AVIS AUX DEMOISELLES DE SAINT-CYR
Février I70S.
Quoiqu'il y ait un article qui vous regc-^rde et qui
* Uttrti édifiantes, t. VL p. 4.
AVIS AUX M10I8BUES PB gAINT-CTR (1708). H»
Jevrpit V0U8 luiffîre dans VEsprii de r Institut deê Dame$ de Saint-£jOuis ^ vous voulez que je vous marque quelque chose qui soit en particulier pour vous^ et je le foU <le tout mon cœur, yous aimant comme mes enfants , et désirant avec ardeur que vous profitiez de l'éducation que le Roi vous procure.
Il £aut, pour remplir son dessein , que vous soyez bonnes cbrétiennjes et dociles; ces deux qualités renferment ce que vous devez désirer.
Instruisez- vous donc sans relâche de votre reljgîpn, aimez le catéchisme, qui contient tous les articles de foi, les mystères, et tout ce que nous devons faire pour accomplir la loi de Dieu,
Pratiquez ce que yous |ivez appris-, soyez pieuses, humbles, charitables, silencieuses, modestes; le cfuristianisme est la pratique de toutes les vertus-, la l^él.é est utile à tout; une couronn^ sans piété ne r^iroit que vous précipiter plus sûrement dans l'enfer. Que seroit*ce que l'infortune de votre état sans piété? vous seriez peu heureuses dans ce monde, et misérables pour jamais en l'autre.
Faites donc une bonne provision de piété, mes chères filles, qui vous soutienne contre les périls e( les privations où peut- être vous serez exposées.
Voilà le fondement de votre salut, voilà ce que vous devez chercher aux dépens de tout, et quand vous l'aurez acquis, vous aurez assurément la docilité, qui est la seconde qualité que je vous désire. Soumettez-vous de bon cœur aux règles de votre maison; n'en méprisez apcune pniitique; accoutu-
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jnez-vous de bonne heure à l'assujettissement. Ne soyez point dédaigneuses, mais bonnes, simples, aimant à plaire à vos maîtresses et à les soulager dans les peines que vous leur donnez-, jugez de votre naturel par les répugnances que vous trouvez en vous pour ce qu'on vous demande, par l'amitié que vous avez pour vos maltresses, par le goût pour les bonnes choses, par l'amour pour la vérité, parla reconnoissance pour les instructions et les avertissements que Ton vous fait. Que les bien nées se réjouissent et rendent gr&ce à Dieu^ que les mal nées ne se découragent pas , car une grande récompense les attend si elles se font violence.
Que le caractère particulier des demoiselles de Saint-Cyr soit encore la piété droite et l'attachement à la saine doctrine -, voilà , mes chères enfants, ce que je vous recommande : à quoi serviroit ce que vous avez voulu que je vous écrivisse, si vous ne le mettez en pratique ? La piété droite est celle qui nous attache aux devoirs de notre état : votre piété ne sera pas droite si, tant que vous serez à Saint-Cyr, vous ne la faites consister à observer pour l'amour de Dieu les règles et les usages de la maison ; vous prierez depuis le matin jusqu'au soir inutilement, si vous ne priez de la manière dont Dieu le veut et dans le temps qu'il veut.
Votre piété ne sera pas droite si, étant religieuses, vous n'êtes pas fidèles à l'institut où Dieu vous placera.
Votre piété ne sera pas droite si, étant mariées, vous abandonnez votre mari , vos enfants, et votre