PRÉFACE
naturel. On y verra AheilarJ, né avec uu grand esprit, capable des sciences les plus sublimes j devenu grand philo-
pure vérité. Nous ne citerons que les suivans : selon cet écrivain, Héloïse est fille naturelle du chanoine Fulbert, qui l'avait eue d'un commerce clandestin avec une fille nommée Geneviève, qui accoucha d'Héloîse à Corbeil, dans une maison appartenant à Fulbert, où, après avoir été élevée jusqu'à \'à^,e de sept ans, il la mit dans un couvent comme sa nièce. L'e'ducation particulière qu'il lui donna, le fit soupçonner d'en être plutôt le père que l'oncle , comme il en faisait lui-même courir le bruit. (Cbose absurde et contre toute vraisemblance; conmie s'il n'eut pas été de la prudence d'un ecclésiastique, tel qu'était Fulbert, d'ensevelir pour toujours dans l'obscurité un événement )Bussi criminel, surtout dans le siècle où il Vivait, ou les devoirs de la religion étaient bien mieux remplis que dans celui-ci. ) Le même historien nous dit qu'Abeilard fut extré- Jtpement surpris d'apprendre la naissance sus-
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sophe, malgré ses inclinations trop tendres, la fin tragique de son amour pour Héloise l'ayant conduit à une gé-
pecte d'Héloïse, qu'il aimait jusqu'à l'ado'-ation, et qu'il croyait sincèrement nièce de Fulbert. On donne, dans ce roman, des rivaux à Abeilard , et on ne n-aint pas d'avancer qu'Hcloïse , loin' d'être insensible à la passioa qu'elle faisait naître en leur cœur, les écoutait si favorablement qu'elle répondait à leur tendresse. On lit aussi qu'Héloïse eut des rivales, mais qui toutes ont trouvé Abeilard aussi indifférent pour elles qu'il était amoiueux d'Héloïse. Cet auteur , si fertile en inventions , s'annonce comme ayant travaillé d'après les oeuvres complètes d' Abeilard, où il a, dit-il, puisé tous ces faits singuliers, et d'après lesquelles il a traduit les Lettres d'Héloïse et d' Abeilard, qui terminent son volume. Cependant , dans ces œuvres ( si ce sont les mêmes que nous avons sous les yeux ) , il n'y a pas un mot de tous ces faits qu'il rapporte comme vrais. Il faut croire que cet écrivain a regarde' Abeilard et Héloise comme
I O FREIACE
iic'reuse pénitciico. Enlré dans i'riat monastique , il y paraîtra un des plus illustres abbés de son temps, el comme un martyr par raustérité de sa vie, et parles cruelles persécutions qu'il souffre pour maintenir la discipline régulière. La grandeur de sou âme, sa patience hcroïquc , éclatent dans toutes ces traverses; Cependant on le voit fondateur d'ordre et de lois qui vont de
des êtres chimériques, par l'excis de l'amour cju'ils avaient l'un pour l'aulre, ou qu'il les a confondus avec ces hommes faibles et pusillanimes qui se laissent entraîner aux charm's inévitables de ce dieu toujonrs vainqueur des mortels, même les plus puissans, ce qui l'a peut-être engagé (comme bien d'autres ont fait) de semer dans son Histoire d'Abeilard, ces épisodes fabulei^x que Ton ne irouve que dins ces éditions informes, et qui sont heureuscmrnt épuisées.
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pair avec celles des Basiles, des Pacômes, des Bernards, etc., etc.
Ce portrait surprendra, sans doute, ceux qui se sont formé des idées fort différentes de la vertu d'Abeilard ; mpis comme la vérité est toujours agréable , nous nous flattons que celle-ci ne déplaira pas au publ'c éclairé.
La pénitence d'Héloise est un exemple pour celles qui ont eu le malheur de l'avoir suivie dans ses égarcmens.
Pendant vingt-deux années qu'elle a survécu à son malheureux époux, elle est un modèle de vertus religieuses , et de conduite pour les supérieures. Enfin, Héloïse nous donne à douter si la vie d'Abeilard est plus digne d'admiration que la sienne.
Les monumens anciens et nouveaux , dont nous avons tiré l'abrégé de Ihistoiro d'IIéloïse et d'Abeilard, sont si