ORDRE DE BATAILLE
La brigade du gouvernement de Québec, composée de. soldats de la marine ou Canadiens, et la brigade
Ù * Ce mémoire, malheureusement incomplet, est la seule (FH, des pièces de cette première partie qui appartienne au XIe RATÉ EEE volume des papie”s du chevalier de Lévis.
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du gouvernement des Trois-Rivières, composée de... soldats de la marine ou Canadiens, camperont à la droite de l’armée,
Les troupes de terre, composées des bataillons de la Sarre, Royal-Roussillon, Languedoc, Guyenne et Béarn camperont au centre.
Les milices de la ville de Montréal composées de. hommes, et la brigade du gouvernement de Montréal, composée de soldats de la marine ou Canadiens camperont à la gauche de l’armée.
La réserve sera composée de la cavalerie, des troupes légères et des sauvages. L’artillerie, aux ordres de M. Le Mercier, et les vivres camperont aux endroits ‘les plus commodes et qui seront indiqués, de même que l’hôpital ambulant,
Les milices de la ville de Québec, composées. hommes, resteront pour servir de garnison à Québec, aux ordres de M. de Ramezay, lieutenant du Roi.
Les deux frégates du Roi resteront armées, et du désarmement des autres bâtiments, on armera les bâtiments destinés à combattre en avant de la rade, et, à mesure que ces bâtiments deviendront inutiles, les équipages entreront dans la place pour servir aux batteries qui leur auroient été indiquées d’avance,
M. Vauquelin, commandaut de Ja rade *, aura la direction de tous les bâtiments pour les employer dans
* La rade est composée de cent un officiers et de seize cents matelots, dont il y en a quatre cents poui les deux frégates qui restent armées, et quatorze officiers ;
Pour la garde des bâtiments au-dessus du Richelieu, vingtquatre officiers et quatre cents matelots ;
Au lac Champlain quutre officiers et cent matelots; ce qui fait quarante-deux officiers et neuf cents matelots.
les endroits qu’il croira le plus utile au bien du service, et, selon l’exigence des cas, il donnera ses ordres à tout ce qui est de la marine. Il ne pent avoir assez attention que les matelots avec les officiers se rendent exactement aux endroits où ils auront été destinés.
Comme M. de Ramezay ne pourra pas donner ses ordres en même temps dans toute la ville, il seroit nécessaire qu’il y eût un commandant particulier pour la basse-ville, qui seroit cependant aux ordres de M. de Ramezay et qui agiroit de concert avec lui, de même que les officiers du génie et de l'artillerie,
Dispositions pour s'opposer à la descente.
La ville de Québec livrée à ses propres forces, et à celles de la marine, l’armée passera la rivière Saint- Charles.
La droite, composée des brigades du gouvernement de Québec et des Trois-Rivières campera dans la plaine depuis. …
Officiers et matelots employés pour le service de la rade qui doivent rentrer après leurs opérations :
Pour douze bateaux, cent cinquantesix, et vingt-quatre
officiers ;
Pour trois chaloupes carcassières, quarante-cinq matelots et six officiers ;
Pour les cajeux, vingt-cinq matelots et trois officiers ;
Pour la redoute flottante, vingt-cinq matelots et trois officiers. Me
Pour sept brülots, deux cents matelots et quatorze officiers ;
Pour la gabarre, vingt matelots et quatre officiers ;
Pour les deux bâtiments qui sont en batterie, six officiers et quatre-vingt-huit matelots; ce qui fait cinq cent soixantedix-neuf matelots.
Il en reste cent vingt-un qui ne sont pas employés, et tous
les officiers le sont.
Instruction pour M. de Rigaud 26 mai 1759.
M. de Rigaud sait la conséquence dont il est que les soldats de la marine et les milices qu’il a fait commander, se rendent promptement à Québec ; le salut de la colonie en dépend. Il faudra des ordres très précis à ses officiers des états-majors et à M. Martel, commissaire, pour faire embarquer tout le monde, comme aussi de faire partir le détachement de M. le chevalier de la Corne pour se rendre à sa destination.
