Ministre d'AngletwTe à Berlin
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semaines plus tard, cette idée d'une garantie générale à donner à la Turquie, émise d'abord par lord Palmerston, avait fait l'objet d'une proposition formelle du Divan.
A cette occasion, le prince de Metternich écrivait à M. de Sturmer* la dépêche suivante, en date du 20 avril 1841 :
« Le Divan vient de concevoir une bien malheureuse « idée, en exprimant le vœu de placer l'empire ottoman « sous la garantie des grandes puissances européennes. « Cette idée, qui est fausse dans son point de départ, c< est à la fois moralement et matériellement inexécu- « table. L'idée est fausse, parce qu'un État ne doit pas « accepter et dès lors moins encore demander à « d'autres État un service pour lequel il ne saurait « ofTrir en retour une stricte réciprocité. Dans les « circonstances oià il en est autrement, l'État qui « accepte perd la fleur de son indépendance. Un État « placé sous une garantie devient un État médiatisé ; « car, pour qu'une garantie puisse être accordée, il « faut que l'État qui la réclame fasse un acte de sou- (( mission aux volontés de l'État qui aura la charge de « la défendre. Le garant, pour être quelque chose, doit
1. Sturmer (Barthélémy, comte de), diplomate autrichien, né en 1787, mort en 1863. Secrétaire de légation à Saint-Pétersbourg en 1811 ; commissaire de l'Autriche à l'ile Sainte-Hélène, en 1816; consul général aux États-Unis en 1818; ministre plénipotentiaire à Rio- Janeiro en 1820. Il remplit ensuite divers postes diplomatiques à Londres, à Paris et à Vienne; en 1834, il fut nommé inlernonce à Constantinople et reçut le titre de comte en 1842.
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« assumer la charge d'un protecteur et si un protecteur (( est pour le moins incommode, plmiew's protecteurs " deviennent une charge insoutenable. Il n'y a qu'une « forme connue pour atteindre le but de la garantie, « et cependant éviter les inconvénients de la chose; c< cette forme est celle de l'alliance définitive. Est-ce là u ce que veut le Divan ? Ce sera à lui à le proposer ; K mais je ne crois pas qu'il trouve une issue à sa proie position. »
11 paraît que le comte deBuol' a des idées diamétralement opposées à celles du prince de Metternich sur les effets de la quadruple garantie qu'il s'efforce de procurer à l'empire ottoman.
1. BuoL-ScHAUENSTEiN (Charles-Ferdinaiîd, comte de), diplomate et homme d'État autrichien, né en 1797, d'une ancienne famille qui a fourni plusieurs diplomates éminenls à l'Allemagne. Il était ministre plénipotentiaire à Turin en 1847, durant le mouvement de rénovation italienne qui conduisit à la guerre de 1848 entre l'Autriche et le Piémont. En présence des préparatifs militaires de Charles-Albert, il demanda spontanément ses passeports. Celte conduite énergique plut au prince de Schwarzenberg, à qui la maison d'Autriche dut son salut, et lui valut la légation de Saint-Pétersbourg, puis l'ambassade de Londres (1851). A la mort de Schwarzenberg, BuoI rappelé à Vienne reçut le portefeuille vacant des affaires étrangères et la présidence du conseil. Présida en 1855, les conférences de Vienne et représenta, en 1856, l'Autriche au congrès de Paris. Quitta le ministère en 1859 et mourut en 1865.
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Le comte Charles de Nesselrode au baron de Meyendor/f.
Saint-Pétersbourg, 16 janvier 1842.
Notre ami Rauch nous est arrivé, mon cher Meyendorff, avec un sac rempli de susceptibilités prussiennes. Vraiment, il n'y avait pas de quoi tant se fâcher : nous signalons franchement au gouvernement prussien des faits qui nous ont été mandés ; nous disons dans notre dépêche que nous n'y croyons pas ; que nous attribuons ces bruits à des menées et à des perfidies polonaises, et malgré cela on nous en veut. Il faut convenir que nos amis de Berlin sont difficiles à manier, aussi le mérite de tout ce qui se fait de bien avec eux vous appartient-il.
C'est par ordre supérieur que je vous ai adressé cette dépêche. J'ignorais complètement que Benkendorf en eût écrit de son côtéà Rochow ; si j'en avais été prévenu, j'aurais proposé à l'Empereur de se borner à cette insinuation ; ce n'est pas moi qui aime les écritures inutiles, surtout sur des sujets pareils. Liebermann m'a lu un mémorandum justificatif de Rochow de la conduite d'Arnim*. Un passage de ce mémorandum m'explique parfaitement ce que Kisselef nous mande ; il dit qu'Arnim tient maison et qu'il a bien accueilli ceux des réfugiés polonais auxquels le Roi a permis de