‹ Lettres et entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 81 sur 120 · AVIS SLR LES CLASSES · texte numérisé non relu

AVIS SLR LES CLASSES

« besoin d'aide, il faat lui donner autant de demoiaeiies noires ou autres qu'elle en demandera, parce qu'il est sûr qu'en les employant elle leur dira tout ce qui peut les former et les rendre intelligMto, qu'elle ne les laissera point et qu'elle les renverra oh elles doivent aller.

En un mot, il faut que les demotselles soient toujours en état d'être instruites ou formées , ce qui ne se peut faire que par des Dames. Si les portières ne se servent des noires que pour se soulager des messages, elles ne font pas leur devoir-, elles doivent leur apprendre à faire les messages et leur inspirer i chaque occasion tout ce qu'il y a de meilleur.

Enfin, mes chères filles, l'éducation est l'objet que vous devez avoir toujour» devant les yeux -, rejetez comme tentation tout ce qui peut y être nuisible ou inutile.

Laissez conduire les détails à la supérieure : qu'elle soit libre i refuser ou à accorder selon ce qu'elle juge à propos ; facilitez sa pénible charge par votre obéissance. Ne croyez pas avoir rempli ce vœu d'obéissance en demandant permission -, il faut s'accommoder du refus et se soumettre intérieurement et extérieurement. Profitons de tout pour aflermir l'institut dont nous sommes chargées chacune à notre manière, et demandons à Dieu la fermeté qui nous est nécessaire pour nous opposer à tout ce qui peut donner quelque atteinte à l'éducation des demoiselles*

On sera toujours tenté d'épargner quand il n'en

*^4 •r.r:::F> KT FMi;r:iL\> sin l'hi-ioati-v. r\-5l -[ue celles «lui sawni bioii lire . «'criro , (ra- \n;!!»T, n'aiment |»"int a le montrera I'u.'> e-x-nj>a^r;.'5. ou le font tr-»?» ruiîeinent. et fi-: cciir< mi'i ïse >avfnt rien ne vculeîiî rien niiprtn.Lv J' r-.'//e5 •ji;. y.t\'.'ni. Vour moi. >i j'eloiseneure fii :Lv ifjp. {•r n-.'re. je ne me leroiîi p'»int Je |ieirir.- ir.ij.iî- vAw iJe'|.'i'*î|n^"5J-unest!e vous «les cli«i>ts iju • v,..:^ -.\./ el 'ji:e je ne sais pas: par exemple : \nih i-.ic :i) nfrcn-z l'ien à piquer un k»nnel. Il Ïaui d.mc .,(/e ceJo «jui <iivent i/uel'.jue chuse l-' r.v.tîitV' :.'. i»u\ âii'.U'y avec plaisir: mais il laul mi.îijîkî «l iiciiiviiî d point [irusquemenl et rustauJe:iicnî. Il !.ia( •ionn«.r '.Iî- ce «[u'on a et recevoir i!e (v «lu'îiii n'a pa<; •.'^•^l i-i ce ijui hit le c^mmeier- i!aïb lo îii.ii.Jf. fi i a t!e> pa} > «jui man-.jueïil d«' We c( J'auîr.'î oiif , l'C.iiic 'Up Je vin. On donne de son vin et on roçoii ' du l»le. Nous il.-nnuns à Tlispairnede la liiassc el «le la î'»:l»*. c: uoiisen recevons Je la laine, parce -jue . Ja Ji'iJ'cst t/vs-l^c.7e. i

// /âuf . mes enfants, user toujours de douceur en 1 iiuel«/ue poste iju'on soit. Le I\oi lui-nit^me, s'il irai- | toit >es sujels avec riirueur, auroil grand tort. Que | celles i\vA irouvernent repi'ennent avec fermeté, conjme je le fais pn'sentement, mais toujours avec ihuccur. Punissez s'il le faut, mais doucement j ai vo(i>' vous accoutumez de bonne heure à avec JouceuVj vous serez dans bonnes maîtresses Je pens/j de bonnes mères de trailer avec douceur^ vertes, vous

A MADAME DE B0UFFLEM8 (1706). 80

?miMlklI HAITIUSI BIS AOtJGIf.

