‹ Lettres et opuscules inéditsChapitre 146 sur 166 · Au Wi* P* Wtmutfen, de la eompa^^e de ilénH · texte numérisé non relu

Au Wi* P* Wtmutfen, de la eompa^^e de ilénH

Satnt-Pétersboarg, 4 (te) mai I8I7.

Mon très-révérend Père,

J'ai reçu votre lettre du 22 avril (4 mai) dernier et la précédente, qui est déjà enfouie dans le fond d'un portefeuille. Je vous remercie infiniment de Tune et de l'autre. Il me parait impossible de rien ajouter à la démonstration négative dont vous m^avez envoyé le supplément, ou, pour mieux dire, le complément. Il faut cependant en convenir, c^est une bien atroce scélératesse que la supposition de cet édit I En vérité, mon révérend Père, la nature humaine fait peur; dès que la passion s'en môle, la probité court grand risque : c^est pourquoi il est nécessaire de donner à celle-ci un tuteur de meilleure condition qu'elle.

Vous faites très-bien, mon très-révérend Père, d^écrire quelque chose pour vous défendre. Cura de bono nomine, c'est un précepte de saint Paul, Vous remplirez d'ailleurs

(I) Noas igoorooa à quelle broobore de M. de Booald lait alliuioD If. de Maistre,

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ir aveo une modération qui ne pennettra aucune sage. Si toutes mes paperasses n'étaient pas eny clouées^ liées^ etc., j'aurais voulu vous envoyer l'aurait paru pouvoir vous être utile. Les chapitres XXXVI démon avant-dernier ouvrage {JEÀ^ai lur le r générateur des institutions humaines) sont assez sur votre compte : le morceau de Plutarque sur* umé en inscription pour le buste de saint Ignace^ é heureux. Si vous pouvez tirer parti de quelques Ter me Heet, et j'en serai très-aise. 9e ne suis plus l'un morceau de papier^ et cette lettre^ mon cher snd Père^ est la dernière que vous recevez de moi^ i cette grande capitale. Je dois m'embarquer sur la le Sa Majesté Impériale envoie en France. Uem- SI daigné m'arranger parfaitement bien avec toute lie. C^est le Hambourg, de 74, qui m'est destiné; I voyant point encore paraître mon successeur, je ice à craindre que la fortune (comme on dit) ne e à me jouer quelque mauvais tour. Les probabilendant sont toutes pour le départ, m'avez fait grand plaisir de me faire connaître le 3ur du libelle que j'ai eu l'honneur de vous adre»* irais bien voulu atteindre les autres pamphlets (TOUS ai parlé; mais il n'y a pas eu moyen : vous les titres, c'est assez pour qu'enfin ils vous arrilurais bien voulu aussi vous adresser le livre tant de M. Stourdza; mais la chose m'a été de même )le, quoiqu'il y en ait quelques exemplaires dans é de Pétersbourg; cependant, on ne le vend point L^animosité qui dure toujours, et d'autres circon^ ncore, doivent donner beaucoup de vogue à ce auteur s'y montre sous le triple aspect de chrétien, dé et de Grec. Sur le premier point, nous sommes 1; sm* le second, on n'en finirait pas. Le Jeune

