‹ Lettres et papiers, 1760-1850, extraits de ses archives; (volume 3)Chapitre 8 sur 36 · Clary (prince), homme d'État autrichien · texte numérisé non relu

Clary (prince), homme d'État autrichien

2. Ligne (Charles-Joseph, prince de), feld-maréchal autrichien, tacticien, diplomate et littérateur, né à Bruxelles en 1755, mort à Vienne en 1814. Il s'acquit une grande réputation militaire dans la guerre de Sept ans et dans celle de la succession de la Bavière (1778). Major général en 1764, lieutenant général en 1771. Il arriva eu Russie en 1782, chargé d'une mission importante. Catherine II le reçut avec heaucoup d'éclat, lui donna une terre en Crimée, et l'emmena avec elle dans le voyage qu'elle fit dans cette contrée. Le prince de Ligne se distingua au siège d'Otchakofi" que dirigeait Potemkin (1788), et à la prise de Belgrade, sous Laudon (1789). La mort de Joseph II mit un terme à sa faveur. Cependant François II le fit sortir de sa retraite et le nomma en 1807 capitaine des trahans de sa garde et feld-maréchal. La mort de son fils, tué pendant la campagne de 1792, lui causa une profonde douleur, et, chose étrange, ce courtisan raffiné et sceptique, cet esclave de la mode et du monde, fut jusqu'à la fin de sa vie inconsolable.

5. Lobkowitz (Antoine-Isidore, prince de), né en 1755, mort en 1819. Protecteur des sciences et des arts, il vivait au milieu d'une petite cour littéraire, mais quand survint l'invasion française de 1809, le prince prit bravement les armes. Il leva dans sa principauté un bataillon de landwehr, se mit à la tête de ses soldats, marcha à la frontière et combattit vaillamment jusqu'à la conclusion de la paix en 1815. La guerre terminée, il revint dans ses foyers reprendre ses pacifiques occupations, et termina son existence, estimé de

ARCHIVES DU COMTE Cil. DE NESSELRODE.

animer ce charmant séjour. Mélomane enragé, il réunissait, en été, chez lui, dans ses châteaux d'Eysenberg et de Raudnitz, les meilleurs sujets des troupes de Vienne et de Dresde, où alors il y avait encore un Opéra italien en permanence. Pour maître de chapelle, il possédait le célèbre Paër1, et c'est sous sa direction el même avec son concours, car il était excellent acteur, que fut représenté avec une rare perfection le Roi Théodore de Paesiello*. Muni d'une lettre de recommandation du Comte Stadion, le Prince Lobkowitz m'accueillit de la manière la plus aimable. Je demeurai chez lui une huitaine de jours, d'abord a Eysenberg, puis à Raudnitz, grand château situé sur les bords de l'Elbe, où toute la société s'était transportée pour la représentation du Roi Théodore, et pris part à tous les plaisirs, à toutes les fêtes qui se succédaient du matin au soir. Hélas! à ce train de vie, le pauvre Prince s'est complètement ruiné. A sa mort, ses majorais furent mis sous

ses subordonnés, aimé des savants et des artistes auxquels il avait témoigné une constante sympathie.

1. Paëk (Ferdinando), compositeur italien, né à Parme en 1771, mort à Paris en 1859. A onze ans, il fit représenter à Venise un opéra, Circé, qui obtint un succès colossal. Mandé à Vienne en 171)7, sous l'influence du génie de Mozart son inspiration se virilisa. En 1806, Napoléon Ier entendit chanter au théâtre de Dresde Achille, dont la facture lui plut. Il manda Paër à Posen et à Varsovie, pour diriger les représentations. Après la signature de la paix de Tilsilt, Paër suivit son nouveau maître en France. Chargé de la direction du Théâtre-Italien, et de la musique particulière de l'Empereur, à l'exclusion de Cherubini et autres illustres musiciens, nommé maître de chant de l'Impératrice Marie-Louise, il devint une des personnalités artistiques les plus saillantes de l'époque.

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