Tauentzien-Wittemberg (comte de). Voir tome
surtout par l'armée qui, pleine des souvenirs de Frédéric le Grand, se laissa aller à une joie présomptueuse que ne justifiait nullement l'incapacité des vieux généraux auxquels les commandements furent confiés, particulièrement celle du due de Brunswick1, qui déjà, dans sa fameuse campagne de Champagne, avait perdu sa renommée, acquise pendant la guerre de Sept Ans. Si on veut se faire une idée de la confusion qui régnait au quartier général prussien, il faut lire l'intéressant récit de Gentz. La nouvelle de la bataille d'Jéna tomba sur Berlin comme un coup de foudre. Pour savoir les nouvelles, j'allai voirie comte Schulenbourg* qui, pour me consoler, me fit lire sa fameuse proclamation. Aussitôt que la guerre fut décidée, le roi de Prusse envoya le général Krusemarck à Pétersbourg pour solliciter l'assistance de la Russie, malheureusement bien tard, grâce aux tergiversations du comte Haugwitz. L'Empereur Alexandre n'hésita pas un instant, et fit marcher deux corps d'armée. A Berlin, on les croyait déjà assez rapprochés pour que le comte Stackelberg jugeât nécessaire d'instruire directement le général qui les commandait du désastre d'Iéna. Je fus chargé de cette mission dont je m'acquittai, tandis que nos plénipotentiaires se réfugiaient dans le Holstein. J'allai donc à la recherche des troupes russes ; mais, au lieu de les rencontrer sur les bords de la Vistule, je trouvai