MAXIMES POUR LES PAUVRES FILLES DE RUEIL
Dieu vous a voulu réduire à servir-, rendez-vousen capables et accommodez-vous à votre fortune.
Dieu veut que les riches se sauvent en donnant leur bien et les pauvres par n'en point avoir.
> Vers 1680, Marie de Brinon, religieuse ursuline du diocèse de Rouen, fut obligée de sorUr de son couvent qui avait été supprimé à cause de sa pauvreté extrême ; « elle vint, selon les notes des Dames de Sainl-Cyr, demeurer aux environs de Montclievreuil, où M™« de Maintenon la vit et goûta son esprit et sa piété. Cette religieuse voulant s*adonner, selon l'esprit de son institut, à l'éducation des 6lles, M™*' de Maintenon lui donna des pensionnaires, et, pour l'avoir plus près d'elle, elle rengagea à s'établir près de Paris. La religieuse, 8*étaiil associé deux ou trois autres du même ordre, établit sa pension près de Montmorency, et la forma dés fllies que M<"« de Maintenon lui confloit. Au bout de deux ans. Mi»* de Maintenon, la trouvant trop éloignée, la transféra à Rueil, aûn d'être plus à portée d'aller visiter plus souvent cette école*, » et elle commença À y faire élever des fllies pauvres de la noblesse. Elle n'en continua pas moins ses soins aux illles des paysans et leur adressa cette instruction, le premier écrit qu'on ait d'elle sur Véducation.
• Tiré da manatcrit des LeUrex édictée, t. I, p. Î57. Pour ce minaient voir la Préface,
2 LBTTRB8 BT ENTRBTIBNS SDR l'ADUCATION.
Les riches auront plus de peine à se sauver que les pauvres.
Il y a de bons riches et de très-méchants pauvres.
Les riches vous donnent de quoi vivre, donnezleur vos prières.
C'est ainsi que nous contribuons au salut les uns des autres.
Dieu a voulu que vous travaillassiez \ ne souhaitez point d*autre état.
Les pauvres dorment mieux sur leur paille que les riches sur leurs lits magnifiques.
Ne croyez pas qu'il suffise d'être pauvre et souffrant pour être sauvé \ 11 faut supporter patiemment cet état pour Tamour de Dieu.
N'enviez point le plaisir qu'il y a de faire l'aumône, puisqu'en la recevant vous pouvez avoir autant de mérite devant Dieu.
Ne murmurez jamais contre les riches *, Dieu a ▼oulu qu'ils le fussent, comme il a voulu que vous fussiez pauvres.
Si vous ne vous soumettez à la volonté de Dieu sur Yous, votre misère vous sera aussi inutile pour Tautre monde qu'elle vous est pénible pour celui-ci. Votre cœur est content pendant que votre corps travaille; la plupart des grands ont le cœur agité pendant qu'ils nous paroissent bien heureux.
AUX ffAITRBSSKS DE NOIST (1685).