‹ Lettres et opuscules inédits de LeibnizChapitre 1 sur 49 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

« La tolérance philosophique devrait être, à mon avis, le grand principe de chaque éditeur , » disait, il y a cent ans^ Rudolphe Eric Raspe, le premier qui s'avisât de publier les Nouveaux essais sur l' Entendement humainde Leibniz. Fidèle à ces prin* cipes de tolérance , que sa conduite se charge de justifier (1)^ il ajoutait, avec autant d'esprit que d'impudeur : « J'espère qu'avec ce mérite et Texactitude, je puis me flatter de réunir les suffrages de tous les partis, tant de ceux qui, prévenus pour Leibniz,

Stimano che U suo saper misara Certia sia, e infallibile di qaanto Puô far Talto fattor de la natura (2)...

que de ceux qui, d'un autre côté, et avec un grand degré d'apparence, soutiennent avec M. Locke, que

Augel nottarno al sole £* nostra mente ai rai del primo Tero » (3).

le sais bien que la philosophie de Locke fut

(1) Ratspe s^nfait à Londres en emportant les médailles d'one collection publique, et y mourut

(2) Tasso, Gierus. , XIV, A5.

(3) Tasso, Gierus. y XIV, A6.

ij PRIÎFAGE.

longtemps à la mode, même en France, qu elle fit môme oublier celle de lueibniz, et que M. Desmaizeâux ne balança pas de dire dans la préface de son recueil : « Qu'il ne voyait pas encore que la philosophie de Leibniz eût fait fortune. » Depuis M. Desmaizeaux, les modes et les sentiments ont bien changé. Locke peut avoir conservé quelques partisans en Angleterre, mais en France le nombre en est bien petit : on est passé de l'engouement à l'indifférence. Il n'en est pas de même de Leibniz; on le dit du moins. En effet, il n'y a pas de futur docteur qui ne consacre quelques heures à le lire dans la pauvre et mince édition qu'un agrégé, M. Jacques, a donnée pour les besoins de l'école (1). Sauf quelques admirateurs ou curieux, Dutens est négligé; et Ton ne trouverait pas en France aujourd'hui des frères de Tournes, comme il s'en est trouvé à Genève au siècle passé, pour imprimer, et un Ludovic Dutens pour éditer Leibniz (2). Depuis qu'un arrêt banal, partout colporté» a condamné la monadologie et T harmonie préétablie, on ne s'occupe plus des doctrines ; on veut bien encore par moments s'occuper de Thômme. Fonda-

(1) Œuvres de Leibniz , nouvelle édition précédée d*une intro* doirtîMi mr M» A. Jacquesi S vol. in<-13. Paris, iS47. — OGuvresde Locke et Leibnitz, par Thurot ei Desrez, Panthé&n UUéraire» Paris, IS/iO, in-8.

(2; Leibnitii opéra» édit. Datens. GeiU) 6 fol. ht-k»

paifFAGB. iij

leur de l'Académie de Berlin, il a trouvé dans M^BartholmesSy le narrateur fidèle, éclairé^ de ses actes académiques (1). Historien de la philosophie, il a provoqué la thèse de M. Bertereau ; philosophe, celles de M. Lefranc et de M. Lemoine (2). Théolo* gien, il a suscité, après le vénérable abbéËmery(3), un éditeur dans le clergé, Tabbé Lacroix (4), et un traducteur , dont le nom seul est un éloge, M. le prince Albert de Broglie (5). Savant et naturaliste, son nom se rencontre tantôt sous la plume de Guvier ou de M. Flourens, tantôt dans les sa* vantes recherches de M. fiiot. Grands amateurs d'autographes, M. Foisset et M. Cousin nous ont successivement rendu sa correspondance avec l'abbé Nicaise (6). De son côté, M. Firmin Didot

(1) Histoire de V Académie de Berlin ^psx Chr. Bartholmess. Paris, 2 vol. iii-S. «^ Mémoires sur les doctrines religieuses dé Le&fûiz^ dans le tome VI du Compte rendu, par Mignet, p. i/il et 243,

(2) Leibniz considéré comme historien de la philosophie , par Bertereau. Paris, 1843, in-8* — Leibnitii judicium de nonnullis Baylii sententiis^ par Lefraâc, Paris. — Quid sit materia apud Leibnitium, par Lemoine. Paris, 1850.

