POUR LE RBTOUB VU VOT DK SARDAIGNE
dit, comme ce peuple à la fois rebelle et avengle : fern^a^ béirai point! a Non serviam! » (Jérém,, n, 20.) Le^si^nd' ayant été donné dans la nouvelle Babylone^ toutes les tri^ bus de l'Europe le répétèrent à Tenvî. Rebellés aux soii^ verains parce qu'ils Tétaient à Dieu^ les hommes^ dansr leur transport^ ne voulaient plus de sacerdoce ni d'empire; et, tandis que le monde n'est conduit que par Tobéissance^ l'obéissance était devenue pour eux un supplice insupportabje : Non serviam ! Mais Dieu, qui, à proprement parler, ne punit jamais lui-même, a fait sortir du crime la punition du crime. L'homme s'était rendu coupable par Pindépendance, il fut puni par la servitude; et parce qu'il n'avait pas voulu être sujet, il devint esclave. Bientôt le tyran de l'Europe soulève tous les flots de sa» puissance désordonnée : maître de moyens inmienses ac? cumulés par l'anarchie, il les emploie sans mesure, sana raison et sans pitié. Le fleuve franchit ses rivages; il s'avance, il gagne de proche en proche; rien ne lui résiste; ce n'est plus qu'une mer couverte de débris : frappéed'une terreur mortelle, la politique égarée confesse son impuissance, et ses actes prouvent qu'elle s'abandonne au hasard. Alors le désespoir s'approcha de nos cœurs. Ne croyez-vous pas, Messieurs, assister encore à cette époqui • terrible de la révolution, où la raison semblait défendre l'espérance, où Vespérance même devenait un tourment pour nos cœurs, tant elle se voyait repoussée dans Vavenir ? aSpes quœ differtur, affligit animum.n (Prov., xin, v. 12.) Que devînmes-nous, surtout lorsque la plus vaste monarchie de l'Europe, envahie et déchirée par les innombrables satellites du tyran, parut chanceler sur ses immenses bases et douter de son salut ? Mais c'est ici que le Dieu des armées attendait l'insensé qui avait osé déclarer la guerre au Sanctuaire, et porter une main sacrilège sur le Grand Prêtre de la nation sainte, sur le Grand Prêtre
ETERNEL : d Summum Sacerdotem gerUis tux... Summum Sacerdotem m iSTERNUM. » (Mach. x, 20, xiv, 41.) La miséricorde du Seigneur couvre la terre, elle est plus vaste que le ciel : a Misericordia tua, Domine, plena est terra... Magna est super cœlos, » (Ps.VI, 2; CVII, 5.) Elle est en lui, et immense co7nme lui : « Apud Dominum misericordia, et copiosa apud eum redempiio. » (CXXIX, 7. ) Mais sa colère est bornée et passagère comme le faible mortel condamné à l'éprouver; après qu'elle a frappé, elle redevient miséricorde : « Ira enim Domini in misericordiam conversa est.n { II Mach., viii, 5.)
Au plus fort de nos malheurs , Dieu avait déjà marqué l'instrument visible de ses bontés. Avec la vigueur de la jeunesse, avec la prudence des vieillards, Alexandre s'oppose au torrent, et son grand cœur ne redoute aucun danger. En vain la faiblesse qui avait fait tant de mal à PEurope voudrait encore le tromper sous le masque de la prudence : de son intrépide main il arrache le masque, et reconnaît son ennemie. En vain ses provinces désolées sont en proie à toutes les horreurs de la guerre; en vaia sa capitale est dévorée par les flammes : il sait que les ar» mes russes sont la Russie, et que sa capitale est partonl où Tempereur de Russie est debout ! Ces nobles sentiments sont partagés par son peuple, mais surtout par le premier ordre : Bciaré prigovorili, i Tsar prikazal (1). Tous s'ébranlent à la fois. L'assaillant est assailli, il recule; on le suit, il s'étonne, il s'égare. Est-ce donc moi? s'écrie- t'îL Est-ce quun homme tel que moi peut connaître la fuiic? « Et dixit : Num quisquam similis mei fugit? » (II Mac, vu, 2.) Il abandonne en frémissant ces provinces dont il se croyait déjà le maître; et tandis qu'avec la ra-
(I) Les boîards ont été d'avis^ et le Tzar a ordonné. Celle formule Cit connue clans IMiisloire de Rus:^ie. (Lévcsque, t. IV, p. 167.)
