A M* leeomte de Ifareelliis
9 août 1819.
Monsieur le comte.
On ne saurait être plus sensible que je ne l'ai été aa présent que vous m'avez fait. Défenseur de tous les bons principes, en donnant ce que vous avez dit, vous réjoui»* sez la pensée et vous ranimez l'espérance^ Les hommei
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ressemblent aux lames de l'aimant artificiel : c'est de Tu- Bion que résulte la force; brisez le lien, ils ne s'attirent ni n'attirent. Mais je ne sais comment , Monsieur le comte , nous n'avons pas pour l'agrégation le môme talent que les brigands : ils sont toujours ensemble^ et nous^ toiyours disséminés. Cependant, après la communion des saints , je ne vois rien de meilleur que la communion des bons. Toutes les fois donc qu'il vous arrivera de soutenir quelque grande thèse publique, faites-moi Phonneiir de penser que je suis en communion avec vous, et que je bats des mains.
Je suis désolé; Monsieur le comte, de ne pouvoir vous oiïrir les faibles opuscules qui sont tombés dé ma plume à différentes époques. Le croirez-vous? mais rien n'est plus vrai, je ne les ai plus moi-même; c'est-à-^Ép cependant que j'en ai un exemplaire (ce n'est pas trop), que je Sarde pour mes enfants ad futuram ret memoriam. On me demande bien une préface poiir une seconde édition des ^Considérations sur la France; mais jusqu'à présent je n'en ai pas trouvé le temps; je suis accablé, et, de plus, cîégoûtéde la vie. Depuis que j'ai perdu l'évoque d'Aoste, taon frère, qui me parlait souvent de vous. Monsieur le ^^omte, car il avait eu l'honneur de vous connaître lorsqu'il n'était enco^e qu'un pigeon fuyard, je ne vis plus qu'à demi. D'autres épines encore s'enfoncent dans mon eœur, mon esprit s'en ressent : de petit, il est devenu nul : hic jacet; mais je meurs avec l'Europe, je suis en bonne compagnie.
Est-il vrai. Monsieur le comte, que vous me faites l'honneur de conserver ma première lettre? Dans ce cas, il est bon que vous sachiez qu'elle contient un faux (ce n'est pas bagatelle, comme vous voyez) : en vous citant une très-jolie devise anglo-latine , j'écrivis maneat , au lieu dé lateat. Le sens est le même, le vers est régulier; mai0
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queUe dilBPérence de finesse et d^élégance ! Vous voyez m. Monsieur le comte, une grande bizarrerie de mémoire: j'écris un mot pour Taulre, je le relis vingt fois sans m'en apercevoir; longtemps après, et la nuit surtout, je vois tout àii»coup la faute comme si elle était sous mes yeux.
Je n^oublierai jamais. Monsieur le comte, que vous êtes le premier Français qui m'ait fait l'honneur de me citer publiquement. D'autres, bien moins généreux, m'ont copié en silence. Il peut se faire que bientôt je me présente encore dans le monde : permettez, dans ce cas, que je vous choisisse pour mon patron :
Tu Marcellus eris !
Pour cette fois au moins , je vous promets que vous ne me demaftderez pas le nom de mon libraire. Je suis, etc.