‹ Lettres et opuscules inéditsChapitre 16 sur 166 · A MUMlemolielle Ckingtanee de Haistre · texte numérisé non relu

A MUMlemolielle Ckingtanee de Haistre

CagUari, I3 JaûTier I8O2.

' Mon très-cher enfant, il faut absolument que j'aie le ^ plaisir de décrire, puisque Dieu ne veut pas encore me donner celui de te voir. Peu^-étre tu ne sauras pas me * lire couramment, mais tu ne manqueras pas de gens qui [ t'aideront à déchiffrer l'écriture de ton vieux papa. Ma chère petite Constance, comment donc esWl possible que je ne te connaisse point encore, que tes jolis petits bras ne se soient point jetés autour de mon cou, que les miens ne t'aient point mise sur mes genoux pour t'embrasser à mon aise ? Je ne puis me consoler d'être si loin de toi; mais prends bien garde, mon cher enfant, d'aimer ton papa comme s^il était à côté de toi : quand même tu ne me connais pas, je ne suis pas moins dans ce monde, et je ne t'aime pas moins que si tu ne m'avais jamais quitté. Tu dois me traiter de même, ma chère petite, afin que tu sois tout accoutumée à m'aimer quand je te verrai, et que ce soit tout comme si nous ne nous étions jamais perdus de vue : pour moi, je pense continuellement à toi ; et pour y penser avec plus de plaisir, j'ai fabriqué dans ma tête une petite figure espiègle, qui me semble être ma Gons*

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tanee. Elle a bien quelquefois certaines petites fantuses; mais tout cela n'est rien^ je sais qu'elles ne durent pas. Bfa chère petite amie^ je te recommande de tout mon cœur d'être bien sage^ bien douce^ bien obéissante avec tout le monde^ mais surtout avec ta bonne maman et ta tante^ qui ont tant de bontés pour Un : toutes les fois qu'elles te font une caresse^ il faut que tu leur en rendes deux^ une pour toi et une pour ton papa. J'ai bien ou! dire par le monde qu'une certaine demoiselle te gâtait un peu; mais ce sont des discours de mauvaises langues que le bon Dieu ne bénira jamais. Si tu en entends parler^ tu n'as qu'à dire que les enfants gâtés réussissent toujours. Je ne veux point que tu te mettes en train pour répondre à cette lettre; je sais que la bonne maman veut ménager ta petite tmlle, et elle a raison. Tu m'écriras quand tu seras plus forte; en attendant Je suis bien aise de savoir que tu aimes beancoup la lecture^ et que tu sais ton Télémaque sur le bout du doigt. Je voudrais bien parler avec toi de la grotte de Galypso et de la nymphe Eucharis que j'aime bien^ mms cependant pas autant que toi. Je voudrais aussi te demander si tu n'as point eu peur quand tu as vu Mentor jeter ce pamTC Télémaque dans l'eau tête première, pour l'empêcher de perdre son temps. Ah! jamais ta tante Nancy n'aurait fait un coup de cette sorte. Un bon omàt, que tu ne connais pas encore^ te portera bientôt de ma part un livre qui t'amusera beaucoup : il est tout pldn de belles images, et^ dès qu'on t'aura expliqué conmoentfl faut se servir du livre^ tu pourras t'amuser tonte seule. Adèle et Rodolphe s'en sont bien divertis; à présent^ c'est ton tour : je te le donne, et quand tu le feuillettotisr^ta ne manqueras jamais de penser à ton papa.

Ta maman, ton frère, ta soeur t'entrassent de tout leur cœur; et moi^ ma dière enfant, juge si je t'embrasse, â je te serre sur mon cœur, si je pense à toi continuellemeot 1

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Adiea mon oœur^ adieu ma Ck)nstaace. Mon Dieu, quand Vmmà'je donc te voir?

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