(3) Esprit de Leibniz, par i'abbé Emery. Lyon, 1772, 2 toL in-12. — Exposition de la doctrine de Leibniz sur la religion. Paris, 1819, in-8. La 1" édition du Systema est de l'abbé Garnier.

(6) èystème théologique, édit. P. P. Lacroix , 1845, in-8.

(5) Système religieux de Leibniz, trad. par A. de Broglie. Paris, 1846, in-8.

(6) Foisset , Revue des deuœ Bourgognes (1836). — Cousin. Œuvres, U 11, p. 191.

iV PR^FAGB.

publiait 9 dès 1820, son Commerce épistolaire avec Malebranche et le P. Lelong, tiré à trente exesi^ plaires seulement (1), livre rare^ aujourd'hui introuvable, mais auquel suppléent largement les articles de M. Cousin , dans le Journal des savants (2). M. Damiron, son confrère , a donné, dans le Compte rendu des séances de l'Académie^ une courte mais substantielle notice (3). Nommons aussi MM. Nodier (4) et Ârchimbaud (5), qui, Fun dans ses Mélangesy Tautre dans un recueil de pièces fugitives, nous ont rendu quelque chose de Leibniz ; et plus anciennement M. Bar-* chou de Penhoën (6), qui parait avoir essayé ce qui reste à faire : une esquisse de la philosophie leibnitienne.

Voilà, depuis Fontenelle (7) et le chevalier de Jaucourt (8), en y joignant l'éloge couronné de

(1) Lett. au P. Malebranche et au P. Lelong, Paris, 1820, in-A. — Cousin, Fragments de philosophie cartésienne,

(2) Cousin, Journal des savants^ i 844.-— Voy. aussi xm* leçon du cours de 1815 et xii* du cours de 1829. Voy. aussi un extrait de cette leçon ci-après, à l*Appendice.

(3) Jydixsdtouf Compte rendu des séances de l'Acad, des sciences mor.par Mignet, Paris, 1847, 1 vol. p. 3/i9-373.

{U) Nodier, iVout;. mél. p. 33.

(5) Arctiimbaud, Rec. de pièces fugit,, t. III, p. 14A-187.

(6) Histoire de la philos, allem. depuis Leibniz, Paris, 1836, 9 vol. in-8.

(7) Fontenelle, Elog. des Âcadém.^ t. If, p. 9.

(8) Vie de Leibnitz, 1760, in-12.

PBÉFAGB. V

Bailly (1) et quelques plaisanteries de Voltaire, tout ce que la France a fait pour la mémoire de cet homme incomparable qui lui a fait l'honneur d'écrire les deux tiers de ses œuvres en français (2). L'Allemagne est plus riche. Et puisqu'il est question de bibliographie^ il me sera permis, sans doute, de donner quelques renseignements à ce sujet.

Je passe les éditions et les traductions de la THéodicée, qui sont infinies, etdontrillustrebibliomane, M. Cousin, a réuni d'assez beaux échantillons (3). J'arrive tout de suite aux 6 gros volumes in-/i'* de Dutens (4], où se sont fondus tous les recueils précédents, notamment le volume de Raspe (5)^ le

, (1) Ehge de Leibnitz. Paris, 1769, in-û. . . ' : .

(2) Je ne parie pas des anciens recueils tels (^aei Europe samnte, t VI, P., p. 124-59. — Nem, de Trevoue, 1721, août, p. 1350-59. — Niceron, t. If, p. 64-59, v. p. 77. — En Angleterre, indépendamment des livres polémiques au sujet de la querelle entre Leibniz et Newton , je citerai quelques pages de M. Israeli, Miscell of /tter., t. I, p. 150-59, et de Ditxiin, Bibliom.^ p. 20,59, V. le livre du D' Brewster, Life of Newton.

