‹ Lettres et opuscules inéditsChapitre 151 sur 166 · A 1I« le comte de fêtolher^, à · texte numérisé non relu

A 1I« le comte de fêtolher^, à

Tario, décembre I817.

Monsieur le comte.

Il s'est établi à Turin, depuis quelques années, sous le nom modeste d'Amis catholiques^ une société dont le but principal est de propager la lecture des bons livres, en les tenant à un prix très-bas, et souvent même en les donnant, autant que ses moyens le lui permettent, afin de faire circuler la bonne doctrine jusque dans les dernières

A M. LE GOIfTE DB STOLBERG. 481

de l^État. Vous voyez. Monsieur le comte, que notnbat est précisément la contre-partie de la funeste propjgmde du siècle dernier, et que nous sommes pariaitesûrs de ne pas nous tromper en faisant précisément le bien ce qu'elle a fait pour le mal avec un si déplosuccès. Parmi les livres, qous choisissons surtout ce qin y a de plus court et de plus à la portée de tout le flMMide; mais nous tâchons de nous proportionner, autant qttV est possible, aux âges, aux caractères et aux capacifiê différentes. Le genre polémique, l'historique et l'ascé* lifBe occupent alternativement notre pensée, et nous varkm nos armes suivant les circonstances. Les petits traités (fâ. nous occupent principalement n'écartent cependant pat nos yeux des ouvrages capitaux, et bientôt nous aurons k plaisir d'écrire dans la liste de nos livres une traduction italienne de votre précieuse Histoire ecclésiastique. Cette traduction part de la plume élégante de M. le chevalier de RoKi, et tout nous porte à croire qu'elle sera digne de Poriginal.

Notre correspondance s'étend déjà à Rome et dans kft principales villes dltalie, à Paris, à Vienne, à Gett&fe, etc. •

Nous avons pensé. Monsieur le comte, que vous asso- CMriez volontiers votre respectable nom à ceux dont vous trouverez la Uste ci-joinle. Car il faut bien que vous connaissiez, au moins de cette manière, les amis qui se présentent à vous. Je suis enchanté. Monsieur le comte, d'a^r yfoa été choisi par eux pour être auprès de vous l'organe de leur profonde estime : il faudrait ne pas habiter TEurope pour ignorer votre caractère, vos travaux et vos feintes résolutions.

Je ne sais pourquoi. Monsieur le comte, je n^ai pas commencé par vous dire que nous avons mis notre société l'inspection et la présidence immédiate de Tarche- I. 5J

Téque de Tarin. Erniwn» iiM»iek de YetprU pariiewÊiÊr, notie pramier devoir était de le diasier absobuneol é»

Pennettes-nioi maintenant , Mooâeor le c<Mnte^ dV jouter qndqoes lignes en mon nom. Pmdant maa sij/tm à PéterdxMvg, où j'ai résidé trèfr-longtenips en qoaili d'envoyé extnordinaire et ministre plénipotentiaira é» S. M^ je cédai an désir de vous adresser un opnscula menait de tomber de ma plume, et qui n'est plus sonai main dans ce moment : je raccompagnai d'une lettn 10 (23; juillet 1814, et le tout fut remis à un honmia prit auprès de moi Fengagement de tous faire iBon paquet; j'ai eu dès lors, indépendamment mémaé» ¥otfe silence, les plus fortes prés(MnptioDs que mon quet avait été suj^Nrimé, par la plus inexcusable curii cependant il est possible que tous m'ayez fait llio de me répondre, et que Totre lettre se soit égarée; je ▼ouhis point, dans le temps, vous ennuyer de cette sère; mais, puisque je trouve l'heureuse occasion de écrire, je vous prie de me faire savoir si, en eflety ma lettre ne panint pas. Elle ne contenait, au reste, que l'i pression de mes sentiments pour votre personne, et conséquent ce que tout homme pensant conmie moi aurait éoit conune moi.

