tous les deux ans.
A OHB lAITBBSSB DSS CLASSES (1696). 219
fants, el que vous tenez cinquante filles de seize et dix -huit ans, qui ne sortent pas de leur place sans permission. C'est que Dieu vous assiste dans votre profession -, demandez-lui son secours en tout *, continuez, comme vous commencez, et réjouissez-vous à la communauté, je vous en prie, vous en avez besoin.
Vous pouvez parler de ce qui se sera dit au parloir quand vous croirez le devoir faire, pour reprendre les demoiselles de ce qui s'y seroit passé, et si les choses étoient de conséquence, il faudroit en avertir la maîtresse générale. Les demoiselles, et surtout les grandes, doivent être trës-modéstes •0 parloir, et rien ne sied si mal à des filles que la fuîîliarité, même avec les plus proches ; ce n'est fjQ'une grossièreté de la mauvaise éducation, et qui M bit rien au plaisir de voir les personnes que Ton
Tous devriez bien me mander comment va la classe, et comment vous vous accommodez des rè-
> Uttre$€tAvU,^, 406,
2-20 LETTHES ET ENTHETIENS SUR L*ÉDUCATIOX. 80». — LETTRE A MADAME DU PÉROU,
HA11HES6K OÉNÉftALX DIS CLASSES.
S to6t i09C.
Il est sans cloute que la maîtresse générale doit former les demoiselles noires à toutes les vertus, et combattre tous leurs défauts. Quant aux exercices , il ue faudroit leur en donner que de communs, afin qu'elles soient plus en état de prendre la piété de la manière dont on le voudra dans les maisons où elles iront.
Vous trouverez aisément des pénitences selon leurs fautes-, mais comme ce sont de grandes filles, il faut les prendre par la religion et par la raison. Je voudrois Irur faire désirer l'oraison et les autres pratiques de piété, avant de les accorder, et en faire des récompenses, selon, comme vous le dites, que vous en serez contente. Il ne faut point faire de règles différentes pour celles qui ne veulent pas être religieuses; c'est à la discrétion de la maîtresse générale & en faire la différence. C'est trop souvent communier que de le faire tous les huit jours, à moins que leur piété soit solide, ce qu'on juge pnr l'égalité de leur conduite.
Il ne faut point proposer d'austérités, mais seulement de les estimer, et il les faudroit accoutumer à plus de dureté pour leur corps •, rien n'y peut plus contribuer que le travail.
* Lettres et Avis, p. 134.
Il ne faut point faire venir les bleues aux instructions; elles les entendront quand elles seront noires. Je crois que la fonction de maîtresse générale à rinflrmerie est d'aller voir les demoiselles, de s'informer à rinfirmerie de leur conduite , de les assister à la mort, de suivre les sacrements quand on les leur porte, de représenter à la supérieure ce qui manqueroit aux demoiselles. Il faut mettre tout cela en meilleur ordre que je ne vous le dis. La maltresse générale doit, comme toutes les autres, rendre compte a la supérieure et prendre ses avis, mais non pas à chaque moment.
Août 1696.
On m'a donné avis que les noires se dérangent dans les classes, dans les dortoirs, dans les infirmeries et le reste. Je n*en suis point surprise, et je ne les crois pas assez soges pour se maintenir quand on ne les observera pas de près. Les affaires générales nous occupent trop pour penser aux particulières, mais j'espère que nous sommes à la fin. Redonnezvous donc aux noires, je vous prie ; c'est un corps qu*il faut conserver précieusement, et qui vous est absolument nécessaire. Celles des Dames sous qui elles servent ont grand tort de ne vous pas avertir directement de ce qu'elles font ; il faut demander
1 Lctireê et AvU, p. ! 3G.
222 LETTRES ET ENTRETIENS Sl'R L*ÉDUCAtlON.
à Dieu sans relâche qu*il répande son esprit dans votre maison, et qu'on y agisse pour sa gloire uniquement.
