‹ Lettres et opuscules inéditsChapitre 14 sur 166 · f A mademoiselle Adèle de Maistre · texte numérisé non relu

f A mademoiselle Adèle de Maistre

Turin, 3 Jain 1797.

fai été très-content, ma bonne petite Adèle, de l'extrait iA Rédacteur que tu m'as envoyé. Il est très-bien choisi, et ecmtient des vérités intéressantes. Quand on cite les liioQroaox, H faut citer le jour et l'un, et même le numéro, «il'on peut, pour le retrouver à volonté; par exemple: Béiacteur du samedi 27 mai 1797, n' 185. Quand il s'agit 1. 3

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de Inrres , on cite le tome , le chapitre^ et quelqi^ois h ^ page. Voilà, mon enfant, une petite leçon que je të dom ^ en passant ; car, en te louant sur ce que tu fais de bieAj je tâche toujours de te conduire à faire encore mieax, rien ne me faisant plus de plaisir que d^avoir de nouvelles rai* sons de t'aimer.

J'ai aussi été très-content du verbe chérir que tn m'» " envoyé. Je veux te donner un petit échantillon de conjn** gaison, mais je m'en tiendrai à Vindicatif y c'est bien a»* "^z pour une fois.

Je^6 c^^'5, ma chère Adèle : tu me cA^rif aussi, etmamas ' te chérit : nous vous chérissons également Rodolphe etloii ^ parce que vous êtes tous les deux nos enfants, et que vou nouscA^m^e^ aussi également Tun et l'autre; maïs c'ert ] précisément parce que vos parents vous chérissent tant, quil faut tâcher de le mériter tous les jours davantage. Je ' te chérissais, mon enfant, lorsque tu ne me chérissais pomt encore ; et ta mère te chérissait peulrêtre encore jtm, ' parce que tu lui as coûté davantage. Nous vous cAmM^diif tous les deux lorsque vous ne chérissiez encore que le bût de votre nourrice , et que ceux qui vous chérissaient n'avaient point encore le plaisir du retour. Si je t'ai chérie depuis le berceau, et si tu m'as chéri depuis que tu as pu te dire, Mon papa m'a toujours chérie; si nous vous avons chéris également, et si vous nous avez chéris de méme^je crois fermement que ceux qui ont tant chéri ne changeront point de cœur. Je te chérirai et tu me chériras toujours, -et il ne sera pas aisé de deviner lequel des deux chérira le plus l'autre. Nous ne chérirons cependant nos eofstùB, m moi , ni votre maman, que dans le cas ob vous «UrÂvs vos devoirs. Mais je ne veux point avoir de souda sur ce point, et je me tiens pour sûr que votre papa ef>0tre mêrA man vous chériront toujours.

Marquennoiy mon enfant, si tu es contente de cette

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coBjuiaison^ et si tous les temps y scmt (pour Vindicatif), idiao^ mon cœur.

S. — t A mademoiselle Adèle de Malttre.

Tarin, 18 octobre 1797.

Sans doute, ma très-chère enfant^ tu as fort bien deviné le sentiment qui empêche ta maman de te vanter à toimême : il en pourrait résulter deux inconvénients^ celui d'augmenter ton amour-propre et celui de nourrir ta paresse. Tu sens bien par toi-même qu'on est toujours porté à s'arrêter en chemin, à dire : C'est assez; et c'est un grand mal. Maman voudrait donc éviter cette nonchalance, et t'animer constamment à de nouveaux efforts; mais il est bien sûr (et sûrement tu en es persuadée) qu'il n'y a personne au monde qui t'aime plus que cette bonne maman, et qui rende plus de justice aux efforts que tu fais pour être une bonne et aimable personne. Jamais tu ne bb quelque chose de bien sans qu'elle ait soin de m'en fa»e part; plus tu vivras, mon cher enfant, plus tu regarderas autour de toi, et plus tu verras que nulle part tu ne peux être mieux qu'auprès d'elle. Je te remercie de la dianson que tu m'as envoyée, et que j'ai trouvée très-jolie. Je suis aussi assez content de ton style et de ton orthographe^ qui se perfectiœinent; j'ai bien envie d^être auprès de toi pour y donner la dernière main. En attendant, je pois f assurer que tu as des dispositions pour écrire purement; Wf»\y il faut les cultiver. Voilà peut-être qui va te donner 'de l'orgueil; mais une autre fois je ne te parlerai ([oe de tes défauts^ pour t'humilier. Tu feras fort bien, mon dier enfant, de m'écrire de temps en temps; mais il

faut laisser courir ta pliime^ et me dire tout ce qui t# dans la tête. Tu as toujours quatre chapitres à traiter^ plaisirs, tes ennuis, tes occupations et tes désirs : avec c. on peut remplir quatre pages. Pour moi, fl me suffit quatre mots, en suivant cette même division : Mon pbd^ serait d'être avec toi, mon chagrin est d'en être éloigni^ mon occupation est de trouver les moyens de te rejoindwfc, et mon désir est d'y réussir. Adieu, mon cher enfant.

G- — t -A. BUidemoiflelle Adèle de Maistre*

Tario, S déoembie 1797.

J'ai reçu avec beaucoup de plaisir ta dernière lettre, mp chère Adèle, et j'en ai beaucoup aussi à voir la francliiw avec laquelle tu as condamné ce sentiment d'amour-pr<^i0 que tu avais là. J'espère que tu seras toujours amie de It vérité ; et de toutes les bonnes qualités possibles, c'est oeUe qui m'attachera le plus à toi : je serai toujours un boa confesseur pour toi, et je te donnerai aussi Tabsolutioa à ma manière. J'ai bien reçu, dans le temps, la chanson dei Incroyables y que j'ai trouvée fort jolie; je croyais foi avoir accusé la réception. Au reste, ma chère enfant^ je ne suis pas de la dernière exactitude pour les réponses; je réponds quand j'ai le temps, et c'est une petite liberté qu'un confesseur peut bien prendre avec sa pénitente. Conte-moi un peu si tu n'oublies point ce cahier que ta m'avais tant promis de suivre exactement : est-il déjà bieo gros et bien riche? Je suis persuadé que tu y mets toujoun quelque jolie chose de temps en temps. Si tu Tas oubliés.

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