PRÉFACE. XXI
cette maison, indispensables à l'intelligence des lettres et Entretiens sur V Éducation.
La maison royale de Saint-Cyr, dite l'Institut de Saint-Louis, fut fondée en 1686 par Louis XIV, pour l'éducation de deux cent cinquante demoiselles de pauvre noblesse. C'était le roi qui nommait aux places vacantes.
Les demoiselles entraient dans la maison (depuis r&ge de sept ans jusqu'à l'âge de douze ans; elles y restaient jusqu'à vingt ans, sans jamais sortir que par des permissions rares et spéciales, ne pouvant être visitées par leurs parents que pendant les octaves des quatre grandes fêtes de l'année. Elles étaient partagées, suivant leur âge, en quatre classes^ et dans chaque classe en cinq ou six bandes ou familles de huit ou dix élèves. Jusqu'à l'âge de dix ans, elles étaient dans la classe rouge, et elles y apprenaient à lire, écrire, compter, les éléments de la grammaire, le catéchisme et des notions de l'histoire sainte. A l'âge de onze ans, elles passaient dans la classe vevte, et y apprenaient la même chose, avec la musique et des notions d'histoire, de géographie et de mythologie. A l'âge de quatorze ans, elles passaient dans la classe jaune j où l'instruction roulait principalement sur la langue française, la musique, la religion; on leur donnait aussi quelques leçons de dessin, et on leur apprenait à danser. A l'âge dix-sept ans, elles passaient dans la classe bleue^ où l'instruction ne roulait
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plus que sur ta langue et la musique, mais où l'instruction morale était dôyeloppée jusqu'à la perfection. D'ailleurs, plus de la moitié des demoiselles de la classe bleue était dispersée dans la maison, soit pour aider les maîtresses des classes, soit pour assister les officières de la maison, c'est-à-dire la dépositaire, l'économe, les infirmières, les maîtresses d'ouvrages, la sacristine, l'apothicaire, etc. C'était dans ces divers exercices qu'elles trouvaient le complément de leur éducation. On dispersait de même un certain nombre de jaunes, pour aider au service de la maison, et môme on y employait les plus petites.
L'éducation manuelle était fort étendue à Salnl- Cyr; on y apprenait à coudre, à broder, à tricoter, à faire de la tapisserie ; on y faisait tout le linge de la maison, de l'infirmerie, de la chapelle, les robes et vêtements des dames et des élèves; tt mais point d'ouvrages exquis, dit M"* de Maintenon, et d'un trop grand dessin, point de ces colifichets à broderie ou au petit métier qui sont inutiles. » Enfin, les religieuses et les sœurs converses étant insuffisantes pour l'instruction et le ser\ice de la maison, les demoiselles étaient appelées à les aider pour desservir le réfectoire, balayer les dortoirs, nettoyer les classes, tt II faut les mettre à tout, dit M"* de Maintenon, et les faire travailler aux ouvrages pénibles, pour les rendre robustes, saines et intelligentes. » Les demoiselles sortaient de Saint-Cyr à vingt ans.
et on leur donnait une dot de trois mille livres avec an tronssean.
Les Dames de Saint-Louis étaient prises ordinairement parmi les élèves de Saint-Gyr: elles étaient dans l'origine astreintes seulement à des vosux simples; puis en 1692 on transforma la maison en monastère régulier de Tordre de Saint-Augustin, et elles firent des vœux solennels. Elles étaient au nombre de quarante, professes ou novices, qui se partageaient les charges de la maison.
Les grandes charges étaient celles : i^ de la supérieure, qui avait le gouvernement général de la mai- ' son, sous la surveillance de Tévéque de Chartres pour le spirituel, et pour le temporel d'un conseiller d'État nommé parle roi; elle était nommée à l'élection et pour trois ans; 2^ de Vassittante^ qui était la suppléante de la supérieure; 3^ de la maîtresse des novices ; 4® de la maîtresse générale des classes, directrice générale de l'enseignement et supérieure particulière des demoiselles ; 5° de la dépositaire^ qui avait le maniement général des receltes et dépenses de la maison.
Les petites charges étaient celles des maîtresses des classes, de V économe , de la portière^ de lïnfirmière, de la maîtresse générale des ouvrages^ de la robière, etc.
Les aflaires de la maison de Saint-Louis étaient régies par un conseil du dedans, composé des cinq