Aussitôt que M. de Rigaud apprendra que M. de Bourlamaque a été obligé de se retirer de Carillon et de Saint-Frédéric pour venir occuper l’île aux Noix, il fera marcher tout le monde, et même les gens infirmes et; les plus vieux qui seront encore cependant en état de pouvoir manier les armes et tirer un coup de fusil, pour aller occuper Saint-Jean et Laprairie, où il assemblera tous les sauvages du saut Saint-Louis pour couvrir cette partie et établir une communication sûre de Laprairie à Saint-Jean, d’où ce corps, qui sera assemblé à Laprairie, sera également à portée de pouvoir secourir M. le chevalier en cas qu’il fût replié dans les Rapides.
M. de Rigaud, après le départ des milices, enverra des officiers dans les côtes, voir si ces ordres ont été bien exécutés. Pour les miliciens qui ont eu ordre de se rendre à Québec, il fera faire en même temps un rôle exact de tous les Canadiens infirmes et autres qui
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seront restés, pour qu’il puisse en faire commander. quand le cas l’exigera.
I] fera rassembler tous les bateaux, tant de Chambly qu'autres endroits, de même que les canots, pour les faire rendre à Laprairie, qui sera le dépôt de toutes les troupes, pour pouvoir soutenir et couvrir toutes les parties attaquées, M. de Rigaud entretiendra une correspondance bien exacte avec M. de Bourlamaque au sujet de ce qu’il y aura à faire dans toute cette partie.
A l'égard des cent trente hommes qui vont revenir ces jours-ci de la Pointe-au-Baril, M. de Rigaud donnera ses ordres pour qu’ils passent promptement et descendent à Québec.
M. de Rigaud donnera connoissance à M. d’Aïllebout de ses instructions et des ordres qu’il a recus de M. le marquis de Vaudreuil. En cas qu’il y arrivât quelques accidents, il peut le remplacer pour l'exécution des mêmes ordres. Dans le cas que les sauvages que l’on a demandés dans les pays d’en haut descendent, M. de Rigaud fera en sorte de les faire passer le plus promptement qu’il lui sera possible pour les faire descendre à Québec,
MOoNTCALM.
Fait à Montréal, le 26 mai 1759.
Instruction pour M. Martel.
26 mai 1759.
M. Martel connoît l'importance dont il est qu'il mette toute l’activité qui pourra dépendre de lui pour procurer le départ prompt des soldats de la marine et des Canadiens commandés pour se rendre à Québec, Il doit n’épargner personne pour faire fournir toutes les voitures nécessaires, de toute espèce, pour faciliter le départ des troupes dont le sort de la colonie peut dépendre.
M. Martel n'a plus besoin d'aucun ordre de M. de Vaudreuil ni de M. l’intendant pour tout ce qui peut dépendre de la célérité du service, C’est à lui à aller en avant surtout et lever toute difficulté et ne pas s'arrêter aux considérations qui apportent toujours du retard aux opérations.
Aussitôt après le dépaït des troupes et miliciens qui sont commandés pour Québec, il fera faire une revue générale dans toutes les côtes pour voir les bateaux ou canots qui seront restés, pour les faire rassembler et raccommoder.
M. Martel doit tous les jours dire à M. de Rigaud de quelle importance il est qu’il tienne la main avec la dernière rigueur pour l'exécution des ordres qui sont donnés.
C’est dans les circonstances où nous nous trouvons qu’il faut être le plus ferme et le plus sévère pour l'exécution de tout ce qui peut être ordonné.
M. Martel par sa place est l’homme du Roi, et c’est à lui à mettre de la vigueur dans toutes les parties, et je connois la confiance bien placée que M. l’intendant a en lui, ainsi que tous les officiers supérieurs.
A Montréal, le 26 mai 1759.
MoNTCALM.
Mémoire sur la défense de Québec.
831 mai 1759.
