Blrke (Edmond). Voir tome I
5. Hallet du Pan (Jacques), publiciste suisse né près de Genève en 1740, mort en 1800. Bien que né dans une république et d'un caractère très indépendant, Mallet du Pan se déclara partisan delà monarchie et peu sympathique à la Révolution dès qu'elle éclata. Sous l'Assemblée constituante, il publia dans le Mercure politique une analyse raisonnée des débats de la Chambre, blâma avec énergie les
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traitait des finances de l'Angleterre, et fut le premier livre qui fit connaître sur le continent le mécanisme de l'administration anglaise, et le système de M. Pi IL Le second, portant le titre de l'Etat de l'Europe avant et après la Révolution française, devait servir de réfutation à l'ouvrage de Hauterive1 : L'Etat de la France, à la fin de Van VIII, ouvrage que Napoléon Bonaparte avait fait composer à son avènement au Consulat, pour répandre ses principes et ses doctrines en Europe. Celle réfutation eut un immense succès, et Gentz devint, dès ce moment, le défenseur le plus courageux et le plus éclairé des bons principes. Son caractère moral n'était
meurtres commis pendant la journée du 14 juillet, se prononça en faveur du maintien de l'autorité royale. Par la suite, il envoya des articles politiques à la Quotidienne. Ayant vivement attaqué dans un de ses articles le général Bonaparte, celui-ci s'adressa aussitôt au grand conseil de Berne qui condamna Mallet à l'exil. Le journaliste se relira en Angleterre (1799) et y fonda le Mercure britannique. Il mourut de la phtisie à Richmond chez Lally-Tollendal.
1. Hauterive (Alexandre-Maurice Blanc de Lanautte, comte de), diplomate, né en 1750, mort en 1850. Après le 18 Brumaire, Bonaparte ayant demandé un employé capable pour rédiger un manifeste aux nations étrangères, on lui indiqua d'Hauterive qui, en six semaines, eut rédigé le fameux livre intitulé De Vétat de la France à la fui de l'an VIII. Cet ouvrage dont le but était de présenter l'administration du Directoire sous de sombres couleurs et de justifier ainsi le coup d'État qui l'avait renversé, produisit tout l'effet qu'on en al tendait. L'auteur devint le secrétaire intime du Premier Consul. Le projet de concordat de 1801 est son ouvrage, de même que l'acte de médiation de la France entre les cantons suisses (1805). Napoléon, devenu empereur, continua à lui confier la rédaction de ses actes diplomatiques les plus importants ; il lui demandait souvent ses conseils, et il eut plus d'une fois à se louer de les avoir suivis. Directeur des archives des affaires étrangères depuis 1807, il sauva ce dépôt précieux lors de l'invasion de 1814.
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malheureusement pas à la hauteur de son génie. On l'accusait de vénalité, non sans fondement, mais il ne prenait de l'argent que de ceux qui pensaient comme lui. Jusqu'à sa mort, pas un instant, il ne varia dans ses principes politiques, ainsi que cela est arrivé à Jean Muller', l'historien de la Suisse, et à d'autres savants puhlicistes qui, à cette époque, avaient emhrassé la même cause avec une égale ardeur. Son dernier ouvrage valut à Gentz la proposition de passer au service de l'Autriche. Il l'accepta avec empressement, préférant servir une puissance éminemment conservatrice, que le Cahinet prussien qui, dirigé par le comte Haugwitz\
1. Mui.lek (Jean de), célèbre historien suisse, né en 1752, mort en 1809. Bibliothécaire de l'évêque électeur de Mayence, il se retira à Vienne, lorsqu'on 1792, Mayence fut prise par les Français, fut nommé conseiller aulique et attaché à la chancellerie. Puis il partit pour Berlin, où il reçût le titre d'historiographe du roi et celui de conseiller intime au département de la guerre (1804). Mais l'entrée des Français à Berlin et le démembrement de la Prusse lui ravirent l'iirinv une fois sa posilion. Il accepta une chaise à l'université de Tubingue, et il s'y rendait lorsque Napoléon, qui avait conçu de lui la plus haute idée dans une conversation qu'ils avaient eue à Berlin, l'appela à Fontainebleau et lui offrit une place de ministre secrétaire d'État dans le nouveau royaume de Westphalie. Il accepta (1807), donna sa démission en 1808, fut nommé alors conseiller d'État et directeur généra] de l'instruction publique. Parmi ses écrits, il faut citer au premier rang son Histoire de la Confédération suisse.