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homme soutient ouvertement le système d'Qrigène sur l'é-j st t^nité des peines : je ne sais pas trop OMmnent il s'aolje cordera avec le saint synode; mais on m'assure^ pendant *que j'écris ceci^ qu'après avoir un peu balancé, Faréopage ecclésiastique avait permis l'impression à SaintrPétersr bourg, ce qui me paraît très-digne de remarque (l&P^ mière édition n'a pu se faire qu'à Weimar). Par le côté de I jg rilluminisme ou du martinisme, M. Stourdza plaira beau- k coup dans une ville où ce système gagne tous les jours; comme je Tai Jadis étudié à fond, je m'amuse beaucoup de tout ce qui s'y rapporte. La conscience de l'auteur^ qui est certainement très-bonne, lui a dit assez que son livre n'avait été nullement provoqué ; il prend donc ses précautions dans la préface, où il dit que quelques héténh doxes (mille pardons, mon R. P.) ayant outragé la religion de son pays^ la défense était de droit naturel; mais, avec sa permission, c'est un sophisme. Quelques personnes s^étaient présentées à la porte de l'église hétérodoxe : ou Pouvrit; c'était mal fait, à la bonne heure; mais cela ne s'appelle point attaque. Jamais on n'a manqué de respect ni d'égard envers les orthodoxes; jamais on ne s'est permis de discours, ni, à plus forte raison, des écrits offensants; ainsi, il n'y a point de parité. Une vengeance juste et noble eût été de compter à peu près le nombre des orthodoxes pervertis il y a deux ans, et de convertir cette année un nombre égal de cathohques. Vous trouverez le style de l'ouvrage bon, ferme et pur, excepté dans les endroits où il est un peu déparé par le pathos mystique. Dans tout ce qui concerne nos querelles particulières, l'auteur est d'une ignorance ou d'une mauvaise foi sans égale, et prêterait le flanc à une critique terrible. Ce qui vous étonnera, mon révérend Père, lorsque vous lirez le livre, c'est le ton général, qui n'est point celui d'un homme du monde, mais plutôt celui d'un régent de mauvaise humeur. M. Stourdza

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est cependant un homme de beaucoup d^esprit et de talent ; et quand on pense qu'il est en état d'écrire en allemand et en russe aussi bien qu'en français^ on doit convenir que bien peu de jeunes gens pourraient lui être com-. parés. Je suis fâché qu'il ait employé ses talents à cette diatribe, et qu'un livre de pure colère soit sorti d'une main que j'aime. H parle dans un endroit de Vignorance de PÉglise latine, ce qui m'a fait dire que je voulais composa un livre sur la poltronnerie de V armée russe : l'un vaudra bien Vautre, en vérité. Bel exemple, mon révérend Père, entre un million d'autres, que, lorsque la passion se montre, le bon sens disparaît.

Je sais bon gré à M. Stourdza de ne vous avoir pas nommés dans son écrit : à cet égard, il a retenu sa plume; je ne sais pourquoi, mais il a bien et noblement fait.

Je ne saurais trop vous remercier du discours de Henri IV, Ne feriez-vous pas bien de l'imprimer à la suite de l'ouvrage que vous méditez ? Nous nous sommes parfaitement rencontrés dans le grand argument tiré des amis et des ennemis. Je Pai beaucoup fait valoir moimême ; et, dans ce genre, mes portefeuilles étaient riches. Dites, je vous prie, à mon cher père Pietroboni que, si j'avais encore besoin de sa relation, je lui aurais rappelé un discours d'Ovide que nous avons tous les deux récité au collège : — Cum subit illius tristissima noctis imago, — Labitur ex oculis nunc quoque guiia meis. Mais , en remuant mes papiers, j'ai trouvé la lettre qu'il avait écrite, qui me fut communiquée dans le temps, et que j'avais égarée; je ne lui demande donc plus rien. Je lui envoie mille tendres compliments, espérant toujours que tôt ou tard il viendra nous voir en Italie. Mille hommages respectueux au T. R. P. général. J'espère que vos prières accompagneront la famille voyageuse, n est douteux que je passe encore ici quinze jours ; si donc je puis vous être utile à

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Paris, écanvet plutôt ici à quelque correspondant qcfk moi, afin qu'au moins il n'y ait pas de lettre perdue. Arrivé à

^ Turin^ je m'empresserai de vous donner de mes nouveHes.

^ Ce que vous m'écrirez vous-même poste restante m^arriyera toujours.

* Mon très-révérend Père, nous ne vous oublierons jamais, bien sûrs d'un retour parfait. Recevez en particulier Fassurance de l'inviolable attachement et de la haute considération avec laquelle fe demeure, comme disaient nos aîeux^ mon très-révérend Père,

Votre très-bumble et trè^-obéissant serviteur.

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