Le salut de la colonie dépend principalement du succès d’un combat, Toutes nos vues doivent donc se porter à ne pas diviser nos forces et à ne pas faire des
travaux inutiles, qui ne sauroient être achevés, qui fatigueroient trop le soldat, qui ne sauroient être gardés, ou, s'ils l’étoient, affoibliroient trop l’armée,
J’ajouterai à ce premier principe incontestable, que notre grande attention doit être sur les moyens de passer la rivière Saint-Charles pour aller au-devant de l'ennemi, et sur ceux de repasser celles du Cap-Rouge et de Jacques-Cartier, dans le cas d’un événement malheureux, D'après ces deux principes, voici les ouvrages les plus importants et les plus pressés à faire, et auxquels il faut employer tous les bras possibles, sans perdre un moment, et distribuer les divers objets non
LETTRES ET PIÈCES MILITAIRES 169 seulement à MM. les ingénieurs et officiers d'artillerie ; mais aux officiers particuliers capables d'exécuter :
1° Travailler aux ponts sur les trois rivières de Saint-Charles, le Cap-Rouge et Jacques-Cartier ;
2° L'ouvrage pour couvrir la tête du pont;
3° Arranger les deux bâtiments dunkerquois et y établir des batteries ;
4° Employer le plus de bras qu’il sera possible pour fermer de son mieux la haute et la basse-ville. On convient que la basse-ville ne sera jamais bien fermée ; mais au moins il faut qu’elle en ait l'apparence pour en imposer à l'ennemi et lui en rendre l'attaque difficile et meurtrière ;
5° Mettre toutes les batteries en état et se borner pour ce qui est de la basse-ville aux pièces qui y sont actuellement ;
6° Fournir le plus de Canadiens maniant la hache que l’on pourra à la construction, pour achever la batterie flottante, les bateaux portant du canon, les chaloupes carcassières et les brûlots et cajeux.
Il faut dès ce soir faire le détail de tout ce qu’on peut fournir d'ouvriers, tant des troupes de terre que de celles de la colonie et des Canadiens, et les employer dès après demain avec les officiers, et ne songer à commencer aucun ouvrage que ceux-là ne soient finis.
Ces ouvrages une fois parachevés, on pourra employer toutes les troupes et Canadiens à faire une redoute à l'entrée de la rivière Saint-Charles, et un retranchement à tous les endroits de la dite rivière qui sont guéables. Tout autre ouvrage me paroît inutile dès
qu'on ne peut se flatter d’avoir le temps ni les moyens de faire tous ceux qui avoient été projetés, Il faut seulement s'occuper d’une bonne formation de troupes de la colonie, des moyens d’avoir quelques pièces de campagne et de quoi conduire les munitions à la suite des troupes.
Ces objets remplis, M. le chevalier de Lévis, avec les officiers de l'état-major, ira leur marquer le camp de guerre déterminé ce matin sur les hauteurs de Beauport et voir d’en préparer les communications, et il faudra attendre les ennemis avec autant de tranquillité que de courage,
A l'égard des opérations maritimes, il faut décider la question des frégates,
J’estine que deux au-dessus de Québec, dans la partie de Sillery, feront très bien.
Disposer d'avance les cajeux, les bateaux armés, etc. Si l’on avoit des chemises souffrées, on en pourroit faire usage, dès à présent qu'ils sont à l’ancre et qu'ils s’en doutent moins, vu notre éloignement,
Tel est l'avis que j'ai l'honneur de proposer.
MoNTCALM.
Fait à Québec, le 31 mai 1759.
Règlement pour l'incorporation des Canadiens dans les bataillons des troupes de terre,
ler juin 1759.
Pierre de Rigaud de Vaudreuil, grand-croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, gouverneur et lieutenant général pour le Roi en toute la Nouvelle- France, terres et pays de la Louisiane,
Nous ayant paru convenable d’incorporer des Canadiens dans les bataillons des troupes de terre pour la défense de Québec, nous avons fait le règlement qui suit :
On donnera à chaque bataillon des Canadiens des quartiers où ils ont hiverné, lesquels seront distribués dans les compagnies, en choisissant ceux des paroisses où les compagnies auront été en quartiers pour les placer de préférence dans les dites compagnies, afin qu’ils soient avec les soldats qu’ils connoissent.
Les Canadiens seront campés et vivront avec les compagnies où ils seront placés. Les officiers et sergents auront attention qu’on leur procure tout ce qui sera nécessaire, qu’on ait pour eux dans les compagnies tous les égards et ménagements qu’il convient.
