‹ Lettres et opuscules inéditsChapitre 126 sur 166 · À M. LE MARQUIS HENRI DE COSTA · texte numérisé non relu

À M. LE MARQUIS HENRI DE COSTA

A la distance où nous sommes, ne pouvant pas aller autrexnent. Au reste^ Monsieur le marquis^ il pourrait bien se ftîre que j'allasse moi-même chercher votre livre; car, nuivant toutes les apparences, je suis sur le point de me ^ypairier; du moins j'en ai fait la demande expresse, et flnristerai. Mon projet, comme vous Tavez vu sans doute, |Btait de tenmner ici ma carrière ; mais les choses ont Ifèangé, et, par mille raisons longues à raconter, la place ll'es t plus tenable. Je ne vois pas trop même comment je me iMèverai du coup que j'ai reçu dans les tristes lambeaux ||ema fortune !... Mais parlons d'autre chose. Je vous reibercie d'avoir constamment pensé à moi; ne perdez ja- Ipiaîs cette habitude, je vous en prie. — Mon frère, qui est paintenant à Abo, en Finlande, sera bien joyeux de votre honvenir. Je suis charmé que vous ayez goûté son Lépreux, pont je suis grand partisan. Je vais sur-le-champ écrire à lie bon Xavier pour lui faire connaître votre souvenir et |potre approbation. Ma femme, mon fils, mes filles se lèvent Itoi masse pour vous saluer tendrement. Le second est ca- |»taine en pied dans le premier régiment de Pempire (les bfaevaliers-gardes) ; mais, comme je vous disais, l'édifice ^ae je bâtissais est renversé, et il faut recommencer par la {Iremière pierre.

Sans mes deux filles , je prierais ma femme de se faire religieuse, pour me laisser la liberté de me faire moine. iTous me recommandez de prier Dieu pour vous. La règle lit de vous répondre : Cest bien à vous de prier pour t; mais il me semble que les compliments ne sont pas mise en si grave sujet. J'aime donc mieux vous réponque je ferai, quoique indigne, tout ce qui dépendra moi, en vous priant, en style diplomatique, de m'accorla réciproque^ et même plus s'il y échoit. Témoignez souvenir à vos chers enfants : je les porte tous dans cœur. J'ai pris une part infinie à leurs succès, et sur

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llieureux Cresciie et muttipHcamini prononcé au iniliea de votre famille par la divine Providence, n lui aph d'envoyer une partie de ma famille à Gènes. Ce sont là ii ses coups/ Qui sait ce qu'elle fera encore de moi! Mon fils est lieutenant-colonel : je veux me proposer comn» tambour dans le régiment où il se trouvera. J'ai de Toreille et les bras encore très-dispos : c'est le seul emploi pour lequel je me sente des dispositions décidées. Adieu mille fois^ cher et digne ami^ le compagnon^ le consolateur de ma jeunesse, l'animateur de mes efforts, et Tobjet cmtant de ma tendresse. J'espère vous voir encore, et vow rabâcher mille choses peu connues. Voyez-vous le nuiN quis de Barol, Tabbé de Caluso? S'ils sont de votre connaissance, rappelez-moi à eux, je vous en prie. Dites à ce dernier que je me suis senti constamment pauvre depuis qu'il ne m'a plus été possible de le piller^

Tout à vous, excellent ami; je vous serre dans mes bras.

119. — A II. le Tlcontte de Bonald , de PAcadémle frmaçalse, menibre de }a. chambre des députés, à Parte.

