‹ Lettres et opuscules inéditsChapitre 29 sur 166 · A madame la baronne de Pont^ à Tienne · texte numérisé non relu

A madame la baronne de Pont^ à Tienne

Saint-Pétersbourg, lo (30) mars 1805.

Oui, Madame, j'ai reçu votre lettre du mois de juillet; et si je n'ai pas répliqué, c'est que l'exactitude dans le commerce épistolaire est devenue pour moi une chose impossible. C'est une chanson que je répète à tous mes amis. En vérité, je suis condamné à l'impolitesse comme on l'est, dans la bonne compagnie, au fouet ou aux galères. La malédiction originelle touchant le travail est descendue à plomb du papa Adam jusqu'à moi : d'honneur, c'est une primogéniture formelle. J^ai beaucoup d'affaires et point

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de soutiens : la délicatesse m'empêche d'en demander. 1 grand monde me fait perdre beaucoup de temps. D'à leurs, Madame la baronne, vous sentez bien qu^il n'y a p moyen de fermer tout à fait les livres. Je me sens mên brûlé plus que jamais par la fièvre de savoir. G^est un r doublement que je ne puis vous décrire. Les livres les pli curieux me poursuivent, et viennent d'eux-mêmes se pi; cer sous ma main. Dès que Pineffable diplomatie me lais: respirer un moment, je me précipite, malgré tous les ave tissements de la politesse, sur cette pâture chérie, sur cet espèce d'ambroisie dont Pesprit n*est jamais rassasié :

Et voilà ce qui fait que votre ami est muet

Ce qui soit dit cependant sans m'égaler tout à fait à Sg narelle ; car je prétends que mes raisons valent mieux qi les siennes. Quant à vous. Madame... j'allais vous dir Vous n'avez pas les mêmes raisons pour ne pas écrin puis tout à coup j'ai retenu ma plume, en songeant que voi aviez pour n'écrire à personne la meilleure de toutes 1 raisons possibles, celle devons trouver dans l'enthousiasn de la composition. Dans tous les genres l'homme se pla à créer; rien ne l'occupe, rien ne l'absorbe plus justemen Ainsi, Madame, jusqu'à ce que le nouveau roman soit ft et parfait, je vous remercierai de vos lettres, mais je n'( serai point en demander.

J'ai beaucoup ri, dans le temps, de votre équivoque si la scène de Voraloire, dont je vous avais parlé dans n dernière lettre au sujet de la duchesse de la Vallière. J'ei tendais parler de la scène dans l'oratoire de la duchesse une des plus belles choses que je connaisse dans ce genn et non de l'autre aventure dan3 l'oratoire de la reine, ne considérer que le mérite littéraire du livre, je \xo\x\ quelouvrage serait irréprochable, si l'on en retrancha

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