‹ Lettres et papiers, 1760-1850, extraits de ses archives;Chapitre 24 sur 43 · DU PRINCIPE FEDERATIF · texte numérisé non relu

DU PRINCIPE FEDERATIF

On a réuni la Finlande à la Russie; on en a fait un Etat séparé. L'armée, les finances, l'intérêt commercial, tout y est distinct. La personne du souverain fait le

seul nœud entre les deux nations. Faut-il suivre le même principe dans la réunion de la Pologne?

Il y a plusieurs exemples d'États fédératifs, tant dans les anciens que dans les temps modernes. Les républiques de la Grèce ont été confédérées, l'une après l'autre, par des traités et conventions particulières que le moment et circonstances suggéraient : la paix, la guerre, les finances, le régime municipal, tout était indépendant; une petite assemblée des amphiclyons qui présentait, seule, un faible lien de la réunion. Elles périrent dès le moment où une puissance, constituée d'après le principe d'unité, les attaqua.

La Suisse et la Hollande étaient constituées sur les mêmes bases fautives. Chaque province pouvait négocier avec les puissances étrangères, avait son armée, ses finances à part. Elles s'en servirent bien ; mais ces républiques ne durent qu'à la rivalité des puissances qui les environnaient la durée de leur existence politique. Cette égide une fois brisée, elles ne sont plus.

La seule république d'Amérique, fruit des lumières de l'âge moderne et d'une expérience de vingt siècles, s'est efforcée de lier son système fédératif à un principe d'unité. Les États indépendants dans leur régime municipal constituent un corps indivisible, relativement à l'intérêt au dehors, à la guerre, aux finances. Un pouvoir souverain, établi d'après celui de l'Angleterre, fait mouvoir toute cette machine. Ainsi les provinces d'une vaste monarchie, différentes dans leur

Page 1