MADAME LÀ BARONNE DE PONT
quelques longueurs extrêmement fatigantes^ et^ avant tout, répître dédicatoire A mon ami Pierre Lombardy qui est véritablement un solécisme de convenance. Mais savez- Yous bien. Madame la baronne^ que les Anglais me semblent avoir attaqué ce livre avec beaucoup d^avantages du côté de la morale? J'ai lu dans leurs journaux qu'à tout prendre, la Duchesse de la Vallière est un livre dangereux ; qu^il embellit le vice; qu'il encourage les penchants désordonnés d'une jeune personne^ en lui montrant de loin le repentir et la pénitence^ espèce de port à la vérité trèssûr et très-respectable, mais où tous les naufragés n'arrivent pas, à beaucoup près; que la maîtresse d'un roi marié est une coquine, comme celle d'un laquais, etc., etc. En vérité, ce n'est pas tant mal dit. Je ne sais que vous dire, au reste, de l'inconcevable auteur du livre. Comment peut-on toujours bien direct toujours mal faire? Je la méprise plus que si elle affichait la perversité. On m'a assuré ici très-distinctement qu'elle s'était parfaitement convertie. Ainsi soit-il; mais j'en doute extrêmement.
Vous m'avez rendu justice, Madame, et vous m'avez traité comme un père, en me parlant de l'esprit et des talents de votre aimable fils. Certainement, il n'y a rien de mieux que ces réponses que vous m'avez fait connaître, et toute mère doit vous envier la douceur de les entendre. J'y ai pris, je vous l'assure, un singulier plaisir. Je ne suis pas moins enchanté que vous ayez fait le pas décisif pour l'établissement de monsieur votre fils : quelquefois je songe que vous avez fait tout aussi bien pour ce monde que pour l'autre, en retournant au giron de notre sainte mère. Si vous aviez continué à dire votre Credo en français, votre • charmant jeune homme aurait bien pu se voir un jour conseiller à Lausanne ou à Moudon, ce qui est certainement un fort bel état; mais cependant il vaut bien tout autant être chambellan de Sa IMajesté impériale, royale, apostolique. I. j
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A propos de Credo, si j'avais encore le plaisir de vous voir, je serais en état de vous présenter mille réflexions nouvelles qui, j^ose m'en flatter, vous feraient trouver encore meilleur le parti que vous avez pris. J^ai d'assez beaux recueils; mais le temps d'en tirer parti n'est pas arrivé. Votre amie, ou notre amie, madame de P***, vous at-elle imitée? — Pourquoi pas, s'il vous plaît? Avez-vous maintenant quelque correspondance avec elle? Pouvezvous lui faire passer mes compliments? Quand une fois on s'est connu, entre hommes et femmes, de deux manières, je veux dire en très-bien ou en très-mal, je trouve qu'il n'y a rien de si brutal que de s'oublier. Ce n'est pas qu'il • n'y ait beaucoup à chicaner sur le comment et le pourquoi. Mais je dirai toujours, comme Dacier : « Ma remarque subsiste. »
Il n'y a pas moyen, Madame, de rien ajouter à ce quo vous dites sur vos amis. Ils seront tout ce qu'on voudra, mais ils ne sont pas aimables. — Sacrifiez aux Grâces^ disait un ancien; c'est ce qu^on devrait leur dire sans cesse. Pour moi, je les considère infiniment; mais je ne sais qu'en faire, malgré ma bonne volonté. Je voudrais bien être le seul de cet avis, et je voudrais encore plus que ce caractère n'influât que sur les petites relations sociales. Le feune homme est, en efiet, ici depuis longtemps : je le vois quelquefois; mais nous sommes jusqu'à présent comme ces métaux hétérogènes qui fondent dans le fourneau, Tun à côté de l'autre, sans pouvoir se mêler. J'espère qu'à la fin l'amalgame se fera; et même je serais déjà content si, sur votre parole, je n'avais pas attendu plus quiî de la politesse. L'aigle dont vous me parlez pouirait bien, selon que les choses tourneront, être mis au rang des oiseaux de basse-cour. Il faut attendre. En attendant, jo vous avoue que j'ai de violents préjugés contre ceux qui ne sont pas de notre bord. Il n'y a qu'un bon parti; il n'y