Saiot-Pétersbonrg, s (20) mai I8I&

Voilà ce que c'est que d'être législateur, on méprise tous les hommes qui n'ont point de constitution; et il n'y a plus moyen de tirer de lui pied ni aile. Si je ne me trompe. Monsieur le vicomte, vous me deviez une réponse au moment de votre dernière hégire : j'avoue qu'il faudrait être bien injuste pour exiger quelque chose de vous à une telle époque; mais à présent que toutes les choses sont à leur place, et que Phomme le plus difficile n'a plus

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L à désirer^ rien n^empéche^ je pense^ que je ne vienne s attaquer de nouveau, et continuer^ au moins de loin oin, une correspondance à laquelle j'attache tant de L. n m'est impossible^ Monsieur, de vous exprimer l'in*tt avec lequel je vous ai suivi dans les comices natio- X, où vous dites de si bonnes choses; je suis fâché lement que^ vos anciennes erreurs prenant de temps ^ernps le dessus^ il vous soit échappé quelques blasphè- » qui ont scandalisé le ci-devant archevêque de Mali- . Ceci, Monsieur le vicomte, me parait très-sérieux; et )us m'en croyez^ vous recourrez au roi pour être relia* ié.

!uel plaisir je trouverais à jaser avec vous sur Tétat ac* . des choses I Quel fonds inépuisable de réflexions et structions ! Il y a de quoi trembler, sans doute; mais, I ne me trompe aussi, les principes français ne sont pas ifiFés, et la vérité conservera sa devise éternelle : Nubila Ht. Après la maladie horrible qui vous a travaillés dant vingt-cmq ans, il ne serait pas raisonnable d'atire une guérison subite; c'est assez qu'il y ait des ger- I de restauration qui se développent graduellement : t un spectacle qui m'occupe presque exclusivement, celui d'Oromaze et d'Ahrimane se battant dans votre jmblée. Il n'y a ni prêtre ni évêque, à ce que je vois, s, en revanche, il s'y trouve des protestants. Cela me ;)elle une facétie digne de Brunet, si elle n'est de lui : )tre future n'a pas d'esprit, mais en revanche elle est ès-laide, o

ai pris beaucoup de part à votre promotion littéraire; ement je voudrais pouvoir vous appeler l'un des Qua- :e. Je ne puis souffrir le mot d'Institut national à la « de celui 'd'Académie : c'est Garguille au lieu de ald; mais c'est encore un point sur lequel j'espère ir un jour pleine satisfaction, car il me semble voir un

penchant^ un nisus caché vers les anciennes fonnes et lu anciennes dénominations : et c'est tout ce qu'on peut s» i^ haiter. ^

Je me rappelle que vous eûtes la bonté de m'adressVi m il y a deux ans, un tableau de la France qui faisait pMps^ d'honneur au peintre qu'au modèle. Reprenez vos {À- iit ceaux^ je vous en prie, et envoyez-moi, de grâce, un doI' fe veau cadre qui me fasse voir votre patrie comme yoqsIi ^ voyez; du moins si les couleurs doivent être moins bres, car si vous n'avez pas des espérances, je ne vous mande rien.

Depuis que je n'ai eu l'honneur de vous écrire, noi avons chassé les Jésuites de cette grande capitale; é même temps Sa Majesté l'empereur de la Chine les a demandés. Recevez-les en France ; il y aura un moyen se consoler de ce qui est arrivé ici. Savoir^ c'est savoir pat ^ les causes, disait la vieille école. Je vous amuserais beai-L coup si je pouvais vous développer de vive voix tout» celles qui ont amené une catastrophe si fatale à l'Ëglis catholique: il vous sufQra de savoir. Monsieur, que le mouvement des esprits vers notre croyance était devenu si rapide, et les conversions si marquantes par le nombre et la qualité des personnes, que le fanatisme et l'autorité ont été alarmés à la fois. Il faut avouer aussi que, du côiéJD des apôtres, le zèle a été parfois un peu précipité; il » manqué dans cette occasion, à la cause de la vérité, ce qui manque si souvent, une grande tête à la tête des tétei' Ce que nous avons vu n'est pas moins infiniment intérestant; car il est bien vrai que les Jésuites tâchaient de profr ter du mouvement des esprits; mais il n'est pas vrai (h Uwl qu'ils l'eussent produit. Le branle est donné de ptas haut, et ne s'arrêter^ point, quoiqu'il ne soit plus aidé par tant de bras vigoureux.

Dans peu vous verrez à Paris une dame russe, madame

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