(3) Essais de théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l'homme et l'origine du mal, 1'* édition, Amsu, 1710, in-8; dernière réimpression parErdmann, 2 tom., Berlin, 18A0.

(tk) Opera^ studio L. Dutens. Gen., 1768, VI, in-A.

(5) Œuvres philosophiques de feu M, Leibniz^ publiées par Raspe. Amst. et Leips., 1765 , in-â. Traduites en allemand et an ■ notées par Fr. Ulricb, Halle, 1778-80, 2 vol. in-12.

vi PRi^àca.

recueil de Desmaizeaus (1), la plupart défi lettres de 1 edilioD Rortholt (2) et des pièces formant VOtium Uanoveranum de Feller (3), et des Anec^ dota Boineburgica de Daniel Gruber (4) , mais en dehors desquels sont restés le Commercium phi^ bsophicum et muthematicum de Leibniz avec Jean Bernoalli (5), qui« de l'aveu de Dutens même en est le complément obligé, le volume de lettres donné par Yeesenmayer (6), et surtout celui édile par Feder (7). Âprè^ Ludovic Dutens, il faut arriver tout de suite à M. Erdmann, professeur à l'Université de Halle, qui, par son volume, a élargi le domaine de Leibniz, et le cadre de la prochaine grande édition (8).

Les biographies sont nombreuses. Dutens

(i) Recueil de diverses pièces sur la philosophie^ la reli- ^ton,etc.,parDesmaizeaux. Ani$t.»i7i9»iii-S ; 1720, 3 vol« in-i2.

(2) Le^nit. episU ad diversos^ éddi. KorUiolt. lips., 1734-42, IV, in-8.

(3) Otium Hanoveranum^ sive miscellanea em ore ei sohedii Leibnitiif édit. Feller. Lips., 1718, io-8*

(fi) Comm, epist. Leib. t, prodromi, édit. Gruber. Han. et6ott«, 1745, II, in-8.

(5) Leibnit, et Joh. Bernoullii oofmmerciwn philoa, et mathem* Laus. et Gène V., 1745, in-ù.

(6) Epist.adJ,'A.Schmid,9édiu Veeseftmeyer. !loray«,i7S8, in-8.

(7) Commerça epist, Leibnit» selecta specimina^ édit. Feder. Hannov., 1805, in-8.

(8) Leibnit. ppen philasoph* , iattn., galUc.^ gemumie.^ amnia^ édit. prof. Erdmann, pars I, II. BeroU^ 1840,, ift'4.

w6rkCÊ, yij

a réimprimé en tête de son recueil celle qa'a donnée Brucker^ et qui est un modèle du genre philosophique. Feller, Lamprecht (1)^ Forsh ter(2)y Ëckhart (3), Htssmann (4), Kock (5), Kast* ner (6)^ Àncillon (7), Tholuck (8), ont tous donné des viesi ou des éloges de Leibnit. Eberhard (9) en a donné une élémentaire, avec un portrait et des gravures, au commencement de ce siède/ Le docteur Vogel, en iS/iO, en a publié une noiiv^lle, également destinée à populariser le nom et la mé* moire de Leibniz (10). Mais la biographie de Leibniz, par M. Guhrauer^ qui parut en 18&2 et qui reparut en 1846(11), à l'occasion de la fétèséeo*

(!) Umm^t, Seben b. Srei^. o. Seibni). ®et(., i7A0, in-B,

(2) (5Çr. gôrjlcr, ŒÇaracUre brcier SBelttoeifcn : fieibnij, SBalf unb Sîaumgatt. ^aUe, 1765, in-8.

(8) @. 9. QâfiAxi, Sebenlbefc^r. b. Stet^. ». Seibni}. fRùtn., 1777, iQ-8.