Je suis bien édifiée, ma chère fille, de ce que vous faites pour votre classe-, j'y avoisbien pensé, mais je n'avois osé le proposer, parce que je crains d'être trop dure ^ -, cependant , il y aura des occasions où Ton pourroit ainsi prendre des partis qui seroient utiles aux demoiselles et qui épargneroient même de l'ennui aux maltresses. Souvenez-vous que je vous ai toujours demandé de faire le personnage de mère ^ faites-vous donc servir par vos filles , Jion par hauteuTy mais pour ne pas les abandonner, pour les former et pour leur faire voir ce qu'elles devront i leurs familles. Qu'elles vous traînent dans votre chaise -, qu'elles vous fassent changer de place dans la classe -, ne leur épargnez nulle peine; mettez votre pied dans la posture la plus commode; ne craignez point de les scandaliser; parlez-leur là-dessus comme vous feriez pour une autre-, par ce moyen , elles ne souffriront rien ou peu de chose de votre incommodité. Ne vous hâtez pas de marcher, et faites-le plutôt de huit jours trop tard que d'un jour plus tôt. Ne craignez point de leur faire manquer des prome-

* Lettres et AvU, p. 393.

* N">« de Boufflers (voir t. 1, p. 314) s'était fait une entorse et «Tait persisté à rester dans sa classe. M"« de Maintenon, qui faisait servir tous les détaiU, toutes les circonslances à l'éducation des demoiselles, l'approuva.

besoin que vous ayez de la bonne foi qu'on vous prêche tous les jours.

Vous ne devez jamais perdre de vue leur instruction. 11 me parvient, par des avis que je reçois, qu on regarde les noires comme des filles toutes élevées et dont on ne doit se servir que pour le soulagement des maîtresses^ on trouve mauvais que dans les classes les Dames s'occupent d'elles. Les Dames ne sont plus chargées de leur conduite générale et ne doivent point leur parler en particulier, mais elles doivent les instruire devant les autres , qui en profiteront autant et souvent davantage que si la parole leur étoit adressée.

Quand une Dame de. Saint-Louis est à une bande où il y a des noires, elle fait très-bien de leur parler tout haut ^ ellenesauroit rien dire qui ne convienne aux autres, et elles ont plus besoin de conseils et de préservatifs qu'aucune, parce qu'elles vont se trouver dans le danger. Les noires sont vos filles comme les bleues ^ elles sont du nombre des deux cent cinquante demoiselles que vous avez fait vœu d'instruire et d'élever-, vous devez les veiller jour et nuit.

Il ne faut pas laisser vos filles longtemps sans Dame de Saint-Louis, sous prétexte qu'elles travaillent avec la sœur converse ; il vaut mieux que l'ouvrage n'avance pas que de manquer à cette éducation qu'il ne faut jamais perdre de vue.

Il ne faut point de noire à la lingerie ; mais quand ma sœur l'assistante voudra y aller pour y demeurer quelque temps et pour y faire quelque chose où elle

ATEC LES DAVES DC SAITr-LOCIS (1705). 91

9aiion ? — Ce que vous dites là ne faisant pas une partie indispensable de leur éducation, répondit Madame, si je Toyois une fille bien orgueilleuse qui méprisât les autres , je pourrois bien une fois en pissant ne la pas mettre d'une tragédie ou d'une conversation -, mais, pour règle, générale, je la formerois, autant qu'elle en seroit capable, sur tout ce qui a rapport à l'éducation*, je cultiverois ses talents comrtie ceux d'une autre , et je ne la priverois du reste que d'une manière passagère. »

ISl'.-ENTRCTIEN AVEC LES DAMES

DE SAINT-LOUIS

Madame, étant à la récréation, dit à la maîtresse des ouvrages de n'en pas exiger beaucoup des maîtresses des classes; qu'elles n'eti dévoient avoir que par contenance, leur capital étant d'être toujours occupées des demoiselles, non pas en demeurant immobiles au bèot d'une tdble sans oser détourner nn moment les yeux dé dessus elles, mais en s' occupant de les fortner sur toutes sortes de choses , allant montrer à tmé & tenir Ma aiguille, à une Mtre i Taire soto é^rkt , s'asseyant itn moment aapvès d'uvie troisième et prenant son ouvrage po* lai montrer i travailler de bonne grâce. Elle ajouta : a Je ne demande devons que deux cboses, la bonne

> Becueil des BéponseSf p. 39 J .

coûtera que de prendre sur les demoiselles , et ron n'aura point cette intention * -, le tort qu'on leur fera sera imperceptible et le profit visible ; il faut donner de Targent pour faire travailler au dehors, et le dedans ne paroltra guère moins occupé. Il est certain qu'il faut qu'elles travaillent par toutes sortes de raisons^ il est certain qu'il ne faut pas qu'elles travaillent trop, parce qu'elles ne peuvent partager leur attention en tant de choses difiërentes.

