‹ Lettres et épitres amoureuses d'Héloïse et d'AbeilardChapitre 11 sur 14 · PREMIERE LETTRE · texte numérisé non relu

PREMIERE LETTRE

D'HÉLOÎSE A ABEILARD.

( ^E lettre ea mes mains l'autre jour fut

remise , J'y reconnus les traits de l'époux d'Héloise; Et, me servant des droits que j'ai surcet époux, Je crus pouvoir l'ouvrir, puisqu'elle était de

vous ; Je crus que sa lecture, apaisant mes alarmes. Calmerait mes ennuis et sécherait mes larmes. Curieuse, je l'ouvre avec empressement, Je me flatte , j'espère y trouver mon amant. Illusion cruelle où l'amour nous entraine ! Je veux me consoler, et j'irrite ma peine. D'un ami malliem^eux, soulageant les douleurs. Votje main, à ses veux, exposait nos malheurs; J'y trouvai mille fois et mon nom et le vôtre, i;t mille afiieux revers euta:sés l'un sur l'auti^e.

no3 PREmERE LETTRE

CJiarpie ligne à mon cœur porta de nouveaux

coui)s.

Hevicz-vous me réduire à me plahidrc de vous? Ilevicz-vous, pour calmer des disgrâces Id^èrcs Faire un si iong récit de toutes nos misères? Non. Vous portez trop loin le zèle et l'amitié, f:rucl, et l'nmour seul vous trouve sans pilie. (.luelles réflexions \iureut troubler mon âme! Je sentis tout à coup ressusciter ma flamme. Ces Uansports, si long-temps retenus dans mon

cœur, Plus forts (jue ma vertu, reprirent leur vigueur. Dans mes yeux agités on lisait ma tendresse ; Toutes mes actions annonçaient ma faiblesse ; Même au pied des autels, trop pleine de mes

feus , De profanes soupirs se mêlaient à mes vœux. Excusez.ômon Dieu! le trouble qui m'accable; Malgré ma volonté, mon cœur me rend coupable, l^meste souvenir de mon bonheur passé.

L'absence ni le temps ne t'ont point efface'; Tu rappelles encore à ma triste mémoire Ces momens où l'amour prenait soin de ma

gloire, Ou le tendre AbeilarJ me donnait tous ses soûi^

^xiELOISE A ABEILARD. 209 Où nos cœurs de nos teux élaietit les seuls ic-

moins. Je ne t'oublirai point, clicr époux que j'iidorel Je tV^ntends , je te vois, je te possède encore. Si pour toute la terre Aheilard n'est plus rien , Heloise en lui seul voit son souverain bien. Du destin conjuré la fureur impuissante Ne détruira jamais l'ardeur de votre amante. Ce n'est pas l'homme en vous qui faisait mon

bonheur ; L'amant, le seul amant possédait tout mon cceur . Vous savez que toujours ce cœur plein d'nmo-

cence , Modéra de vos feux la vive impatience ; Et que, fuyant les noms et d'épouse et d'époiLS, Les liens de l'amour me paraissaient plus doltx. De la soif des plaisirs Héloise pressée N'a jamais sur les sens arrêté sa pensée ; Et, bornant tous mes vœux à la douceur d'aimer, Cette seule douceur eut droit de me charmer. Hélas! si vos malheurs m'arrachent qiKlques

plaintes, [atteintes;

C'est pour vous, non pour moi, que J'en sens les

Votre seul intérêt me fait verser des pleurs

Que je refuserais h toutes mes douleurs.

Eh I uuis-ie sans ûémir voir un omle perude 1. ^ 18

.->•.» PRE^nERi: LETiRi-:

Animer contre vous une main homicide ?

Puis-jc voir, sans pleurer, vos euneinis jaloux. Conduits pr»r leur fureur, s'élever contre vous? Obscurcir 1 jcLement la gloire la plus pure . Et. sans honte mêler le ciel dans leur injure? En vain, justifiant le sens de vos écrits,' S'^ous voulûtes âecbir ces superbes esprits. 1^'innocent Abcilard succomba sous leurs trames; Ses ouvrages sacres périrent par les flammes. Lui-même, menace d'une injuste prison, r*'échnppa qu'en fuyant à cette trahison. Objet infortuné de la Iiainc pubbque, On ne vous regardait qiie comme un hérétique: On bMraait à l'envi le nom de Paraclet; Ce nom de votre orgueil paraissait un effet. Monde injuste et cniel, que ta plainte est frivole ! Tu poursuis Abeilard, et son Dieu le console. Dans le fond d'un désert ce Dieu consolateur, Malgré tes vains rflbrts, rend le calme à son cœnr. De la chair et tlu sang esclaves mercenaires, Traittes religieux, qui vous dites ses frères, Pour ternir Sa vertu vous arez tout osé ; De crimes et cl 'erreurs vous l'avez accuse ; Et. poussant à l'excès l'insolence et l'envie, Pcitldci, vous avez attenté sut sa vie.

