A madame la prineeise de CUilItzlB
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J'aimerais autant^ Madame la princesse^ tirer une hirondelle au vol (même sans lunettes)^ que vous suivre dans tous les tours et détours de votre infatigable esprit^ tant vous êtes habile à choquer, à caresser, à gâter, à corriger, à projeter, à oublier, à plaire, à impatienter, etc., etc.... Enfin, Madame la princesse, c'est à faire tourner la tête. Faites-moi savoir ofQciellement, je vous en prie, si c'est votre bon plaisir qu'on vous aime purement et simplement, ou si vous préférez qu*on tourne autour de vous, en vous examinant comme une rareté. Il est très-vrai, Madame, que votre valet de chambre est venu chez moi comme chez d'autres qui vous célèbrent déjà dignement; mais qu^il soit venu de son chef, c^est ce que je ne croirai pas trop, à moins d'un ordre bien précis de votre part, car de ma vie je n'ai rien su refuser à une dame, même l'impossible. Il faut que vous sachiez. Madame la princesse, que jeudi dernier, lorsque je vous demandai, en vous quittant, si vous seriez chez vous le dimanche suivant, je m'aperçus très-bien que vous ét\ez déjà parfaite*
A MADAME LA PRINCESSE DE GAUTZ1N. 3i3
ment résolue à ne pas me recevoir; car vous délibérâtes formellement avec vous-même plus d'une mortelle seconde^ sans exagération, avant de me répondre : Sans doute. Ainsi^ Madame la princesse, votre domestique n'a rien à se reprocher^ et n'a fait avec votre permission qu'exécuter samedi Tordre donné dans votre conseil deux jours auparavant. Je vous dis tout ceci uniquement pour n'avoir pas Pair d'un nigaud^ et sans me fâcher comme plthsieurs autres, qui sont bien les maîtres de se fâcher^ que vous ne soyez triste que pour eux. Pour moi, Madame la princesse, j^ai pris l'inébranlable résolution de ne me fâcher avec vous pour rien au monde^ dussiez-vous m'inviter pour une soirée solennelle à Kieff^ et vous trouver à point nommé^ le même jour^ à Rome.
Résolu de plus^ Madame la princesse , à vous aimer^ même malgré vous , je serai cependant enchanté de savoir (toujours officiellement) si vous y consentez; car ce sera un grand plaisir de plus.
Vous voyez. Madame la princesse, que si demain je n'ai pas l'honneur de vous faire ma cour, ce ne sera par aucune raison profonde, mais uniquement parce que ma famille me retiendra , ou par quelque autre motif de ce genre.
Daignez, Madame la princesse, agréer Passurance la plus sincère de mon très-respectueux attachement.