fUO BISGÛURS
« prédeuse^ si désirable^ ni néoessaire à toutes les naticms t « Âlloiis ensemble la chercherik Paris. — Marchons/ »
£t tous les peujplefi répondirent : a Marchons f Alexandre « aparté comme la sagesse^ et ses paroles guerrières sont « vàritablenaent des paroles de jpsdx. s> Et jcoinplaeuUeis en Akwêmdrum^ •qma ipse Juetat fpsùjÊrmcgas sermo- 4Mimpaeis.
Alors et par lui se forma cette union qui sera fameuse à jamais dans les annales del^univers^ cette grande machine européenne (daignezjne pardonner cette expression), dont toutes les pièces sans doute sont dignes de notre admiration et de notre reconnaissance étemelle^ mais dont> sans doute aussi^ Le principal. honneur apparXiant au premier mobile. Quelles .actioi^ de grâces ne devons-nous donc pas à ia haute sagesse^ et^ s'il nous est permis encore de nous exprimer ainei^ à la vigoureuse modération qui a présidé à ces grandes révolutions ! Mais il est temps de jeter un coup d'œil rapide sur les suites fécondes de cet accord fameux, en vertu duquel la justice et la valeur se .sont eaibrassées pour lei>onheur du monde.
Quel homme , mes frères, eût osé le prédire avant J*événement? Cette monarchie célèbre entre toutes les monarchies du monde, fondée par Glovis, exaltée, par Charlemagne, sanctifiée par saint Louis, agrandie et illustrée par Louis XÏV; celte monarchie, aussi ancienne que l'histoire moderne, la rivale des plus puissantes, la protection des plus faibles et le modèle de toutes; cette monarchie qui avait résisté à toutes les secousses intérieures et à toutes les attaques du dehors, si grande enfin qu^elle n'a pu tomber sans renverser, ébranler ou alarmer; cette mona««chie n'a pu résister à la fausse science de notre siècle, qui
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Tattaquait par des sophismes : maïs si Dieu l'a livrée à cette vile attaque, c'était ponr wms upprendre que rien n'est fort contre lui, «t que rien n'existe que -par Celui qui est. Ces méprisables sophistes connaissaient bien cependant les fondements de rédifice très-chrétien y et ils savaient bien de quel côté ils devaient diriger leur attaque. N'examinons point ici ni par qui , ni comment, ni jusqu'à quel point ces manœuvres furent favorisées, ni quel toron aurait pu se donner, même dans le parti qui avait rai. son. L'Église, mes frères, est toujours éloquente lorsqu'il s'agit de consoler, d'avertir, de louer ou ^e bénir; mais s'agit-il de blâmer ou seulement de compromettre par de simples critiques tout ce qui dwt être respecté, elle dit, comme autrefois le prophète: Ah! je ne sais pas parler! a, a, a. « Domine Deus, nescio loqui! » (Jér., i, 6.) Dans ces jours de triomphe et d*allégresse , le Dieu de bonté consent que nous ne pensions qu'à ses faveurs. Nous l'avons vue enfin la grande année, T^mnée des désirs, l'année merveilleuse, où la vengeance a séché toutes les larmes pvres , où la voix du tonnerre a consolé la vertu : a Annum placabilem Domino, diem ultianis Deo meo, ut consolarer omnes lugentes!i> (Is., lxi, 2.) Ne dirait-on pas, mes frères, que Dieu a voulu marquer cette année mémorable dans tous les siècles futurs par un signe visible d'alliance et de concorde universelle? Tous les disciples de Jésus-Christ ont célébré cette année la Pâque le même jour, tous se sont assis ensemble au banquet mystique; mais quelle Pâque, grand Dieu ! L'empereur de Russie Ta célébrée à Paris, et ses drapeaux glorieux sont venus s'incliner devant cet autel élevé sur une terre surprise de le porter. Ah ! jamais il n'y eut en Israël une Pûque semblable à cette époque y et jamais les princes ses prédécesseurs ne célébrèrent une Pâque semblable à celle du roi Josias. a Non fuit Phase similis huic in Jérusalem,..
