‹ Lettres et fragments de lettres de Octave Crémazie [microform]Chapitre 3 sur 32 · LESTRES ET FRAGMENTS DE LETRES · texte numérisé non relu

LESTRES ET FRAGMENTS DE LETRES

blement la force de faire une opposition ouverte, ils s'amusent À faire cette petite guerre d’allusions spirituelles et d’épigrammes mordantes, Chez nous, sh . Amérique, où nous avons la liberté de réunion et celle : da la presse, cette Intie serait ridicule. Ici, ce n'est pas seulement un besoin, c’est, si je pue esprit ainsi, une Nolnpté de l'esprit.

A MM. Jacques ET Joseph CRÉMAZE,

| Paris, 18 décembre 1864:

Mes chers frères,

J'ai reçu, y‘ 1dredi, vos lettres du 25 novembre. Que ne donnerais-je pas pour pouvoir étre près de vous pendant une heure! Ce bonheur me sera-t-il jamais accordé? Je le désire de toutes. les forces de. mon âme, mais je n'ose l'espérer.

Tous les soir, je vais marcher pendant à peu près une heure. En rentrant, j'achète le Petit Journal.

Monté dans ma chambre, au quatrième étage, j'allume mon feu (je suis devenu un allumeur de feu de pre- mière force) et je me mets dans mon fautenil, au coin de la cheminée, Puis, quand j'ai lu mon journal, j'éteins ma Nengls et je reste à en tisonnant: mon Fe Pour j'a isolé, il hou sis de pins abrité À

‘compagnon que le feu de cheminée. Il y a tout un ‘ monds de formes étranges et capricieuses dans les mouvements de la flamme, et ces formes réveiilent en moi une foule de souvenirs qui me transporent vers des temps heureux. Mon feu est le seul ami que je possède en France, et les heures passées près de lui sont les plus heursuses de 1a journée... |

À 5A MÈRE

Paris, 7 février 1865.

Ma bonne mère,

J'ai reçu, vendredi et samedi de la semaine der- : nière, vos lettres du 13 et du 20 janvier: Ce qui m’a surtout causé un bonheur inexprimable, c’est la récép-

à tion de votre portrait, que j'ai trouvé dansles journaux que Joseph ma envoyés.

‘Maintenant que j'ai votre photographie, je pourrai a vous embrasser tous les soirs ettous Les matins, comme * je le faisais quand j'étais près de vous. Ce qui me console en regardant votre portrait, c'est que vous Le

| paraissez pas avoir vieilli depuis que j'ai eu la douleur de vous quitter. J'ai donc l'espérance de pouvoir vous revoir avant de mourir.

La semaine prochaine, j'espère que je pétrent vous envoyer mon portrait, Je suis assez bien et vis mainte- |

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