Tout ce que vous dites est très-vrai, ma cbère fille ^ mais le vrai remède est de mieux choisir les noires, et de ne pas compter sur deux mois de contrainte comme on fait quelquefois. Il ne faut prendre que les excellentes de dix-huit ans , ou celles qui voudroient ôlre religieuses de Saint-Louis.
Il est vrai que la jeunesse est plus paresseuse qu'elle ne Tctoit autrefois , et qu'elle ne compte que la commodité. Noiis voyons ici des personnes de quatorze ans qui aiment mieux se priver des plaisirs que d'avoir la peine de s'habiller. Ne vous rebutez jamais sur vos demoiselles ; elles ont fait tant de progrès qu'il n'y a rien qu'on n'en puisse* espérer.
Il est certain, ma chère fille, que vous devez en tout montrer l'exemple aux demoiselles , et vous mettre avec elles à tout ce que vous leur faites faire : si elles savonnent à la sacristie, la sacristine doit savonner avec elles, et je ne comprends pas qu'on puisse faire autrement.
Je ne fais nul cas des inclinations des filles pour
> Lettres et ÀviSj p. 205. ^Recueil des Réponses^ etc.
A MADAME IKJ PÉROU (l«96). 223
» HMltresses quand les maîtresses sont sages, et eite altentioD ne me ferait pas faire le moindre érangement. Il faut leur apprendre a aimer rai- MiBablement, comme on leur apprend autre chose. 'ai aimé ma maitresse jusqu'à lui écrire toutes les Bœaines tant qu'elle a vécu, ce qui a duré douze u quinze ans, et j'étois dans le grand monde : lia n'est que l'effet d'un bon cœur. Tout con- Mle chez vous, ma chère QUe, dans la sagesse es Dames ; avec cela tout ira bien *, sans cela nous 1008 beau faire des règles, nous ne ferons rien » taille.
Madame, j'ai toujours oublié de vous demander oorquoi on continue à donner du pain bis aux de* loiselles dans un temps oix le blé n'est pas cher; il it très-bien qu'elles apprennent par leur propre tipérience les inégalités des biens de la terre, et |a*elles aient quelque part aux. souffrances publilues \ mais il faut les remettre dans le train ordilire quand il h'y a rien qui doive nous en tirer, a pente des communautés est de retrancher sur la lourriture plutôt que sur des commodités ou des
* Lettres aux Supérieures, — Avis aux religieuses de Saint^LouiSt
ns.
224 LETTRES ET ENTRETIENS SUR L*ÉDfJCATION.
embellissements dont il faudroit se passer. Cependant, comme la nourriture est réglée et frugale, il n'y faut guère toucher. Les filles en murmurent dans leur cœur d'autant plus amèrement qu'elles n'osent presque en parler. Je tâche en tout de vous faire profiter de mes expériences ; mais pour en revenir aux demoiselles , comptez que c'est principalement par votre conduite que vous leur inspirerez la droiture, la bonté et la raison que vous leur désirez de si bonne foi.
Ne croyez pas, ni pour vous, ni pour vos filles, que celles qui ne sentent point de tristesse n'ont pas besoin de relâchement. Les occupations serieuses minent peu à peu sans qu'on s'en aperçoive que trop tard; c'est pourquoi, ma chère fille, il faut prévenir cet accident par des débandements d'esprit qui soient innocents. Prenez garde seulement qu'il ne s'y passe rien de contraire à la modestie religieuse, rien de mondain, rien d'emporté, rien d'excessif*, mais que la douceur, la sainte liberté, la simplicité, la charité, la modestie, régnent en tout. Je ne voudrois pas de danses-, je dis que je n'en voudrois point faire faire, car pour vous autres vous n'en faites pas-, je suis bien aise que vous vous aidiez de vos enfants pour vous amuser....
[N* est pas achevée.)
Aix iu:ijr,:î.rsKs dk saim-lolls (igdoi. 2-20 84 ^ — INSTRUCTION AUX RELIGIEUSES