- Comment trouvera-t-on ce miUeu dans la pente qu'on a toujours de les jeter dans les extrémités? Cependant, il le faut chercher et en approcher le plus qu'on pourra. J'ai toujours cru que les deux petites classes, ayant tant de choses à apprendre, ne doivent travailler qu'autant qu'il est nécessaire pour apprendre à travailler.

Les deux grandes classes peuvent travailler depuis le matin jusqu'au soir, mais sans trouble et sans emportement, car il faut que les maîtresses soient tranquilles pour leur pouvoir parler, et que les filles le soient pour les écouter.

N'oubliez jamais que l'esprit qui doit régner à Saint*Cyr est de se renfermer dans l'éducation des demoiselles, et de renvoyer au dehors tout embarras, afin de travailler sans cesse paisiblement et continuellement à cette éducation.

' Le commencement de ce paragraphe a probablement été oublfé ; Il devait avoir ce sens : « Ne cherchez pas à faire des économies en faisant trop travailler les demoiselles au linge , aux robes, etc. »

ATBC LES RELIGIEOSES DE SAINT-LOUIS (1705). 93

mt Madame-, elles n'en doivent tenir que par atenance et parce qu'il leur ennuieroit fort de lir les bras croisés. Combien leur ai-je recomindé de n'en point avoir d'appliquant, afin que ite leur attention soit sur les demoiselles! Quand dis qu'on se serve d'elles pour faire lire, écrire les très , je ne dis pas qu'on s'en repose sur leur one foi, il faut que les maîtresses voient si eHes le 3t bien , et que la première examine souvent le ogres de ses filles. x>

DE SAINT-LOUIS

(Sur le mariage .)

M"»« de Maintenon ayant marié M"* de Norman- Ile^, qu'elle avoit gardée pendant quelques années

^ Lettrée édifiantes, t. VU.

* Cette demoiêelle était restée pendant plusieurs années auprès M"* de Maintenon pour l'accompagner et lui servir de secrére. a Ella éloit venue ici, disent les Mémoires des Dames de ini-Cyr, à l'âge de huit ou neuf ans ; elle avait donné dès cet » des marques d'un bon naturel et d'un aimable esprit ; elle se ittogua dans toutes les classes par des qualités très-estimables, M rendit agréable à tout le monde. Lorsqu'elle fut à la cour. » j réussit parfaitement, et gagna non-seulement les bonnes km de M"« de Maintenon, mais aussi celles du Roi. 11 se serl d'elle assez souvent pour écrire sous lui et faire des calculs. rès avoir passé quelques années de cette sorte, elle fût mariée f . le président de Chailly, et en considération de ce mariage,

'nades : une fille dans le monde , qui a sa mère incommodée, passe des mois sanssorlirde sa chambre. Envoyez-m'en une des vôtres dîner avec moi : il faut leur faire des récompenses de tout. Bonjour, ma chère fille ; je suis bien fâchée de n'oser aller chez vous.

DE SAINT-LOUIS

Une de i^ sœurs demanda è Madame si elle approuvoit que pour humilier une enfant portée à l'orgueil , on ne l'avançât pas autant qu'elle seroit capable de l'être. « Quoi ! dit Madame, parce qu'une petite fille est glorieuse, il faudra la laisser aller aux grandes classes sans savoir lire et écrire , afin de Thumilier! — Ce n'est pas cela, reprit la même personne, ce seroît, par exemple, de ne pas lui montrer un ouvrage particulier qu'elle auroit de la facilité à apprendre. — Vous n'en avez point ici , reprit Madame, qui doivent beaucoup inspirer de vanité; ceux que vous faites sont des plus communs, et ce ne seroit pas une raison de les laisser ignorer i une fille par la crainte qu'elle ne fût enflée de les savoir. — Mais ne seroit-il pas bon , dit une maîtresse , de ne lui pas faire faire des choses qui ne sont pas nécessaires, comme dire des vers, être d'une couver^

* Recueil des Répomes, p. 395.

