ARTICLE QUATRIÈME
Il peut débarquer à l'embouchure de la rivière Saint- Charles, sur le terrain de la rive droite,
Pou* cette opération il faut que l'ennemi entre dans la rivière et passe sous le feu du canon d'une partie de la basse-ville, Il ne peut y entrer qu’à marée montante, Pour s’y opposer, on propose une redoute à la rive gauche qui serve de droite à la ligne de celles du bassin de Beauport, dans laquelle il y aura du canon qui battra et prendra en flanc les bateaux.
Deux batteries en avant du palais ; elles seront dans l'enceinte des palisseades, auront le même objet, ainsi que celle sur le quai de M. LeVasseur, au bout de la rue Saint-Pierre ; autre batterie retranchée à un coude que forme la rivière ; elle enfilera toute son embouchure,
On assure qu’en 1710, lorsque les Anglois firent naufrage à l’île aux Œufs, on avoit dessein de barrer cette rivière par des pilotis et une chatne tendue par le moyen des cabestans,
Je ne vois guère la chose jossible, 1° Le fond, en bien des endroits, jaruit être de rochers, par conséquent les pilotis ne peuvent s’y enfoncer ; 2° la marée monte de dix-sept et dix-huit pieds, il faut donc que les pilotis, pour empêcher à haute mer des bateaux de passer, en aient quinze ou seize au-dessus de la superficie des eaux en marée basse, et comment les enfoncer ? 3° Une corde de trente ou quarante tuises de longueur,
quelque force qu’on y emploie, ne sauroit se tendre et décrit toujours une courbe, à plus forte raison une
chaîne, qui auroit au moins deux cents toises de lon-
gueur, On objectera qu’on peut la soutenir; je dis que
Al | non, puisqu'il faut qu’elle lève à fur et à mesure de la Un marée.
| || | | I] faudroit aussi un retranchement, depuis le Palais
AT jusqu’à la batterie du coude de la rivière, pour fusiller
et prendre en flanc les bateaux lors de leur passage.