D'HËLOISE A ABEILARD. 211

Le temps, qui calme tout, ne vous adoucit pas- Vous voulez, inhumains, vous voulez son tré-

jas;; Et peut-êtrg qu\iD jour ou tous verra descendre Au fond de son tombeau, pour y troubler sa

cendi-e.

Siècle iniuste ! rougis de ton aveuglement, Et reconnais enfin le prix de mon amant ; Mais plutôt contre lui n'écoute que ta rage ; Son immortalité doit-être ton ouvia^je.

Que dis-je ? juste Dîeu, me faudra-t-il toujours Redouter ta fureur, et craindre pour ses jours ? Et, devenu l'objet des plus vives aiarmes, Ne prononcerons-nous son nom qu'avec des larmes?

Entendrai-je toujours ses filles et mes sœurs , Soupirer, s'attendrir, partager mes frayeurs? Voyez l'état affreux où vous m'avez plongée , Seule , faible , incertaine, et sans cesse affligée, Çue 'deviendrai-je, hélas! si vous m'abandonnez ?

Puis-je traîner sans vous mes jours infortunés? V enez , cher Abeilard , soutenir ma faiblesse ; Venez ou partai;er, ou régler ma tendresse; i'Iais si mon fol amour exige Uop de vous ,

2 12 PUEJUERE LETTRE

Lu moins, cher Abeilard , du nioiiis écriveznous ; Et ne nous tlites poVnt que. mi'n:ij;rant vos filles, Vous n'oseï de vos maux faire gémir nos grilles. Pourquoi nous épargner ? Épuiseï tous nos pleurs , [ lieurs.

Nos yeux n'en peuvent trop donner à vos raal- Ali ! si vous attendez cjue le ciel, moins coutruire, J.aisse à votre vertu désarmer sa colère , Et que de votre sang, moins fiers, moins ulcères, Vos niorlcls ennemis ne soient plus alltré», C'est inutilement altendre des miracles : Le mérite toujours rencontre des obstacles. <Je serait pour mon cœur le plaisir le plus doux De recevoir encore une lettre de vous.

Ainsi , lorsque Lucîle écrivait à ce snge (i) l'ont les écrits pour moi sont d un si j;rand

usage , ].e transport le plus vif. druis son âme excitée, V rappelait le calme et la sérénité; Et , sm lui , de Lucilc une lettre reçtie Faisait le même efll-t que celui de sa vue. Un portrait, de l'absence adoucit la rigueur:

(i) Sénéque.

li'jIÊLOlSE A ABEILARD. 2i3

Sa douce illnsion passe cks yeux au cœur; i:t l'amour, dans ses traits, renouvelle sans cesse La maîtresse h l'amant, l'amant à la maîtresse; De cette erreur flatteuse on aime à s'occuper, Et, sans oser se plaindre, un cœur se sent

tromper ; ftlais bientôt le retour 'détruit celte imposture ; i'.e lantôme charmant, celte aimable peinture, Quand l'oljjet de nos vœux vient finirnosdou- '^^""^ 1 [ couleurs.

N'est plus qu'un peu de toile et qu'un peu de

Une lettre, plus vive, et toujours animée, Nous découvre le cœur de la personne aimée ; Elle parle; on y voit ses moindres mouvemens, Ses craintes, ses désirs et ses emprcssemens. Interprète éloquente, une lettre rassemble Tout ce qu'on se dirait si l'on était ensemble; Quelquefois , plus hardie, elle sert mieux nos

vœux , Et l'austère pud^eur n'y contraint point nos feux, Ke nous refusons pas, dans notre état funeste. Un plaisir innocent, et le seul qui nous reste. Epouse d'Abeilard, vous serez mon époux, Ce nom sera toujours mon destin le plus doux. C est assez qu'à mon cœur vous puissiez le parailie.

2\i PREMIER]-: LErrr.E

Et vous serez pour moi ce que vous voudrez être-

Oubliez vos malheurs, et j'oublirai les miens.

Çuc l'aniour seul préside h tous nos entretiens;

Que V05 Litres, sans art et sans gène tracées,

Soient pleines de tendresse, et non pas de pensces ; [ deur.

Eivrez-vous sans contrainte h toute votre ar-

Laissez confusément s'exprimer votre cceur.

Ali ! si vous vous taisez, je ue saurais plus vivre.

l\cdoutc7.-vous l'amour, n'osez-vous plus le suivre !

Ce Dieu qui fut sur vous si puissant autrefois.

Vous a-l-il fait sitùt mcconnaitre ses droits?

Et cédant, sans combattre au pouvoir de l'absence,

Posait-il vous blesser qu'armé de ma présence? Ne m'abandonnez pas à ce soupçon aflieux ;

Rassurez une amante et pnrt?.î;ez ses feux.