AVEC LES RELIGIEUSES OB. SÀlNT-LOUIS (i705). 95

— 11 est vrai, répondit M'^^de ias, que nous passions or^nairement cet article du catéchisme, et Ton con« siikoit la supérieure pour savoir si on en parleroit; nous ne Tavons même fait au chœur que depuis que vous nous avez dit qu'il failoit en parler comme des autres matières du catéchisme quand l'occasion s'en présente. — Me comprene2>vou9 pas, mes chères enfants, reprit M"* de Maintenon, qoe c'est un trarvers qui est insoutenable dans une maison comme la vôtre de n'oser y parler d'un état que plusieurs de vos demoiselles embrasseront» qui est approuvé par l'Église, et que Jésus*Christ même a honoré de sa présence P Conunent les rendrez-vous capables de bien remplir les devoirs des divers états où Dieu les peut appeler, si vous ne leur en parlez jamais, et, qui pis est, si vous leur laissez entrevoir la peine que vous avez à en parler ? 11 y a certainement moins de modestie et de bienséance à ces façons que lorsque vous leur en parlerez bien sérieusement et bien chrétiennement comme d'un état saint qui a de grandes obligations à remplir. • Craignez que les omissions qu'elles feront par ignorance des devoirs de cet état ne retombent sur vous qui aurez manqué de les en instruire.

— Ayez la bonté, madame, dit encore M"® de Ja^, de nous faire un petit détail de ce qu'il nous convient de leur dire à ce sujet. — Vous ncsauriez trop leur prêcher, reprit M°** de Maintenon, Tédification qu'elles doivent à leur mari, le support, rattachement à sa personne et à tous ses intérêts, tout le service et les soins qui dépendent d'elles, surtout le

foi et la vigilance : la bonne foi vous portera à vous donner tout entières à leur éducation sans rien négliger de ce qui est propre à les former, et la vigilance vous mettra en état de leur faire éviter mille fautes, et de leur faire prendre toutes sortes de bonnes habitudes. Cette continuelle attention qui leur est si nécessaire vous est également bonne pour l'exercice de votre vertu -, car, à parler franchement, sans ces sortes d'assujettissements qui nous ont obligées à vous retrancher les autres austérités, votre vie seroit trop douce pour des personnes consacrées à Dieu. »

DE SAINT-LOUIS

Madame dit qu'elle approuvoit tout à fait qu'on se servît des demoiselles les plus avancées pour montrer aux autres : a Outre que cela vous donne , ditelle, la facilité de veiller davantage sur elles et de vous appliquer à perfectionner les plus capables, c'est que par là vous les stylez elles-mêmes, et vous vous fatiguez moins que vous ne feriez en montrant l'alphabet. — Vous ne voudriez pas, dit une de nos sœurs , que ce fût par attache à son ouvrage qu'on fit faire les exercices par les demoiselles? — Quelle attache peuvent avoir les maltresses à leur ouvrage?

* Recueil des Réponses f^, 308.

3urs par là qu'il faut commencer quand on reçoit [uelques bonnes nouvelles. — Leur premier mouement, dit M"** de Vandam, a été un cri de joie. — lela est tout naturel, dit M°** de Maintenon, et je (>ur saurois bien mauvais gré de n'y èlre pas senibles. Mais pourquoi, mes enfants, cette affaire-ci eus fait-elle tant de plaisir? Voyons celles d'entre DUS qui m'en donneront de bonnes raisons. » Chacune à l'envi en dirent de toutes les façons, comme : [ue cela achemineront à la paix ; que c'étoit autant Tennemis de moins; que cela relèveroit le courage le nos troupes et abattroit celui de nos ennemis -, |ae le peuple en seroit soulagé, et plusieurs autres «mblables, auxquelles M"'*' de Maintenon répondoit le petits mots d'approbation. Enfin il y en eut une [ui dit que ce qui la réjouissoitle plus étoit quecela aisoit plaisir au Roi et soutenoit sa confiance. « Ah ! roilà la première, dit-elle, qui pense au Roi; je ne loute pourtant point que les autres ne Taient fait, nais personne jusqu'ici ne l'a encore dit. Oui, assurément, cela lui fait un très-grand plaisir, et vous y levez prendre part, mes chères enfanls, quand même l n'y auroit pas toutes les autres bonnes raisons que iTous venez de dire^ il est votre Roi, votre protec- ^ur, votre fondateur-, vous êtes ses filles, et vous manqueriez à votre devoir si vous vous oubliiez dans sette occasion de la reconnoissance que vous lui derez. Je vous sais bon gré. Fortin (c'étoit le nom de a demoiselle), du sujet de votre joie-, vous pourriez 5ncore ajouter le plaisir que cela me fait à moinême, et combien de telles nouvelles peuvent con-