$ed nec quisquam de eunctis regibus Israël feeii Phase sueut Josias. » (II Paralip., xxxv, 48.) Debout sur le tombeau de la monarchie très-chrélienne^ l'empereur de Russie, élevant vers le ciel sa puissante épée, a crié, d'une voix pure et retentissante : Elle est bbssusgitêb ! et la France, transportée d'allégresse , d'amour et de repentir; la France, baignée de larmes expiatoires, a répondu: Oui, elle est yébitablement bessuscitéb (1)! Non, ja. mais il n'y eut de Pâque semblable à cette Pâque dans Jérusalem.
Mais admirez. Messieurs, le lien mystérieux qui unit le sacerdoce et l'empire. Ce n'est pas certainement sans raison que cette grande monarchie porte le nom de très-chrétienne. Nous la voyons, depuis son origine, appuyer le grand siège dont elle avait la lumière. Nous voyons ce souverain fameux entre les souverains fameux, celui dont la grandeur même a formé le nom, établir cette puissance temporelle dont Timmense utilité, et Ton peut dire même rindispensable nécessité, ne saurait plus être contestée aujourd'hui que par l'aveuglement volontaire; et maintenant encore voilà les deux souverainetés qui renaissent ensemble. La France avait reçu la dépouille mortelle de Pie VI ; elle la rendit à son successeur, et celui-ci, martyr et prisonnier, comme son prédécesseur, dans cette France qui n'avait fait que changer de tyran, en part de nouveau pour reprendre dans la ville étemelle le sceptre pacifique de saint Pierre ! — Pontife de Rome , relevez le chande^ lier d'or, et vous Venvironnerez de lis qui sortiront de sa tige comme un ornement nécessaire! a Fades candelabrum de auro mundissimo hastile ejus... lilia ex ipso procedentia! » (Ex., xxv, 31.) Quel spectacle. Messieurs
(I) Formule des Églises grecque et russe. Au temps de Pâques, uo homme qui en rencontre un autre lui dit: Jésus-Christ est ressuscité; et celui-ci répond : Il est véritablement ressuscité!
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que celui du souverain pontife retournant à Rome couvert des applaudissements et des bénédictions de l'Europe entière ! Des hommes plongés dans les plus profondes ténèbres, in tenebris et in umbra mortis (Luc, i, 79); des hommes si justement condamnés au double châtiment de voir dans les saintes Écritures ce qui n'y est pas, et de n'y pas voir ce qu'elles contiennent de plus clair; ces hommes, dis-je, n'avaient-ils pas entrepris, dans ces derniers temps, de nous prouver, par ces mêmes Écritures et dans plus d'un écrit, que cette suprématie, à qui A a été divinement et littéralement prédit qu'elle durerait autant que le monde, avait disparu pour toujours? Nous n'avons, Messieurs, contre les sophismes d'autres armes que le raisonnement; mais Dieu les réfute d'une autre manière : il répond par des miracles. Pendant que l'erreur prétait l'oreille aux faux prophètes, un prodige visible de la Toute- Puissance reportait le pontife au Vatican ; et sa main , qui ne s'étend que pour bénir, appelait déjà la miséricorde et les lumières célestes sur les auteurs de ces livres insensés.
Que pouvons-nous donc faire de mieux, pour exprimer les sentiments qui doivent nous animer dans ce moment, que d'emprunter la sainte élégance de ces fameuses acclamations par lesquelles les Pères du concile de Trente saluaient un autre Pie, vingt-septième prédécesseur de celui qui gouverne aujourd'hui l'Église ?
Au bienheureux pape Pie^ à notre seigneur pontife de la sainte Église universelle, longues années et mémoire éternelle ! a Beatissimo papœ PiOy et domino noslro universalisEcclesixpontifici, multianni et memoriaœterna h (Inter acclam. Patrum.)
Et comment pourrions-nous séparer de lui ce consistoire auguste, ces sublimes cardinaux, les compagnons de ses