(à) a^. $i|mann, ^etf. ûh. b. Zth, b. Srei^. o. 8eibni}. mûnft.^ 1783, in-8. '^

(6) Kock, Mémoires de l'Acad. des sciences de Berlin^ 1772,

(6) Stâ^ntx, ^obfi^r. auf Sei&ni). ^Uenb., 1769, iQ>B.

(7) Slnciaon in t. SlbÇ. b. Sert. Slcab., 1816.

(8) 3:&otud, ©erm. €*rif. ©b. 1.

(9) St^arafieti^if b. Srei^. 9on Seibni). Qniwôtfen oon 3. Ilttottff. dber^atb. Sei)}|ig.

(10) (BûtU ffîill. )>. Setbtt. CItne Bio^tat^l^. gebcr^eid^tiung. teip^ig, 18/iO, m-8.

(11) !^<ibn. $Bio9ta)ii]^if .ttOtt ®é <9. (Su^raiien SBtaii«fa9, 184|6, Stom. in-8.

Viij P&ÉFAGB.

laire 4ô Leibniz , augmentée d'un dtscoui^, de nouvelles et substantielles notes et d'un index très complet, réunit au plus haut degré les deux mérites principaux que l'on est en droit d'attendre de quiconque écrit la vie d'un grand philosophe : les faits et les idées. C'est, sans contredit , le meilleur ouvrage qui ait paru sur Leibniz ; et il est à désirer que dans la nouvelle édition commencée de la Biographie univenielle de Hichaud, l'article Leibnitz, d'ailleurs très riamarquable, soit entièrement revisé d'après la biographie de M. Guhrauér, qu'une mort récente vient d'enlever aux lettres et aux sciences. Il feut joindre à ce travail si complet deux volumes d'écrits allemands de Leibniz, tirés de la bibliothèque de Hannover et publiés par le même (1), et surtout une petite brochure de quelques feuilles , plus importante à elle seule que les deux volumes des Deutsche Schriften , et qui contient les remarques critiques de Leibniz sur les principes de Descartes (2). Je note en passant le Consilium œgyptiacum, ou projet d'une expédition d'Egypte proposée par Leibniz à Louis XIY ; admirable monument de politique européenne, qui, à titre de mémoire, figure dans la riche col- Ci) teiBn. beutfAe G^tiflcit, f^îtaué^. ». ®. ®. (ënf^taun. 93<rï., iS3S-&0, II, in-8.

(2) Ammadv, ad CariesH prinàpia^ 9. Oul^uer. HÔonn, iSAât in-8.

PREFACE. iZ

lection des savants étrangers, imprimés aux frais de FAcadémie et dont se sont occupés en France MW. Hoffmann (1) et Valet de Viriville (2).

M. Grotefend, à Hannov^, plus heureux éditeur que M. Guhrauer, a comblé Tune des grandes lacunes de Dutens. Il a retrouvé cette correspond dance de Leibniz avec Arnauld (3), tant cherchée par MM. (Grufarauer et Jourdain, et que M. Erdmann déclarait introuvable, parce qu'il ne l'avait pas trouvée. Elle dormait dans les tiroirs de la bibliothèque de Hannover^ mêlée à des écrits de théolor gie où Findifférence moderne hésitait à fouiller : M. Grotefendn'aeuqu'à sebaisserpourFyprendre. Il n'en a pas été de même pour Féditer ; et on lui doit les plus grands éloges pour la pureté et la correction du texte français qu'il a donné. Ce monument de philosophie leibnitienne a reparu, grâce à lui, dans toute la sincérité du manuscrit primitif, et M. Grotefend a heureusement triomphé de toutes les difficultés que lui offrait l'étude d'un texte étranger.

Dans la même année où M. Grotefend publiait

(i) Mémoire de Leibnitz à Louis XIV ^ suivi d'un projet d'expé* dition dans l'Jnd, par terre. Paris, 18A0, in-8.

(2) Concilium ^gyptiacum^ d'après le manuscrit de rinstitat de France, par A. Vallet de Virifille. Paris, 18A2, io-S.