Ce que pour un ami fit un zèle sincère, [ fairf ?

Pour une épouse en pleurs ne pouvez vous le

Je ne condamne pas votre attendrissement ;

L'amitié peut ré.gner dans le cœur d'un amant ;

U'uu zèle ingénieux j'approuve l'artifice;

Un supplice plus grand calme un moindre supplice : [imi,

IVÎais lorsque vi^us pouvez suspendre noire en-

D'HÉLOISE A ABElLAnD. 2i5 Vous devez plus encore à vos filles qu'à lui. Ce nom respectueux d€niande un cœur de père, Et vous 'devez aimer autant qu'on vous révère. Ce nom renferme en lui vos devoirs et les leurs. Votre cœur est le prix qui doit payer leurs cœurs. Elles n'imitent point votre injuste silence , Et Dieu ^nème est témoin de leur reconnaissance. Ce cloître, ces jardins, ce temple, ces autels, De votre pittd m<»ULimcns immortels, A nos derniers neveux portant volve mémoire, Des horreurs de l'oubli sauveront vonre gloire : On saura qu'anime d'un zèle généreux, Abedard, magnanime autant que malheureux, D'un autre de voleiu-s, lieu désert et sauvage, Dévoué de tout temps au meurtre, au brigandage, Fit uu lieu d'oraison, un asile sacré, Où de Dieu, nuit et jour, le nom fut adoré : On sama que pour vous des filles pénitentes Y poussaient vers le ciel des prières ardentes ; On saura que ce temple et ses superbes toits Sont votre unique ouvrage, et non celui des fois'. Mais, ce qui doit encor vous flatter davantage, On saura qu'Héloïse, et ce jeune héritage, Chers objets de vos soins, vous doivent le bonheur

210 PREMIERE LETIRR

D'ctre un tcnii)le vivant, et digne du Seigneur. Venez donc affermir nos vœux, notre clôture. Venez fortifier la grâce et la nature.

Héritières d'Adam , coupables comme lui , fsotre cœur a besoin de secours et d'appui ; Et nous cachons, hélas! sexe faible et fragile, Un trouble dévorant sous un dehors tranquille. Tqntôt enfans de haine, et tantôt de l'amour, La grâce et le péché triomphent tour à tour. C'est peu d'aller à Dieu, c'est peu de le connaître, [maître, 11 faut n'aimer que lui , n'avoir que lui pour Ne vivre qu'eu lui seul, s'en laisser pénétrer, S'anéantir soi-même, et lui tout consacrer : Mal» l'homme chancelant s'arrête et perd courage ; Par le moindre plaisir le. monde le rengage; Et le sublime effort d'un parfait dévoùment , N'est pas, pom- des pécheurs, l'ouvrage d'un moment, [sance.

Tu peux seul, ô mon Dieuî par ta toufe-puis- 'Attacher nos désirs , fixer noire inconstance , Et des feux de ta grâce , allumant notre foi , Nous faire détester tout ce qui n'est pas toi.

Imitez, Abeilard, le zèle de l'apoue; Dieu bénit son travail, il bénira le vôtre;

DHÉLOISE A ABEILARD 217 Paul sauva les Gentils, vous sauverez vos sœurs; iQue cet emploi pouc vous doit avoir de douceurs !

Je sais que votre esprit, ardent, infatigable, Ne s'est point émoussé dans un repos coupable; Mais vous donnez vos soins à des cœurs endurcis, Et vous abandonnez d'innocentes brebis Qui , pleines de respect et d'ardeur pour leur père , [ vous plaire.

Mettraient tout leur bonJieur à vous suivre, à Devez-vous pro3iguer h des hommes ing'wts j Des mystères sacrés qu'ils ne conçoivent pas , Et répandre sans fruit le grain de l'évangile A travers des rochers, ou dans un champ stérile, Tandis que vous pouvez, le versant parmi nous, Produire des moissons qui soient dignes de vous? Mon cœur n'a-t-il donc plus de pouvoir sur le vôtie ?

Dois-je, pour vous toucher, parler au nom

d'un autre ?

Craignez-vous de ra'entendre et de m' entretenir?

Du crime de Fulbert voulez-vous me punir } Et me laissant errer au gré de ma faiblesse, Détournez-vous les yeux d'une ilme pécheresse? Cependant, entre nous, grâce à nos ennemis,

2i8 PREMIÈRE LETTRE

Grâce aux vœux que j'ai faits, tout commerce est permis.

Héloïse voilée, Abeilard insensible,

Quel obstacle à nos feux . plus grand , plus invincible !

Ne me fuyez donc point; ce'dez â mes désirs ;

Vous n'ètesplus à craindre, écoutez mes soupirs.

