‹ Lettres et entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 98 sur 120 · LETTRE AUX RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

LETTRE AUX RELIGIEUSES

OB SAINT-LOUIS

(Sor la séparation de la commonanté d^atec les demoiselles.)

Mars 1708.

i . Vous êtes instruites sur tout, mes chères filles, il me semble que je n'ai plus à vous parler que sur les demoiselles; je tâcherai donc de traiter ici Téloignement dans lequel la communauté doit vivre à leur égard , et la conduite que doivent tenir celles qui sont chargées de leur éducation.

% On vous a assez expliqué de fois que les religieuses qui ne sont pas employées aux classes s'acquittent du vœu d'instruire les demoiselles comme celles qui gouvernent, puisqu'elles leur rendent

* Lettre* édifiantes, t. VI. — Lettres et Avis, p. 59.

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toutes sortes de services ; celui de les édi&er ne lera pas le moindre.

3. Qu'on ne s'informe point aux classes comment les ûlles sont gouvernées: que la communauté vive dans une entière séparation d'avec les demoiselles, et si les particulières y ont quelques proches pa« rentSy qu'elles les abandonnent au gouvernement de la maison et qu'elles ne s'en mettent point ea peine ; qu'elles ne s'informent point de leur éducation, et qu elles attendent en paix ce que la supérieure voudra leur en dire ; vous avez renoncé au monde et à vos familles : voudriez-vous les reprendre pour vous Iroubler et pour troubler un ordre si nécessaire à établir parmi vous?

4. Ces maximes paroissent dures, mais elles feront pourtant votre paix. On vous défend l«s communications entre vous, qui êtes toutes à Dieu: comment pourroit-on vous en permettre avec des jeunes personnes qui retournent au monde ?

5. Les Ursulines, qui sont destinées à l'éducation des filles, n'ont aucun commerce avec elles quand elles ne sont pas aux classes; si quelques couvents n'observent pas cette règle, c'est qu'ils ne sont pas réguliers ou que la pauvreté ou la disposition du bâtiment les met à même de se relâcher; mais dans le grand couvent du faubourg Saint-Jacques, oà j'ai demeuré, je n'y ai jamais connu que nos mattresses.

6. Si elles ont jugé cette conduite nécessaire, quoiqu'elles ne gardent point des filles au-dessus de seize ans et qu'elles n'en aient qu'un petit nombre.

royal ëi||tiè vMs devez firire vous qui hs avez jd^ qà'à vingt, qor est Tftge où elle^ sont plus difficiles à conteriit.

7. SU vous ne coioprenez ce danger, si vous ne révitet avec fidélité, Il y aont des désordres qtli perdront votfe iflàisô'n au dedans, et s(»ndaliseroitt 80 dehors*

8. Tous avez déjà fait d» eïpérfeticès qui vdtfs en ont fait voir les conséquence^, et tombièn les procédés les plus innocents ont été susceptibles des plus mauvaises interprétations.

9. Vous nctrouveÉ'ez de sûreté (ftie dans Féloignement entier que je vdtis denbande. Ne les voyez que dans les lieul oà vous né potivèz pas les éviter; ne leur dites pds on mot, ne leur faites rien dire de particulier; s*il y (t des honnêtetés à leur faire sur une maladie, stir une affliction, strt un bonheur, etc., que ce soit la communaoté en générât qui les assure de la part qu'elle y prend, sah^ que jamais elles croient ètte plus aimées les une^ que les antres.

10. Mes cfaèresl filles, rien n'est plus important pour vous empêcher de trouver votre perte daris ce ^ doit faire vôtre joie et ibitë cMrtoriOê datifT le cîeL

li. Mes inclmationij sont tout Opposées ft là sévérité de ces maximes ; mais mon expérience m'a instruite; je vous conjure d'en profiter.

12. Si la séparation du général de la communauté est d'une nécessité absolue, la conduite des mattresses n'est pas moins importante*

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