Agréez, Monsieur le comte, les assurances de la considération, etc.

à H. DDMOlfT. 483

146. *- A M • Dninont^ bachelier en droite à Çflwf» proTtnee de Fanel^By^ en SaTote.

Turin» t janvier I8I81

Monsieur^

ftien ne pouvait m^étré plus agréable^ «ous tous les rap^ \y que votre lettre du 22 décembre. D*abord, j'ai été lanté de n'être point tout à fait oublié de M. le chevade MaimieuX; après vingt ans d'un silence ordonné par circonstances déplorables qui se sont jetées entre lii AUoi^ et qui ont fait disparaître surtout le lien si respeo*- ',, du moins pour moi^ de notre ancienne correspon- \, Texcell^te chanoinesse de Pollier. Quels efforts ^je pas faits pouf savoir si elle existait^ et pour décou-^ le lieu où elle s'était cachée ! Mais tous ces efforts ont iM ^ains; et quand je vis que notre amie commune^ la dibaronne de Pont, qui a disparu de cette malheureuse lie, n'avait pas été plus heureuse que moi, je pensai que je devais renoncer à tout espoir; et jamais^ en »^ je n'ai pu découvrir aucune trace de cette éxcelchanoinesse. Vous ne me dites pas^ Monsieur^ si elle encore. -^ Je n'ose pas vous faire une questicm* ■je n'en croyais que les mouvements de mon cœur^ Je nteipresserais d'écrire à M. le chevalier de Maimieux; je crains d'ouvrir de nouvelles correspondances sans rdr y satisfaire^ tant je suis oppressé et presque étouffé ce momenté GhargcK'^ous^ Monsieur^ je vous en prie^ iê kii ffdre passer les témoignages les plus sensibles de «M reconnaissance ; c'est un véritable bonheur pour mol d'sioir pu intéresser un personnage de ce mérite; et s'il a é son approbaticm à quelques lignes tombées de ma

484 unwM isn

plume, je veux qu'il sache qu'elle est pour moi ai de mille autres.

Passant de l'inventeur à Invention , je ne puis vous o- ^rimer. Monsieur, l'immense intérêt que mln^ire calla pasigraphie; en admettant la certitude de cette méthoii et son usage général, elle éclipse celle de l'imprimerie^ é» la boussole, des pendules, de la pompe à feu , en un tout ce qu'il y a de plus grand dans le domaine du — Je dis, du fond de mon cœur : Quodfelix fausiwm^ que sit!

Il y a vingt ans que je disais, au moins quant au mm général, dans un mémoire remis à la chancnnesse de Bollier : a Je désirerais savoir en quoi la pasigraphie diiBn « de récriture chinoise ; car l'homme, de quelque aic nière qu'on s'y prenne, ne peut peindre que des i c ou des sons. Dans le premier cas, il parle chinois; « tout le monde sait qu'un Chinois, un Japonais, un Cda réen, un Cochinchinois (et d'autres peut-être) qui lisenl a un livre chinois, lisent chacun dans sa langue sans ae a comprendre nullement : ce qui constitue bien précMa ment une pasigraphie. d

Je demandais, en second lieu , < 5f , et par quel moyÊm, la pasigraphie peut éviter la synonymie? » Vous me paâgraphez, par exemple, cette phrase française : Il ui tombé dans le gouffre ; qui m'empêchera de lire : // m roulé dans V abîme?

La difficulté est la même à l'égard de la langue chinoâBj lorsqu'il s'agit de traduire la langue écrite dans la lai^w parlée. Je la proposai donc à Saint-Pétersbourg aux interprètes de l'empereur ; mais, comme ils savaient très-ori le latin , unique langue commune entre nous, ils ne sunttt pas me satisfaire.

Je me rappelle que M. le chevaher de Maimieux, une lettre à la chanoinesse, lui disait en passant, et

Page 1