Conduite par raison dans ce lieu solitaire ,

Faiti's que par vertu je commence à m'y plaire.

Auteur de tous mes maux, venez les soulager;

Contre vous, contre moi, venez me protéger. D'une vive tendresse une àme possédée.

Eu conserve toujours l'impe'tueuse idée.

Tel qu'un feu dévorant, l'amour laisse des traits

Dont les impressions ne s'effacent jamais.

Vous vous ressouvenez de cette impatience

Oà me précipitait la plus légère absence ;

Que passant à vous voir et les nuits et les jours,

Je les trouvais trop prompts, et les plaisirs trop courts. [ tendre.

Quel que fût votre amour, j'étais encor plus

Qu'un billet me coûtait pour vous le faire rendre:

Je le suivais des yeux, et mon cœur éperdu

Ke pouvait se calmer qu'il ne vous fût rendu.

Pour engager quelqu'un dans notre confidence.

D'HELOISE A ABEILARD. 219 Je prodiguais les soius, l'argent, la coiTiplaisancej Que ne faisais-je point pour vous manjucrmes feux, [ heureux ?

Pour m'occuper de vous , et pour vous rendre Ce funeste récit vous trouble, vous étonne; Vous plaignez le de'sordre où mon cœur s'abandonne.

Ah I ne rougissez pas d'entendre les accès Dune ardeur qu" pour vous j'ai portée à l'excès, J'ai renoncé pour vous aux douceurs àe la vie; Je me suis enfermée , et Je me suis haie. Un amour vertueux produit seul ces efforts ; Le plaisir fait aimer les vivans , non les morts ; Et lorsque ses attraits peuvent tout sur une âme, Le même coup détruit son esprir et sa flamme. Lorsque je vous perdis, je n'avais que viu.gt ans; Je recevais partout des vœux et de l'encena; J'avais de la beauté ; la jeunesse riante Répandait sur mon teint une fraîcheur Baissante :

Un naturel heureux, un esprit cultivé, Des biens, de la naissance, un cœur grand, élevé ; [ plaire ,

J'étais telle, en un mot, qu'il faut être pour Et je pouvais chanj^er sans paraître légère;

a20 PREMIÈRE LETTRE

Cepen Jant vous savez que , G Jtle à ma fui ,

De votre volonté je me fis une loi ;

On me vit au\ autels , victime obéissante .

Consacrer ma jeunesse, et remplir voire attente.

Pourquoi, libre vous-même, eûtes -vous ht rigueur

De disposer de moi? Doutiez-vous de mon coeur?

Craigniez- vous qu'un rival, plus tendre et plus aimable.,

N'allumAt dans mon sein une flamlûe coupable?

(;'fst ainsi que pensait mon oncle furieux

Ouand il osa tramer son complot odieux;

11 crut que, de mon sexe imitant la faiblesse.

Le vôtre était l'objet de toute ma tendresse.'

Ton crime est inutile, oncle Hénaturé;

En vain, barbare, en vain tu l'as défigure.

.<Vbeilard, dans mon cœur, sera toujours le même;

Ce que j'aimais en lui, c'est cncorcequc j'almc,-

Et mon amour, plus fort que ta féit)cite.

Me venge de ta Laine et de ta cruauté.

O toi. qui "de nos cœurs perces le sombre abirac,

lût qui, de la vertu, sais démêler le ci une,

llr^ardes-tu, Seigneur, d'un œil plein de courroux,

Los tendres scutimens qu'on a pour un (Jpoux?

D'HÊLOJSE A AEEILARD. 221 Non , d'un lien si fort l'impression sacrée Dans un cœur bien épris n'est jamais alte'rco. Il respecte son clioix, et sait toujonrs aimer Ce qui put une fois lui plaire et l'enflammerj Telle est, cher Abeilard, telle est ton Héloïse j Fidèle aux mouvemens dont elle fut e'prise ; Des rigueurs de la mort .deux fois victorieux , Son amour épuré la suivra dans les cieux. (Ju'est devenu le temps où, facile à me croire. Vous vous applaudissiez d'une douce victoire? OÙ, content du plaisir de régner sur mon cœur. Le vôtre n'aspirait qu'à se voir mon vainqueur? Tout cédait à l'éclat de votre renommée , Vous charmiez tout le monde et j'étais seule

aimée; L'tpouse la plus sage, empressée i vous voir, S'arrachait sans succès aux lois de son devoir. Partout où vous étiez on craignait votre absence, Et chacun à l'envi briguait votre présence. Les peuples et les grands s'écriaient en; tous

lieux ;

Le célèbre Abeilard s'est offert à nos yeux ;

Nous avons possédé ce trésor de sagesse !

Heureux qui peut le voir et l'entendre sans cesse!

Vous cticî la ten-eur des plus heureux époux ;

Je ne pouvais bkoaer leurs scntiincns jaloux,

Page 1