(3) ^tiefa>e4f(l |t»if(^eii Seibnii nnti 9Ct:iiattU 9. ®(otefcnt. $anfiout, 18A6, iQ-8.

X PfiiFAGB.

la correspondaDce avec Arnauld, M* de Rommel publiait celle avec le landgrave Emst von Hessen ' Rheinfelsj qui en est le complément obligé, ^et formant deux volumes (1). Une savante introductiot) précède le texte de Leibniz.

Les travaux hisloriques de Leibniz ont trouvé dans nilustreM. Pertz, aujourd'hui bibliothécaire à Berlin, leur naturel éditeur (2), tandis qu'à sa voix et sans doute sous ses ordres, M. Gerhardt de Salzefed faisait pour les sciences mathémaliques (3) ce que M» Pertz a fait pour l'histoire.

Outre les éditeurs et les biographes, TÂUe* magne savante, réveillée par le second anniver^ saire dé la fête séculaire de Leibniz, a donné deâ productions plus légères. M. Grotefend, déjà nommé, a eu l'idée d'un album leibnitien. pour fÊler le grand philosophe de Hannover. Cette idée, empruntée aux habitudes de rAUemagne musicale, est moins heureuse* Ce second jubilé a d'ailleurs été marqué par un fait qui ne peut manquer d'in« téresser vivement les admirateurs de Leibniz. Leipzig, sa patrie, Leipzig, d'oti une cabale Savait chassé, s'est émue de voir Hannover, sa seconde

(1) l^efbni^ unb Sanb^raf (8rn^, »pn 6$r. 9* Stommel. Dfranffnvt, i846-û7, n, 8.

(2) 8etbni) gef. fEBette, l^eraiiéa. ». $«r(^« ^aitnoi»., 1843, sq. in-foh

(3) Seia. 9(f. 0Setfe. SDtttte 9o^^ SRaH^cm. ®i6rif< o. ®fr^<icbt. ^erUn, i8A9-50, II, in-S.

patrie, m|)osse6sion d'un monament élevé au gétiie de Leibniz {genio Leibnitii), et de n'avoir encore rien fait pour sa mémoire. Et le professeur Drobish, secondé par le recteur de l'utiiversité, le docteur de Pfordteii et le bourgmestre de la ville de Leipzig^ le sieur Otlo, a feit la motion qu'un monument fût élevé au grand citoyen de Leipzig. Espérons que lears vœux seront enfin exaucés. Leipzig ne peut pas oublier qu'elle doit à la pensée de Leibniz son Académie ou Société des sciences, fondée par le prince Jablonowski, en 1774. Leibniz fut le grand promoteur des Académies en Allemagne et même en Russie; ce sont lès filles immortelles du grand philosophe.

Il me reste à parler des travaux spéciaux sur la philosophie leibnitienne et à dire un mot de la présente publication.

MM. Feuerbach (1) Ritter (2), Erdmann (3), Zimmermann (4), Schilling (5), Ehrenbefg (6),

(1) ^ubtoig geuetbac^, IDarilellung, (Sntmi^lung uiib Jttitit Ut

(2) ©ef^i^te bet c^rij). !P^Uofo))^ie,0.^. 9Utter. BmâiftnS^eU. ^amh.f in-8, 5, /t7-2i0«

(3) 3. S. (StbmanR, ^eibni) tt« Ut (Satm. b. 3b(aliémué. £ei)»)ig, 18/16, in-8.

W âimmetmann, ëeibni) u. ^nbati'^ SRonab^l^te. fEBieo, i8/i9» in 8. îRecbtdpringi)). SBien, 1852, in-8.

(6) ©db^ing,^. M^tmUx. eet^^ig, 18A1, iii-8.

(6) \i^r. ®. (Sl^venberd, i^eibni} Wltt^oU. f8n\in, 1845, kkSé

Xij '^FAGB,

Siegwart (1), Keller (2), Basse (3), Kahle (4), Borner (5) et Bartenstein (6) (je ne parle pas de plus anciens travaux, ceuxdeLudovici (7) , par exemple) , ont écrit sur la philosophie de Leibniz.

