ARTICLE PREMIER
Supposons que l'ennemi tente son débarquement à la rive droite du fleuve. Comme il peut le faire en plusieurs endroits, on ne pourroit tous les garder, et certainement il établira sa descente et mettra pied à terre. Quel objet peut-il avoir ? de brûler et de dévaster le pays ; il y réussira ; mais, pour se porter en avant, il
perdra beaucoup de monde, Tout ce terrain est coupé
par <les rivières, le p«ys est couvert de bois, en bien
des endroits susceptibles d’embuscades dans des défilés
avantageux. S'il descend à la pointe de Lévis, ce sera
sans doute pour venir par les terres établir des batte-
ries à bombes devant Québec. Elles ne pourront guère
produire d’effet que sur la basse-ville, les deux rives
du fleuve étant éloignées l’une de l’autre de six cents
toises,
On dira peut-être que dans la nuit, ils feront monter des chaloupes et bateaux au-dessus de Québec, qu’ils prendront les troupes et les passeront sur la rive gauche du fleuve, man.euvre hazardée ; car leur descente ne seroit plus soutenue par les vaisseaux de guerre, ils seroient obligés de laisser un corps au lieu de départ pour soutenir et recevoir les troupes en cas qu'elles fussent repoussées, et je ne pense pas qu'ils puissent supposer qu'ils ne trouveront dans cette partie de la rive droite du fleuve ni troupe ni Canadiens, Je serois du sentiment qu’un corps de quinze cents ou deux mille hommes, bons tireurs, bien commandés et bien conduits, doit harceler l'ennemi, l’inquiéter dans ses marches, lui faire perdre beaucoup de monde, et peut-être mime l'obliger d'abandonner ses projets dans cette partie,