‹ Lettres et négociations de Philippe de Commines (volume 3)Chapitre 4 sur 19 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

en ce moment que lui parvient la nouvelle du supplice de Louis de Saint-Pol, que le roi de France a fait hâter parce qu'il craignait les instances de la reine d'Angleterre, dont le connétable est le neveu :

« Le jour de Noël (porte la dépêche des ambassadeurs « milanais) est arrivée à cet illustre prince la nouvelle « que le roi de France a fait trancher la tête au « grand connétable le comte de Saint-Pol condamné « par le parlement, sur un échafaud couvert comme s'il « s'agissait d'un simple gentilhomme et non point « selon son rang. Il ne parut pas s'en soucier quand les « ambassadeurs du roi le lui annoncèrent, et sur ces « entrefaites il alla se mettre à table, et pendant tout le « repas il mangea en riant de cet événement. Il trouce vait là, disait-il, un bel exemple de la confiance qu'on « pouvait avoir dans Sa Majesté et de la manière dont « elle traitait ceux qui voulaient être ses amis. »

Cette dépêche est du 30 décembre 1475. Le lendemain les ambassadeurs milanais donnent quelques détails sur les conseillers du duc de Bourgogne. Le principal est le sire d'Humbercourt. Au second rang vient Olivier de la Marche, maître d'hôtel et capitaine des gardes, alors âgé de cinquante-cinq ans.

Après la défaite de Granson, la fureur de Charles se porte de nouveau sur Louis XI qu'il accuse de compli-

Page 1