L'hégélien Feuerbach 9 aujourd'hui déchu, a feit un livre dont le but est de juger la philosophie leibnitienne; et que je ne citerais pas, s'il n'était enrichi de cent pages de notes et de textes additionnels qui le rendent non pas nouveau, mais utile et commode à consulter.

H. Ritter, l'historien de la philosophie, vient, dans le tome XII, de donner un chapitre très complet sur Leibniz , où les tendances théosophiques de sa philosophie sont surtout mises en lu^ mière.

M. Zimmermann, de Prague, est l'auteur d'un excellent travail sur la monadologie de Leibniz, comparée à celle de Berbart, et d'un écrit sur le principe du droit, d'après le même philosophe.

Quant à nous, qui arrivons le dernier, nous

(1) ^ii^xoaxt, £e]^re ber praflabil. harmonie. %ùh,^ 1822, in-8.

(2) StilUv, ^^inoja u. SeiBnij. Cfriang., 18/t7, in-8.

(3) (Sl^r. ^afit, (Srinnerund ûit Seibnij. Sti))}., 18/^6, in-8. (Â) .^atimori) Jtal^Ie, Sei6nt^ fdtxMn, 1839.

(5) ^cxntt, $(ogt. @((. îSutic. îlur., 18M, in^A.

(6) ®. ^artenflein; De materiœ apud Leibnit. notione» Set))}., 18A6, in-û.

(7) i^ttbtfoict, $(utff. Qtnttt). u. $ifi. ber itihn. $^U. ^ei^)., 1737, U, in-8.

PR^FàCE. xiij

publicms dans ce volume les lettres et opuscules suivants :

1<> Sentiment de M. deWorcesteretdeM. Locke, des idées et principalement de l'idée de la sub* stance;

2'' Correspondance de Leibniz avec l'abbé Foucher ;

S"" Réflexions sur Tart de connaître les hommes, adressées à madame Télectrice de firunswick- Lunebourg; suivies d'un fragment sur la générosité ;

4* Remarques critiques sur le Dictionnaire de Bayle (lettre à la lettre R, d'ÛRiGÈNE à Ruysbroeck) ;

b^ Correspondance de Leibniz avec Foutenelle;

61^ De l'usage de la méditation ;

7<> Deux fragments de la vie heureuse, De vita beata ;

%^ Trois ihorceaux : Qu'il n'y a point de figure précise et arrêtée dans les corps ; Sur l'existence de Dieu à un Français ; Sur l'immortalité de l'âme^ à madame l'électrice de *** ;

O"" Ëpttre à la reine, sûr l'Art de bien penser^ du P. Bouhours; autre lettre à madame l'électrice de '** ; De la nature de l'amour ;

10*" Extrait des deux premiers livres de Boëce ;

11'' Mémoire pour les personnes éclairées et de bonne intention.

La correspondance ayec Tabbé Foucfaer sd com^ pose de vingt-six lettres, tant de Leibniz que de son correspondant, plus deux projets de réponse de la main de Leibniz. Sur ces vingt-huit pièces, vingt sont entièrement inédites, quatre autres le sont pour la plus grand epartie : on n'en avait que des extraits publiés enÀllemagne dans des recueils divers et où elles ne sont pas à leur place ; trois enfin ont été éditées par Dutans et Erdmann, ce sont des lettres destinées au Journal des savants} une autre l'a été par M. Grotefend, à la sqite de lettres à Ârnauld, où elle se trouve déclassée. Son t^ ce là toutes les lettres échangées entre Leibniz et l'abbé Foucher, qui fut un de ses correspondants privilégiés? Je ne |e crois pas. Mais je crois aussi pouvoir affirmer que, sauf trois ou quatre lettres perdues (l), ou du moins qui ne se retrouvent pas, j'ai rendu l'ensemble de cette importante correspondance; comme aussi, nialgré les quatre lettres déjà éditées sur vingt-huit, dont yingt-quatre par conf? séquent sont inédites, j'ai le premier publié U correspondance-de Leibniz avec l'abbé Foucher.

