‹ Lettres et entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 80 sur 120 · II · texte numérisé non relu

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c'est que celles qui savent bien lire , écrire , travailler, n'aiment point à le montrer à leurs compagnes, ou le font trop rudement, et que celles qm' ne savent rien ne veulent rien apprendre de celles qui savent. Pour moi, si j'étois encore en âge d'apprendre, je ne me ferois point de peine d'apprendre de quelques-unes de vous des choses que vous savez et que je ne sais pas*, par exemple : vous me montreriez bien à piquer un bonnet. Il faut donc que celles qui savent quelque chose le montrent aux autres avec plaisir-, mais il faut montrer doucement et point brusquement et rustaudement. Il faut donner de ce qu'on a et recevoir de ce qu'on n'a pas^ c'est là ce qui fait le commerce dans le monde. Il y a des pays qui manquent de blé et d'autres ont beaucoup de vin. On donne de son vin et on reçoit du blé. Nous donnons a l'Espagne de la filasse et de la toile, et nous en recevons de la laine, parce que la leur est très -belle.

Il faut, mes enfants, user toujours de douceur en quelque poste qu'on soit. Le Roi lui-même, s'il traitoit ses sujets avec rigueur , auroit grand tort. Que celles qui gouvernent reprennent avec fermeté, comme je le fais présentement, mais toujours avec douceur. Punissez s'il le faut, mais doucement -, si vous vous accoutumez de bonne heure à montrer avec douceur, vous serez dans des couvents de bonnes ma! tresses de pensionnaires^ dans le monde, de bonnes mères de famille. Tâchez donc de vous traiter avec douceur, car si vous n'en usez ainsi aux vertes, vous serez aux jaunes rustaudes et malhon-

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