94 LETTRES ET EXTRETfENS SUR L'ÉDLXATION.

depuis qu'elle étoît sortie de Saint-Cyr, à M . le président Brunet de Chailly, lui fit Thonneur de se j trouver a ses noces-, le lendemain elle dit aux religieuses de Saint-Louis que M. Tabbé Brunet, son oncle, lui avoit fait en la mariant une excellente exhortation dans laquelle il avoit blâmé la délicate modestie des personnes qui se récrient dès qu'un prêtre ouvre la bouche pour parler dans Tégiise d*un sacrement qu'on y administre, que Jésus-Christ a institué, que saint Paul appelle grand etbonorable^ pendant que leurs oreilles ne se font pas scrupule d'entendre hors de l'église des chansons d'amour, des mots à double sens, etc. k Cette fausse délicatesse est un des travers que je voudrois ne pas voir chez vous, mes chères filles*, la plupart des religieuses n'osent prononcer le nom de mariage^ saint Paul n'avoit pas cette sorte de scrupule, car il en parle très-ouvertement; je vous ai vu ce foible, je voudrois bien qu'il fût détruit ici pour toujours.

le Roi remit à lu! et t\ sa famille une très-grosse somme. Les noces se firent chez M. de Chamillard, pour Ions ministre d'Ëtat, qui «voit beaucoup contribué à l'étabiltstment de cette deméis^elle pour Taire plaisir à M"<' de Maintenon. Dès ie leiidmiaiii desTioces, M. de Ctiailiy emmena sa femme à Paris ; elle 7 reçut de grands compliments et de grandes marques d'amitié de tous les parents et «mis de son mari ; la dame éUÀi fort ^aeieuse, d'une jotie figure, pleine d'esprit et bien raisonnable. Elle ëtoit si prudente dans ses paroles qu'on disoit d'eHe t Up^ de Chatlly ne dit qœ ce qu'elle veut dire. Elle se flt estimer et aimer, non-seulemeal de son mari et de sa famille, mais aussi de tons ceux qui la eonnorent. Elle eut deux ou trois enfants qui. moururent jeunes, «t «près plusieurs années de mariage elle mourut aussi de la petite ▼érole. »

jamais été aussi contente que je le suis de vous toutes; jamais, ce me semble, vous n'avez été moins glorieuses ni plus pieuses-, je ne puis vous exprimer combien cela me fait de plaisir. J'espère que plus nous irons en avantet plusvos progresseront grands, et qu'autant les demoiselles de Saint-Cyr étoient, dans le commencementde cet établissement, orgueilleuses, hautes et (ières, autant ellesse distingueront i l'avilir par l'humilité, la douceur, la simplicité et la déférence pour tout le monde.

« On m'assure aussi qu'il n'y a pas un seul maufais esprit parmi vous, et que vous vous portez mutuellement au bien par vos exemples et par vos diseom*s^ je vous en félicite, et j'en bénis Dieu de tout mon cœur. Oh ! que la vertu est charmante et que le bien est aimable ! n'est-il pas vrai, mes enfants ? Je ne comprends pas qu'on le puisse connoître et en voir la beauté sans l'aimer. Mais quelque belle que soit la vertu, quelque plaisir qu'il y ait à la pratiquer, et quelque honneur qui y soit attaché, ne croyez pas qu'elle ne souffre aucune difficulté-, elle ne aeroitpour ainsi dire plus vertu si on n'avoit jamais rien i surmonter, et si elle n'exerçoit pas notre courage et notre générosité. Faîtes présentement, mes chères enfants, un grand fonds de piété, de vertu et de bons principes pour qu'ils vous soient une ressource au besoin dans la suite de votre vie, qui ne sera pas toujours aussi douce et aussi unie qu'elle «Test ici. Vous aurez bien des traverses et des obstacles à surmonter, car la vie ne se passe point sans cela-, bien des chagrins a éprouver et à supporter

zèle sincère et discret pour son salut dont tant de femmes vertueuses leur ont donné l'exemple, aussi bien que celui de la patience*, le soin de l'éducation des enfants qui s'étend bien loin, celui des domestiques et du ménage qui sont plus indispensables aux mères de famille que les prières de surérogationque quantité d'entre elles ont coutume de faire, au préjudice de ces premiers et plus importants devoirs de leur état. Quand vous parlerez du mariage à vos demoiselles de cette manière-là, elles n'y trouveront pas de quoi rire, rien n'étant plus sérieux qu'un pareil engagement ; établissez donc chez vous de leur parler sur cette matière quand elle se présente comme toutes les autres qui leur conviennent, et ne souffrez pas que, sous prétexte de modestie et de perfection, on n'ose y nommer le nom de mariage. Cette sotte affectation, si j'ose m'exprimer ainsi, vous rejetterait bien bas dans toutes les petitesses que j'ai taché de vous faire éviter avec tant de soin.

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