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souffrances et les émnles de sa fermeté ? Nous leur dirons donc encore :
Aux intrépides héros de la vérité^ heureux retour^ tmmortelle renommée! au sénat orthodoxe, langues années! a Hrœconibus veritatis felix reditus, perpétua memorin! orthodoxo senatui multos annosf (Inter aeclam. Patrwn.)
Et vous nous saurez gré sans doute, mes frères, de ne point terminer ce discours sans arrêter un instant tos regards sur les obligations particulières que l'Église a contractées envers la Russie. N'est-ce pas la valeur russe qui déjà avait aplani la route à ce conclave fameux où, par une acclamation subite et unanime, Pie Vn fut porté sur la chaire de saint Pierre? et n'est-ce pas encore cette mAne valeur qui vient de briser les fers du saint-père, et de le rendre à sa famille désolée? — Mes frères, toute ta terre est au Seigneur, et tous les hommes qui la couvrent ne sont que les instruments de sa volonté/ aDomimestterra, etplenitudo ejus; orbis terrarum, et universi qui habitant in €0/ » (Ps. XXin, i .) Durant l'orage terrible que nous avons vu éclater sur l'Église, la puissante et généreuse Angleterre avait recueilli et consolé les brebis : aujourd'hui la Russie rend le pasteur à son troupeau. Ce n'est point à nous, chrétiens, à sonder les jugements divins, ni à rechercher trop curieusement les rsûsons de ce que nous voyons. Dieu s'est tourné vers l'un et l'autre pôle ; il a dit à P Aquilon : Rends-moi ce qui m^ appartient ! et au Midi: Tu laisseras faire f aDicam Aquiloni : Da! et Austro : I^oli prohibere ! » (Is., xliii , 6.) Pour nous, mes frères, pourrions-nous demeurer spectateurs indifférents de tant de merveilles? Nos cœurs, pleins de reconnaissance envers le Dieu tout -puissant qui nous a sauvés, ne s'épancheront-ils pas en sa présence pour le remercier de tant de faveurs signalées? C'est à vous surtout que je m'a-
POUR LE RETOUR IHJ ROI DE SÀRDÀIfilfE. 35&
dresse en finissant^ fidèles sujets de cette monarchie si sage^ si célèbre, si chrétienne^ et que nous voyons aujourd'hui^ après les plus horribles calamités^ si heureusement replacée sur ses bases antiques, ^histoire racontera la prudence de vos souverains, la pureté de leurs principes, la vigueur de leurs efforts, et la grandeur de leurs sacrifices à cette époque désastreuse. Ce fut sans doute un grand et magnifique spectacle que cette brillante réunion de valeur et de prudence qui put soutenir pendant quatre ans les efforts d'une puissance colossale, transportée par un véritable accès de fureur; mais bientôt il devint impossible de résister plus longtemps à la violence de Pouh ragan : le chêne des Alpes, isolé au milieu des débris, se vit déraciné. Vous ne sauriez. Messieurs, dans ces jours mêmes de triomphe et d'allégresse, vous ne sauriez vous rappeler sans un nouvel efiroi les jours terribles qui précédèrent la catastrophe du Piémont. — Le voilà donc ce fleuve épouvantable qui semblait ne rouler que du sang et des larmes; le voilà qui s'avance vers ces plaines si fertiles, pompeux ornement de la pompeuse Italie ! le voilà qui soulève ses ondes furieuses ! « Et ascendet super omnes rivos ejus^ et ihit inundansf » (Is., viu, 7.) O Emmantiel, il se répandra sur tes riches États comme un oiseau de proie qui étend ses vastes ailes sur sa victime palpitante / « Et erit extensio alarum ejus implens latitudinem terrœ tuœ, o Emmanuel! » (Ihid.y viii, 8.) 0 nuit désastreuse! 6 nuit effroyable, oii retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre^ cette étonnante nouvelle,,, non point, comme Ta dit le grand homme que je cite , Une princesse se meurt y une princesse est morte/ mah : Le trône s^abime! la famille royale a disparu! Un satellite du Directoire est assis à la place du trente-sixième descendant de Bérold. — Mais oublions, Messieurs, oublions cette affreuse époque.