La même réflexion s^appliqqe à la correspondance avec Fontenelle; celle-ci malheureusement ne se compose que de onze lettres au lieu de vingt-

Ci) Voy. p. 79 et iOS des leHr^ et opuêculeu, la tinœ 4e lettres perdues ; il y ep a que Tabbé Foucher n*a jamais reçues.

patfPàCB. XV

huit; l'éditeur regrette de n'avoir pa en dér eouvrir un plus graad nombre. M. Feder, dans le volume qu'il a publié en 1805^ n'a pu ré* sister au plaisir de mutiler cette correspondance et d'en enchâsser deux morceaux parmi les lettres de l'abbé Bigion (!)• La raison qu'il en donne est celle-ci (page 280) : a Comme ces deux lettres de Leibniz et de Fontenelle (l'une est du 12 juillet 1703, l'autre du 18 novembre même année) sont parvenues à leur adresse par l'entremise de Bigûon, on les a rangées dans le recueil de la correspondance de celui-ci avec Leibniz; elles me parurent trop intéressantes pour ne leur accorder pas une place d'abord ici. » Si la curiosité que ces deux lettres étaient de nature à exciter leur a feit donner un tour hors de faveur par Feder, per^ sonne ne s'étonnera de les voir ici rendues à leur véritable rang, dans l'ensemble dont elles font partie, et qui constitue la correspondance inédite de Leibniz avec Fontenelle, que nous publions.

Feder croyait sans doute avoir £ait pour Bayle ce qu'il n'a pas fait pour Fontenelle. En effet, son recueil contient quatre lettres de Bayle à Leibniz et de Leibniz à Bayle ; mais il s'en faut bien que

(i) lie recueil de Feder est on oe peut plus mal digéré : fj ai relefé» à propos d'uoe lettre de Foucher qa'il a cousue à une lettiPe de LeibiiiB^ uoe enreur qui donoe la oiesiire du «oio et des recherches de réditeur. Voy. Feder, p» lOâ.

XVi PRÉFACE.

la liasse qui s'y rapporte soit entièrement dépouillée. Feder a négligé ce qui lui a paru illisible, et de la sorte il est resté très incoiâplet sur Bayle, bien qu'il eût à sa disposition la liasse entière des papiers qui le concernent. On verra par ce que nous publions, qu'indépendamment des quatre lettres ci-dessus (1), il y a dans la bibliothèque de Hannover des pages entières surchargées de notes delà main de Leibniz, qui adù lire pour les annoter le tome N-P et le tome P-R du Dictionnaire de Bayle, et écrire au courant de la plu me les réflexions que lui suggérait cette lecture, réflexions évidemment destinées à reparaître plus tard en partie dans hiThéodicée. Enfin, un fragment d'une lettre considérable, écrite sur une grande feuille double, portant au dos les noms de Bayle et Beauval^ et très probablement destinée à Tun de ces deux correspondants, a également échappé à Feder, ainsi que le fragment d'une lettre à S. À, l'électrice de ***, relative au même sujet.

Un mot sur les deux morceaux qui suivent.

L'un est intitulé : De rusage de la méditation; l'autre, De la vie heureuse. Ce dernier est la tra-

(i) On les trouvera à TAppendice, sauf une, qui a paru dans Erdmann, p. 191. Nous n'avons pas cru devoir les imprimer dans le cdtps du volume ; mais comme le recueil de Feder n'est pas répanduen France, nous n'avons pas non plus cru devoir en priver le lecteur, d^autant mieux qu'elles sont le complément obligé des notes inédites que nous publions sur Bayle.

