A M* le iriconiLte de Bonaldy à Paris
Saint-Pétenboorg, I*'(l3)mail8l7.
J'ai reçu, Monsieur le vicomte, votre dernière lettre, à laquelle je pardonne de s^étre fait un peu attendre. Les lettres sont comme les dames : quand elles sont extrêmement aimables, on leur pardonne volontiers d'arriver un peu tard. Je dois répliquer à cette épître par un mot trèscourt et qui vous surprendra beaucoup : A la fin de juin, je serai à Paris. Vous me dites, Monsieur, que vous irez rejoindre vos rochers. Sera-ce avant cette époque? J'en serais désolé. Quel chagrin pour moi de manquer cette occasion de nous connaître face à face ! Si je dois avoir ce malheur, n'oubliez pas au moins de laisser votre adresse chez mon ambassadeur (le marquis Alfieri de Sostègne), afin que j^aie le plaisir au moins de vous écrire de Babylone, ville qui tire son nom de Babyl, comme Fobservait très-bien le profond Voltaire. — A propos de Voltaire, je vous remercie de la brochure qui le concerne et des au- I- 27
très. Je vous y ai retrouvé tout entier, comme dans tout ce que vous écrivez (1). — Ahl que vous avez bien raison! Mais il faut finir. Au milieu des embarras incmienses qm accompagnent mon déplacement, je n*ai que le temps dinsérer ce billet dans une lettre très-sûre, pour vous faire connaître ma destinée et l'extrême envie que j'aurais de vous exprimer de vive voix les profonds sentiments d'estime et de considération que vous m'avez inspirés pour la vie. Votre, etc. ^