2. Halcwitz (Chrétien-llenri-Charles, comte de), homme d'État prussien, né en 1752, mort en 1852. 11 fut nommé ambassadeur à Vienne en 1790, eut une grande part à la formation de la première coalition (1791), devint ministre des affaires étrangères en 1792, président du conseil deux ans plus tard, et, se rapprochant de la France, fit conclure le traité de Bàle avec la République (1795). Persévérant dans cette politique, il obtint plus tard, de Napoléon, des agrandissements de territoire pour la Prusse ; mais sa politique ayant été mise
avec peu de bonne foi, était aussi faible que versatile, dans ses vues comme dans ses actions.
Reste encore à citer le prince Louis-Ferdinand1 qui m'admit dans ses réunions intimes et me fournit ainsi l'occasion de connaître un prince brillant, doué par la nature de toutes les qualités qui promettaient de faire de lui un grand homme. Peut-être le serait-il devenu, une fois les passions de la jeunesse amorties. Malheureusement, celles-là étaient en lui trop vives, à l'époque où je l'ai connu. Il menait trop de front les plaisirs et les études les plus sérieuses, les femmes, le jeu et le vin avec le grec, le latin et la basse générale. Il perdit la vie au combat de Saalfeld par un acte de courage peu réfléchi. Mûri par l'âge et l'expérience, il aurait pu devenir utile à sa patrie où on le regretta généralement.
Ce fut dans la société de ces hommes supérieurs que je passai un hiver aussi agréable qu'instructif. Au printemps, mon père tomba gravement malade. Mon chel m'accorda la permission d'aller le rejoindre à Francfort. Il se releva heureusement de sa maladie; mais, pendant mon séjour à Francfort, je fus bien péniblement surpris
en défaut par l'entrée d'une armée française dans le Hanovre, il dut céder la place à Hardenberg (1804). Après la bataille d'Austeiiitz (1805), la Prusse qui s'était lancée dans des hostilités imprudentes, n'obtint son pardon de l'Empereur qu'en replaçant llaugwilzà la tète du cabinet. Il se retira définitivement à la suite du désastre d'Iéna 1. Louis-Ferdinand, 1762-1806, prince de Prusse. Neveu de Frédéric le Grand. D'une bravoure à toute épreuve, fit les campagnes de 1792 à 1795 contre les Français. Commandant en 1806 l'avant-garde du prince de Hohenlohe, attaqua l'armée française près de Saalfeld, sans attendre le gros du corps prussien et paya cette témérité de sa vie.
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parla nouvelle de la mort subite de mon excellent chef, frappé d'un coup d'apoplexie au milieu de la promenade sous les tilleuls. Cette perte me fut doublement sensible. D'une part, je regrettais l'homme; de l'autre, je prévoyais que sa mort amènerait un changement dans ma position au service. Ce pressentiment ne se vérifia cpie Irop tôt. M. d'Àlopéus1 fut nommé pour remplacer le baron de Krudener. Lorsque mon père était ministre à Berlin, ce personnage, très protégé par le Yice-Chancelier Comte Ostermann2, dont il avait été le Directeur de Chancellerie, avait beaucoup intrigué contre lui, et cherché à le supplanter, ce qui ne lui réussit pas alors. Devant, par conséquent, le considérer comme un ennemi de mon père, rester attaché à sa légation eût rie le comble de l'inconvenance. Mon parti fut bientôt pris. Aussitôt que sa nomination fut parvenue à ma connaissance, je demandai à être transféré à la mission de La Haye, ce que j'obtins. Le temps qui s'écoula pour recevoir une réponse de Pétersbourg et le consentement du Ministère, je l'employai «à faire en Bohême une