‹ Lettres et fragments de lettres de Octave Crémazie [microform]Chapitre 2 sur 32 · LEPTRES ET FRAGMENTS DE LETTRES · texte numérisé non relu

LEPTRES ET FRAGMENTS DE LETTRES

brités de tout genre garnissaient les banquettes des trihanes réservées aux spectateurs, Toutes les grandes dames du faubourg Saint-Germain étaient aussi là, depuis les vieux noms historiques, comme Rohan, Clermont-Tonnerre, Brézé, Montesquiou, jusqu'à ceux sortis hier des rangs de la foule, ‘omme les Duchâtel, les Pereire, etc. Somme toute, : et bien la plus belle | journée de mon séjour à Paris... Adieu, chers frères.

Ce fut en noverbrs 1862 qu'eut lieu le Es commercial qui occastonna l'effondrement de la librairie de Crémasie et son départ précipité du Canada. C’est alors que s'ouvre la cor. respondance qui va suivre et qui ne se termine qu'à s& mort,

On sait la terrible congestion cérébrale dont Crémarie fut pris à son arrivée à Paris. On sait aussi avec quelle bienveillance M. Hector Bossange lui ouvrit les portes de son château 11 de Citry, au commencement de sa convalescence, Un plus long jeun séjour à la campagne lui étant nécessaire, il prit le parti de se HAS rendre à Châtoaunenf, sar les borde de la Loire,

À MM. Jacques er d osRPH CRÉMAzZIE.

Châteauneuf, 8 juin 1868.

de is chers frères,

Li ann Je marche benucoup tous les ‘jours.

de Tantôt ï vis faire une longue promenade sur les

vi bords de la rivière, tantôt je vais visiter les villages we environnante.

ne nl rire je suis allé à Grigny don

ce FEuEs c'était la fête dw pays. Sur la faits de d. | l'église, les villageois et les villageoises dansaient au | ‘son du violon, que jouait un ménétrier perché sur un ‘tonneau, C'était curieux, mais les villagéoises ne! : semblaient pas du tout aux bergères de Florian. Avec leur teint LAlé et leurs gros sabots, ces paysannes m'ont paru'bien inférieures à nos habitantes, HAT : J'étais avec M. Lubin, Nous sommes entrés chez de | paysans au moment de leur: diner. Sur un escabeau, ; ‘ha 1t d'à peu près deux pieds et long de trois, la femme. pose. urie immense gamelle contenant une soupe au pain de seigle et aux pommes de terre. (Ce pain est .. | noir comme celui de nos campagnes.) On mange à la gamelle avec la cuillère, La soupe enlevée, on place sur la table un gros morceau de lard bouilli, dont ue coupe uns tranche avec s0n couteau de poche. . Cette tranche, on la met sur un gros morceau de pain et on 1a mange ainsi. Après le lard, on sert une énorme n aièe, dans la. gamelle, ‘comme la soupe. Voilà le arr Feu le bp on | passe Je pichet, nn

ri tré une bande de j jeunes gens qui s’en allaient enr lire

à à Saiut-Benoft; en chantant: A A AU Astu va la lung, mon gars? " :

exactement sur le même air que nous... Eu Les élections ont eu lieu la semaine dernière ici. pour le corps législatif. Châteauneuf, qui est nn pays ‘rouge, a donné une majorité au candidat de l'opposition, ce qui n’a pas empéché le due de Tarente, fils du maréchal Macdonald, candidat du gouvernement, d'être élu à une forte majorité. Tout s’est passé de la manière ft la plus tranquille; la plus grande liberté est accordée : aux candidats de l'opposition. On distribue, comme chez nous, des professions de foi dans toutes les mai- ‘sons, et, corame c’est le scrutin secret dans toute la force du terme, chacun peut: librement voter selon ses convictions. pre Aussitôt que ma tête sera bien, je retournerai à Paris pour m'y placer comme employé dans quelque : bureau d’affaires. La vie ici coûte presque aussi cher qu'à Paris et jy éprouve beaucoup plus les douleurs de l’isolément et de l'exil. : ; :

A M. Jacques ORÉMAzIE, RUE “7

Paris, 27 juillet 1808, Mon cher Jacques, 1 sivésvsunsense Il règne à Paris une grande fermenta- : ‘tion à propos de la Pologne, La réponse de Gorts-

FA? JE) LeirRes ET FRAGMENTS pe cernes

| chakofaux trois dodo occidentales ét tissé :

Comine un défi, et, dans le, quartier où je demeure,

Belleville, quartier essentiellement ouvrier, où n’en.

tend parler que de 1s Pologne. La Bourèe, ce tandis

de la politique, baisse tous les jours eh: on s'attend 3. guerre avec la Russie. :!

Les révolutionnaires donnent " io aux jou naux religieux pour crier: Vive la Pologne ! Quelle sera la dupe dans cette mise en scène qui me paraît. 6 un peu exagérée? Dieu seul le saît. Mais ce qu'il y a de certain, c’est que tous les partis opposés à Napoléon

cherchent à faire leurs petites affaires sous le manteau de la sympathie pour la Pologne, Car je ne comprends paë trop comment les journaux"religieux font tant de tapage en favorisant la révolution polonaise, dont les principaux chefs étaient les compagnons de Garibaldi. dans le vol du royaume de Naples, L'avenir nous dira ce Lis doit sortir de cote rois polonaise... it

| Paris, 1l avril 1864.

Mon dher frère,

FRE Pour les Parisiéhs, la détlens de a.

Dufaure à l'Académie française a été l'événement de:

a la semaine, Le nouvel académicien sucoédait à M. le due Paxqules, qui Rue Les Loan de.

: LETTRES kr FRAGMENTS DE LETTRES, 11

4 quatre-vingt-dix-sept ans, et qui, deus sa vie si longue et #i accidentée, avait vu re passer tant de grands événements, avait servi tant de pouvoirs. Menibre du

‘| parlement en 1787, il fut mêlé à toutes les révolutions

qui ont agité la France depuis svixante-dix ans, et, comme M. Dupin aîné, il fut toujours assez habile noh seulement pour rester debout, mais encore pour occuper sous tous les régimes des postes importants. T1 n’y a rien de bien littéraire dans une pareille exis- :tence."Mais à quoi servirait-il d’être grand seigneur si on ne pouvait entrer à Fra sans être Fos de lettres ?

M. Dufaure, avocat et homme politique, qüi n'est pas beaucoup plus littérateur que M. Pasquier, a fait un éloge assez lourd de son prédécesseur.

En répondant au récipiendaire, M. Patin n’a pas été plus heureux, et tous les journaux de Paris ont recommencé leur guerre contre l'Académie,

Sous le régime actuel, les séances publiques de l'Institut ont un grand attrait, Presque tous les académiciens sont opposés à l'Empereur, et uné réception académique est toujours une fête attendue avec impatience par les légitimistes et les orléanistes, Le nouvel

élu:et celui qui le reçoit savent toujours parsemer leurs! discours d’allusions plus où moins voilées au gouvernement de Napoléou, allusions que les belles comtesses et les vieux marquis du faubourg Saint-Germain s'ernpressent de couvrir d’applaudissements, Comine les partisans des Bourbons n'ont ni la liberté, hi proba-

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