‹ Lettres et opuscules inédits de LeibnizChapitre 15 sur 49 · A MONSIEUR LEIBNITZ · texte numérisé non relu

A MONSIEUR LEIBNITZ

1679, 26 avril, à Paris.

Monsieur nous attendons M. Lantin (2) et n)oy la lettre que vous avez écrite à la princesse Élisabet. Vous m'en avez promis une copie et j'en ay écrit à M. Lantin qui s'en félicite desjà. Il attend cette lettre avec impatience et vous prie cependant Monsieur, de luy conserver vostre amitié et vostre estime. Je vous assure, Monsieur, que luy et moy nous sommes tellement remplis de l'idée de vostre mérite, q^e nous en sommes presque enchantez. Puisque nous gommes assez malheureux que de vous avoir perdu, faites jouir du moins de quelques unes de vos productionSk Pour moy j'attends sur vostre paroUe la

(1} Inédit, Torigiaal aiitogra[^he est tonitné dans la bibliothèque de Hannover, à la lettre F. , ■;

&) J.-B. liantin, de Dijon (i&Sû-i696), ami de l*abbé Foucher. V. Papillon, Bibl, etJourn, d^s sav,j lf05. .,

lettre que vous m'avez promise; j'auois prié M. Gente de vous le témoigner par ses lettres, je panse qu'il m'aura fait la faveur de le faire. Je vous remercie, monsieur, de ce que vous m'avez donné sa connoissance, il est très honeste et très obligeant et cela me persuade d'auantage que ce que vous estimez mérite d'estre estimé. Je panse que si vous auez vu le troisième volume de la Recherche^ vous aurez reconnu que le R. ?• Malbranche y parle d'une manière un peu différente des autres volumes, il y paroit estre un peu académicien , surtout lorsqu'il dit que nous n'auons point d'idée de la nature de nostre ame. On va imprimer ma réponse à Don Robert (1). Pour ce qui est de ce que vous me conseillez de traduire Platon, cela se pourra faire auec du temps, mais pour mettre mes propositions en forme de théorèmes de géométrie, je ne le scaurois encore et j'ay la mesme raison pour ne le pas faire que M. Descartes auoit et qu'il donne au P. Mercenne (2) qui luy demanda la même chose. Vous la deuinerez assez, Monsieur, et je panse vous en auoir dit quelque chose, lorsque vous m' auez fait l'honneur de me faire cette proposition. On m'a donné un livret d'un

(1) Don Robert des Gabets (-f-i678), auteur de la réponse à la critique de Tabbé Foucher.

(2j Marin Mersenne (1588—1648), Questions théolog,, phys., niathém^ Paris, 1634, II, 8.

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nommé Leroger d'Auranche , qui croit proposer le mouvement perpétuel, il dédie cette pièce au Roy, mais il n'y a rien de si faux que ce qu'il dit lors* qu'il assure qu'il a experimanté ce mouvement par les machines dont il donne la figure. Cet homme n'entend pas seulement le moindre principe de l'équilibre des liqueurs. On dispute icy la chère de Ramus dans le Colege royal, mais ceux qui la demendent sont bien esloignez de la science qu'auoit feu M. de Roberual (1). Madame de Longueville patrone de Port-Royal vient d'expirer.

Je suis, etc.

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