IL — PRINCIPE D'UNITE
Il faut donc s'attacher au principe d'unité.
Il n'est point, sans doute, dans le pouvoir du législateur de faire de différentes nations une seule, en un moment. L'orgueil national, le souvenir des anciens faits, les habitudes et les préventions nationales s'y opposent. 11 n'y a que la divinité qui puisse intantanément amalgamer tout cela. Mais, s'il est juste et politique de laisser subsister toutes ces disparates, il ne l'est non moins de préparer une union plus intime entre
elles et de les faire coopérer à un seul but, à celui de la sûreté et de la prospérité communes à deux nations réunies.
Comment parvenir à ce but? Comment rendre la réunion des Polonais etdes Russes éternelle, sans qu'on puisse craindre à l'avenir des secousses, des animosités, provenant de la différence d'intérêts, des haines nationales, sans que, sous ce prétexte, les nations d'Occident puissent jamais s'ingérer dans les affaires de l'empire sacré de la Russie?
Ce sont par les principes de la réunion, je crois, et de la constitution qu'on va donner à la Pologne, qu'on peut atteindre ce but, et dans lequel il faut placer le principe d'unité tant désirable.