‹ Lettres et opuscules inéditsChapitre 38 sur 166 · MADAME LÀ BARONNE DE PONT · texte numérisé non relu

MADAME LÀ BARONNE DE PONT

charge de vous renouveler ses plus vifs remerctments. .^ Vous avez été pour lui y Madame^ une nouvelle connaissance, n vous avait beaucoup vue à Lausanne ; mais il y a dix an3> 0t il n'en avait que six. Comme ils arrivent ! comme ils nous poussent ! ou plutôt comme nous passons tous!

Sans doute^ Madame la baronne, il faut nous écrire de temps en temps. Quand on professe les mêmes dogmes^ il est doux de répéter ensemble le symbole commun. Votre tirade sur la Suisse est très-bonne, je vous assure ; je l'ai fait lire en très-bon lieu, et quoique vous ne parussiez pas instruite, en récrivant, de certaines transactions qui s^opposaient tout à fait à la réunion , votre lettre n'est pas moins pleine de réflexions sages et surtout pratiques. Il n'y a, dans celte partie du globe qui vous intéresse pardessus tout, que les Suisses et les Piémontais capables d'un grand coup de collier : reste à savoir si Ton saura se servir d'eux. C'est votre doute et c'est le mien. Rien n'égale, je vous l'assure, l'intérêt que je prends à vos bons Helvétiens, qui, cependant, avaient été trouvés beaucoup au-dessous d'eux-mêmes par les deux gangrènes modernes, l'esprit philosophique et l'esprit de commerce. Ce reproche, au reste, ne tombe nullement sur les montagnards, qui étaient demeurés purs, et qui Tont bien fait voir. Mais je ne puis vous cacher. Madame, une opinion fort enracinée dans mon esprit : c'est que jamais une république détruite ne peut se relever. Je n'ai pas le temps d'entrer dans les détails ; mais réfléchissez-y bien, et vous sentirez que les éléments d'une constitution républicaine (de la vôtre surtout), s'ils étaient une fois dissipés, ne pourraient plus être rassemblés. Je suis bien trompé si vous n'en trouvez pas la preuve dans votre propre cœur, si vous y regardez attentivement. Vous me dites : « Que deviendrons-nous donc ?» Ma foi, Madame, je n'en sais

M UTTU 1805

rien. En général^ œpendant^ tous obéffeEàmioaàptesieiurs; si c'est un malheur^ fat su» Odié. Soairenez- ¥01», Madame la baronne, de ma pn^ihélie diérie. Cette immense et terriUe rércdutioD Ait commencée, avec une fïirair qui n'a pas d'exein{rie, contre le emiholicisme et pour la démocratie. Le résultat sera pour le catholicisme et contre la démocratie. Si vos petits cantons peuvent faire une exception quant à la répuUique, j^f omisens de tout mon cœur. La résistance qu'ils firent en 1798 serait bi«i digne de ce prix; mais, à vous dire la vérité, j'y crois peu : vous m en direz votre avis, et ensuite nous verrons ce qui arrivera.

J'en étais ici de cette lettre lorsque j'^i ai reçu une de Sa Majesté, mon bon maitre, qui accorde au grave Rodolfhe quatre cents sequins de pension et la croix de Saint- Maurice, avec dispense d'âge et autres, jusqu'à des temps plus heureux. Cette grâce, dans ce moment, m'a pénétré de joie et de reconnaissance ; je m'empresse de vous en faire part. Madame, eu égard à notre parentés

Adieu, Madame la baronne; ne m'ouMies jamais, je vous en {Mie, sous aucun prétexte, et croyez à mon éternel et respectueux attachement.

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