PAÉFAGE. Xvij

duction française du préambule du petit traité que M. Ërdmann a donné en latin, et qui se trouve aussi en allemand dans les. papiers de Leibniz. Quelques nouvelles réflexions ont été ajoutées par Leibniz aux trois définitions qu'il nous donne, et prouvent que c'était là le début d'une dissertation en règle et sans doute étendue. Je n'ai pas besoin de dire quelle importance Leibniz attachait au De vita beatay puisqu'il parait avoir eu l'intention de le faire connaitre dans les trois langues qui lui étaient familières. J'ajouterai seulement qu'en Allemagne une discussion très vive s'était engagée entre M. Erdmann, premier éditeur du De vita beaia et M. Guhrauer, au sujet de la valeur et de l'esprit de ce petit traité^ dans lequel M. Erdmann avait cru reconnaître des traces de spinozisme (1). Nous devons à la libéralité de feu M. Guhrauer un fragment en latin sur ce même sujet, intitulé : De vitabeatUf que nous donnons à la suite du fragment français et que ses patientes investigations lui ont fait découvrir dans la bibliothèque devienne. On y trouvera quelques variantes dans les définitions. Ni le fragment français de la bibliothèque de Hannover, ni le fragment lati^ de la bibliothèque de Vienne ne paraissent pas avoir été-connus de M. Erdmann.

(1) Voir la deuxième' partie de l'IntroducUon, où il est qaesUon de la décoQYerte de M. Erdmann.

Xviij phiéIfagb.

Trois autres morceaux, tous les trois de la main de Leibniz sont intitulés, le premier : Qu'il n'y a point de figure précise et arrêtée dans les corps. C'est un essai de démonstration basée sur la division actuelle des parties à Tinfini, thèse propre à Leibniz, et qui le menait par des considérations mathématiques à refuser au corps non seulement H substance^ mais les déterminatiohs de la substance. Le deuxième fragment est le projet d'tine réponse au sujet d'un Traité sur l'existence de Dieu , qu'on lui atait envoyé de France. Le troisième , une lettre à madame l'électrice de Btunstvic-Lunebourg, à propos d'ufae discussion avec YanHelmont, sûr 17mmortatiiéc/e l'âme. Nous Tavons èxttaite du paquet Van Helmont^ où, s'en trouve une autre en allemand datée de Port-Royal,

Une épttre à la Reine sur VArt de bien penser, du P. Bouhours, et le commencement d'une lettre à madame TÊlectrice de ^** : De la nature de /'(tmour, sôntdes fragments incomplets^ mais curieux.

Nous avons réservé pour la fin un tésumé des deux premiers livres de Boëce, De la consolation^ en ,français; et un mémoire de Leibniz, pour les personnes éclairées et de bonne intention. Ces deux morceauX; d'une certaine étendue, sont de nature à instruire et à charmer ; on n'y retrouve pas la mé^ taphysique subtile^ quelquefois un peu abstruse

PREFACE. Xix

des morceaux philosophiques purs. Le mémoire pour les personnes éclairées et de bonne intention

rappelle, avec plus de charme encore peut-être et plus d'élévation, cette douce morale qui lui a suggéré les Réflexions à madame Vélectrice de Brunswic'Lunebourg.

Telle est la liste des manuscrits que contiendra ce premier volume.

Quant aux circonstances avantageuses qui m'ont mis en état de publier ce recueil, j'en ai dit un mot dans la brochure que j'ai fait paraître à mon retour de Hannover. J'obtins du secrétaire archiviste de la bibliothèque, M. Shaumann, la permission de consulter librement les manuscrits qu'elle renferme^ « permission, disait Raspe, qui en avait obtenu une semblable, utile aux sciences, honorable aux m&nes de Leibniz, flatteuse pour moi. » Je dois, en outre, à M. Grotefend, professeur au lycée, la copie de trois lettres; j'en ai fait mention en les publiant. Je pourrais citer d'autres noms qui me sont chers, mais dont la modestie s'offenserait d'un éloge. Tous se sont associés aux vues généreuses du gouvernement de Hannover, qui élève des bibliothèques comme des fontaines pour les répandre.

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