Il sera choisi parmi les miliciens qui seront incorporés dans chaque compagnie deux des plus entendus, qu'on fera l’un sergent et l’autre caporal de milice, et qui seront chargés de commander les autres pour le Ù service, Si dans le nombre il y en a qui soient déjà sergents, ils seront préférés.
Les commandants de bataillon tiendront la main à ce que les décomptes de l’économie des vivres et travaux leur soient faits exactement. Les officiers majors donneront des reçus particuliers pour les vivres sur lesquels ils mettront: Milices attachées aux bataillons.
Les officiers des compagnies auront attertion de visiter les miliciens malades, de les faire visiter par le chirurgien-major ct de les faire conduire aux hôpitaux, si leur maladia l'exige.
Les dits miliciens seront punis par la prison ou la garde du camp. Défense à tous officisrs et sergents de les maltraiter ni imposer aucune peire aflietive, S'ils tomboient dans quelque cas grave, or informeroit M. le marquis de Montcalm, qui nous en rencroit comptr.
Défense à tous officiers de les employer à toutes autres fonctions qu’au service militaire,
; ARTICLE 8 e à Les dits miliciens attachés aux bataillons fourniront au service et aux travaux, et les commandants des ns bataillons auront attention que ce ne soit que propor- Bit i tionnellement à leur nombre. Lorsque l’on jugera à L propos pour le bien du service de les rassembler par # peloton pour les faire combattre, les commandants des v* bataillons y attacheront des officiers et des soldats suia vant les instructions qu'ils recevront du général ou | des officiers supérieurs. | ARTICLE 9 Les ofticiers majors de chaque bataillon enverront de tous les huit jours à M. Dumas, major des troupes de le la marine, un état des dits miliciens, où ils marque- 6 ront ceux qui £e seroient absentés sans permission ou qui auroient été aux hôpitaux.
ARTICLE 10 la Lorsque nous jugerons à propos, après l’axpédition de finie, de renvoyer les miliciens chez eux, les commanp* dants de bataillons adresseront le rôle des dits miliciens le
à M. Dumas, l’apostillent, de ceux qui se seroient le plus distingués, principalement dans les fonctions de
sergents et caporaux, ainsi que de ceux qui auront été blessés, en y joignant leurs certificats et celui du chirurgien-major sur l’espèce de blessure, afin que nous soyons en état de leur procurer des grâces proportionnées à leurs services. Ils certifieront aussi les dits mili- AE 14 ciens être payés de leurs travaux et économie, Mandons aux commandants de bataillon des troupes de terre et autres officiers de se conformer exactement, LA chacun en ce qui les concernera, aux articles du présent | | ' règlement.
Signé : VAUDREUIL,
Fait à Québec, le ler juin 1759.
Supplément au règlement de M. de Vaudreuil.
MM. les commandants et les officiers majors s’occuperont de faire une visite exacte des miliciens attachés aux bataillons, pour voir de faire armer ceux qui ne le sont pas; de leur faire distribuer les munitions nécessaires et voir s'ils ont ce qu’il faut pour camper.
Les miliciens attachés au bataillon de la Sarre demandant à ne pas rompre leur ordinaire et chambrée ; on peut leur accorder cette grâce, et à ceux des autres bataillons, s’ils em nt envie ; bien entendu que le règlement de M. le marquis de Vaudreuil sera exécuté selon sa forme et teneur pour le service et pour le faire exactement dans tous les camps.
ceu-
attaeux uni- Jour
nan- : on itres buleicuté faire
M. le marquis de Vaudreuil a promis à M. le marquis de Montcalm que les Canadiens attachés aux bataillons seront les premiers renvoyés après l’expédi- Pau H tion. Chaque officier major donnera un état au major 1 de brigade des besoins des Canadiens attachés aux RO bataillons, afin qu’il en donne un état général, S'il y a quelque difficuité à l’occasion de l’incorporation des Canadiens, M. de Senezergues en ordonnera provisionnellement,
(Pour copie conforme à l'original.)