Lettres et papiers, 1760-1850, extraits de ses archives;
Après deux années passées k Paris, en qualité de conseiller à l'ambassade de Russie, le comte Charles de Nesselrode était lentré à Saint-Pétersbourg rappelé pai' l'empereur. Sans poste lixe, attaché au ministère des Aflaires étrangères, le comte profita de sa liberté relative pour renouer ses relations avec la société de la capitale. Ce fut pendant ces quelques mois passés ainsi qu'il brigua et obtint la main de la comtesse Marie Gourief, fille du comte Gourief, ministre des linances, qui devait être, pendant près de tjuarante ans, sa fidèle compagne. La lune de miel ne devait pas se prolonger longtemps pour l'heureux ménage; l'horizon politique s'assombrissait de jour en jour et les armées russes commençaient déjà à se porter vers la frontière. L'empereui' Alexandre qui. dès le commencement, songeait déjà en cas d(; guerre, à se joindre à son armée, voulut attacher à l'étalmajor principal des agents du service diplomatique, qui ])ussent servir en qualité de rédacteurs pour les relations, tant avec les ennemis, qu'avec les alliés, ou du moins les amis. Son choix tomba sur deux jeunes employés du ministère des aflaires étrangères, MM. d'Anstedt et le comte de Nesselrode, et tous les deux reçurent l'ordre de rejoindre rarmée.Le premier, M. d'Anstedt était peut-être un rédacteur