‹ Lettres et opuscules inédits (volume 2)Chapitre 75 sur 100 · SUR LA NÀTIIU BT LES EFFETS DU SCHISME · texte numérisé non relu

SUR LA NÀTIIU BT LES EFFETS DU SCHISME

ple^ lorsqu'il reçoit la communioû^ il nie la présence réelle ; de manière que^ s'il avait eu le bonheur de reconnaître la vérité, sa conscience devrait souffrir excessivement. Mais vous^ Madame^ vous n'êtes pas dans le cas de vous reprocher aucune simulation. Vous croyez ce que nous croyons; vous recevez le même pain que nous. C'est un acte que vous pouvez régulariser en y ajoutant le vœu sincère de manger ce pain à la table de saint Pierre. On pourrait imaginer un temps où la conscience se trouverait véritablement embarrassée. Mais nous sommes loin de ces épreuves, et dans ce moment je ne puis que vous rappeler la fin de ma Lettre à y ne dame protestante. La modestie. la réserve et tout ce que nous appelons mesure étant les caractères distinctifs de votre sexe, il semble que certains partis extrêmes, certaines actions hardies, et pour ainsi dire retentissantes, n'appartiennent guère qu'au nôtre. Les femmes ont suffisamment prouvé qu'elles savent être héroïnes quand il le faut; mais les occasions où elles doivent l'être sont heureusement très-rares. En général , le bruit n'est pas votre affaire, car vous ne pouvez pas trop vous donner en spectacle sans affaiblir une opinion dont vous avez besoin. Les devoirs, ainsi que les vérités, ne pourront jamais se trouver en opposition réelle : il y a entre eux une certaine subordination qui peut varier avec les circonstances. Quelquefois le martyre est un devoir, et quelquefois la simple confession est une faute : s'il est donné de braver la persécution , il est défendu de la provoquer. Enfin , Madame, on ne doit pas tout à l'autorité politique, rien n'est plus incontestable ; mais il ne Test pas moins qu'on lui doit quelque chose. Lorsque Naaman, général et favori du roi de Syrie, eut abjuré Tidolâtrie entre les mains du prophète Elisée, il lui dit : a Jamais Je ne sacrifierai à un autre Dieu que le vôtre; mais il y a une chose pour laquelle je vous supplie de le prier pour votre

280 LSTimi À UNE DAMK RUSSB^ ETC.

serviteur. Lorsqtie le roi mon seigneur entre dans le temple de Remmon pour adorer en s' appuyant sur mon bras, si je m'incline lorsqu'il sHncUnera lui-même^ que le Seigneur me le pardonne f »

Le prophète lui répondit : Allez en paix I

Agréez, Madame, ces réflexions écrites très à la hâte. J'aurais voulu me resserrer davantage ; mais croyez que j'ai bien le droit de vous adresser le mot si connu : Je n'ai pas eu le temps d'être plus court.

Je suis, etc.

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