‹ Lettres et opuscules inéditsChapitre 134 sur 166 · À S« B. LE GÀBBINÀL 8EVER0LT · texte numérisé non relu

À S« B. LE GÀBBINÀL 8EVER0LT

port. S'il venait à s'obstiner, et si le gouvernement le soulenaity les saites seraient inquiétantes. Je ne puis guère douter du projet arrêté de soustraire la Pologne à l'obédience du saintrsiége par des moyens qui pourraient même échapper, dans le principe, à l'œil juste et attentif du souverain. Les plus terribles ennemis de la religion sont à la tête des choses dans ce malheureux pays; jamais nous n'eûmes plus besoin de toute la sollicitude de Sa Sainteté.

Une société de juifs caraites vient d'envoyer ici à la Société biblique une Bible traduite en tartare , et écrite en caractères hébreux (rabbiniques). C'est un monument très-curieux. J'ai vu le manuscrit, qui est en quatre volumes in-octavo, et même je m'en suis procuré un fac^ simile. Ces juifs disent qiiHls possèdent cette traduction de temps immémorial et qu'ils en ignorent l'auteur. J'ignore, de mon côté, si elle est faite sur lés Septante ou sur l'hébreu, et si cette traduction est connue à Rome, Il parait que la Société biblique enflamme les têtes mêmes qui lui sont étrangères; du moins, j'entends dire que les libraires ne peuvent suffire à la quantité de Bibles qu'on leur demande. Sacy et Camère sont les plus répan* dues, car il ne s'agit, en Russie, que de langue française. En attendant Peffet de tout ceci, c'est un spectacle assez curieux que celui de voir des sociniens, des déistes, des indifférents, ou des ennemis même de toute religion, séant dans la Société i)iblique. Un spectacle non moins curieux, mais d'un tout autre genre, c'est celui de l'embarras où se trouve aiyourd'hui l'Église anglicane. Poussée à bout par la Société biblique, elle en est venue à soutenir qu'un fidèle ne peut entendre la Bible autrement que son Église; sur quoi tous les dissidents en chœur lui crient : Ah/ Madame y vous êtes donc catholique/ J'ai fait venir de Londres un livre tout à fait curieux, publié par un ecclésiastique

anglais (M. Norris), sur la tendance et les proeUààh Société biblique; Londres^ 1813. Ce livre m'a bemof intéressé par les faits qu'il révèle. Il n'y a pas démina reste^ que l'Église anglicane soit fouettée par ses eatAlini C'est le meilleur moyen de la fsire convenir qa'dlehii|iis mal élevés.

Au mois de mai prochain^ Monseigneur^ je menilp'lh cherai de Votre Éminence. Sur mes instances iâtéféeS|k||n Majesté a bien voulu me rappeler. S'il y a qu^qnemofi^l i lorsque je serai en Italie, de revoir la capitale deii(M>|i tienté^ je le saisirai avec empressement^ car j*ai oonsoii un tendre souvenir de Rome.

Je serais infiniment obligé à Votre Éminence^ à A avait la bonté de mettre aux pieds du saint-père moQpnfond respect et mon dévouement filial. Que n'avons-aos pas vu depuis que j'eus l'honneur de lui être préseotéà mon passage à Rome en 1803 1 A travers tant dliorreQn, il y a des points lumineux et de grandes espérances. 9 Virgile était au monde^ il pourrait nous refaire une qoitrième églogue.

Daignez^ Monseigneur, agréer les assurances de la respectueuse vénération, et, si elle veut bien me le permettre, du véritable attachement avec lequel je suis, etc.

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